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Glossaire - Biographies
Page 2 - Chronologie - Abbés
Photos

- Abbaye de la Trinité


- Présentation
* Culte : Catholique Romain
* Type : Abbaye
* Rattachement : Diocèse du Havre
* Début de la construction : (659)
* Style dominant : Gothique
* Protection : Classé Monument Histprique (1840)

- Situation
* Pays : France
* Région : Normandie
* Département : Seine Maritime
* Ville : Fécamp

- Historique

Après l'arrivée des Romains, un camp fut construit sur les hauteurs de la vallée. A l'époque, la vallée était habitée par des Gaulois Païens, c'est alors qu'un Romain fut envoyé avec ses compagnons pour convertir la région. Trouvant la vallée agréable, ils décidèrent alors de monter une mission. Après quelques années, le Romain se maria avec une Gauloise qu'il avait convertie, appelée Merca. Pour convertir les païens, le Romain installa un tronc d'arbre sous un tumulus, qu'il déclara autel de la Ste Trinité. Bozo fit alors construire une petite église au dessus de l'autel et organisa la Christianisation de la région autour de ce lieu de culte. Comme c’est le cas dans beaucoup de légendes monastiques, la légende de la fondation de l’abbaye de Fécamp comporte, elle aussi, un épisode dans lequel intervient miraculeusement un grand Cerf.

- Chronique

Suivant la chronique de l’abbaye de Fécamp, le territoire de cette ville, encore au berceau, fut donné à un comte de race Tudesque, nommé Anskise, cet étranger, qui était gouverneur du pays de Caux, faisait ordinairement sa résidence à Fécamp, ce qui porte à croire que cette ville, toute Gallo Franke, avait succédé à la suprématie de Juliobonna, la Romaine. Anségise ayant découvert, en chassant dans les bois de Fécamp, l’humble Oratoire élevé par le Romain, prit la résolution de le remplacer par un édifice plus digne du culte auquel il était destiné. Jusqu’ici, rien de plus naturel, mais les légendes racontent que ce lieu lui fut indiqué par un Cerf Blanc, poursuivi par ses chiens, lequel s’arrêta près de cette Chapelle, fit face aux chasseurs, sans que ceux ci, ni leurs chiens, pussent s’en approcher. Elles ajoutent qu’Anségise, surpris de cette nouveauté, mit pied à terre pour étudier les mouvement du Cerf, et que cet animal ayant fait à petits pas un cercle autour du lieu où il s’était arrêté, comme pour tracer les fondements d’un Edifice, disparut aussitôt à tous les yeux.

Est ce le grand Cerf apparu à Anségise que les bâtisseurs de l’Abbatiale ont voulu représenter lorsqu’ils ont sculpté la tête d’un cervidé en surplomb sur la tour Lanterne, ou simplement ont ils voulu représenter cet animal particulièrement mythique dans la pensée Médiévale. En effet, si la symbolique antique du Cerf est complexe, il est essentiellement, au Moyen Age, reconnu comme symbole du Christ, il serait aussi l’ancêtre mythique des Rois de France. Cette effigie grandeur nature, que le passant attentif peut observer sur la face Orientale de la tour, reste mystérieuse, et aucune des études publiées sur l’abbaye ne l’évoque. Son style semble presque naïf, et ses petites cornes font plus penser à celles Chèvre ou d’un Chamois qu’à la ramure d’un Cerf.

La datation de cette sculpture reste elle aussi inconnue. 4 hypothèses peuvent être formulées :

* (XIIème siècle) : de manière bien improbable, compte tenu de son très bon état de conservation, cette sculpture pourrait être contemporaine de l’édification de la tour, sous l’abbatiat d’Henri de Sully, abbé de (1139) à (1187).

* (XVème siècle) : la tête de Cerf pourrait avoir été ajoutée à l’occasion de la restauration effectuée en (1460), lorsque la haute flèche de bois de l’époque fut remplacée par la Pyramidion recouvert de plomb que nous connaisson/s aujourd’hui.

* (XVIIème siècle) : la sculpture pourrait être plutôt un ajout lors de la campagne de restauration de l’édifice entreprise par les moines Mauristes dans la 2ème moitié de ce siècle.

* (XIXème siècle) : on sait aussi qu’une autre restauration du clocher fut réalisée en (1889), en aurait on profité pour ajouter cette sculpture. Mais qui en aurait pris l’initiative, et pour quel motif.

l'origine de l'abbaye

L'abbaye de la Trinité de Fécamp, est née durant la grande vague d'implantations Monastiques qui émaillèrent le (VIIème siècle). C'est une communauté de Moniales qui s'y installa, afin de parfaire l'évangélisation de la région. La construction du sanctuaire débuta vers (659) autour de la relique du "Précieux Sang", confiée selon la légende à la mer par Isaac, fils de Joseph d'Arimathie, et venue s'échouer miraculeusement sur les plages du Pays de Caux. Fécamp se rattache donc à la lignée des sites Mythiques intimement liés au Graal. L'abbaye de la Trinité de Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au coeur du Pays de Caux, sur la côte d'Albâtre.

A partir du (IXème siècle), les Vikings dévastèrent l'abbaye sans doute après le 1er grand raid perpétré dans la vallée de la Seine en Mai (841). On dit que pour échapper auviol et à la férocité des barbares, les Nonnes se mutilèrent volontairement le visage. Le Duc de Normandie Richard I, né à Fécamp vers (932), décida en (990) de rétablir une communauté religieuse dans l'ancien sanctuaire. Des Chanoines colonisèrent les lieux. Son fils Richard II parvint à convaincre le réformateur Guillaume de Volpiano, abbé de St Bénigne de Dijon, de l'aider à rétablir une communauté monastique digne de ce nom. Peu après l'an (1000), Volpiano arrivait à Fécamp avec une poignée de moines Clunisiens. Il y restaura la règle Bénédictine et jeta les bases de l'un des plus prestigieux monastères Bénédictins de la Normandie médiévale à Fécamp.

Les Ducs de Normandie, jusqu'à Guillaume le Conquérant inclus, aimaient résider à Fécamp. Le palais Ducal se tenait à quelques mètres de la Trinité, dans l'enceinte même de l'abbaye. Au (XIème siècle) donc, comme Rouen ou Bayeux, la cité tenait un rôle de Capitale. Une énorme forêt s'étendait de la Côte d'Albâtre jusqu'à la vallée de la Seine. En (1106), on décida de reconstruire un sanctuaire plus grand, afin de mieux accueillir les Pèlerins sans cesse plus nombreux à venir vénérer le "Précieux Sang". En (1168), cette église Romane fut entièrement dévastée par la foudre. Il n'en reste plus aujourd'hui que 2 Chapelles Rayonnantes visibles depuis le déambulatoire Nord. Une nouvelle église, de style Gothique Primitif cette fois, fut édifiée. Elle était pratiquement achevée dès le début du (XIIIème siècle).

Il ne reste rien de l'église, néanmoins des textes ayant survécu à la dispersion de la bibliothèque de l'abbaye de (1789), relate la construction de la 1ère église donné par Dudon de St Quentin est incontestablement la source la plus connue. Le chanoine décrit l'édifice comme une église à plusieurs tours, faite en pierre et en brique, voûtée ou pourvues d'arcs en 2 endroits, blanchie à l'extérieur et peinte à l'intérieur. D'autres sources indiquent qu'un autel dédié au Sauveur se trouvait derrière le maître autel dédié à la trinité. D'après la chronique de St Bénigne, écrite entre (1058) et (1066), elle placerait le tombeau de Guillaume de Volpiano devant l'autel St Taurin, alors que certains textes comme la "vita willelmi" le place au centre de l'église. Selon d'autres sources encore, le tombeau aurait été situé sous l'église dans une crypte. Cependant, des fouilles menés en (1925) confirment par l'intermédiaire de sondages la présence sous les travées 2 et 3 la présence d'une profonde quantité de remblais constitué de fragment d'enduit peint dans lesquels les fouilleurs virent la confirmation de l'existence des peintures murales mentionnées par Dudon. A partir de ces fouilles et de regroupement de textes, Hans Reinhardt et Etienne Fels puis Annie Renoux arrivèrent à prouver alors que l'autel St Sauveur aurait été situé à l'étage de la construction tandis que l'autel St Taurin et le tombeau de Guillaume de Volpiano étaient situé dans une crypte sous l'église.

Fécamp joua un rôle considérable durant toute la période Médiévale. Son école produisait des talents de grande qualité. Elle bénéficia copieusement de la faveur Ducale et s'enrichit considérablement après la conquête de l'Angleterre. Son Scriptorium jouissait également d'une grande réputation. Son abbé passait généralement pour le protecteur des Jongleurs et des Troubadours. Ceux ci contribuèrent largement à la renommée de l'établissement. L'Abbaye de la Trinité est à son apogée. A Pâques de l'année (1066), Guillaume le Conquérant installe sa cour à Fécamp après que l'abbé de Fécamp a financé la conquête de l'Angleterre par Guillaume. En (1106), après que le "Précieux Sang" est devenu un grand lieu de Pèlerinage, l'abbaye est agrandie avant d'être dévastée par la foudre en (1168). Une nouvelle église Gothique fut alors construite par l'abbé Henri de Sully, elle est achevée au (XIIIème siècle). En (1649), les moeurs de la communauté s'étaient nettement dégradés et l'on fit appel à des moines de St Maur pour rétablir l'ordre et la règle Bénédictine. Ce sont les Mauristes qui édifièrent les actuels bâtiments Conventuels et qui réalisèrent au milieu du (XVIIIème siècle) la façade classique de l'abbatiale. Les derniers religieux furent éparpillés à la Révolution.

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