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- L'Eglise Abbatiale

L'église Abbatiale est, dans le monastère, le beau bâtiment, celui qui domine, il est construit en pierre, c’est, comme toutes les églises, la maison de Dieu, lieu de rassemblement et de prières. Sa construction décidée par Robert d’Arbrissel a duré 59 ans de (1101) à (1160). On est surpris à Fontevraud par l’imposant volume intérieur de l’Eglise, vaste espace Monolithique de la nef unique accru par les coupoles qui la couvrent dans une forme sphérique. L'église Abbatiale mesures 85 mètres de long sur 16 mètres de large, le Transept fait 38 mètres de long, ils sont le témoignage de l'importance du monastère. Le Choeur entouré d'un Déambulatoire et le Transept ont été construit en 1er. La Nef, réservée aux fidèles, a été réalisée ensuite, elle est très large et très 60 mètres de long sur 16 mètres de large, avec ses 4 coupoles, à pendentifs, chacune d’elles s’appuie sur 4 piliers et 4 arcs doubleaux renforcent l’ensemble. L’arcature, alliant esthétique et technique, rythme et renforce les murs. La croisée du transept est surmontée d'un clocher carré, dont la base est percée de baies cintrées. Il est couvert par une flèche d'ardoises.

Le Cloître, touche l'Eglise Abbatiale, c'est là que se recueillaient les moniales. Il a été construit au (XVIème siècle), la galerie Sud est de style Gothique, les autres galeries sont de style Renaissance. Un Portail de style Renaissance s'ouvre sur la Salle Capitulaire, encadré de 2 baies géminées. Pour orner le portail les bas reliefs alternent avec les statuettes en ronde bosse. Dans la face intérieure des baies qui entourent le portail, on trouve des médaillons qui mêlent des épisodes religieux, Ste Véronique montrant le visage du Christ, des motifs végétaux et les initiales des Abbesses de Bourbon. Elle comprend 2 vaisseaux de 3 travées chacune. Au centre, les ogives retombent sur 2 fines colonnes. Leur 2ème point de chute est constitué par des culots. On trouve sur les murs des peintures de Thomas Pot (1563) dont le thème principal est la Passion. Sur le dallage, on trouve les initiales de Renée et de Louise de Bourbon, ainsi que la Salamandre de François Ier. C'est dans cette Salle que l'Abbesse réunissait le Chapitre de l'Abbaye pour discuter des sujets concernant l'établissement, elle est décorée de nombreuses Peintures Murales.

La perspective du côté du Choeur est entravée par 2 pans de mur qui soutiennent un arc triomphal plus haut et plus étroit que la nef, ce choeur étroit et élancé derrière la nef plus large et plus basse semble appartenir à un autre édifice bâti selon des proportions et un esprit différents. Il s’agit en effet de 2 constructions bien distinctes. La construction de l’église a commencé par le choeur, c’est le sanctuaire, le lieu où se trouve l’autel. Il est surmonté d’une voûte en cul de four. Un couloir de circulation appelé déambulatoire sépare le choeur des chapelles. La lumière, sobrement diffuse dans la nef, baigne abondamment le choeur, pénétrant par les fenêtres hautes et les baies des Absidioles.

Dans les 2 bras du Transept et dans la 1ère travée de la nef se trouvaient les stalles des religieuses. Il fut bâti pendant la même campagne de construction que le choeur et appartient à la même architecture Romane. Sa voûte en berceau, tout comme celle du déambulatoire, très lourde repose sur les murs soutenus par les arcs doubleaux légèrement brisés reposant sur des colonnes engagées à l’intérieur et des contreforts à l’extérieur. Une remarquable et vaste coupole surmontée du clocher couvre la croisée du transept.

Orienté à l’Est, le Chevet avec les Absidioles, le déambulatoire et le choeur s’inscrivent dans la forme d’un triangle, celui ci est surmonté de 2 lignes, celles du clocher et du transept, qui dessinent une croix. Toutes ces dispositions sont bien sûr Symbolique du chiffre 3 lié à la Trinité, symbole de la géométrie où l’équilibre et l’harmonie du triangle évoquent la divinité et la croix, la Passion du Christ, symbole de l’orientation du chevet vers le soleil levant rappelant le Christ ressuscité.

On pénètre actuellement dans l'église par le portail Nord. Ce portail cintré, est surmonté d'un pignon dans lequel sont inclues 2 niches. Celles ci sont composées de 2 arcs en plein cintre, formé de gros claveaux, qui reposent sur de petites colonnettes. Elles abritent des bas reliefs. Les voussures du portail sont richement ornées. L'Archivolte et la 1ère voussure sont végétales. Sur la 2ème voussure, les motifs sont plus variés. On y trouve des visages humains et de nombreux animaux, les symboles du Tétramorphe, bien sûr, mais aussi des singes, chauve souris, chouettes et quelques bêtes fantastiques.

- Les chapiteaux

Les Chapiteaux que nous avons observés à Fontevraud sont dans la nef de l’église Abbatiale en haut des colonnes et des piliers. Les sculptures sont intégrées à l’architecture, ce qui est typiquement Roman. Les scènes sont parfois difficiles à interpréter en raison de l’abondance des décorations Ornementales. Ce sont le plus souvent des scènes Bibliques ou des représentations sculptées d’animaux imaginaires, tel que le lion ailé,ou encore de formes végétales dont la vocation est à la fois Pédagogique et symbolique. Ces témoignages inscrits dans la pierre prouvent que Fontevraud est un point de contact culturel entre l’Anjou, le Poitou et la Touraine.

- Les chapiteaux fantastiques

* 1er style : les lions becquetés par les oiseaux ont peut être une signification symbolique car les lions couchés sont sereins alors que les oiseaux leur dévorent le corps .
* 2ème style : les animaux imaginaires qui sont cette fois de simples ornements ne veulent faire passer qu’une image esthétique, par exemple, le griffon ailé, les lions croisés qui entre eux forment une croix, ou bien encore les monstres à 1 tête et 2 corps.
* 3ème style : dans les combats, la lutte entre plusieurs corps qui s’entremêlent, crée un rythme intense, c’est le cas pour les luttes entre griffons et salamandres.

- Les chapiteaux historiés

* 1er style : le combat hommes animaux symbolise la lutte entre Dieu et Satan. L’animal représenté par des serpents et des dragons images de satan dévore l’homme, ailleurs un personnage prend un couteau pour tuer un serpent qui lui dévore le ventre.
* 2ème style : certaines scènes sont directement inspirées de la Bible, comme celles de l’Archange St Michel qui tue le dragon ou Sanson qui arrache la mâchoire du lion à mains nues. Les scènes de certains panneaux, tirés de la Bible ou de la tradition, donnent lieu à plusieurs interprétations. Comme par exemple cette scène où l’on voit Tobie, précédé de l’Archange Raphaël, retrouvant son père Tobit atteint de cécité et où d’autres voient une représentation de Daniel dans la fosse aux lions.
* 3ème style : la Dormition et l’Assomption de la Vierge sont des thèmes traités avec une rare minutie, dans lesquels on peut voir le cortège de funérailles, l’Assomption de la Vierge debout et couronnée, dans une Mandorle tenue par 2 anges, et le Christ en présence de 2 anges.

- les Cuisines et le Réfectoire

D’anciennes légendes obscures prétendent que la tour de ces cuisines aurait été la demeure d’un bandit de grand chemin. Ce dernier aurait pris l’habitude d’allumer chaque nuit un fanal afin d’attirer les voyageurs égarés pour les détrousser. Aussi cette tour fut jadis nommée la Tour d’Evrault. Le brigand Evrault qui fut converti par Robert d'Arbrissel, fondateur de l'abbaye, c'est peut être pourquoi il se retrouve dans le nom de l'abbaye. D’autre part, ces cuisines furent prises pour un Baptistère, une lanterne des morts, une église circulaire à 8 chapelles, un fumoir,etc. Ces erreurs de fonctions ainsi que ces étonnantes légendes de la tour d’Evraud sont probablement dues à son caractère architectural insolite. Cependant ces cuisines ne sont pas uniques, seule leur Conservation est Exceptionnelle.

Ces cuisines Romane du (XIIème siècle) furent bâties sur un plan de Henri II Plantagenêt. Ces cuisines originales, organisées selon un schéma Octogonal et disposant de nombreuses cheminées. Elles ont été restaurées au début du (XXème siècle). attenante à ces cuisines, l'Abbaye dispose d'une grande Salle de Réfectoire. Elle est décorée, à l'intérieur, de chapiteaux portant des arcs disposés d'une façon parfaitement appropriée à l'usage auquel est destiné le monument. La place des foyers est indiqué à l'extérieur. Les cheminées, qui occupent 5 côtés de l'Octogone, forment autant de grandes niches saillantes comprises entre les contre forts. Ces 5 cheminées étaient autrefois surmontées de tuyaux aujourd'hui détruits et bouchés. 4 des colonnes engagées portent 4 arcs doubleaux dont les Clefs sont contre buttées par 4 petits arcs boutants intérieurs. La fumée qui ne prenait pas son cours naturel par les tuyaux trouvait, au dessus de 3 de ces 4 arcs doubleaux, des tuyaux destinés à l'attirer au dehors. Au dessus des 4 arcs doubleaux sont bandés 4 petits arcs faisant passer le plan du Carré à l'Octogone, dans les angles formés par ces 4 petits arcs étaient ouverts 3 tuyaux destinés à enlever l'excès de chaleur ou de fumée. Puis enfin un gros tuyau central, ouvert au sommet d'une pyramide à 8 pans, faisait échapper la buée qui pouvait se former dans la cuisine. Tous ces tuyaux, excepté celui du centre ont été détruits.

Les cuisines sont, pendant le Moyen Age, dans les Palais ou les Monastères occupés par un grand nombre de personnes, construction importante, la cuisine compte bien pour quelque chose dans la vie de chaque jour. Ce sont de véritables monuments, bien conçus, parfaitement exécutés, on voit comment les architectes ont cherché à obtenir une circulation d'air très active, en effet, non seulement l'air est nécessaire à l'entretien d'aussi grands foyers, mais il contribue encore à la qualité de cuisson des aliments, le séjour dans de pareilles cuisines pouvait être malsain. Les architectes du (XIIIème siècle) devaient nécessairement perfectionner ces dépendances des Monastères et des Châteaux.

- Une forme inhabituelle

D'origines Anglaises ou Normandes, inspiration Byzantine ou Grecque. De nombreuses hypothèses ont été émises. Pourtant d'autres cuisines de ce type ont été construites dans la 2ème moitié du (XIIème siècle) dans la région de la Loire, dans des abbayes Bénédictines. Elles ont été abandonnées, comme à Fontevraud au (XVIème siècle), et, fortement endommagées, elles ont souvent disparues. Ces cuisines constituent un édifice isolé, circulaire entièrement en pierres, appareillage des murs et parement en écailles du toit, par crainte des incendies. On passe d'un octogone à 8 Absidioles au rez de chaussée à un carré grâce à 4 arcs soutenus par des colonnes, puis un octogone porte la coupole sur Trompes. Les Trompes sont les éléments de maçonnerie qui permettent de passer du carré à l’octogone. Sur chacun des pans, à l’origine tous flanqués d’Absidioles, un arc à peine brisé est soutenu par des colonnes engagées dont les chapiteaux sont ornés de feuilles plates, c’est là que se trouvaient les foyers. Chaque Absidiole a son conduit de fumée, au total on compte 20 cheminées. Extérieurement les Absidioles sont éclairées par 3 fenêtres, elles sont coiffées par de hautes pyramides de pierre, taillées en écailles. C’est une pyramide qui couvre la travée carrée, entièrement construite en pierre.

- De la prison au centre culturel de l’Ouest

La création d’une Prison à Fontevraud est décidée par le décret du 8 octobre (1804). L’abbaye devient une maison de détention. Malgré les modifications intérieures, l’adjonction de moyens de sécurité, la création d’ateliers et de constructions annexes sur le modèle des cités Manufacturières, cette affectation pénitentiaire sauve l’Abbaye de Fontevraud d’une lente et implacable destruction. On y fabrique des chaises et des boutons pour occuper, 1.500 détenus, et favoriser théoriquement leur Réhabilitation par le travail. De toutes les centrales de France, Fontevraud est la plus troublante. C’est celle qui a donné à de nombreux prisonniers, la forte impression de détresse et de désolation, écrit Jean Genêt écrivain contemporain qui fut emprisonné à Fontevraud, dans "Le miracle de la rose". En (1963), les derniers détenus quittent l’abbaye. Celle ci est reconnue comme élément majeur du Patrimoine National. La réhabilitation de l’abbaye au (XXème siècle) commence lorsque, le 6 décembre (1975), l’ensemble monastique est restitué aux "Monuments Historiques" et le centre culturel de l’Ouest officiellement créé. Diverses réalisations sont déjà à mettre à son compte, manifestations artistiques, expositions, colloques, rencontres sur les sujets les plus divers et pour les publics les plus variés. Une organisation pédagogique dont nous avons bénéficiée fonctionne avec des élèves de tous âges et tous niveaux. De même, une infrastructure touristique a été mise en place pour les visiteurs.

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