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Glossaire - Biographies
Andlau suite - les Abbesses
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(Andlau. Petite ville du Bas-Rhin de l'arrondissement de Sélestat et du canton de Barr.)

- Géographie

Ville du Bas Rhin, Andlau, entièrement occupée par les Vosges, dont un sommet, le Stosskopf, y atteint une hauteur de 700 mètres. Ses communes limitrophes sont Mittelbergheim au Nord-Est, Eichhoffen à l'est, Bernardvillé au Sud, le Hohwald au Nord-Ouest et Barr. La commune possède une superficie de 23 km²,69 dont le point le plus haut culmine à 807 mètres vers la pointe Nord du Niederberg. L'Andlau, est une petite rivière qui prend sa source dans les Vosges, près du Champ du Feu, montagne située à l'extrémité Orientale du Ban de la Roche, coule de l'Ouest à l'Est, arrose Andlau,et se jette dans l'Ill au dessous de cette dernière commune, après avoir reçu au dessus de Valff les eaux de la Kirneck et après avoir mis en mouvement près de 60 moulins et autres usines vers le (XIXème siècle). Son cours est d'environ 45 kilomètres.

Andlau est une déformation du mot "Andelaha en Andelaw ou Andlaw". Le 1er mot pourrait provenir du nom primitif de la rivière dont on trouve des traces dans les anciennes cartes établies aux (XVème siècle) et (XVIème siècles). Cette rivière, coule depuis le Champ du Feu jusqu'à l'Ill et se trouve être à l'origine du nom de la commune. La ville a ensuite pris le nom de la rivière. Le 30 Juillet (1857), Andlau s'appellera Andlau au Val pour la distinguer de celui de Andelot en Haute Marne. Au début du (XXème siècle), le nom deviendra Andlau. Le village est sans doute déjà occupé à l'époque Gallo Romaine. Ensuite c'est autour de l'abbaye de moniales fondée en (880) par Richarde de Souabe, fille du Comte d'Alsace connue sous le nom d'Erchangar que se développe le village. Ste Richarde épouse par la suite l'empereur Charles le Gros, petit fils de Louis le Débonnaire.

- les Ours de l'abbaye

L'abbaye d'Andlau, près de Barr en Alsace, doit, d'après la légende, son origine,vers (887) aux indications d'un ours, l'Impératrice Richarde, femme de Charles le Gros, voulait fonder un monastère de chanoinesses pour les filles de la noblesse de l'époque. Ayant prié sur le tombeau de Ste Odile, elle eût une vision qui l'engageait à bâtir son monastère à l'endroit où elle verrait une Ourse avec ses petits. La légende indique qu'un jour où l'impératrice se promenait au bord du ruisseau de l'Andlau, elle vit un Ours qui creusait une fosse dans la terre. La légende dit que c'était pour enterrer un Ourson mort. Richarde décida d'ériger l'abbaye à cet endroit. En souvenir de l'origine du monastère, on entretenait ensuite dans l'enclos de l'abbaye un ou plusieurs ours. Chaque boulanger qui venait vendre du pain sur le marché de la ville était tenu de donner, chaque semaine, un pain pour nourrir l'animal.

A la suite d'un accident où un enfant aurait été dévoré par l'un d'eux, les animaux furent remplacés par un ours sculpté en grès plus inoffensif. A l'heure actuelle, cette statue d'ours a été déposée dans la crypte de l'abbaye qui est située sur le trou supposé creusé par l'animal. De nombreuses sculptures, d'époques diverses, rappellent l'ours. La plus ancienne (1140) est certainement celle représentant un chevalier bravant un ours de l'épée qui se trouve sur une frise située sur un des murs de l'ancienne abbaye. L'édifice fut en partie reconstruit au (XVIIème siècle), on y retrouve tous les styles. D'époque Romane sont la crypte, le porche et les sculptures.

- Historique

L'Abaye d'Andlau reçut, presque dès son origine, une illustration qui n'a pas peu contribué à sa prospérité et à sa considération. On sait que l'empereur Charles le Gros, trop faible pour gouverner le vaste empire qu'il avait réuni sous son sceptre par la mort de ses 2 frères, en laissa les soins à l'Impératrice Richarde, son épouse, elle avait pour conseiller Liutward, évêque de Verceil. Les courtisans, jaloux de l'autorité de l'évêque et de la confiance que lui accordait l'Impératrice, méditaient depuis longtemps sa ruine et trouvèrent le moyen d'allumer dans le coeur du faible monarque une jalousie que la piété, les talents, les éminentes qualités de son épouse et 25 ans de mariage constamment heureux furent impuissants à écarter. Liutward fut chassé de la cour, l'Impératrice répudiée se retira dans le monastère d'Andlau. La légende de Ste Richarde porte qu'elle subit l'épreuve du feu, et que revêtue d'une chemise enduite de cire, à laquelle ont mit le feu en 4 endroits, elle ne fut point atteinte par les flammes qui s'éteignirent miraculeusement. Quoi qu'il en soit, ce fut dans cette abbaye que l'épouse de Charles le Gros finit ses jours dans la prière et les bonnes oeuvres. Elle trouva aussi une source de consolations dans les lettres, qu'elle cultivait avec une grande distinction; plusieurs belles poésies, qui sont parvenues jusqu'à nous, peignent sa résignation et la pureté de son âme. Ele mourut avant la fin du (IXème siècle) et fut enterrée dans une chapelle latérale de l'église d'Andlau. (I siècle ½ ) plus tard, elle fut canonisée par le pape Léon IX, qui s'étant trouvé en Alsace, sa patrie, vint à Andlau bénir l'église nouvellement construite sous l'abbesse Mathilde, soeur de l'Empereur Henri III.

Cette Abbaye fut consacrée initialement au St Sauveur et suivait la règle de St Benoît qui reçut la protection du pape. Elle fut autorisée à battre monnaie jusqu'en (1004). L'Empereur Henri II accorda un privilège d'ériger un marché aux portes du monastère, préparant ainsi l'évolution d'Andlau, d'abord juridiquement "Abbaye Pontificale", vers la soumission à l'empire. En (1288), l'Abbesse fut élevée au rang de "Princesse d’Empire". Elle eut sa cour, et le faste féodal des dames nobles d'Andlau devait durer jusqu'à la Révolution. Elle fut dotée de biens considérables et reçut par la suites un grand nombre de privilèges. L'Empereur Charles IV, en les confirmant en (1347), déclara l'Abbaye exempte de toutes charges et contributions et accorda à l'abbesse Adélaïde de Géroldseck et à celles qui lui succédèrent, le titre de "Princesse de l'Empire". On ne connaît pas précisément l'époque précise de sa sécularisation, on croit qu'elle eut lieu entre les (XIIème siècle) et (XIVème siècles). Outre la charte de l'Empereur Charles IV, un grand nombre d'autres diplômes antérieurs et postérieurs ont été concédés à cette abbaye, soit pour confirmer les privilèges qu'elle avait déjà obtenus, soit pour lui en accorder de nouveaux. Les récipiendaires étaient obligés de faire preuve de 16 quartiers de noblesse sans mésalliance, et les familles les plus illustres d'Alsace et d'Allemagne briguaient l'honneur d'y faire admettre leurs filles, elles n'étaient assujetties à aucun voeu et pouvaient quand bon leur semblait, rentrer dans leurs familles et même se marier.

L'abbaye d'Andlau a eu un rayonnement international au coeur de la Chrétienté, à Rome. Preuves en sont, les nombreuses Bulles Papales précieusement conservées aux Archives Départementales du Bas Rhin à Strasbourg. Célèbre au travers des écrits et des Abbesses qui s'y sont succédé et des nombreuses propriétés de l'abbaye en Alsace, Wagenbourg, Marlenheim et en France Abbaye d'Etival. Richarde rédigea les statuts et les fit approuver par le pape Jean VIII qui dans sa réponse la qualifie de "Servante de Jésus Christ et fille chérie de Dieu".

En (1049) le pape Léon IX revenant du Concile qu'il avait tenu à Mayence et passant par Andlau, fit lever le corps de Richarde, qu'il exposa à la vénération publique, ce qui équivalait à une Canonisation solennelle. Ste Richarde est honorée avec le titre de Vierge dans le diocèse de Strasbourg. L'Abbesse Hadewitz, vers (1130) commanda la réalisation du portail et de la frise du massif Occidental à un atelier de sculpteurs dont on pouvait voir les réalisations dans l'ancienne église Abbatiale d'Eschau. Suite à un nouvel incendie, dans la nuit du Dimanche au Lundi de Pâques (1160), l'église fut une nouvelle fois reconstruite et son sanctuaire recouvert de 2 voûtes à la fin du (XIIème siècle). La nef et le choeur ont subi plusieurs modifications au cours des siècles. Un pèlerinage fut dédié très tôt à Notre Dame dans la crypte de l'église où les Chanoinesses se réunissaient chaque jour pour implorer la Vierge.

C'est en (1288) que l’Abbesse d’Andlau étant "Princesse d’Empire" avec droit de vote au "Diètes du St Empire Germanique". L’Abbesse disposait d’une cour composée d’officiers et divers employés. L’indépendance de l’Abbesse, "Princesse d’Empire" depuis Charles Quint, était une réalité qui se vérifia à plusieurs reprises, et notamment lorsque l’Alsace passa sous le fief du Roi de France, Louis XIV au (XVIIème siècle). Il a fallu toute la finesse de l’intendant du Roi pour que ce dernier, par un traité de juillet (1686), céda à la volonté des Abbesses de n’élire que leur candidate et non celle du Roi. Les guerres que menaient Turenne, les fortifications de Vauban et la suprématie de Louis XIV, ne résistèrent pas à ce que femme veut, et que dire au pluriel, lorsqu’il s’agissait de plusieurs Chanoinesses, il abdiqua en reconnaissant ce droit aux Chanoinesses d’élire une des leurs, et même si cette dernière devenait "Princesse d’Empire", d’un état qui ne fût pas la France.

Louis XIV avait, dans sa confirmation des privilèges, vu l’importance qu’il y avait pour les Gentilshommes Catholiques de l’Alsace, de pouvoir mettre là leurs filles, sans faire de voeux, jusqu’à ce qu’elles trouvassent un parti pour se marier, ce qui est aux dits Gentilshommes d’un grand secours et avantage, leurs maisons se trouvant par ce moyen considérablement déchargées. Les grandes heures de l'abbaye prirent fin en (1789), et aujourd'hui il ne subsiste que les bâtiments du porche de l'abbaye, de la fondation "Stoltz Grimm", et la magnifique église Abbatiale.

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