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Glossaire - Biographies
Chronologie - les Abbés
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- La Bénisson Dieu


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- Présentation
* Diocèse : Achidiocèse de Lyon
* Patronage : Vierge Marie Ste Mère de Dieu
* Fondation : 29 Septembre (1138)
* Début construction : (XIIème siècle)
* Dissolution : (1791)
* Abbaye-mère : Clairvaux
* Lignée de : Clairvaux
* Abbayes-filles : Aucune
* Congrégation : Ordre Cistercien
* Protection : Classée Monument Historique (1840)

- Situation
* Pays: France
* Province : Forez, Lyonnais
* Région : Auvergne Rhône Alpes
* Département : Loire
* Commune : La Bénissons Dieu

- Historique

La tradition, raconte que St Bernard visitant ces lieux, avec quelques uns de ses Frères, arrivé à l'endroit où s'éleva depuis le Couvent de la Bénisson Dieu, s'écria dans un transport d'enthousiasme et d'inspiration, "Hic, fratres, benedicamus Domino". Ici, mes Frères, Bénissons Dieu. Solitude, silence, vallée humide et profonde, c'était l'image de la vallée d'Absinthe, "premier nom de Clairvaux". Une émotion bien naturelle tira de l'âme du Saint cette exclamation prophétique qui détermina le nom et le séjour de la 30ème Fille de Clairvaux. On ne peut douter, en tous cas, que St Bernard ait foulé plusieurs fois le sol de Bénisson Dieu. La règle de Cîteaux prescrivait formellement à l'Abbé Fondateur d'une Colonie, de visiter les lieux où cette colonie devait s'établir, et de la revoir, chaque année, à moins de graves empêchements. On montrait à Bénisson Dieu, dans le dernier Siècle, un Calice dont St Bernard se serait servi pour le Saint Sacrifice de la Messe, il y a encore dans l'église actuelle un Autel portant le nom du Saint, dont la table parait fort ancienne et sur laquelle on prétend qu'il aurait aussi célébré les Saints Mystères.

- Cérémonie du dépard

St Bernard dut faire à Bénisson Dieu, la 1ère visite. Peu après, la petite Cloche du Couvent appelait à l'église, pour une Cérémonie Extraordinaire, tous les Moines de Clairvaux. Lorsque chacun eut pris au choeur sa place accoutumée, après un moment de grave et pieux silence, le Psaume consacré pour la circonstance, "In. exitu Israël....." est entonné, l'Abbé, St Bernard, s'avance vers l'Autel, sur lequel une Croix de Bois était préparée, et saisit cette Croix, en même temps, Albéric, disciple du grand Maître, quitte la stalle, s'agenouille devant l'Abbé, qui lui présente la croix qu'il baise et la prend dans ses mains. Pendant cde temps, 12 autres Religieux, viennent se ranger autour d'Albéric. On quitte l'église, on traverse processionnellement le Cloître, Albéric et ses 12 Compagnons franchissent le Seuil, pendant qu'on s'arrête derrière eux, ils se retournent, reçoivent à genoux, une dernière Bénédiction de l'Abbé, puis la porte se referme. La Séparation est consommée.

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- le voyage d'Albéric

Suivi de ses 12 Compagnons, Albéric traversa d'abord le pays Langrois, la Bourgogne, du Nord-Est au Sud-Ouest, et vint s'arrêter à l'extrémité de cette province, dans la vallée, de la Chassagne, le bois où s'établirent d'abord les Religieux. Une Grange voisine du Couvent conserva ce nom, elle est mentionnée la 1ère parmi les possessions de l'Abbaye dans une charte octroyée par Innocent III en (1213). Le Bois lui fut donné par Girin de Bonnefont, ou à Ponce de Pierrefitte, tous 2 Seigneurs du voisinage, qui concédèrent à nos Religieux les terres les plus rapprochées de l'Abbaye. Une Charte de Jean de Bellesme confirmative des donation, faites par ces 2 Seigneurs. Il est dit dans cette Charte que le Seigneur de Bonnefont a concédé au couvent de la Bénisson Dieu. toute la terre du Flaché bois et prairies, et le Seigneur de Pierrefitte les terres, prés et bois qui sont le long de la Taissone, depuis la goutte de Chizireth jusqu'à l'Abbaye, plus un bois commun entre le Donateur et les Moines de Marcigny. La Concession du Seigneur En vertu de ces donations, nos Religieux durent avoir pour limitrophes, au Sud, les Moines de Noailly, Prieuré dépendant de Savigny, au Nord, les Moines de Marcigny, qui eux dépendaient de Cluny. Ce voisinage, la 1er surtout, à cause de la proximité de Résidence, ne tarda pas à engendrer une rivalité malheureuse, aux derniers venus.

- l'Abbaye

L'abbaye de N.D.la Bénédiction de Dieu, entre Brionnais et Forez, était une implantation Cistercienne en terre Bénédictine. Fille de Clairvaux, elle fut fondée en (1138) par Albéric, disciple de St Bernard. L’Abbaye, dévastée et transformée à plusieurs reprises et convertie en Monastère de Femmes au (XVIIème siècle), ne conserve rien des bâtiments Conventuels. De l’église Abbatiale il reste la Nef et 2 Arcs des ruines de l’ancien Transept. Dédiée à Notre Dame et à St Bernard, elle fut commencée vers (1170)-(1180) et achevée au début du (XIIIème siècle). La grande Nef de 7 travées est une bonne exemple de l’Architecture Cistercienne à la transition du Roman au Gothique. Elle est voûtée par des Ogives sur doubleaux brisés, innovation de l’époque. L’élévation est à 3 étages, avec une petite Arcade aveugle entre les grandes Arcades et les fenêtres Hautes. Les Piliers carrés sont flanqués de consoles qui reçoivent des Pilastres. Les Bas Côtés, déjà voûtés d’Ogives au Sud, sont encore voûtés d’Arêtes au Nord. Un mur de clôture du (XVIIème siècle), construit pour séparer la Nef de l’ancien Choeur, est actuellement le Chevet plat du Choeur Paroissial aménagé dans la dernière Travée. L’église conserve un Autel Roman décoré d’arcatures sur Colonnettes et une très belle Rosace avec vitrail d’origine dans la façade Ouest. Le Portail, oeuvre du style Roman tardif du Brionnais et très proche des Portails de Semur, possède un Tympan au décor Végétal et un Linteau portant une Croix. Le haut clocher et les toitures Polychromes de l’église, de la fin du (XVème siècle), sont l’oeuvre de l’Abbé Pierre de la Fin. La Chapelle de la Vierge fut ajoutée au (XVIIème siècle) par la famille de Nérestang. L’église conserve de nombreux objets d’art, des Reliquaires, des Dalles, un Sarcophage, des Clefs de voûte déposées, des Statues et des Fresques. Un trésor a été aménagé dans le Clocher, qui permet également une belle vue Panoramique.

- Madame de Nérestang

Là où les disciples de St Bernard n’avaient trouvé qu'un Désert, Mme de Nérestang ne trouvait presque que des Ruines. Autour de la maison, il est vrai, le terrain était conquis à la culture, mais, dans les Bâtiments, toitures effondrées, planchers usés, disjoints, murs lézardés ou croulants, l'église Dégradée, des Autels sans ornements une Sacristie sans meubles et sans linges, tout annonçait l'abandon et la désolation. Le logis Abbatial était seul vraiment debout, dans la partie de ce Logis qui flanquait le bas de l'église, vers l'angle Nord-Ouest, une Salle fut coupée par une cloison en planches, le côté de cette salle joignant l'église servit de Choeur provisoire, le reste fut divisé en Cellules et tint lieu de Dortoir. C'était la pièce qu'on avait jugée la meilleure, et, quelque temps après, une poutre se rompant en dessus, le plancher qu'elle supportait tombe à sa suite, une religieuse malade était là, seule dans le dortoir, les autres se trouvant au Choeur, quelques chevrons fort heureusement s'entrecroisèrent sur sa tête, maintinrent les débris, et la préservèrent ainsi comme miraculeusement de la mort.

On n'avait pas attendu cet accident pour se mettre à l'oeuvre. Mr de Nérestang toujours magnifique et libéral pour la religion, toujours affectueux et dévoué pour sa fille, couvrit généreusement les 1ères dépenses, il prêta de plus son appui et son crédit au Couvent pour la recherche de ses titres et le recouvrement de ses biens. Après quelques mois de travail, les toits du 1er Corps de logis de l'ancien Monastère furent construits ou réparés, tous les planchers refaits. C'était assez pour le Dortoir, le Chapitre, le Réfectoire et la Cuisine, pour suffire aux besoins les plus urgents. Un 2ème Corps de Bâtiments ne tarda pas à s'élever depuis la base jusqu'au faite, là furent placés l'Infirmerie l'Ouvroir, là Lingerie et autres services moins importants. Des murailles fermèrent bientôt les lieux Réguliers de tous les côtés, et la Clôture fut établie, suivant les intentions de l'église et les règles de l'Ordre.

Une autre enceinte de murailles, enserrant un vaste jardin, fut entreprise plus tard; Mme de Nérestang la laissa inachevée. On peut admirer encore aujourd'hui son étendue et sa solidité. La Restauration de l'église, commencée de bonne heure, ne fut terminée qu'en (1640), suivant la date placée au-dessus du portail, à l'intérieur. 2 Choeurs furent construits ou disposés pour les Religieuses l'un, à gauche de l'autel, pour les Cérémonies Extraordinaires, prises d'habits, professions, prédications, qui subsiste encore, sauf la Cloison, et n'offre de remarquable qu'une Stalle Antique avec sculpture et écusson bien détériorés, l'autre, derrière le Maître Autel, ouvrant sur la grande Nef, à une certaine hauteur, quoique destiné à l'usage commun journalier, il était vaste et beau, surmonté d'une flèche, ou plutôt d'une Aiguille très élancée, dont la pointe effilée semblait se perdre dans les airs. Cette flèche a subsisté jusqu'en (1820), à cette époque on fut obligé de la démolir pour éviter une chute prochaine. Mentionnons encore, puisque nous sommes sur ce sujet, la Restauration de, l'église Collégiale de Montaiguet et de la maison forte ou Château de Vézelins, quant à la Chapelle dite de Nérestang, elle occupa les dernières années de notre Abbesse.

Mme de Nérestang reçut par un décret de l'Abbé de Cîteaux, Claude de Vaussin, le titre de Restauratrice de l'Abbaye de la Bénisson Dieu, et ce titre, qui place sa mémoire à l'ombre et sous l'égide de celle du fondateur lui même, n'était pas immérité. Sans elle en effet, Bénisson Dieu dépeuplée de Moines, ruinée de bâtiments, dilapidée de biens, aurait vu ses derniers lambeaux passer des serres de la Commende à quelque Abbaye moins déchue. Au lieu d'un si triste sort, le Monastère rebâti et repeuplé, les terriers recouvrés, réunis, les empiètements des Fermiers ou voisins réprimés, la clôture rétablie, une règle sage fondée, pratiquée, et tout cela grâce au zèle, à l'activité, à la Piété de Mme Nérestang, permirent à son Abbaye d'atteindre aussi loin que ses aînées, Clairvaux et Cîteaux. Bien plus cette Abbaye parvint jusqu'à la date fatale de (1789), sans que sa réputation eût été ternie par aucun abus, aucun scandale, aucun désordre. Les Abbesses gardèrent toujours la résidence, et les Soeurs la clôture. Voilà qui doit tourner à la gloire de Françoise 1ère de Nérestang.

Deux sites vous donnerons plus de renseignements sur La Bénisson Dieu :
http://abbaye.benisson.dieu.free.fr/archeologie.htm
http://abbaye.benisson.dieu.free.fr/Histoire.htm

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