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Glossaire - Biographies
Achitecture - Le Sarcophage
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(Arles-sur-Tech, Département des Pyrénées Orientales, Arrondissement de Céret, Canton Arles-sur-Tech.)

- Ses Origines

Le nom Arles vient des mots Ar et El, qui désignent respectivement une vallée s'élargissant en plaine et un rivière passant dans cette plaine. Le Tech, c'est le nom donné à cette rivière. La 1ère mention connue d’Arles concerne l'église "Sant Pere de Riuferrer", appelée au (IXème siècle) "Sancti Petri in Arulas". Ce nom d'Arulas, qui a donné Arles, a suscité de multiples interrogations, mais on admet dans l'ensemble qu'il signifie, petits autels, "latin ara = autel", et qu'il pourrait être lié au culte des Nymphes, ou autres divinités, pratiqué aux Banys. De la fin du (IXème siècle) au début du (XXème siècle), 6 édifices jalonnent l’histoire d’Arles.

L'abbaye Ste Marie, fondée à la fin du (VIIIème siècle), mais dont les murs actuels remontent pour les plus anciens à la fin du (IXème siècle). De cet ensemble monastique subsistent l’église, le cloître, le logis abbatial et quelques éléments des bâtiments conventuels. L’église a échappé à la vente des Biens Nationaux pendant la Révolution Française. L'église St Etienne, consacrée une 1ère fois en (993) et dont il ne subsiste qu’une partie de la nef englobée dans des constructions récentes, non visitable. L'église St Sauveur, mentionnée dès (1159). Malgré la vente, l’église est intacte, avec son mobilier. La villa "les Indis", actuelle mairie, art nouveau, début (XXème siècle).

- L'Historique

Arles sur Tech est bâti sur un site préhistorique. Il reste de nos jours des traces de leur occupation comme le Dolmen de la "Caixa de Rotllan", érigé durant l'époque Mégalithique vers (2.500) ans. Les 1ères personnes contemporaines furent les Romains, qui y construisirent des villas dont les habitants pouvaient se baigner aux bains naturels, quelques kilomètres plus à l'Est, Amélie les bains. Il reste là aussi quelques vestiges des édifices construits à cette époque.

En (739) les Sarrasins envahissent la Septimanie, qu'ils conserveront jusqu'en (811). Cette année là Charlemagne parvient à les repousser de l'autre côté des Pyrénées. Le Roussillon est pacifié, il reste à le repeupler. En effet, l'avancée des Sarrasins avait fait fuir les Wisigoths, derniers habitants de la région. Toute la vallée du Tech est déserte. Il ne reste que les vieux bâtiments Romains et quelques constructions Wisigothiques, essentiellement à usage défensif. Pour faire venir des pionniers Francs, Charlemagne fait intervenir auparavant les religieux. En construisant des Abbayes, ceux ci amènent la chrétienté dans la région, point de départ à l'époque d'une colonisation. C'est un certain Castellanus, moine venant d'Espagne qui s'installa temporairement aux bains d'Arles en tant qu'ermite. Ces bains étaient les constructions antiques complètement abandonnés. Il cherchait un terrain pour y implanter une abbaye. Il trouva le lieu parfait à 1 heure de marche, un peu plus haut dans la vallée, sur les restes d'antiques bains Romains, mais de moindres importances Arles. Ce fut sur ces ruines que le moine, accompagné de quelques compagnons susceptibles de militer sous la règle de St Benoit, édifia un monastère Bénédictin. La 1ère mention de la ville date de (778), il s'agissait d'un document indiquant l'emplacement d'une nouvelle Abbaye Bénédictine créé par le moine Castellanus. Malheureusement ce document stipulait que cette abbaye a été détruite.

En (820) une 2ème abbaye fut fondée, dédiée à Ste Marie, c'est celle là qui est toujours visible aujourd'hui. Louis le Débonnaire accorda à Castellanus et à sa communauté déjà importante la protection royale par une charte du 17 Septembre (821). Ce fut le 1er tournant de la vie de l'abbaye, à présent les moines pouvaient se consacrer à la vie monacale sans soucis. Cette abbaye pris rapidement du pouvoir, d'une part grâce à des dons de la société civile, "dons d'alleux" dans des vallées parfois éloignées, d'autre part par la capacité qu'on eu les moines de faire fructifier leurs terres. L'érection de nombreuses abbayes en Roussillon a fait suite à la nécessité de structurer la région. Sur ce principe démographique, un embryon de village se forma sur le site de l'abbaye, embryon qui se développa rapidement.

- l'Expansion

Cette abbaye draina une importante population dans la vallée. En (832) le successeur de Castellanus, Babylas, vient à Elne pour faire reconnaître ce qui appartient à l'abbaye. Des arpenteurs sillonnent la vallée pour apposer des bornes, limitant ainsi le terrain foncier de l'abbaye. Durant le (IXème siècle) les Normands débarquent sur la côte rocheuse et remonte la vallée du Tech. Ils pillent l'abbaye d'Arles et massacrent au passage quelques moines. Il faudra plus de 10 ans pour faire oublier ce mauvais souvenir. Parmi les dégâts occasionnés, le clocher fut détruit. Vers (850) et (870) l'abbé était Hilpéric. Entre (967) et (963), l'abbé se nomme Arnulfe. Il rapportera de Rome des reliques authentifiées de St Abdon et St Sennen qui vaudront à Arles le surnom de Ville des "Corps Saints". Il a peut être fait ce voyage en compagnie du comte de Cerdagne, qui s'est rendu à Rome à la même époque. Ces 2 Saints sont toujours vénérés à Arles.

L'église Abbatiale sera consacrée 2 fois. Une 1ère fois en (1046), l'autre en (1157), ce qui signifie que le bâtiment a été remanié. Autour de (1150), l’abbé Raymond 1er consacre 6 églises relevant de Ste Marie. Dans le dernier quart du (XIIème siècle), l’abbé fait construire un mur d’enceinte barbacane et tours. En (1260), l’abbé Raymond Desbach construit le cloître, à partir du marbre blanc de Céret et de calcaire gris à numulithes de Gérone pour les colonnettes. Déjà l'église initiale de Castellanus avait été détruite par les Normands, puis reconstruite. Et par la suite elle sera modifiée à de nombreuses reprises. Durant les (XIème siècle) et (XIIème siècles) l'abbaye prend vraiment son essor. Il est idéalement placé entre la haute vallée et la plaine. Un marché se créé sur la place aux pieds des murailles. Une ville se dessine peu à peu, dont le rythme est donné par l'abbaye. D'ailleurs cette ville dépend à 100% de l'abbaye ainsi que les multiples chapelles construites un peu partout dans le Vallespir. Il faut noter que les abbés n'entretiennent pas de relation avec la famille des Comtes de Cerdagne, du coup elle reste un peu isolée dans sa vallée, loin du rayonnement qu'aura St Michel de Cuxa par exemple. En (1078) l'abbaye passe sous l'obédience de celle de Cluny. Concrètement, elle devient sous les ordres de l'abbaye de Moissac. En (1151) l'abbé était Bernard. Celui ci reçut de Bernard d'Oms et de son fils Guillaume leur seigneurie de St Jean d'Oms.

A la fin du (XIIIème siècle), l’église est agrandie de chapelles Gothiques qui donnent sur les collatéraux. Les chapelles du Nord sont surmontées au (XIVème siècle) d’un nouveau toit qui repose sur le mur de la nef centrale au desus des fenêtres. Ainsi, l’église est privée d’une partie de son éclairage primitif. A la fin du (XIVème siècle), les moines de l’abbaye sont sécularisés et vivent de leur bénéfice perdant en même temps l’idéal de St Benoit. Comme de nombreuses abbayes, Ste Marie connaît une longue et lente agonie. Au (XVIIIème siècle) la vie monacale s'éteint peu à peu à Arles. Le 24 Mars (1770) l'évêque d'Elne qui avait le titre d'Abbé d'Arles démissionne de cette charge, un abbé Commendataire est nommé, il procèdera à la liquidation. A la Révolution Française, les 6 derniers moines quittent le monastère, l'abbaye fut menacé de vente en tant que Bien National, ce qui a été le cas de bien des sanctuaires religieux. Mais la pression des Arlésiens a fait que l'église Abbatiale s'est transformée en église Paroissiale. L'église s'est dotée d'un grand orgue, toujours sur place, au (XVIIIème siècle). Ses biens et dépendances sont vendus. Signalons quand même que tous les 30 Juillet a lieu la fête Patronale, avec pour point d'orgue la procession de la Rodella, roue dans laquelle est entouré un long fil de cire. Cette tradition fut créé au (XVème siècle) et elle est toujours en vigueur aujourd'hui.

- Scission des Bains d'Arles
et de l'abbaye

En (1235) le 1er conflit d'importance eu lieu entre les moines et les habitants de la ville. Ces derniers leurs reprochaient la lourdeur des servitudes, en particulier ceux portant sur l'utilisation du four et du moulin. Pour manifester leurs désaccords ils refusèrent de rendre hommage à Arnald Ier, l'Abbé. L'évêque d'Elne, Bernard de Berga et Nunyo Sanche qui gouvernait le Roussillon à cet époque, Royaume de Majorque, durent intervenir pour faire rétablir la paix à l'issue d'une amnistie générale à l'exception de 2 meneurs. Face à ces évènements, l'abbé décida de vendre à Nunyo Sanche le village qui s'était formé sur les lieux ou Castellanus était devenu ermite, c'est à dire, Amélie les bains. Nunyo Sanche prit l'engagement de faire édifier un château et d'y faire tenir une garnison.

Durant le (XIIIème siècle) le cloître fut construit. Il est Gothique, sans aucune sculpture ni fioriture, en marbre blanc sauf les fines colonnes jumelles qui sont en pierres de Gérone. Ce cloître fut construit par l'Abbé Raymond Desbach. La guerre entre la France et la Castille durant le (XVème siècle) ne trouble pas le Vallespir, apparemment trop loin des combats. Parmi les évènements marquants du siècle, citons toutefois la création de 2 bustes en argent, exécutés par l'orfèvre Perpignanais Miguel Almérigues en (1422) et (1440). Ils étaient destinés à accueillir une partie des reliques de St Abdon et St Sennen, le reste des reliques étant dans une chasse rectangulaire de bois doré. En (1515) l'administrateur perpétuel de l'abbaye était Honoré d'Oms. Et en (1564), il s'agissait de Michel d'Oms. Tout se passe sans histoire jusqu'à la Révolte des Angelets, entre (1667) et (1671). Le monastère de Ste Marie d'Arles s'est officieusement placé du côté des révoltés, mais sa stratégie a toujours été de feindre la neutralité. Toujours est il que lorsque les insurgés s'emparent de la ville d'Arles le 27 Février (1670) ils ne causent aucun dégât à l'abbaye. Le 8 octobre (1712) l'abbaye concède aux consuls des Bains d'Arles, les eaux chaudes, bassins et bâtiments servant aux bains, à charge d'une censive de 11 francs payable chaque année à la fête de Noël, à charge aussi de laisser les religieux et leurs domestiques se baigner gratuitement, de faire les réparations nécessaires, et d'y tenir une prison à la disposition de l'abbé.

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