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(Charlieu, chef lieu de canton du département de la Loire, Région Rhône Alpes).

- Historique

L'abbaye est fondée en (872) par Boson, Roi de Bourgogne et Ratbert, évêque de Valence en un lieu nommé Sornin, à la frontière méridionale du Charolais, que le moines Bénédictins venus de Touraine, conduits par l’abbé Gausmar, rebaptisèrent "Charlieu - carus locus - Cher Lieu". D'abord autonome, l'abbaye est ensuite rattachée à l'Ordre de St Benoît, ou Ordre de Cluny, vers (930) à (940). Dès le (Xème siècle), l'église Abbatiale abrite des reliques de St Etienne et de St Fortuné et est agrandie, afin de permettre aux pèlerins de circuler autour des reliques. On peut supposer une baisse du nombre de moines au cours du siècle suivant, car l'église du (IXème siècle) tombe ensuite en ruines et doit être reconstruite au (XIème siècle). De plus, l'Abbaye devient un Prieuré en (1040). Le Prieuré ne compte plus que 6 moines à la veille de la Révolution Française. Comme de nombreux monastères, il est alors sécularisé et vendu en biens Nationaux et la plus grande partie de l'église est détruite, seul subsiste encore l'avant nef ou narthex. L'église St Fortuné fut consacrée en (1094). Il n'en demeure que le 1er niveau de la façade Ouest et les piliers de la 1ère travée.

Placée sous la protection du Roi Boson de Provence à partir de (879), Charlieu est rattachée à "l’Ecclesia cluniacensis" en (932), à l’initiative du comte Hugues d’Arles, ami de l’abbé Odon de Cluny. L’Abbatiale est alors remaniée, son plan comprend une nef avec collatéraux, terminée par un choeur à Déambulatoire et chapelle Axiale. A l’Est de l’abbaye, un bourg, mentionné pour la 1ère fois en (994), se développe. En (1040), sous l’Abbatiat d’Odilon de Cluny, Charlieu devient Prieuré. Peu après débute le chantier de la 3ème église St Fortuné, dont les parties Orientales sont consacrées en (1094), plus vaste que les précédentes, elle comporte un transept saillant et se dote, au (XIème siècle), d’une avant nef.

En (1180), Philippe Auguste prend la ville et le Prieuré sous sa protection et en renforce les défenses, dans lesquelles s’intègre la tour qui porte son nom. Il y nomme, au début du (XIIIème siècle), un châtelain, le Prieur, qui perçoit taxes et redevances, reste le seigneur d’un bourg prospère. Les habitants supportent mal cette tutelle, d’autant qu’en (1207), la charte qui leur est accordée ne leur octroie pas de réels pouvoirs Municipaux. Le conflit éclate dans les années (1240) à (1250), les Bourgeois jurent la commune et assiègent le Prieuré. L’affaire est résolue, à la faveur des Moines, devant le parlement de Paris, mais les relations restent tendues. C’est tout naturellement que les Charliendins soutiennent, contre le Prieur, l’installation des Franciscains à St Nizier sous Charlieu, en (1280).

Au (XVIème siècle), le Prieuré échappe aux destructions des guerres de Religion, mais ses grandes heures ont pris fin. Ayant adhéré à l’"Ancienne Observance" Clunisienne, il est dissous lorsque celle ci est supprimée en (1788). quand survient la Révolution, il ne reste plus que 2 moines sur les rives du Sornin. Le Prieuré est sécularisé. En (1792), les habitants en brûlent les archives, situées à l’étage supérieur de l’avant nef. En (1793), ils décapitent les figures sculptées sur les portails de cette même avant nef. Morcelé en plusieurs lots, le Prieuré est vendu en (1796). N’en subsistent qu’une partie des Bâtiments Conventuels, l’avant nef et la 1ère travée de la nef de l’église, rasée en (1800). L’avant nef de Charlieu, ou galilée, est un édifice à 2 étages. Les 2 espaces superposés sont voûtés d’arêtes. L’entrée du Narthex se trouve anormalement sur le côté Nord, sans doute n’y avait il pas la place suffisante pour une entrée à l’Ouest, par 2 portails de tailles différentes, sculptés dans le 2ème quart du (XIIème siècle).

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- Les sculptures Romanes

Les tympans de l’église Prieurale St Fortuné de Charlieu sont tous 3 remarquables à plusieurs titres. Ceux des portails Nord, bien qu’altérés par la suppression des têtes des personnages, sont d’une remarquable qualité artistique, pour laquelle la grâce et la force tourbillonnante du mouvement des scènes de personnages le disputent au caractère éminemment décoratif de la multitude de motifs géométriques ou végétaux.

- Portail Ouest XIIème siècle

C’est l’un des plus anciens tympans de l’époque Romane sculptés intégralement. Il date des environs de (1100). Sa sobriété lui confère des lignes d’une surprenante modernité dans leur harmonie avec la courbe en demi cercle. Celle ci délimite la forme de la pierre dans laquelle la sculpture se développe en cuvette, le sculpteur a ménagé un renflement sur le pourtour du tympan, qui forme cadre. L’intérieur est davantage creusé que le linteau, ce qui réduit le poids de cette partie toute d’une pièce. Le linteau, pierre horizontale qui supporte le tympan, est creusé de manière superficielle, en très bas relief, ce qui permet de lui conserver sa solidité. Le tympan figure un Christ dans une Mandorle, porté par 2 anges, figure qui sera fréquemment reprise dans les portails Bourguignons. Les anges semblent au sol. Le linteau est orné des 12 apôtres, assis sous des arcs en plein cintre. Ils tiennent un livre sur leur genou droit et lèvent la main gauche, en signe d’acclamation. Tout cela réfère à la Parousie, le retour Glorieux du Christ à la fin des temps.

- Les portails Nord, XIIème siècle

Ils sont reliés par leur thématique, alors que l’archivolte du portail principal est surmontée d’un gracieux et réaliste Agneau de l’Apocalypse, le linteau du petit portail représente les sacrifices d’animaux pratiqués sous la loi Judaïque. Comme Charlieu est une abbaye Clunisienne, c’est une interprétation de Pierre le Vénérable, qui fut abbé de Cluny, qu’il faudrait voir illustrée ici, dans son traité contre Pierre de Bruys, il précise:

" le Boeuf, le Veau, le Bélier, la Chèvre, arrosaient de leur sang les autels des Juifs, seul l’Agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde, repose sur l’autel des chrétiens".

Voilà le lien entre l’Agneau et le bétail au sacrifice. L’exégète explique plus loin que le Christ, en changeant l’eau en vin aux noces de Cana, a voulu figurer l’Eucharistie et le sacrement de l’autel. Or, ce sont justement les noces de Cana qui sont représentées au dessus de ce Linteau.

- Le Tympan du grand portail

Le "Christ" en gloire dans une Mandorle est entouré des 4 vivants de l’Apocalypse de Jean, le Tétramorphe, identifié dès le (IIème siècle) aux "4" évangélistes. L’Aigle, symbole de Jean, porte un rouleau dont le texte peut être reconstitué, "Sanctus Johannes, seraphin stabant", qui semble faire allusion à la vision d’Isaïe quand Dieu lui apparaît, séraphins présentés plus loin sous la forme de Dragons Volants. l’Homme, qui représente Matthieu, à gauche du Christ, est accompagné de l’inscription, "Sanctus Mattheus Cherub..." , les chérubins font partie de la vision apocalyptique d’Ezechiel. En bas à gauche est le Lion, St Marc. Enfin St Luc est le Taureau. Ces 4 vivants de l’Apocalypse étaient donc déjà les chérubins d’Ezéchiel, mentionnés sur ce tympan, et que le texte Biblique décrit ainsi.

"Ils avaient une face d’homme, et tous les 4 avaient une face de Lion à droite, et tous les 4 avaient une face de Taureau à gauche, et tous les 4 avaient une face d’Aigle. Leurs ailes étaient déployées vers le haut".

"Ainsi le tympan évoque les 3 plus importantes visions Apocalyptiques de la Bible dans une seule image donnant une idée essentielle de la foi Chrétienne Médiévale".

La vision d'Isaïe, celle d'Ezéchiel, auxquelles réfèrent respectivement les séraphins et les chérubins rappelés par les inscriptions, et celle de St Jean. De chaque côté de l’archivolte supérieur, les vieillards de l’apocalypse de St Jean dansent et jouent du rebec, les 24 rosettes symbolisent leur nombre exact, l’Agneau de l’Apocalypse couronne la composition. La végétation, abondante dans les frises, joue un rôle important. A la base de la Mandorle, elle revêt un sens symbolique, le Christ est le fruit ou la fleur de cette mystérieuse branche qui s’ouvre de part et d’autre de l’amande, il pourrait s’agir de l’arbre de Vie. Ce végétal est dans la vision de St Jean un symbole Rédempteur et Sotériologique,

"Heureux ceux qui lavent leur robes afin d’avoir droit à l’arbre de vie et d’entrer par les portes de la ville".

La vision d’Ezéchiel contient aussi une référence aux arbres miraculeux dont les feuilles ont un pouvoir curatif. Cet arbre, dans la pensée Médiévale, est inséparable de la Croix, l’arbre croix. Le pied avant droit de l’agneau, qui porte habituellement la croix ou la flamme, repose sur un point qui semblerait être le départ d’un petit arbre, d’une branche ou d’un arbuste naissant de l’archivolte, l’agneau en serait, là encore, le fruit. Ainsi, le tympan de Charlieu semblerait associer des éléments des derniers chapitres de l’Apocalypse, l’arbre de Vie du Paradis et des 1ers chapitres qui donnent la vision des Vieillards et des 4 Bêtes. On retrouve cette association peu fréquente dans un narthex du (XIème siècle), à "San Pietro al Monte à Civate". Au dessus de l’agneau, un petit panneau encadré a contenu une croix.(XVIIIème siècle).

- le Linteau

Les 12 apôtres, comme annoncé pour le Jugement, sont assis devant une surface où sont tracés les empilements des pierres d’un mur, qui peut symboliser le mur de Jérusalem, les 12 apôtres marquant les 12 portes de la cité Sainte, en un thème populaire dans les monuments du 3ème quart du (XIIème siècle). Les 3 figures au centre sont la Vierge et 2 anges. Le mur en arrière plan des Apôtres ne se retrouve pas autour de ces 3 images. Ici placée, la Vierge figure comme un intercesseur. De chaque côté du linteau, d'autres figures prolongent la frise, le Roi David et Jean Baptiste à droite et à gauche l'évêque de Valence, fondateur de Charlieu et le Roi Boson, bienfaiteur du Monastère.

- Encadrement du porche

Des motifs géométriques et végétaux d’inspiration Orientale, Grecques, festons et rubans plissés, comme au portail Nord de Paray le Monial. Sur les pied droits, piliers latéraux et les voussures, encadrement en demi cercle dont l’ensemble forme l’archivolte, rinceaux variés, fleurette, damiers, palmettes, rubans plissés, arcs, Grecques. Aux impostes des piédroits, Le Roi David, à gauche, et Boson, Roi de Bourgogne et de Provence, qui porte l’abbaye, dont il aurait été un bienfaiteur. A droite, Jean Baptiste, vêtu d’une peau de bête, et l’évêque Robert, fondateur de l’abbaye. Au montant gauche de la porte sous le Linteau, la Luxure, Femme enlacée d’un serpent et dont le sein est dévoré par un crapaud.

- Le petit portail

Au tympan les noces de Cana, donc, le 1er miracle du Christ. On y devine le Christ entre la Vierge et un disciple, leurs têtes ôtées à la Révolution prenaient place au centre de limbes de grande taille. L’archivolte, elle porte les 6 personnages de la Transfiguration, présentée par 3 évangiles synoptiques, de droite à gauche St Pierre, Élie, Moïse, le Christ IHS, St Jean et St Jacques. Cette scène est une nouveauté dans les programmes de façades des années (1140) à (1150). Sous le linteau, 3 personnages au chapiteau de droite, le Christ en chasuble offrant le Saint sacrifice, assisté par St Pierre et St Paul dans la Jérusalem céleste. Une grande qualité artistique, de la composition aux infimes détails. L’artiste qui a sculpté ces portails n’a pas craint dans le grand tympan les courbes aiguës des manteaux. Le triangle et l’ovale dominent la composition, en créant des lignes de force. Cependant, au mouvement et à l’énergie sont associés la délicatesse et la légèreté par l’usage abondant des petits évidements, dans le pelage frisé du mouton ou dans la dentelle des frises, jusque dans le recours aux trous ronds, encore utilisés pour mettre en valeur le mouvement circulaire des étoffes à l’extrémité des plis, par exemple à la nappe des noces de Cana, ou encore ceux, minuscules, percés au trépan, entre les orteils.

Le cloître, reconstruit aux (XVème siècle) et (XIVème siècles), jouxte la Prieurale au sud. Au cours du (XIXème siècle), sa galerie Nord et une partie de sa galerie Ouest ont disparu. Dans la galerie Orientale, les nervures de la voûte en ogives de la Salle Capitulaire, du début du (XVIème siècle), retombent sur un pilier central intégrant un lutrin taillé dans la pierre. Cette salle s'ouvre sur la galerie par une série d'arcades en plein cintre prenant appuis sur des colonnes jumelées, dotées de chapiteaux de style Roman Primitif. Peut être ces colonnes proviennent elles du Déambulatoire de la 2ème Abbatiale du (Xème siècle). Adossée à l'Est de la Salle Capitulaire se trouve une chapelle, restaurée au (XVème siècle), elle devint alors la chapelle privée du Prieur.

- Restauration

L’ Abbaye Bénédictine, elle a été fermée peu avant la Révolution, en (1788). Les grands abbés de Cluny St Odilon et St Hugues, après avoir détruit l’église devenue trop petite, construisirent un édifice plus vaste, l’église Prieurale St Fortuné, très semblable aux églises Bénédictines de la région Brionnaise. Elle a malheureusement été démolie au début du (XIXème siècle). Des fouilles exécutées à partir de (1926) et les travaux de l’archéologue américaine Elisabeth Sunderland, dans les années (1950), ont permis de dégager les fondations des 3 édifices successifs, et de remettre en valeur les quelques éléments subsistants de l’église Prieurale du (XIème siècle), dernière travée et façade Ouest. On peut mieux comprendre et admirer ces substructures depuis le 1er étage du narthex.

Cet étage, ajouté au début du (XIIème siècle), ouvre du côté Est sur l’ancienne nef centrale par une baie en plein cintre dont les voussures sont ornées de feuillage et de rubans torsadés. Quelques chapiteaux sont intéressants, à gauche, une énorme tête de monstre et un aigle à tête humaine, ou une sirène à l’antique, à droite une figure diabolique et le très beau chapiteau du Soleil et de la Lune, Jour et Nuit, Bien et Mal. Au rez de chaussée s’ouvre le portail Occidental de l’église Prieurale, fin (XIème siècle). Pour la 1ère fois dans la région, il représente le thème de l’Ascension du Christ. Au linteau les 12 Apôtres assis sous une arcature sont sculptés d’une façon très sobre et très statique. Au tympan, le Christ en Gloire et en Majesté, est entouré de 2 anges qui soutiennent la Mandorle. Par ce portail, on entre dans l’unique travée subsistante dont seuls les collatéraux ont conservé leurs voûtes d’arêtes. Au revers de la façade Occidentale, on retrouve la baie en plein cintre et ses voussures décorées de feuillages. 2 chapiteaux sont à remarquer sur la droite, un Acrobate et une Sirène à double queue. Ceux qui subsistent de l’église représentent, à droite, des coquilles St Jacques, Charlieu carrefour des routes, lieux de passage présence du Narthex, et 2 personnages se tirant la barbe, un Centaure et un Cavalier, à gauche, Daniel dans la fosse aux Lions et un chapiteau de feuilles d’Acanthes.

Toute la façade a été restaurée en (1989) à (1990). Le calcaire local a été nettoyé par projection d’air abrasif et de poudre d’alumine et la pierre protégée par des silicones. La décoration très abondante et très minutieuse date du 2ème quart du (XIIème siècle), en pleine querelle Cluny Cîteaux, sous l’Abbatiat de Pierre le Vénérable, rinceaux de feuillages, damiers, rubans plissés, grecques. Le grand portail, en plein cintre, s’ouvre sur un linteau orné de figures assises des 12 apôtres ayant au milieu d’eux la Vierge assistée de 2 anges. De chaque côté de ce linteau, d’autres figures continuent la frise David, Jean Baptiste, l’évêque de Valence fondateur et le Roi Boson bienfaiteur de l’Abbaye. Sur le grand portail on remarque les traces de couleur bleu, rouge, or éléments d’enseignement par leur caractère symbolique. 3 têtes seulement sont en place, tous les personnages ayant été mutilés ou décapités à l’époque Révolutionnaire. L’archivolte porte en son sommet l’Agneau Pascal et, à ses retombées, 2 personnages musiciens évoquant toute la musique accompagnant les visions célestes. Le thème de ce grand portail est celui de l’Apocalypse, les 24 Vieillards de la vision sont peut être symbolisés par les fleurs sculptées tout au long de cette Archivolte. Sur le piédroit Nord, une Femme au crapaud symbolise l’Impureté punie. Un très bel ensemble de robes de soie, de la fin du (XIXème siècle) à la période contemporaine, des étoffes somptueuses, des documents d’archives, des photographies d’ateliers ou d’usines textiles complètent cette exposition permanente.

Divers Bâtiments Monastiques détruits au cours du (XIXème siècle) et du (XXème siècle), se trouvaient autour du cloître derrière les murs correspondants. C’est ainsi que derrière le mur Sud existaient, au rez de chaussée, le Réfectoire, détruit en (1844) peintures murales conservées au "Musée Nationale du Moyen Age Musée de Cluny à Paris", et à l’étage, la Bibliothèque. Sur le côté est du cloître, formant actuellement claire voie entre ce cloître et la "Salle Capitulaire se dressent des arcades massives supportées par des colonnettes jumelées aux chapiteaux et aux bases, d’un Roman Primitif. 2 hypothèses pour cette colonnade, peut être est ce tout simplement la galerie subsistante d’un 1er cloître, mais à partir de recherches précises sur les fondations des églises, ce pourrait être aussi un réemploi des colonnes du Déambulatoires créé dans le choeur de la 2èmes église (Xème siècle). La "Salle du Chapitre", servant aux réunions quotidiennes de la communauté, a été voûtée sur croisées d’ogives au début du (XVIème siècle). Au centre un pilier reçoit les retombées de ces voûtes. Ce pilier porte une rareté, un pupitre taillée dans une de ses pierres. Cette salle, à l’acoustique merveilleuse, est utilisée en été comme salle de concerts.

La Chapelle attenante est, sans doute, l’ancienne Chapelle St Martin, existant avant l’arrivée des Bénédictins auxquels elle fut donnée vers (875). En l’état actuel, elle date de la fin du (XVème siècle), époque ou elle devint Chapelle privé du Prieur. Le dallage en terre cuite reproduit celui d’origine dont on peut voir, dressée contre le mur, une portion témoin conservée. Toujours sur le côté est du cloître, se trouve l’entrée du Parloir, dont les voûtes actuelles datent du début du (XVIème siècle). Il est devenu "Musée Lapidaire" en (1971). S’y trouvent présentés de nombreux modillons et chapiteaux Romans et Gothiques du monastère, des linteaux provenant de maisons anciennes de la ville. Quelques sculptures sont plus particulièrement intéressantes, il s’agit tout d’abord de la pierre la plus ancienne de l’Abbaye Bénédictine, Daniel dans la fosse aux Lions, bas relief du (Xème siècle), peut être élément d’un Chancel dans le choeur de la 2ème église. Sur le mur Sud est conservé le moulage d’un autre bas relief, du début du (XIIème siècle), provenant de la chaire du lecteur dans le Réfectoire des Moines, il représente une Annonciation où sont mis en scène, avec la Vierge et l’ange Gabriel, sans doute le songe de Joseph et le prophète Isaïe, ou Jean Baptiste. Les chapiteaux présentés au centre de la pièce proviennent de la Prieurale du (XIème siècle). Sur l’un d’eux, on peut reconnaître le baptême du Christ. Des chapiteaux Gothiques sont présentés sur le mur Est. En vitrine, 2 sont particulièrement remarquables, celui de gauche représente 2 personnes enlacés dans un joli mouvement, celui de droite, un personnage recroquevillé qui semble se boucher le nez, à rapprocher du thème souvent utilisé pour les Miséricordes de stalles. Du parloir on accède à une ancienne cave, restaurée et aménagée en "Musée d’Art Religieux" en (1984). Sont rassemblées ici les statues données par des Particuliers à la "Société des Amis des Arts de Charlieu" depuis sa fondation en (1908), ou déposés par des paroisses ou des particuliers. Ces statues, en Pierre ou en Bois, la plupart du temps autrefois Polychromes, datent du (XVème siècle) au début du (XIXème siècle).

L’Hôtel du Prieur, demeure Seigneuriale plus que Monastique, des Prieurs Commendataires, date de l’extrême fin du (XVème siècle), tout début du (XVIème siècle). Il a été reconstruit sur des éléments plus anciens, tour du (Xème siècle) incluse dans la tour de droite. Les meneaux des fenêtres ont disparu les tours contiennent de beaux et larges escaliers à vis, permettant l’accès notamment aux grandes charpentes restaurées dans les années (1960) à (1970) éléments et dessins dans l’angle Sud-Est du cloître. Le rez de chaussée contient des cheminées monumentales et des pièces tendues de boiseries. On ne peut pas visiter l’Hôtel du Prieur qui, depuis le milieu du (XIXème siècle) et jusqu’en (1993), était le logement du "Clergé Paroissial". Mais des projets ont été soumis au "Conseil Général", propriétaire, pour un réutilisation qui s’intègre dans un aménagement global du site, aujourd’hui programmé.

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