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l'Ordre - les Abbés
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- les Prieurés Grandmontains

Ordre Monastique fondé vers la fin du (XIème siècle) par St Etienne de Muret (1048-1124), il était parmi les plus sévères et les plus populaires de l’Occident Médiéval. Né du renouveau de la vie Erémitique, qui attirait alors vers des sites retirés des hommes épris de solitude et de vie évangélique, tels St Robert de Molesmes à Cîteaux, St Bruno à la Grande Chartreuse, ou St Romuald à Calmadoli, l’ordre de Grandmont à cause sans doute de l’austérité de sa Règle, mais aussi de l’insuffisance de ses structures, ne devait pas connaître le rayonnement qui fut celui des Cisterciens, des Chartreux ou des Calmadules. Il était parmi les plus sévères et les plus populaires de l’Occident Médiéval. Les Moines de l’ordre de Grandmont petites communautés 12 à 15 moines, les 160 Prieurés Grandmontains ont utilisé le même plan architectural d’une grande simplicité. Tous les bâtiments consacrés à la prière et au travail enserrent le cloître. L’ordre fut supprimé en (1772). Dans l’Hérault, on trouve 2 Prieurés Grandmontains, N.D.de Montaubérou à Montpellier et le Prieuré St Michel de Grandmont. En France, ces 2 petits monastères étaient ceux situés le plus au sud.

Son expansion, quoique rapide, se fit surtout dans la France du Centre et du Sud Ouest où quelques 60 établissements furent fondés au cours du (XIIème siècle). Il devait y en avoir plus de 160, dont 3 en Angleterre et 2 en Espagne, à la fin du (XIIIème siècle). Son idéal de pauvreté, la vie rude de ses moines, très proches de celle des paysans, et son action charitable lui valurent aussitôt la protection des souverains, Plantagenêts, Capétiens et Aragonnais, mais aussi l’affection du peuple des campagnes qui appelait familièrement les frères "les bonshommes". Fondations d’un ordre religieux aussi original que peu connu, l’ordre de Grandmont en Limousin.

- Prieuré de St Michel de Grandmont

A quelques kms à l'Est de Lodève le Prieuré de St Michel de Grandmont est l'un des plus beaux spécimens de l'architecture "Grandmontaine, Monument Historique" son parcours est fléché depuis Lodève. Situé sur la hauteur on joui de sa terrasse d'une vue extraordinaire sur Lodève. Ce Prieuré a été bâti dans un environnement habité depuis les temps les plus reculés. Dans son parc se trouve plusieurs Dolmens, qui malgré leur signification païenne ont été préservé par les religieux, signe de leur largesse d'esprit. Ils se sont bornés à graver une croix sur l'un d'eux dolmen de la Coste Rouge. On peut également voir dans ce parc le reste d'un Oratoire sous une roche. Le Prieuré est l'un des 3 Prieurés de l'ordre à avoir gardé ses 4 corps de bâtiments, les 2 autres sont Comberoumal en Aveyron et Chassay Grammont en Vendée. Son église est l'une des plus belles, très sobre elle est le type même de l'église Grandmontaine avec sa nef en berceau brisé et son chevet en cul de four. Éclairée par un triplet, son acoustique est remarquable. Tous les ans des concerts retransmis par "France Musiques" y sont donnés, dans le cadre du festival de Montpellier.

Fondé à la fin du (XIIème siècle), ce prieuré est le plus complet et le mieux conservé. Son aile Est comprend au rez de chaussée, la Salle Capitulaire, qui a été prolongée par le cellier, le tout donnant une vaste salle. A l'étage le dortoir ne conserve qu'une partie de son architecture d'origine. Le bâtiment Sud, cuisine et réfectoire, n'a conservé que 2 fenêtres d'origine. Quant au bâtiment Ouest, il a conservé le rez de chaussée d'origine, le 1er étage ayant été remanié. Le cloître est un peu plus tardif, milieu du (XIIIème siècle), mais il est le seul de ce type subsistant dans les bâtiments de l'Ordre. Une visite à ne pas manquer. Pour y parvenir de Montpellier, prendre la voie rapide menant à Lodève. Prendre la 1ère sortie de Lodève, direction Soumont. Prendre ensuite la D 153, direction St Privat. Le Prieuré se trouve à droite de la route. Visites guidées tous les jours sauf le lundi du 15 juin au 30 septembre à partir de 15 heures, et hors saison tous les dimanches et fêtes à partir de 15 heures.

- Historique

Il semblerait qu’une chapelle dédiée à St Michel se trouvait déjà sur ce site avant l’arrivée des religieux, d’où le nom donnée au Prieuré. La présence d’une pierre de dédicace d’une église en l’honneur de St Michel, en caractères Romans du début du (XIIème siècle) semble bien le confirmer. D’autre part, un document du (XVème siècle) placerait la donation de Grandmont entre (1162) et (1189), en l’ordonnant sous un double patronage : "nôtre prieuré conventuel de la Bien heureuse Vierge Marie, de St Michel de Lodève".

Cette maison semble avoir été fondée, peut être par un évêque de Lodève. Elle fut dédiée à la Vierge et à St Michel. Au (XIIIème siècle) elle reçut des dons souvent modestes de la part de roturiers ayant "les Bonshommes" en grande estime. Son grand bienfaiteur fut l'Évêque de Lodève, Guillaume de Cazoul (1241)-(†1259), qui lui donna, outre les revenus d’une église St Vincent de Mazons, une vaste forêt autour du Prieuré, afin que celui ci puisse entretenir 12 religieux. Aussi Guillaume de Cazouls était parfois considéré comme le principal fondateur du monastère. Il y fut inhumé au pied de l'autel. Au (XIVème siècle survinrent des temps difficiles. Les moines durent défendre leurs biens. En (1305), un seigneur, Bernard de Montpeyroux, revendiqua la seigneurie, le droit de chasse et de juridiction sur les terres du monastère. Les habitants des villages proches coupèrent les arbres du bois de Grandmont et y firent paître leur bétail. En (1317), cette maison devint un Prieuré et La Celle de Comberoumal lui fut unie, l'effectif s'éleva alors à 14 Clercs. En (1325), les Clercs se mirent sous la protection du Roi Charles VI. Cela permit au monastère de traverser la guerre de 100 Ans sans heurts. "La Commende" y fut introduite en (1471) et, avec elle, l'appauvrissement qui contribua au dépeuplement du prieuré.

Les Clercs n'étaient plus que 4 au (XVIème siècle). L'évêque de Lodève en visite pastorale en (1631) ne trouva à St Michel qu'un seul Clerc, les bâtiments étaient en assez bon état, mais l'église gravement désolée. Il n'y avait plus de communauté au milieu du (XVIIème siècle). Aussi "une sentence fut donnée par le Cardinal de Bonsi, et les évêques de Rieux et de St Papoul, commissaires députés du Roi, dans un procès intenté par M l’évêque de Lodève contre le sieur Louis Clément du Bosc, Prieur Commendataire du prieuré de St Michel, ordre de Grandmont, par laquelle le dit :

"Prieur était condamné de souffrir la visite dudit évêque dans ledit Prieuré, et d’exhiber dans ce temps de ladite visite ses titres de capacités, et de mettre dans le Prieuré une communauté de religieux, de l’y entretenir du tiers du revenu, frais et quitte de toutes charges dans les 6 mois à compter du jour de la signification de la sentence en date du 14 Février (1674), laquelle fut homologuée par le Conseil le 8 Mars (1674)".

Le Prieur ne s'exécuta pas aussitôt, car l'"Étroite Observance" n'y fut introduite qu'en (1679). Lors de l'Assemblée de "L'Étroite Observance" à Thiers le 1er Juin (1707), le R.P Isidore La Grange, supérieur de la communauté la représente. Au (XVIIIème siècle), il n'y avait plus que 2 Clercs. En (1772), lors de la suppression de l'Ordre, le monastère, son domaine et ses revenus furent attribués au Chapitre de la Cathédrale de Lodève. Il fut adjugé en (1791) comme Bien National par la Révolution à un négociant de Lodève, qui le revendit à Etienne Vitalis en (1849). Ce dernier transforma les bâtiments monastiques conventuels en Chais. C'est de cette époque que datent la réunion de la Salle du Chapitre avec la Salle des Moines ainsi que les transformations du Dortoir et du bâtiment des Hôtes. Pour la transformation de l'église en Chais, on ouvrit une grande porte sur le pignon Ouest. Le Prieuré, qui avait été acheté en (1957) par la famille Bec, qui a entrepris sa réhabilitation, avec l'aide de la Caisse Nationale des Monuments Historiques, nettoyage, restauration de l’église, réfection des toitures, puis restauration du cloître. Cet ensemble constitue aujourd’hui une pièce remarquable du Patrimoine Architectural National, car il est le seul exemple d’un monastère Grandmontais conservé dans son intégralité, et son cloître est le seul cloître de l’ordre encore intact. Le Prieuré sert actuellement pour des rencontres culturelles, d’expositions artistiques ou de cadre de concerts, servis par l’acoustique remarquable de l’église.

- Intérieur de l'Eglise

Edifiée à la fin du (XIIème siècle) dans un style Roman tardif, en bel appareil de grès, de taille soignée, elle est rigoureusement conforme par son plan, ses dimensions, son mode de voûtement et son éclairage, aux traditions architecturales de l’ordre. La nef rectangulaire, longue et étroite, qui était réservée aux frères et aux serviteurs du monastère, est d’une nudité absolue, ni piliers, ni arcs, ni fenêtres latérales ne viennent distraire le regard qui est ainsi irrésistiblement conduit vers la lumière du sanctuaire. Elle est couverte d’une voûte appareillée, en berceau continu légèrement brisé et dépourvue de doubleaux, "la vouta plana", caractéristique des églises Grandmontaines. Sa naissance est simplement soulignée par un cordon mouluré en quart de rond. Elle s’ouvre à l’Est sur une abside semi circulaire, profonde, claire et sensiblement plus large qu’elle 7m80. contre 6m70.) voûtée en cul de four, bien appareillée. Le décrochement, très net en plan comme élévation, qui existe entre nef et sanctuaire, et que l’on trouve dans toutes les églises de l’ordre, il était destiné à valoriser, en la soulignant par effet de contraste, la luminosité de l’abside, réservée aux officiants, est abondamment éclairée par 3 hautes fenêtres à fort ébrasement, rigoureusement égales, le triplet typique des églises Grandmontaises.

Simplement éclairée par l’unique baie haute de la façade Occidentale, la nef reste dans une demi pénombre. Cette distribution subtile de l’éclairage dans un volume intérieur absolument nu, crée un incontestable climat spirituel, très propice au recueillement et à l’émerveillement auxquels des contemplatifs, étaient particulièrement sensibles. Par souci de pauvreté, les églises Grandmontaises ne possédaient pas de sacristie. 4 niches creusées dans le mur de l’abside en font office, 2 placards au Nord pour les livres et les vases sacrés, la piscine aux ablutions et une petite niche pour le luminaire au Sud. 3 portes donnent accès à l’édifice, au Nord, le portail principal ouvert sous le Porticum, destiné aux rares fidèles accueillis au monastère, au Sud, la porte des Moines donnant sur le cloître, à l’Ouest enfin, une grande porte charretière, percée au (XIXème siècle) lorsque la chapelle fut transformée en Chais.

- Extérieur de l'Eglise

L’extérieur de l’église, aux murs très soigneusement parementés, reflète la même austérité. Les murs nus, dépourvus de contreforts, sont uniformément couronnés d’une simple corniche biseautée soutenue par des modillons sans décors. Seul le portail Nord, en arc brisé, sans tympan, aux 3 voussures moulurées, à reçu une ornementation plus soignée, 6 colonnettes aux chapiteaux d’une simplicité toute Cistercienne. Dans le mur Nord, 4 corbeaux de pierre encore en place soutenaient les poutres du Porticum, cette galerie de bois qui longeait l’église et qui servait à l’accueil des fidèles ainsi que de parloir aux frères. C’est sans doute pour remplacer cette galerie qu’à été construite au (XIVème siècle) la chapelle Gothique dédiée à St Michel, appuyée contre l’église mais sans communication avec elle. Fondée et dotée en (1335) par Bérenger de Vailhauquès, abbé de Nant Aveyron, c’est un petit édifice trapu, flanqué de contreforts massifs et voûté de croisées d’ogives. C’est au dessus de sa porte qu’a été encastrée l’inscription Romane de dédicace de la primitive église, " + CONSECRATA EST HAEC AULA XIKL. JUNII IN HONORE SCI MICHAELIS ARCANGELI", ce sanctuaire a été consacré le XI des Calendes de Juin en l’honneur de St Michel Archange. Située hors de la clôture, cette chapelle de dévotion, était affectée aux laïcs et surtout aux femmes qui n’étaient pas admises dans l’église des religieux.

Le seul luxe de l’église de Grandmont, et la seule entorse à l’esprit d’humilité voulu par la Règle, et sans conteste l’élégant petit clocher Octogonal, coiffé d’un dôme de pierre, cantonné de 4 piliers cylindriques surmontés de petits pinacles coniques, qui s’élève sur le versant Sud de la toiture. De construction plus tardive (XIIIème siècle) ou début du (XIVème siècle), et d’influence Limousine ou Poitevine, il met une note d’originalité dans un ensemble d’une sévérité monastique. Le chevet de l'église et le bâtiment Est est l'une des mieux conservées. L'Abside de l'église est voûtée en cul de four, sans contreforts extérieurs, avec un triplet très ébrasé. La voûte est en berceau légèrement brisé, avec à sa naissance, un cordon mouluré en quart de rond. La porte des fidèles se trouve au Nord, mais une porte a été ouverte dans le pignon Ouest au (XIXème siècle), lorsque l'église fut transformée en Chais.

Le portail Nord est à 3 voussures en arc brisé, avec 6 colonnettes surmontées de chapiteaux au décor très sobre. L'église de St Michel est la seule à posséder un élégant petit clocher Octogonal qui s'élève sur le versant Sud de la toiture. Il semble être du (XIIIème siècle) ou du début du (XIVème siècle). La Salle Capitulaire a été réunie à la Salle des Moines pour donner une vaste salle de réception. Elles sont voûtées d'une croisée d'Ogives Toriques qui partent du sol. Au dessus, le Dortoir a été remanié au siècle dernier. La voûte en berceau brisé a été supprimée, et on l'a éclairé par de grandes fenêtres style Renaissance. De l'aile Sud seule subsiste une travée du Réfectoire voûtée d'Ogives, tout le reste a été remanié au siècle dernier. Dans la Cuisine on peut encore voir la trace des crédences de chaque coté du passe plat et un four dont la cheminée de pierre, de forme cylindrique, s'élève au dessus du toit. Dans l'aile Ouest, au rez de chaussée existe une salle voûtée d'Ogives, à usage de Cellier, entourée de 2 couloirs qui débouchent sur le cloître. Au dessus, le logis des Hôtes, qui a conservé sa voûte en berceau brisé, possédait une cheminée cylindrique Romane et de Latrines, il est éclairé par 2 baies géminées.

- le Cloître

De proportion modeste et d’une extrême sobriété, il a été construit après l’église, dans le courant du (XIIIème siècle). Son aspect est alourdi par une terrasse établie au (XIXème siècle) au dessus des galeries. Ses arc géminés en plein cintre reposent alternativement sur des piliers rectangulaires et sur de courtes colonnettes jumelées surmontées de chapiteaux à large tailloir commun. Les chapiteaux, d’une facture très simple, voire rustique, appartiennent à 2 types différents, corbeilles cubiques ou prismatiques à l’Est et au Sud ; bossages et touffes de feuillages placées dans les angles au Nord et à l’Ouest. Sur quelques uns d’entre eux apparaît un décor gravé de palmettes et de fleurons, tandis qu’un seul est timbré, côté préau, d’un écusson saillant aux armoiries très effacées, peut être celles des Castelnau, Seigneurs de Clermont Lodève.

Ses galeries, à l’exception de celle de l’Est qui dessert la Salle Capitulaire et qui abrite l’escalier montant au dortoir, couverte d’une simple charpente sur arcs diaphragmes, sont voûtées de croisées d’Ogives de section Toriques séparées par des arcs doubleaux de même forme. Les nervures de ces voûtes, avec leurs Clefs Cruciformes, prennent naissance sur de curieuses consoles qui paraissent avoir été insérées postérieurement dans les murs pour les recevoir, indice d’un voûtement plus tardif. Autre singularité, la pénétration des 3 nervures dans le mur est arrêtée avant leur jonction par 2 bandeaux moulurés superposés, dont le bord supérieur s’orne d’un rang de Denticules. Ces dernières représentent 12 lignes, ancienne unité de mesure utilisée au Moyen Age qui représente 1 pouce. De même qu’une coudée, moyen de mesure utilisé par les bâtisseurs de cathédrales valait 233 lignes. Ces mesures ont servi de références pour la construction de l’édifice. Voir rappel historique ci après. Une source alimentait la fontaine du lavabo placé dans l’angle Sud-Ouest du préau, prés de la porte du réfectoire.

- les Bâtiments Conventuels

Bien qu’altérés, surtout à l’étage, par des aménagements postérieurs (XVIIIème siècle) et (XIXème siècles), ils offrent une réelle unité et permettent de reconnaître le plan type d’un monastère Grandmontais.

* l'Aile du Levant : Joignant le chevet de l’église, elle comporte d’abord le passage vers le cimetière ou étroit et voûté en berceau, que les frères empruntaient plusieurs fois par jour pour la visite au cimetière. De chaque côté de la porte, 2 petites niches, creusées dans la muraille, constituaient l’Armarium où étaient placés les livres de choeur et les lampes des religieux.

* La Salle capitulaire : Réunie au (XIXème siècle à la salle de travail pour en faire une vaste cave, elle était à l’origine carrée. Voûtée d’une croisée d’Ogives Toriques partant du sol, elle est éclairée au Levant par 2 fenêtres étroites à fort ébrasement intérieur. Son ouverture sur le cloître présente le dispositif habituel, sous un grand arc de décharge s’ouvrent 3 arcades en plein cintre, une porte flanquée de 2 baies, dont les arcs très profonds prennent appui sur 2 groupes de 3 colonnettes posées sur un mur bahut. Leurs chapiteaux Romans, de forme cubique ou à la corbeille évasée de quelques nervures, sont d’une grande pureté de lignes.

* La Salle des moines : Dans le prolongement de la Salle Capitulaire, avec ses 2 travées voûtées de croisées d’ogives toriques, servait de lieu de travail aux religieux. Elle se prolonge au Sud par une petite salle voûtée en demi berceau s’ouvrant directement sur les champs, ce vestibule pouvait servir de vestiaire, de resserre à récolte ou de remise pour le matériel. C’est dans la galerie Est du cloître et devant la porte du Chapitre que prend naissance l’escalier droit qui permettait de monter au Dortoir et à l’Infirmerie ou "Cellule du Correcteur", petite salle voûtée ouverte sur l’Abside par une baie permettant de suivre les offices. Ainsi qu’on le verra en visitant le Cimetière, tout l’étage du Dortoir, jadis voûté d’un berceau brisé, a été remanié au siècle dernier par la création d’un appartement éclairé par de grandes fenêtres à croisées d’un Style Renaissance tout à fait incongru ici !

* L’aile sud : Occupée au rez de chaussée par le Réfectoire et la Cuisine avec son four dont on peut encore voir la cheminée cylindrique au dessus de la toiture. A l’étage se trouvait une longue salle voûtée à usage de Grenier. Seule subsiste encore une travée du Réfectoire, voûtée d’ogives, tout le reste a été remanié et aménagé en locaux d’habitation au (XIXème siècle).

*l’Aile Ouest : Elle comporte,au rez de chaussée, une salle rectangulaire voûtée d’une croisée d’Ogive, à usage de Cellier, flanquée de 2 couloirs étroits débouchant sur le Cloître, ils sont voûtés de croisées d’Ogives dont le profil évolué, un tore aminci entre deux gorges accuse le (XIVème siècle). A l’étage se trouvait le logis des Hôtes, le seul à bénéficier d’un certain confort que révèle de l’extérieur, la présence d’une cheminée cylindrique Romane et des Latrines faisant saillies sur la façade Ouest. L’intérieur qui a conservé sa voûte en berceau brisé, a été transformé au (XVIIIème siècle) pour loger le Prieur, et après (1772), le Chanoine de Lodève, son successeur. L’appartement des Hôtes était éclairé par 2 élégantes baies géminées Romanes à colonnette centrale avec chapiteau orné de feuillages frisés. Enveloppant l’angle du bâtiment, un escalier extérieur permettait d’accéder directement à l’étage.

- le Cimetière

Contournant le prieuré par le Sud on se rendra au Cimetière des Moines, établi comme il était d’usage au chevet de l’église. Une fouille de sauvetage, pratiqué en (1983) à l’occasion de la restauration de l’Abside, par le Groupe archéologique lodévois, a fait apparaître outre de nombreux drains d’assainissement creusés dans le substrat rocheux, 3 séries de sépultures. D’abord 2 caveaux maçonnés orientés Nord-Sud, édifiés contre l’Abside et la façade Est, devant le seuil de la porte des morts, tombes privilégiées de Prieurs ou de Bienfaiteurs du monastère. Ensuite une série de tombes parallèles orientées Est-Ouest, en pleine terre et en forme de coffre fait de dalles de Lauzes, tombes modestes de religieux, datables des (XIIIème siècle) - (XIVème siècles). Enfin au niveau inférieur, sont apparues 2 tombes jumelles plus anciennes, creusées dans le grès avec loge céphalique caractéristiques du haut Moyen Age, leur présence ici, confirme l’existence d’un sanctuaire bien avant l’arrivée des Grandmontais.

C’est du cimetière que l’on a peut être la plus belle approche du Prieuré et que l’on prend l’exacte mesure des qualités de l’Art Grandmontais, simplicité des lignes, robustesse des formes et perfection de l’appareil de grés, extrait sur place même. L’abside, avec ses trois longues fenêtres au cintre sobrement souligné d’une archivole, a conservé son toit de Lauzes qui devait à l’origine s’étendre à tous les bâtiments. L’aile Est, épaulée par 4 puissants contreforts à retraites, révèle ses aménagements internes, petites baies Romanes étroites du chapitre et de la salle des moines au rez de chaussée, fenêtres à croisillons et meneaux à l’étage qui ont remplacé au (XIXème siècle) les petites baies du Dortoir dont un exemplaire subsiste encore à l’extrémité Sud.

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