Abondance
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Glossaire - Biographies
Abondance suite - Abbés
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- Abbaye d'Abondance


- Presentation
* Diocèse : d'Annecy
* Patronage : Notre Dame
* Fondation : (1108)
* Congrégation : Chamoines réguliers de St Augustin (1607)
- Cisterciens Feuillants 1607)-(1761)
* Dissolution : (1761)
* Abbaye filles :
- Abbaye de Sixt
- Abbaye d'Entremont
- Abbaye de Moutiers Grandval
- Abbaye Notre Dame de Goaille
- 22 Prieurés
* Congrégation : Chanoines réguliers de St Augustin (1607)
- Cisterciens Feuillants (1607)-(1761)
* Style : Gothique
* Protection : Classé Monument Historique (1875)

- Situation
* Pays : France
* Département : Haute Savoie
* Région : Rhône Alpes
* Commune : Abondance

- Historique

La fondation de l'Abbaye d'Abondance, ou plutôt Prieuré, celui ci ne devenant Abbaye qu'au (XIIème siècle) était à l'origine attribuée au moine Irlandais St Colomban, qui a traversé les Alpes vers (610) pour se rendre à Rome. Cependant cette hypothèse est plutôt invraisemblable, même s'il a fait halte à St Maurice d'Agaune, lieu de pèlerinage réputé, il y a peu de chances qu'il ait établi un établissement religieux à Abondance, le site étant assez éloigné de St Maurice. Celle ci fut fondée vers (1108) par l'Abbaye St Maurice d'Agaune ou (1043) selon certaines sources. A l'origine elle était établie dans les environs de La Chapelle d'Abondance, en fait elle occupa 2 endroits, puisque des éboulements obligèrent les religieux à changer d'emplacement.

Enfin, au (XIIème siècle), le Prieuré se fixe à Abondance et devient Abbaye vers (1138)-(1144). La présence d'un cloître Roman sous le cloître Gothique a d'ailleurs été attestée lors de travaux de restauration au cours du (XXème siècle). C'est d'ailleurs vers (1140) que la communauté s'affilie à la congrégation des chanoines Augustins. Quittant en (1158) la tutelle de la Maison Mère, elle va alors prospérer jusqu'au (XVème siècle). Sa puissance d'ailleurs est attestée par son nombre important de possessions au début du (XVème siècle), les abbayes de Sixte, Entremont, Grandval et Goailles et 22 Prieurés, dont Peillonex, Nion et Vion. L'Abbaye passe sous le régime de la Commende en (1433), marquant alors le début de sa décadence. La nef et le clocher de l'abbatiale sont endommagés par un incendie vers (1446), mais le cloître est épargné. Les travaux de restauration ne s'achèveront que vers (1481). D'après de récentes études, c'est vers (1430) que les fresques ornant le cloître ont pu être réalisées. La situation de l'abbaye continue de se dégrader jusqu'en (1607), lorsque les chanoines Augustins sont remplacés par les Cisterciens Feuillants. Le renouveau ne sera que de courte durée. Rapidement, le déclin reprend le pas. Suite à de nombreux excès et une situation religieuse particulièrement désastreuse, l'abbaye est définitivement fermée en (1761).

En (1795), les bâtiments sont vendus comme "Biens Nationaux". Ils tombent à l'abandon, et le cloître sert de dépotoir aux habitants de la ville. La famille Sallavuard rachète les bâtiments en (1836). En (1862), les peintures sont redécouvertes et l'abbaye classée "Monument Historique" 13 ans plus tard, en (1875). Les peintures seront restaurées à plusieurs reprises, la dernière campagne en date étant dans les années (1977)-(1990).

- l’Abbatiale

Construite dès la fin du (XIIIème siècle), la construction de l'Abbatiale s'achève probablement au (XIVème siècle).l’église Abbatiale N.D. de l’Assomption rappelle la période de splendeur et de rayonnement spirituel connue au Moyen Age par l’abbaye d’Abondance dont la renommée et l’influence dépassaient largement les frontières de la vallée d'Abondance. L’église, dont le chevet orienté dévoile toute la puissance de l’édifice, fût l’objet d’un programme de restauration entre (2002) et (2006) financé par l’Etat, le Conseil Général, la Commune, le "FNADT" et des fonds Européens. Ont été restaurés les décors en, trompe l’oeil, oeuvres de Casimir Vicario en (1846)-(1847). Cet artiste est aussi celui intervenu à la Cathédrale de Chambéry, à la Collégiale de Sallanches, ou encore à St Pierre de Curtille près de Hautecombe. Endommagée par plusieurs sinistres au cours des siècles, restaurations nécessaires au (XVème siècle), certaines parties devront être reconstruites. La nef l'est en (1643), mais amputée de ses collatéraux et du narthex, soutenant le clocher. Un nouveau clocher est édifié en (1728). La décoration peinte du choeur et des bras du transept est réalisée entre (1839) et (1845). A la fin du (XIXème siècle) on ajoute à la nef les 2 travées Occidentales et une nouvelle façade. De l'édifice Médiéval ne subsistent donc plus que le choeur à déambulatoire les chapelles rayonnantes, et le transept. La nef a été refaite, on l'a vu, à plusieurs reprises. L'intérieur a perdu son caractère original après les réaménagements du (XIXème siècle).

- le Bâtiment Conventuel

Situé au Sud de l'église Abbatiale pour des raisons de température et d'ensoleillement, et autour du Cloître, ce Bâtiment date probablement du (XVème siècle). Il épouse la forme du terrain, c'est à dire une pente Nord-Sud. Ce vaste ensemble de pièces accueillait les Chanoines et les Convers. Dans l'aile Est du Cloître se trouvent la Sacristie et l'ancienne Salle Capitulaire, tandis que dans l'aile Ouest se trouvaient les Logements des frères Convers. Au Sud, le Bâtiment se compose de plusieurs étages. Au rez de chaussée se trouvaient la Cuisine, le Réfectoire et des Entrepôts, tandis qu'au 1er étage se trouvait le Chauffoir une des uniques pièces chauffées de l'Abbaye, située au-dessus de la Cuisine. Enfin, au 1er et deuxième étage se trouvaient les "Cellules individuelles des moines". On sait que l'Abbaye était entourée d'une enceinte et, qu'à l'Est, se trouvait le jardin des Chanoines.

- le Cloître

Bâti entre (1330) et (1354) sous l'Abbatiat de Jean IV, en remplacement d'un Cloître Roman, d'architecture Gothique, le cloître de l’abbaye d’Abondance est aujourd’hui un site exceptionnel en matière d’art Religieux. Outre les sculptures taillées dans la Molasse, grès calcaire tendre à travailler, offrant de belles proportions, le Cloître fût peint au début du (XVème siècle), en l’honneur de la Vierge Marie. le Cloître a souffert des différentes péripéties qu'a traversées l'Abbaye. La galerie Nord a totalement disparu, détruite par l'incendie de (1728), il n'en reste qu'une partie du mur Bahut, les bases des arcades et la porte de la Vierge, donnant accès à l'église Abbatiale. Les galeries Est et Sud sont bien conservées, elles ont gardé leurs Voûtes sur croisées d'Ogives, mais la plupart des Arcades ont perdu leur Remplage. La galerie Ouest ne conserve qu'une travée voûtée, à l'angle Sud-Ouest, dotée de son arcade en pierre, le reste de la galerie n'est plus qu'un appentis en bois.

- les Peintures du cloître

Le cloître possédait vraisemblablement vers (1430), des Peintures murales réalisées sous chacune des travées du cloître. A l’origine 24 ou 25 scènes d’environ 3 mètres sur 3 représentaient le "Cycle Marial". Leur état s'est dangereusement dégradé depuis les relevés partiels, 7 des 10 peintures alors conservées, effectués en (1889) par Marcel Rouillard pour les "Monuments Historiques". En effet certaines Scènes ont presque entièrement disparu depuis la fin du (XIXème siècle), en raison de l'humidité remontant par les maçonneries. Des mesures conservatoires ont été prises à partir des années (1970) afin d'assurer la pérennité des Oeuvres encore conservées aujourd'hui. Sur les 6 conservées dans leur intégralité et les 4 partiellement abîmées, on peut noter que les peintres se sont largement inspirés de la Savoie Médiévale pour y présenter la vie de Marie. Nous ne connaissons pas leurs véritables auteurs, pourtant on peut constater une influence, Italienne. En effet, les 2 versants des Alpes étant regroupés au (XVème siècle) dans le même Etat Savoyard, les Princes faisaient facilement venir des Piémontais et des Toscans afin de décorer Châteaux et Eglises. Les peintures du Cloître montrent de l’élégance, de l’habileté, dans la conception même des scènes. Les modèles d’architecture à l’Italienne, ou encore à la Française viendront confirmer l’idée d’une réalisation vers (1430). A la fois émouvantes par les attitudes de Marie envers son Fils, et innovantes par des techniques nouvelles en matière picturale, les peintures du cloître sont de véritables témoignages de la vie Médiévale en Savoie. L'Abbaye au coeur de l’Etat de Savoie, reçut sans doute la visite d’un atelier d’artistes Piémontais afin de décorer les murs de cette cour carrée, en général réservée aux Moines. Habitée par des Chanoines de St Augustin, l'Abbaye avait l’habitude de recevoir des Pèlerins ou des Voyageurs, les peintures murales pourraient être ainsi considérées comme une bande dessinée religieuse à l’usage des Chanoines mais aussi à celui de leurs Visiteurs. Les peintures expriment les codes de pensées de ce début du (XVème siècle), qui fût, dans le Duché de Savoie, une période d’apogée tant au niveau géographique, que social ou encore économique. Les peintures murales sont donc considérées comme de véritables témoignages de cette époque.

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