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Glossaire - Biographies
Les Abbés
Photos

(Molesmes, sur le Canton de Laignes, Département de la Côte d'Or).

- L'Abbaye de Molesmes

Sur le territoire de la commune de Laignes, on a retrouvé des témoins de l'occupations de ce site de l'âge de la pierre polie à l'époque Romaine, très importante pour cette ville située au croisement de la grande voie Romaine d'Auxerre à Langres et de la voie d'Alise Alésia à Vertault Vertillium. La période Mérovingienne livrera un denier monnaie qui aurait été frappé à Laignes. Au milieu d’une vallée, l’eau jaillit, pure, fraîche et abondante. Laignes se développe là, à l’abri des collines. La pierre y est présente et facile à utiliser. La cité s’organise autour de cette somptueuse résurgence et de l’église qui la domine bientôt. Le bourg se protège et se développe jusqu’au (XIXèmesiècle).

- Robert de Molesmes

Robert de Molesmes, ou Molesme, Robertus Molismensis, (1028) (1030) (1111) naît près de Troyes dans une famille noble et pieuse de Champagne, de l'union de Thierry Theodoricus et d'Ermengarde Ermengard. Il prit l'habit monastique vers (15) ans (1043) à Moutier la Celle ou Moûtier, Montier la Celle, parfois St Pierre la Celle, dans le diocèse de Troyes, dans l'Aube, où il devint Prieur vers (1053). Vers (1069), il fut appelé par les moines de l'abbaye de St Michel de Tonnerre, en Bourgogne, pour être leur Abbé, ce qu'il accepta. Cette abbaye avait des liens avec le monastère de St Bénigne de Dijon et suivait la version du coutumier de Cluny, mais les moines rechignait à suivre la règle qu'ils avaient pourtant acceptée. Déçu par le relâchement des ces derniers, il accepta vers (1071)-(1072) un court Priorat à St Ayoul de Provins, avant de retourner à Moûtier la Celle, comme simple moine. Là, un groupe d'ermites de la forêt de Collan, près de Châtillon sur Seine, 21, Côte d'Or, le pria de prendre la tête de leur communauté, ce qu'il refusa tout d'abord. Parmi eux s'était joint, vers (1070), Aubry, un des principaux artisans, nous le verrons, de la communauté Cistercienne naissante. Robert eut le désir de s'éloigner un peu de Molesmes pour retrouver des conditions plus propices à l'Opus Dei, à la simplicité évangélique, aux véritables buts monastiques. Il rejoignit ainsi à différentes reprises, de (1090) à (1093), un groupe d'ermites à Aux Aurcs, puis créa avec des compagnons une celle cella en Savoie, à N.D.des Alpes Aulpes ou Aulps, dans le Chablais, vallée de la Dranse Biot, Morzine, à 25 km de Thonon. Monastère érigé en abbaye par une charte de (1097), "Abbatiae Alpensis Creatio", signée par Robert de Molesme, le Prieur Aubry et le secrétaire Etienne Harding. Etienne Harding et Aubry, devenu Prieur de Molesme en (1090), qui eux aussi avaient auparavant d'autres ermites, peut être à Oigny, en Côte d'Or.

- Fondation de l'Abbaye

L'Abbaye de Molesmes qui fut l’une des plus importantes de France, tant par son rayonnement que par son intérêt historique, a été fondée par St Robert en (1075) dans une forêt sauvage de la vallée de la Laigne, avec un groupe d'ermites vivant jusqu'alors dans la forêt de Colan près de Châtillon sur Seine. L’intention de St Robert, moine Bénédictin, était d’appliquer avec rigueur la Règle de St Benoît. Eprouvant certaines difficultés dans son projet, c'est d'ici que partirent, les 21 Moines, avec à leur tête St Robert, pour aller fonder le Nouveau Monastère de Cîteaux. Leur abbé Robert revint, quelques années plus tard, sur ordre papal diriger cette maison à laquelle son souvenir est resté profondément attaché. Le monastère devint abbaye et acquit un grand rayonnement tout au long de sa longue histoire, Molesmes est donc à l’origine de l’ordre des Cisterciens. St Robert demeura quelques années à Cîteaux, puis revint à Molesmes où il mourut en (†1111). Il fut canonisé en (1222).

C'est de cette abbaye que sont issus 2 des plus grands ordres religieux, les Cisterciens et les Chartreux, fondés l’un par St Robert, l’autre par St Bruno tous 2 Moines de Molesmes. L'essor du nouvel ordre Cistercien n'a en rien ralenti le développement de la famille Bénédictine de Molesmes. Très vite ce monastère eut un rayonnement et les dons affluèrent. D'autres communautés s'affilièrent à cette nouvelle branche à la recherche d'une vie monastique retirée et priante. Au cours des siècles, la notoriété de l’Abbaye grandit. Dès (1097) les dépendances de Molesmes embrassent 30 ou 40 Prieurés atteignant 80 en France, en Angleterre, en Suisse et en Belgique. Mais l’Abbaye n’a pas connu que des heures de gloire. Située sur une frontière entre Champagne et Bourgogne, elle fut souvent dévastée et pillée par des brigandages et des guerres. Partiellement reconstruite par les moines, elle subit un dernier assaut en (1792). La Révolution Française chasse les moines et déclare l’Abbaye Bien National. Elle fut vendue par petits lots. Près de 30 Familles paysannes s’y installèrent et un maçon s’en servi comme carrière de pierres. Ainsi disparurent, la Bibliothèque la salle du Chapitre et la grande Eglise Abbatiale. Le bâtiment Conventuel , l’Hostellerie, laissés à l’abandon, tombèrent en ruine, après l’effondrement des toitures.

Seuls furent épargnés les Celliers du (XIIIème siècle) avec un Pressoir du (XVIIIème), la table des Morts et l’Eglise Paroissiale dans laquelle chaque été se donne un concert d’orgue. L’abbaye fût en partie détruite, morcelée puis laissée à l’abandon. Devenus propriétaires de presque tous ces bâtiments, Mr et Mme Gelis entreprirent la restauration à partir des années (1952). Des travaux sauvèrent l’Hostellerie et le bâtiment Conventuel célèbre par sa beauté et la variété de ses voûtes ainsi que les caves, jardins, terrasse, réfectoire, cour du cloître, appartements du prieur et une exposition permanente d’ornements religieux. A l’origine, le vignoble crée par les moines de l’Abbaye de Molesmes en Champagne jusqu'à la révolution, le vignoble relancé il y a un peu plus de (10) ans est en pleine expansion. Visite de caves et dégustation possibles. L’Abbaye est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Actuellement, il est possible de visiter, les jardins dont le plan a été reconstitué, une terrasse et le potager des moines dont l’emplacement n’a pas changé depuis le (XVIème siècle). L’aile Sud, construite au (XVIIIème siècle) par l’architecte d’Aviler, comprend un grand réfectoire, le salon du Prieuré, la salle à manger et le parloir. Ces grandes salles sont dotées de voûtes dites en Parapluie ou à caisson qui sont uniques en France. Les celliers, l’un du (XVIIIème siècle) avec des piliers carrés, l’autre comprenant une partie du (XIIIème siècle) avec piliers Octogonaux. La cour du cloître dont les vestiges datant du (XVème siècle) sont encore visibles. Il s'y organise des expositions, des concerts, des conférences ou d’autres manifestations mariages, repas de famille.

L'abbaye donna de grands abbés, dont l'un fut successivement abbé de Cluny en (1214), Evêque de Valence en (1220) puis patriarche de Jérusalem de (1227) à sa mort en (1†239). Plusieurs abbés Commendataires eurent à coeur de restaurer le monastère, tant au spirituel qu'au temporel. L'abbaye fit partie de la congrégation Bénédictine de St Maur. Il y avait encore 10 religieux en (1768). Comme les autres monastères de France, la Révolution dispersa les moines. Le monastère ne se releva pas après la tourmente. Plusieurs Sts vécurent à Molesmes, St Albéric, St Etienne Harding et St Bruno qui fonda la Chartreuse. Des Rois de France y firent des séjours, notamment Henri IV et Louis XIV. Parmi les Abbés célèbres on peut citer, un Prince de Conti, Antoine de Vienne et l’Abbé Terret, Contrôleur des Finances du Roi Louis XV.

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