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(Acey, Commune de Vitreux, département du Jura, Région Languedoc Roussillon.)

- Présentation

Abbaye d'Acey


- Fonction
* Diocèse : Saint-Claude.
* N° d'ordre, selon Janauschek : XCVI (96)
* Fondation : (1136).
* Dissolution : (1791)-(1872).
* Abbaye mère : Abbaye N.D. d'Aiguebelle.
* Abbayes filles : Abbaye de Pilis, en Hongrie.
* Congrégation : Ordre Cistercien.
* Style : Roman, Gothique.

- Situation.
* Pays : France.
* Région : Languedoc Roussillon.
* Département : Jura.
* Commune : Vitreux.

- l'Abbaye d'Acey

L'abbaye N.D. d'Acey, fondée en (1136), est une Abbaye Cistercienne située dans la vallée de l'Ognon, sur la commune de Vitreux, au Nord du département du Jura, en Franche Comté, à la limite de la Haute Saône et du Doubs, entre Dole et Besançon. Elle est actuellement habitée par des moines Cisterciens Trappistes, c'est le seul Monastère Cistercien encore occupé par une communauté monastique en Franche Comté. Abbaye importante au "Moyen Age", située en terre d'Empire, à la limite des Duché et Comté de Bourgogne, elle a eu une histoire marquée par les destructions des guerres mais aussi par la dégradation liée au "Régime de Commende". Vendue comme "Bien National" en (1791), l'abbaye est redevenue un lieu monastique dans la 2ème moitié du (XIXème siècle) et ses bâtiments du (XVIIIème siècle) ont été relevés comme l'église du (XIIème siècle)

Historique.

La vallée de l'Ognon avait accueilli dès l'époque Carolingienne à l'initiative du monastère de Condat, Abbaye de St Claude et de St Lupicin, un ermitage qui reçut plusieurs donations des seigneurs voisins avant de disparaître dans la période troublée des invasions Normandes. À la fin du (XIème siècle), l'Abbaye de Baume les Messieurs s'en fit attribuer la possession qui fut confirmée par le pape Urbain II en (1090) et par l'Archevêque de Besançon en (1111).

Un peu plus tard 2 Ermites, Constantin et Robert, un Prêtre et son Frère, s'installèrent dans les murs du 1er Prieuré et attirèrent peu à peu une communauté qui construisit une Basilique consacrée par l'Archevêque Anséric le 5 décembre (1127). Le prélat confirma les donations et exemptions concernant cette implantation monastique puis donna en (1134) la mission à la proche Abbaye de Cherlieu, aujourd'hui en Haute Saône d'y établir un Monastère de l'ordre de Cîteaux) alors que l'Abbaye de St Claude renonçait à ses droits. On retient (1136) comme année de la fondation de l'Abbaye que Renaud III de Bourgogne, comte de Bourgogne, et d'autres Seigneurs dotèrent richement en champs, prés, vignes, forêts et pêcheries sur l'Ognon, les Moines édifièrent ainsi plusieurs fermes et granges sur un large territoire.

Le Schisme qui opposa à partir de (1160) l'Empereur Frédéric Barberousse maître du comté de Bourgogne, actuelle Franche Comté et le pape Alexandre III eut des conséquences sur l'Abbaye d'Acey comme tous les établissements Clunisiens et Cisterciens de la région, terre d'Empire, mais dont les ordres restaient fidèles au pape, les Moines furent dispersés comme les biens de l'Abbaye. Il fallut procès et longues années avant que la situation ne se rétablisse, une Bulle Papale de (1182) confirma les possessions et droits particuliers de l'Abbaye d'Acey et la réputation de l'Abbaye devint grande, en témoigne la décision du pape Grégoire VII d'envoyer en (1186) un groupe de Moines d'Acey entreprendre la restauration morale de l'Abbaye de Pilis), en Hongrie.

Prospère mais mal gérée, l'abbaye dut se plier plusieurs fois, en (1316) et (1320), aux contrôles des commissaires du pape Jean XXII. Ce furent ensuite les guerres et les pillages qui ponctuèrent le (XIVème siècle) avec le conflit entre le Duc de Bourgogne et les Barons Francs comtois, le mot de Franche Comté apparaît pour la 1ère fois en (1366) comme Jean II de Chalon Arlay, ou avec les exactions des "Grandes Compagnies" et les épisodes de la guerre de 100 Ans. La paix se réinstalle avec la fusion du Duché et du Comté de Bourgogne, en (1384), par l'héritage de sa femme Marguerite III de Flandre, Philippe le Hardi devient Duc Comte de Bourgogne, et la prospérité revient mais dès le XVème siècle l'Abbaye d'Acey tombe en Commende. Les conflits reprennent à partir de (1469) sous le règne de Charles le Téméraire et en avril (1477), les troupes du Roi de France Louis XI ravagent la vallée de l'Ognon, rançonnent l'Abbé et pillent l'Abbaye. La précarité s'installe alors pour longtemps malgré les protections des puissants comme l'Archiduchesse Marguerite en (1530) ou Charles Quint en (1545).

A la fin du Siècle, en (1595), dans le contexte de la guerre contre l'Espagne, ce sont les armées d'Henri IV qui dévastent la région et s'en prennent particulièrement aux Eglises et aux Monastères Catholiques, Acey n'échappe pas aux destructions et se remet à peine quand survient la Guerre de 100 ans (1634) (1644), selon Rousset et son "Dictionnaire des Communes" du Jura, l'abbaye ne comptait plus que 6 Moines, qui s'enfuirent ou moururent de la Peste. La conquête de la Franche Comté en (1668) paracheva la ruine de l'abbaye qui subit de plus un incendie en (1683) et vécut au ralenti dans la désolation.

class="maj">Les malheurs du temps n'ont donc pas épargné Acey, mais l'incurie des Abbés Commendataires a aussi une grande part dans la dégradation des bâtiments, qui conduisit à l'effondrement du clocher et de la voûte de l'église sur une longueur de 30 mètres en (1650), bien avant l'incendie semble t'il accidentel de (1683).

Au (XVIIIème siècle) d'importantes ventes de bois permettent d'entreprendre la réparation partielle des bâtiments avec en particulier la reconstruction tronquée de la nef de l'église sur les plans de l'architecte Antoine Louis Attiret dressés en (1756), et, vers (1720), la construction du Quartier Abbatial, dont le cloître, achevée en (1768).

Ce patrimoine amoindri qui conservait peu de chose de la période Médiévale a été vendu comme Bien National en (1791) puis acheté en (1829) par l'Abbé Bardenet pour y installer un pensionnat de jeunes filles tenu par les Marianistes qui déménagea à Lons le Saunier en (1853). C'est la communauté Bénédictine de Solesme qui acquiert alors l'Abbaye et tente une implantation Bénédictine qui échoue, on comptait 5 religieux de choeur et 3 frères convers, en (1854), selon Rousset. Les Trappistes lui succèdent en (1860) sans mieux réussir dans un 1er temps, en (1863) les lieux sont de nouveau inoccupés.

La persévérance de l'Evêque de St Claude Mgr Nogret, (1862) (1880) qui souhaite, semble t'il, Rechristianiser la partie la moins religieuse de son diocèse porte finalement ses fruits, un groupe venu de N.D. des Dombes s’installe en Avril (1872), rejoint en (1873) par d'autres Moines venus de l’Abbaye N.D. d'Aiguebelle. La restauration commence avec une petite communauté de moins de 30 Religieux qui, dans le contexte de la "IIIe République", refonde l'Abbaye dans un esprit de combat, voulant retrouver la Sainteté Monastique des origines contre la modernité qui a abaissé l’Église et conduit à la Révolution. Le monastère est remis en état sans chercher les Racines Médiévales trop dénaturées par l'histoire sauf pour l'église qui est refaite en (1909) (1910) dans sa sobriété Cistercienne et ouverte au culte en (1910). Le monastère retrouve son titre d'Abbaye en (1938) et les réaménagements poursuivent comme avec la création de l'"Hostellerie Monastique" ou le remplacement, en (1994), des verrières de l'église par des oeuvres de créateurs régionaux, le peintre Jean Ricardon et le maître verrier Pierre Alain Parot.

En (2010), l'Abbaye N.D. d'Acey compte 24 moines Cisterciens Trappistes et reçoit des personnes désireuses d'accomplir une retraite religieuse. L'église est seule ouverte au public qui peut assister aux prières rituelles des Moines. L'institution tire ses revenus de la location de ses terres agricoles 65 ha dont l'exploitation directe a été abandonnée par les Moines en (1990), et depuis (1962) après des débuts tâtonnants en (1954) d'une usine de traitement des métaux par électrolyse qui emploie une quinzaine de salariés en plus de 5 Moines, et fait un chiffre d'affaires de 4 Millions d'Euros en (2011).

- Rappel historiques.


* 1136 : Fondation de l'Abbaye.
* 1168 : l'Empereur Germanique Frédéric Barberousse fait expulser les moines par le prévôt du chapitre d'Aix la Chapelle. Les Moines reviennent en (1170). Leurs biens leur sont restitués par une bulle du Pape en (1182).
* 1184 : Création de l'abbaye de Pilis en Hongrie, supprimée en (1526) par les Turcs.
* 1790 : la "Révolution Française" disperse les Moines. Des Bénédictins occupent brièvement l'Abbaye au début du (XIXème siècle).
* 1829 : Etablissement par des Soeurs Marianistes, Filles de Marie Immaculée d'un pensionnat de jeunes filles.
* 1853 : Départ des Soeurs Marianistes pour Lons le Saunier. Fondation par l'Abbaye St Pierre de Solesmes d'un Prieuré de Bénédictins. Essais d'implantation de Cisterciens à Acey par l'Abbaye N.D. des Neiges et l'Abbaye N.D. des Dombes.
* 1873 : l'Abbaye N.D. d'Aiguebelle devient Maison Mère et restitue la présence Cistercienne à Acey.
* 1900-1910 : Restauration de l'église.
* 1911 : Réouverture de l'église au culte.
* 1938 : Elévation au rang d'Abbaye.

- Bâtiments.

L'abbaye occupe un petit coteau à proximité de la rivière Ognon rive gauche, dans un cadre de prés, de champs et de forêts. Les moines ont creusé un petit canal de dérivation qui alimentait l'Abbaye, il comportait une écluse et alimentait un moulin et une huilerie, aujourd'hui disparus. Ils avaient également établi une tuilerie à proximité immédiate comme il y a aujourd'hui un atelier réputé d'électrolyse industrielle. L'église Abbatiale initiale, avait 209 pieds de longueur et 60 pieds de hauteur sous la clef de la vôute, et se composait d'une nef principale et de 2 nefs collatérales, d'un transept carré au centre, renfermant dans chacun de ses bras 2 chapelles, de 2 choeurs pour les religieux, dits choeur d'été et choeur d'hiver, d'un sanctuaire, d'une sacristie renfermant le trésor et d'une autre renfermant les archives et servant de salle des comptes, et contenait les tombeaux de nombreux seigneurs et donateurs. La reconstruction au (XVIIIème siècle) a réduit les dimensions de l'édifice et l'église restaurée au début du (XXème siècle) a été classée "Monument Historique" par arrêté du 2 novembre (1971). La nef compte aujourd'hui 8 travées avec collatéraux, choeur à chevet plat, croisillons ouvrant vers l'Est sur 2 Chapelles alignées à fond plat avec une Vierge à l'Enfant à l'entrée du choeur et un pavement restauré.

L'ensemble de la construction est imposant avec des façades et des toitures à longs pans du XVIIIème siècle),inscription aux "Monuments Historiques" par arrêté du 13 juin (1952). Elle comporte également le cloître et son jardin, la bibliothèque, la maison Abbatiale, l’hôtellerie, mais aussi des bâtiments agricoles et industriels, ces derniers à l'aspect de hangar échappant à tout critère esthétique. L'Abbaye de Cisterciens Trappistes, "Ordre cistercien de la stricte observance, OCSO", sous le vocable de N.D. d'Acey. Les moines exploitent un atelier d'électrolyse.

- Relire.

En (1098), Robert de Molesme fonde l’ordre Cistercien à l’Abbaye de Cîteaux. En (1128), les frères Constantin et Robert s’installent dans les ruines d’un ancien ermitage sur les bords de l’Ognon et fondent l’Abbaye d’Acey en (1136). Grâce aux dons des Seigneurs, l’église Abbatiale est construite. En (1477), l’Abbaye est mise à sac par les troupes de Louis XI, les Moines ne réintègreront l’Abbaye qu’à sa mort en (†1483). L’Abbaye est à nouveau entièrement dévastée par les troupes de Louis XIV lors de la conquête de la Franche Comté. En (1683), un violent incendie ravage les ruines. Le Cloître ne sera reconstruit qu’en (1768). Les biens religieux sont saisis et vendus pendant la Révolution, les religieux sont chassés. En (1829), un pensionnat de jeunes filles s’installe dans les bâtiments, il quittera l’abbaye d’Acey en (1853). Avec le guerre de (1870), les Moines abandonnent l’Abbaye. En (1872), l’Abbé Dom Gabriel installe une nouvelle communauté. A partir de (1900) de gros travaux sont entrepris grâce à de nombreux dons et l’église rouvre en (1911). En (1938), le Monastère d’Acey est à nouveau élevé au rang d’Abbaye avec à sa tête l’abbé Dom Eugène. Elevage et culture sont les principales ressources de l’Abbaye. En (1954), un atelier de traitement des métaux par électrolyse est installé, mais il est détruit par un incendie en (1962). Une usine moderne est construite. En (2008), l’Abbaye compte 23 frères et 17 salariés travaillent à l’usine d’électrolyse.

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