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(Figeac, chef lieu d'arrondissement du Lot, sur le Célé.)

- Abbatiale Saint Sauveur

Placée au bord des rives du Célé l'abbaye St Sauveur fut à l'origine de la naissance de la ville. Le 1er noyau de population se forma autour d'elle. Pépin Ier d'Aquitaine fonde l'abbaye en (838) sous la tutelle de l'abbaye de Conques. Cette situation engendra de nombreux conflits qui cessèrent en (1096) lorsque Urbain II, au Concile de Nîmes, décréta l'indépendance des 2 abbayes et le rattachement de Figeac à l'abbaye de Cluny. Des bâtiments monastiques, il ne subsiste aujourd'hui que l'Abbatiale et la salle Capitulaire. En effet, il semble que les Guerres de Religion soient à l'origine des ces destructions alors qu'elles furent longtemps attribuées à la Révolution. Ce qui frappe en entrant dans cet édifice pourtant composite, ce sont ses nobles proportions. En effet, si l’élévation a été souvent reprise, le plan au sol reste celui que dessinèrent les 1ers moines Clunisiens, sur le modèle de ce qu’il faut bien appeler, faute de mieux, les églises de Pèlerinage.

- le bâtiment

Le plan est celui d'une église Romane de pèlerinage avec son Déambulatoire permettant de circuler dans tout l'édifice, de voir et de prier devant les reliques de différents Saints. Ses proportions sont équilibrées, la largeur de la nef est de 7 mètres, les collatéraux sont de 4 mètres de large, la longueur du vaisseau est de 62 mètres et la hauteur de la nef sous clef est de 21 mètres. Plus petite, plus simplifiée que ses majestueuses soeurs, St Martin de Tours, St Sernin de Toulouse, St Jacques de Compostelle, elle peut davantage se comparer à sa voisine et rivale, Ste Foy de Conques. Elle comprend 1 nef avec bas côtés, 1 transept important sur lequel s’ouvrent 2 chapelles rectangulaires, 1 choeur assez profond entouré d’un déambulatoire avec 3 chapelles Absidiales . Aux (XIIIème siècle) et (XIVème siècle), on construisit entre les contreforts des bas côtés les chapelles Sépulcrales des patriciens de la ville. Ces chapelles obscurcissent la nef et nuisent à son unité, à la simplicité du plan Primitif.

D’autre part, la diversité colorée de leurs autels n’est pas toujours heureuse. On peut retrouver l’ordonnance ancienne dans la partie de l’église qui touche immédiatement au transept et dans la 1ère travée du bas côté Nord. La nef de 7 travées présente à un oeil, même non averti, des différences sensibles entre le côté Nord et le côté Sud. Dans ce dernier, en effet, au dessus des arcades en plein cintre à double rouleau, s’allonge sous les fenêtres la tribune aux baies Géminées inscrites dans un grand arc. Contrairement à Conques, les tribunes ne furent sans doute jamais voûtées. Les hautes baies du (XIVème siècle), presque seules à éclairer l’église depuis la construction des chapelles, s’ouvrent sous des voûtes d’arêtes qui les écrasent un peu. Les voûtes d’origine étaient en Ogive et il subsiste encore quelques départs de nervures. Le côté Nord, refait au (XVIIème siècle) en même temps que les voûtes, n’a que 2 étages, celui des arcades et celui des fenêtres. Les tribunes ont disparu. Les bas côtés Nord et Sud ont leurs 2 1ères travées voûtées d’arêtes, les autres d’ogives à 8 quartiers. Au 1er pilier du côté Sud, une inscription, indique qu’un autel était consacré en cet endroit à Ste Marie, St Michel, Ste Marie l’Egyptienne et St Blaise. Ajoutons pour la petite histoire, que Champollion, que l’on honore à juste titre pour avoir le 1er déchiffré les Hiéroglyphes Egyptiens, fit un contresens quand il traduisit cette inscription.

- le Transept

Si le carré du transept, voûté d’ogives, n’a été construit qu’en (1920), après la chute du Dôme, par contre les 2 croisillons Sud et Nord, chacun formé de 2 travées, remontent beaucoup plus loin dans le temps et doivent sans doute être attribuées au (XIIIème siècle). De belles Roses les éclairent et on pourra remarquer, au côté Sud, les nervures de la voûte décorée de bâtons brisés. Les tribunes de la nef rejoignent celles du choeur par une coursière vertigineuse posée sur des Croisillons et qui fait le tour du transept. Au côté Nord, extérieurement une porte (XIIème siècle), fort Mutilée, ouvre sur la place où 1 chapelle entourée d’un Cimetière servait primitivement au culte Paroissial.

- le Choeur

Malgré son aspect Gothique, le choeur est une réfection, fin (XVIIème siècle), début (XVIIIème siècle) ainsi que, pour sa plus grande partie, le déambulatoire formé de travées Trapézoïdales voûtées d’ogives. Les chapelles Absidiales sont anciennes, on peut dater de la 2ème moitié du (XIIème siècle) leurs baies, leurs chapiteaux Historiés. La chapelle Axiale est plus longue d’une travée que les 2 autres.

- la salle Capitulaire
Chapelle N.D. de Pitié

La Salle Capitulaire ouvre un passage moderne sur le croisillon Sud du transept. 4 courtes colonnes rythment les 9 travées de cette élégante salle qu’on peut attribuer au (XIIIème siècle) et qui, après avoir été pendant des siècles le lieu de réunion des Moines. Durant la longue période de travaux des au (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècle), lieu de culte. Primitivement ouverte sur le cloître, actuelle place de la raison, elle a, au (XIXème siècle), reçu des Vitraux très colorés. l'office y est célébré. La Salle capitulaire devient Chapelle au (XVIIème siècle) sous le nom de N.D.de Pitié. Son statut de lieu de culte lui confère de recevoir un véritable décor de Maître Autel. Remarquable par ses proportion, cette chapelle est divisée en 3 vaisseaux par 2 allées de colonnes, chaque vaisseau possède 3 travées voûtées d'ogives. Les ouvertures ont été remaniées au (XIXème siècle) le décor de bois sculpté et peint du mur Sud date de la 2ème moitié du (XVIIème siècle). En (1673), on confie à Isaac Delclaud, maître sculpteur Figeacois, le soin de faire un Retable à 3 panneaux sur le thème de la Passion. De chaque côté de la Vierge de Pitié qui a donné son nom à la chapelle, 2 grands panneaux en bas relief, peints et dorés, représentent la Descente de Croix et la Mise au Tombeau.

Au registre inférieur, à gauche, la Vierge des 7 Douleurs, dont le corps est transpercé percée de 7 glaives, et à droite, un étrange panneau représentant Jésus enfant qui dort sur une croix au milieu des instruments de sa passion future, l'Enfant Jésus qui semble déjà avoir la connaissance de son destin, Iconographie peu commune. Mais dans un lieu de culte, tout doit converger vers l’autel, vers l’événement essentiel qu’est l’Eucharistie. Alors tout retrouve son calme et sous l’image de la douleur de la Vierge, le prêtre va répéter la Cène ici représentée, dans celle ci, l’Agneau immolé est au centre de la composition rappelant ainsi la Passion évoquée sur les mur, sur le devant d'autel. Ce programme Iconographique dédié à la Vierge répond au souhait d'émouvoir de la Réforme Catholique. Le mur Est de la chapelle est orné de 10 petits panneaux, en bas reliefs Polychromes consacrés également à la Passion du Christ. Ces sculptures sont d'une facture populaire moins élégante que celle des Delclaux. Les vitraux installés en (1883) par Henri Feur, successeur de Villiet à Bordeaux, illustrent quelques scènes de la vie de la "Vierge, Ste Anne enseignant à la Vierge, Présentation de la Vierge au Temple, Annonciation, Descente de Croix, Fuite en Egypte, Présentation de Jésus au Temple".

- L'édifice Roman

Cette église se compose 1 nef à collatéraux de 7 travées, d'un transept saillant duquel s'ouvre, sur chaque bras, 1 chapelle rectangulaire profonde de 2 travées, d'une abside à déambulatoire flanquée de 3 chapelles Rayonnantes. L'Absidiole Centrale, plus profonde, est précédée d'1 travée droite. Des chapelles Gothiques se situent entre les contreforts des collatéraux de la nef. La 1ère travée du collatéral Nord a échappé aux destructions, aux remaniements et aux restaurations. Les autres travées, bien que conservant de nombreux éléments Romans, ont été modifiées par le percement des chapelles au (XIVème siècle) et par le couvrement de voûtes d'ogives au (XVIIème siècle). Les grandes arcades séparant le collatéral du vaisseau central ont été reconstruites au (XVIIème siècle). La série la plus importante des chapiteaux Romans est caractérisée par un décor d'entrelacs et de palmettes. Ce collatéral Nord compte aussi un chapiteau historié qui représente 4 personnages sous des arcades, 2 Abbés tenant la crosse, tirant chacun par le bras 2 ermites appuyés sur leur bâton, allusion très probable à la rivalité entre Conques et Figeac.

- le Collatéral Sud

Le collatéral Sud a subi de nombreuses restaurations au cours des siècles. Les bases, les colonnes engagées et les chapiteaux appartiennent à des restaurations du (XIXème siècle). Les chapelles Gothiques ouvertes entre les contreforts et la réfection de toutes les voûtes font également parties de ces travaux de Restauration. Toutefois il subsiste des bases Romanes moulurées par une succession de tores, de listels et gorges de largeur croissante, ornés d'élégants rinceaux. A l'exception des chapiteaux des 2 1ères travées qui sont modernes, les chapiteaux Romans recevant les grandes arcades ont été conservés. Les corbeilles en tronc de pyramide renversé sont ornées d'un décor couvrant de palmettes, de tiges spiralées, de galons perlés ou de fleurons. Quant à l'élévation du vaisseau central, les grandes arcades en plein cintre et le mur jusqu'au bandeau soulignant l'étage des tribunes sont Romans. A l'Ouest s'élevait un porche. Il fut détruit en (1823) par l'architecte Malo. Aucun relevé ne fut effectué avant sa démolition et il ne subsiste aucune gravure, aucun dessin le représentant. La seule description existante est celle de Jacques Antoine Delpon faite en (1831). Cette description offre la vision d'un clocher porche à l'organisation complexe et au décor élaboré.

Ce clocher s'ouvrait sur 3 côtés par un arc unique à l'Ouest et par des arcs géminés au Nord et au Sud. Sous une salle haute, un portique de 14 mètres de long sur 12 mètres de large s'ouvrait par un grand arc appuyé sur 2 colonnes simplement adossées dont le chapiteau figurait un ange, l'archivolte s'ornait d'ours, de lions, de dragons, 18 figures en tout. L'arc d'ouverture se géminait, retombant au centre sur une colonne de 3 mètres de hauteur, et de part et d'autre sur 2 colonnes engagées couronnées de chapiteaux figurant les uns des hommes à cheval combattant avec des lances, les autres des entrelacs. Au fond du porche, à la porte de l'église, des colonnes adossées s'appuyaient sur des lions. Un tympan sculpté de petite taille représentait le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes. 8 chapiteaux proviendraient de ce porche. 4 sont déposés dans l'église, 2 sont remployés à la croisée du transept, 1 dans l'église des Carmes et le dernier est conservé au "Cloisters Museum à New-York".

- l'édifice Gothique

Les campagnes Gothiques concernent les 2 niveaux supérieurs de l'élévation du vaisseau central au Sud ainsi que les bras Nord et Sud du transept, le déambulatoire jusqu'aux voûtes et les chapelles Rayonnantes. Du côté Sud, au dessus des grandes arcades de la nef et du collatéral, s'élèvent 2 niveaux Gothiques, l'étage des tribunes et l'étage des fenêtres hautes. Les tribunes, qui ont disparu du côté Nord, s'ouvrent sur la nef par des baies géminées aux arcs brisés encadrées par un arc de décharge retombant sur de fines colonnettes. Cet étage peut être daté de la 2ème moitié du (XIIIème siècle). L'étage des fenêtres hautes est daté de la fin du (XIIIème siècle). Aucun indice ne permet d'affirmer l'existence de tribunes à l'époque Romane. L'escalier à berceaux rampants et les passages ouverts par des arcs brisés qui desservent les tribunes datent du (XIIIème siècle). Les remaniements du (XVIIème siècle) au (XXème siècle) ont touché essentiellement la croisée du transept. La jonction du transept Gothique avec la nef Romane s'effectue maladroitement, chaque bras est constitué de 2 travées d'inégale largeur au sol tandis que les voûtes déterminent des travées égales. Une coursière portée par des corbeaux sculptés fait le tour de chaque bras et relie les tribunes de la nef à celles du choeur. Il ne subsiste qu'une voûte Gothique, plate et sans clef, située dans le bras Sud. Le portail Gothique du bras Nord est souligné par de multiples voussures qu'entoure une archivolte où figurent des personnages. Les chapiteaux recevant ces voussures s'ornent de feuillages et d'oiseaux. Latéralement, 2 bas reliefs très dégradés représentent la Nativité et l'Adoration des Mages. L'ensemble était surmonté de 3 statues adossées au mur, reposant sur un piédestal et abritées par un dais sculpté. La construction du bras Nord se situe dans la 2ème moitié du (XIIIème siècle). Les restaurations des (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècle) ont particulièrement marqué les parties Orientalesau delà du transept. L'hémicycle fut reconstruit, la base et les voûtes du déambulatoire furent retouchées.

- Chapelle St Isidore

Dans la chapelle St Isidore, l'ensemble des vitraux de l'église fut posé en (1872) par l'atelier Villiet de Bordeaux. Les vitraux des 15 chapelles sont en relation avec les dédicaces des fidèles et les Saints auxquelles elles sont dédiées. Des scènes de la vie de "St François" d'Assise, de la "Vierge", de du "Christ" sont illustrées. Un vitrail présente les âmes au purgatoire. Plusieurs Saints sont également représentés tels que "Ste Agathe Ste Lucie, St Eloi, Ste Germaine de Pibrac". Dans l'abside centrale, l'iconographie des vitraux est liée à la vie rurale avec des scènes de labours, de moisson et de vendanges, les représentations de "St Isidore", patron des Laboureurs, "St Verny", patron des Vignerons et "St Fiacre", patron des Jardiniers. Dans les bas côtés, 2 vitraux content les légendes de la fondation de "St Sauveur" et sa reconstruction. Les vitraux du bras Nord du transept sont liés aux sacrements de l'Eglise, Confirmation, Extrême Onction, Bénédiction, Mariage, Christ entouré de 10 figures masculines, "Christ" accueillant les "fidèles, Baptême, Pénitence, Eucharistie". La filiation entre l'Ancien et le Nouveau Testament est évoquée dans le bras Sud du transept par le "Christ" bénissant, la création du monde, la Vierge à l'enfant entourée d'anges musiciens et l'arbre de Jessé. Les vitraux de la nef symbolisent les Saintes, Saints et Pères de l'Eglise avançant en procession vers le choeur. Dans le choeur, l'accent est mis sur la Rédemption et le Résurrection du Christ, "Adam et Eve" chassés du paradis terrestre, Nativité, Résurrection de Lazare, Descente de croix, Christ au Mont des Oliviers, la Samaritaine et l'Annonciation. Entre le bras du transept Nord et le choeur, les Arts Théologie, Musique, Architecture, Histoire personnifiés par des Moines, sont également représentés.

- le Cloître

Le cloître flanquait l'église au Sud à l'emplacement de l'actuelle place de la Raison aménagée après la Révolution. La construction de l'église actuelle fut initiée à la fin du (XIème siècle) et s'échelonna jusqu'au (XIVème siècle). La nef est Romane (XIème siècle), le transept et le choeur sont Gothiques (XIIIème siècle), tout comme les chapelles latérales de la nef (XIVème siècle). En (1329), suite à un relâchement monastique et à une tentative de reprise en main difficile par l'abbé de Cluny, les reliques des 2 Saints protecteurs du monastère, St Vivien et St Marcel, furent élevées. Durant les guerres de Religion l'abbaye fut très endommagée. En (1577), des Protestants sapèrent les piliers, remplacèrent leurs bases par des étais de bois qu'ils garnirent de fagots et mirent le feu. Le choeur, une partie du transept, le côté Nord et la voûte de la nef furent détruits. Des Inscriptions sur les clefs de voûte du vaisseau central témoignent des restaurations longues par manque de moyens, "Dieu m'a réparé (1701)" ou encore "Dieu m'a orné (1748)". Ces travaux des (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècle) comprenaient également la construction d'un dôme à la croisée du transept. En (1823), le porche d'entrée fut détruit par l'architecte Malo. Il n'en reste que quelques chapiteaux conservés dans l'église, utilisés comme bénitiers. A partir de (1869), l'abbé Massabié entreprit des travaux de restauration de l'église. Ces travaux furent menés sans contrôle bien que l'édifice fut classé Monument Historique en (1840), trop de ciment, pas assez de pierres… En (1917), le dôme de la croisée du transept s'effondra entraînant les voûtes les plus proches. Les réparations furent engagées les années suivantes et substituèrent au dôme une croisée de transept couverte d'une voûte d'ogives.

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