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Glossaire - Biographies
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- Abbaye d'Aiguebelle


- Présentation
* Diocèse : Diocèse de Valence
* Fondation : (1137)-(1815)
* Début construction : (1137)
* Fin construction : (1884)
* Dissolution : (1790)-(1815)
* Origine religieuse : (1137)
* Abbaye Mère : Abbaye de Morimond :
* Abbayes Filles :
- Abbaye N.D.des Neiges
- Abbaye de Staouëli
- Abbaye N.D.de l'Atlas
- Abbaye Ste Marie du Désert
- Abbaye d'Acey
- Abbaye N.D.des Dombes
- Abbaye de Bonnecombe
- Abbaye de Koutaba
* Ordre Cistercien : (1137-1790
* Trappiste en (1815)
* Période ou style : Roman
* Diocèse : de Valence

- situation
* Région : Rhône Alpes
* département : Drôme
* communes : Montjoyer et Réauville
* Pays : France

- Historique

L'abbaye N.D. d'Aiguebelle est une "Abbaye Cistercienne Française". Gravée sur une pierre rectangulaire de calcaire, le texte de la fondation de l'abbaye d'Aiguebelle nous fait connaître,grâce à elle, le nom du donateur, Gontard Loup, Seigneur de Rochefort en Valdaine mais aussi de l'Abbaye Fondatrice, Morimond en Champagne, 4ème fille de Cîteaux.

Aiguebelle a été fondée le VI des calendes de Juillet (1137), autrement dit le 26 Juin (1137), en l'honneur de la Vierge Marie, aux confins du Dauphiné et de la Provence. Gaucher, Abbé de Morimond et ancien Prieur de St Bernard à Clairvaux, envoya 12 moines sous la conduite d'un Abbé. Pour réaliser cette fondation, Gontard Loup donnait un territoire, sorte de plateau couvert de bois et de broussailles, que l'on peut assimiler à peu près au territoire de la commune de Montjoyer avec des prolongements sur les communes de Roussas et de Réauville. Le monastère est bâti dans un vallon isolé, comme le voulait la tradition Cistercienne, au confluent de 3 ruisseaux, le Ranc, la Flammenche et la Vence, d'où le nom de "belles eaux = Aiguebelle".

Au (XIIème siècle), le monastère bénéficie des donations des Seigneurs voisins et accroît considérablement son domaine, il possède des terres jusqu'au pied du Mont Gerbier de Jonc, en Dauphiné, dans le Pays d’Orange et en Vivarais. Sa belle prospérité lui fit faire à son tour des fondations, celle de l'Abbaye de Feniers, en Auvergne, en (1169), puis celle de l'Abbaye de Bouchet. A la fin du (XIIIème siècle), l’Abbaye exerçait un grand rayonnement sur la Provence, le Dauphiné et l’Auvergne.

A partir du (XIVème siècle), les épreuves vont se multiplier, guerre de 100 Ans, peste Noire, chute des Vocations, surtout des frères convers qui entretenaient les granges et les terres. Les possessions sont pour la plupart données en bail. Après (1515), les Abbés ne sont plus élus par les Moines mais nommés par le Roi, ce sont les Abbés Commendataires, extérieurs au monastère et qui ne se préoccupent donc pas toujours des nécessités de leurs Moines ni de la ferveur de leur communauté. Lors de la dispersion des Moines en (1791), ils ne sont plus que . Le Monastère est alors pillé puis vendu comme "Bien National". Son éloignement par rapport aux voies de communication va le sauver de la démolition.

L'absence des moines durera moins de 25 ans, en (1815), un groupe de Cisterciens Trappistes vient faire revivre le monastère. Ils viennent de Suisse et sont issus d'un groupe de moines français de l’abbaye de La Trappe qui, sous la conduite du Père Augustin de Lestranges, ont parcouru toute l'Europe pourchassés par les armées Révolutionnaires et permettent le "Renouveau Monastique et Cistercien en France" après la chute de Napoléon.

L'abbaye a conservé, malgré quelques démolitions, quelques tremblements de terre et de nombreuses restaurations, la plus grande partie des bâtiments conventuels Médiévaux, "église, cloître, sacristie, chapitre, salle des moines, réfectoire, cuisine et tout le bâtiment des convers". Il est le seul Monastère Cistercien en France avec l'Abbaye de Fontfroide à avoir encore la "Ruelle des Convers Primitive".

L'église mesure 50 mètres de longueur totale, 9 mètres de largeur dans la Nef, 17 mètres avec les collatéraux et 10 mètres d'élévation. Régulièrement orientée, elle est établie au Nord des cloîtres et forme une "Croix Latine" composée d'une nef et de bas côtés, avec un transept sur chaque bras duquel s'ouvrent 2 chapelles. Avec ses murs très épais, ses piliers massifs, ses arcs en plein cintre pour la plupart ou à peine brisés, ses voûtes d'ogives, ses rares fenêtres, dont certaines ont été agrandies, elle porte la marque du style de transition, qui caractérise le (XIIème siècle). On remarque dans le sanctuaire une grande arcade qui à pu abriter jadis un tombeau. Dans le transept droit, un escalier conduit à l'ancien dortoir des moines.

Le Chapitre, ou Salle Capitulaire, est la salle de "Réunion de la Communauté". On y lit un chapitre de la Règle, d'où le nom de Capitulum, dont le Supérieur donne ensuite un commentaire. Les Supérieurs ont leur siège à l'Orient, tandis que les Religieux se rangent sur les bancs de pierre disposés en amphithéâtre. C'est dans cette salle qu'ont lieu les prises d'habit et professions et que se tiennent les délibérations importantes. Parallèle au réfectoire dont elle est séparée par une cour jadis à ciel ouvert, la grande salle des Moines s'ouvre au pied du grand escalier. Les voûtes d'arête retombent au centre sur 4 colonnes qui donnent ainsi 2 rangées de 5 travées. Jadis cave ou cellier, c'est aujourd'hui la salle de lecture et d'études, le Scriptorium, avec longues rangées de livres et bureaux en bois. Les 5 arcades jumelées qui dispensent la lumière ont remplacé les 3 petites fenêtres primitives.

La salle de Communauté ou Chapitre hors cloître était anciennement le Chapitre et la Salle de Lecture des frères Convers. Les voûtes et les colonnes sont à l'identique de celles du Scriptorium. Cette salle sert actuellement aux réunions communautaires de toutes sortes, "Chapitres, Conférences et Retraites Communautaires". Les livres de la communauté se répartissent essentiellement en 3 lieux. Au Scriptorium qui rassemble les livres les plus usuels. A l'Armarium où se trouve les livres récents. Et enfin à la "Grande Bibliothèque", beaucoup plus vaste, où est entreposé un grand nombre de livres dont les plus anciens, utilisés pour des études plus pointues. Le tout rassemble environ 90.000 livres.

Le réfectoire s'ouvre sur la galerie méridionale du cloître. C'est l'une des salles les mieux conservées des bâtiments primitifs avec sa vaste nef de 25 mètres de long et 8 mètres de large sur plus de mètres d'élévation. Sa voûte en berceau légèrement brisée est soutenue par 3 arcs doubleaux amortis en culots coniques qui semblent rentrer dans la muraille à 2m,60 au dessous de la corniche. Le réfectoire était jadis éclairé de 12 fenêtres, mais plusieurs sont actuellement masquées par des constructions plus récentes. Une porte donne accès à la dépense, ancienne cuisine, et à la cuisine actuelle, qui sont 2 salles largement voûtées. L'éclairage, dissimulé le long des corniches, met en valeur le berceau de la voûte du réfectoire. Il est daté du (XIIIème siècle).

Le cloître du (XIIème siècle) et comprend 4 galeries carrées de 29 mètres de côté. Les voûtes, qui accusent la naissance de l'Ogive, les autres sont soutenues par des colonnettes accouplées surmontées de chapiteaux tous différents et d'une grande variété de feuillages et de crochets, mais seules les colonnettes de la galerie Nord, longeant l'église, sont primitives. On lit sur plusieurs d'entre elles des graffitis et inscriptions du (XIVème siècle).Les autres galeries, en partie détruites en (1562), furent relevées par l'Abbé Adrien de Bazemont (1559)-(1601), mais de simples arcades fermées par des fenêtres remplacèrent les colonnettes brisées. Au (XIXème siècle), l'Abbé Dom Gabriel Monbet fit restaurer la galerie Orientale sur le modèle de la galerie Nord et en (1936), Dom Bernard Delauze encastra de nouvelles colonnettes dans les arcades du (XVIème siècle) des 2 autres galeries. Ces transformations expliquent la dissymétrie actuelle des 4 galeries du cloître.

A l'entrée du réfectoire se trouvait peut être un lavatorium comme en nombre d'abbayes, mais il a complètement disparu. Une pierre tombale découverte à l'entrée de l'église Abbatiale et qui est présumée être celle du fondateur, Gontard Loup, Seigneur de Rochefort, a été placée dans la galerie Méridionale. Une inscription en faux Gothique dans la galerie Orientale reproduit la teneur de la pierre de fondation de l'Abbaye 26 juin (1137), dont un important fragment est conservé à la Bibliothèque. Des bancs, sous la galerie Nord, permettent aux moines de s'asseoir. On remarque une ancienne statue en bois doré de la Vierge qui, avant la Révolution, trônait dans l'église au dessus du Maître Autel.

Il ne faut pas oublier qu'avant la Révolution, et depuis le (XIIème siècle) au moins, les moines d'Aiguebelle vénéraient une Vierge en Majesté, que l'un d'eux a emmurée pendant la période de troubles afin de la proteger. Retrouvée à la suite de rénovations, elle fut donnée au Curé de la Garde Adhémar. Elle se trouve à l'heure actuelle en l'église St Michel, après bien des périples. Le site de l'Abbaye comprend aussi une grotte, dite de Lourdes. Il se passe en ce lieu quelque chose de magique. Une source est canalisée, qui nous dit que l'eau encore une fois est sacrée dans ce coin de France. L'énergie y est puissante. Juste à côté coule la rivière Flammenche, qui nous propose, le long de son lit, une ballade régénérante, ô combien.

- à Savoir.

Les Moines ont été dispersés lors de la "Révolution Française" mais dès (1815), des Cisterciens Trappistes sont venus reprendre le flambeau sous la direction du Père Étienne. La communauté est florissante, elle compte 233 Moines en (1850). Ils reprennent leurs activités traditionnelles, élevage et agriculture, puis diversifient leur production avec des activités plus artisanales. Ils fabriquent alors des chapelets, des balais, des corbeilles d'osier, etc. Entre (1841) et (1877), il y a une fabrique de draps ainsi qu'une minoterie en (1867). Puis la chocolaterie est l'activité principale et devient la 1ère industrie d'Aiguebelle. Mais les Moines ne sont pas assez nombreux et des ouvriers sont embauchés. Les Moines s'occupent des activités spirituelles, culturelles et sociales de cette population. Mais le nombre d'ouvriers augmentant, et la vocation d'un monastère étant la prière et la méditation, la chocolaterie est transférée en (1895) à Donzère.

La communauté est à l'origine de plusieurs fondations à partir de (1843) avec l'Abbaye N.D.de Staouëli en Algérie, puis d'autres, comme l'abbaye N.D.des Neiges où séjourna le Père De Foucauld. Aiguebelle abrite toujours actuellement une communauté d'une trentaine de Moines Cisterciens Trappistes. Elle accueille des postulants, comme Jean de Bourgoint, futur frère Pascal de la Trappe de Cîteaux, qui y fit un séjour en (1933), ou bien Frère Luc, l'un des 7 Moines de Tibhirine, qui y fit son noviciat et y séjourna, jusqu'en (1946). Il y passa plusieurs séjours par la suite.

- d'Autres Monastères.

Depuis (1815), l'Abbaye a fondé plusieurs autres monastères, l'Abbaye N.D. des Neiges Ardèche, l'Abbaye de Staouëli, puis l'Abbaye N.D. de l'Atlas, à Tibhirine, en Algérie, communauté transférée aujourd'hui à Midelt au Maroc, l'Abbaye Ste Marie du Désert Haute Garonne, d'Acey Jura, des Dombes Ain, de Bonnecombe Aveyron et Koutaba Cameroun. L'abbaye a conservé, malgré quelques démolitions et de nombreuses restaurations, la plus grande partie des bâtiments Conventuels Médiévaux, église, cloître, sacristie, chapitre, salle des moines, réfectoire, cuisine et tout le bâtiment des convers. C'est le seul monastère Cistercien en France, avec l'Abbaye de Fontfroide, à avoir encore la "Ruelle des Convers Primitive".

La communauté de N.D. d'Aiguebelle compte actuellement 24 Moines de 39 à 92 ans et poursuit toujours sa vie monastique en cherchant à vivre du travail de ses mains, à aider les pauvres dans la mesure de ses possibilités, à accueillir ceux et celles qui veulent prendre un temps d'arrêt dans leur vie. Cette recherche se fait dans l'enceinte même du Monastère dans une vie Personnelle et Communautaire de Prière. Une tradition, le monastère, selon la "Règle de Saint Benoît", garde la tradition d’accueillir comme le Christ lui même les hôtes et les pauvres. Ceux que la divine Providence conduit au monastère, retraitants, groupes, aumôneries, amis, familles, pour chercher un approfondissement de leur vie de prière peuvent bénéficier de l’aide de la communauté en passant quelques jours à notre hôtellerie. Ils pourront partager nos "Célébrations Eucharistiques", notre louange des heures ou notre prière silencieuse. Notre hôtellerie ne peut malheureusement pas recevoir plus de 25 personnes à la fois.

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