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(Abbaye de Montmajour, Région Provence Alpes Côte d'Azur, Département Bouches-du-Rhône 13, Ville Arles à 4 km)

- l'Abbaye de Montmajour

L'abbaye St Pierre de Montmajour était une abbaye Bénédictine fondée en (948) à environ 4 kilomètres au Nord-Est d'Arles dans le département des Bouches du Rhône, France. Dès la fin du (Xème siècle) elle devint l'une des abbayes les plus riches de Provence et le monastère se développa, entre le (XIème siècle) et le début du (XVIIIème siècle), par la construction d'une série de bâtiments Religieux et Militaires. Abandonné à la fin du (XVIIIème siècle) puis fortement dégradé après la Révolution, cet ensemble architectural est désormais classé aux Monuments Historiques. Il y a comme un sentiment de respect et presque d'affection pour cette tour gigantesque du (XIVème siècle). La légende affirme que St Trophime venait s'y reposer des travaux de son Apostolat, au début du (Vème siècle).

Trophime était un Grec d'Ephèse converti par St Paul, qui parle de lui avec tant d'affection dans ses épîtres, bravant le martyre, il accourut à travers 1.000 dangers, porter l'Evangile, la bonne nouvelle, à la Rome des Gaules, Arles, idolâtre, orgueilleuse de sa puissance et de sa splendeur, "rendez vous de tous les peuples qui habitaient sur les bords du Rhône et de la Méditerranée", suivant les termes même d'un édit impérial. Abbaye de Montmajour au début du (XXème siècle).

Bien souvent, après sa prédication, le Saint Missionnaire se retirait dans sa cellule de Montmajour. Les disciples vinrent en foule, et grâce à lui le Christianisme conquit à Arles le droit de cité. St Trophime devint ainsi le 1er évêque d'Arles. En (502), St Césaire quitta le monastère de Lérins pour accepter l'évêché d'Arles. Il résista aux menaces des Rois Alaric et Théodoric, maintint dans sa province l'intégrité de la foi. Ses travaux, ses luttes, les pénibles fonctions de son ministère ne lui faisaient pas oublier sa chère retraite de Montmajour, où son éloquence et sa réputation de Sainteté attirèrent autour de lui de nombreux disciples. C'est lui qui posa la 1ère pierre du monastère. Bientôt, le lieu devint une colonie de Pieux Cénobites vivant là en commun, s'appelant du nom de Frères, et obéissant à une règle, expression sévère de la loi nouvelle qui avait fait de la vie de chrétien une continuelle préparation à la mort. La piété et la science fleurirent longtemps dans ce sanctuaire jusqu'à l'époque de l'invasion Sarrasine.

Les Sarrasins avaient envahi la Provence et la tenaient sous le joug. Dans la tourmente du combat que Charlemagne leur livra, le monastère de Montmajour disparut, mais grâce à la munificence du souverain, ses murailles furent bientôt debout. Charlemagne avait vaincu par la Croix, il ordonna de bâtir une chapelle dédiée à la Ste Croix, ce signe de la victoire et du salut. On prétend que quelques uns de ses preux, dignes compagnons de ce Roland que la légende a rendu si célèbre, reçurent la sépulture dans ce lieu consacré.

Rien de remarquable dans la petite église souterraine de Montmajour, qui fut l'asile de St Trophime et de St Césaire. Mais ces 45 marches que l'on descend, des héros, des Saints, des Princes les ont descendues, Charlemagne les descendit aussi avec ses 12 Pairs, quand il vint s'agenouiller dans ce sanctuaire dont les murs ont tant d'éloquence. Cette caverne naturelle, avec sa nef de 3 ou 4 arceaux uniformes, son long corridor étroit et sombre, qui se termine par une grotte allongée, est une des plus belles pages de l'histoire du Christianisme. C'est en (1016) que fut fondée la Basilique de Montmajour. A cette date l'oeuvre n'était que commencée, elle avança avec lenteur et il est facile de voir aux différents genres de style qui se mêlent dans cette construction que, pendant plus de (200) ans, du (XIème siècle) au (XIIIème siècle), des ouvriers, des artistes, la plupart inconnus les uns aux autres, y ont successivement déposé le fruit de leur talent. Quant à l'église qui sert de support à la Basilique, elle a été faite d'un seul jet.

- le Cloître de Montmajour

Au (XIXème siècle) on trouve dans le manuscrit de l'abbé Bonnemant une description de l'Abbaye de Montmajour au (XIIIème siècle). Il ne reste de cet édifice que le Cloître avec ses Tombeaux et ses Inscriptions. Là dorment les générations de plusieurs siècles, Prélats, Seigneurs, Chevaliers, dames de Haute Lignée, Moines obscurs. L'abbaye de Montmajour, comme le monastère de Lérins son modèle, fut longtemps une école permanente de vertus et de dévouement, un asile contre la persécution, un atelier où les Arts et les Lettres étaient cultivés avec succès. On cite ce moine, Hugues de St Césaire qui avait fait un recueil de Poésies Provençales. Il était troubadour comme le fut plus tard St François d'Assise.

Malgré les guerres qui éprouvèrent si cruellement la Provence au Moyen Age, les invasions des peuples qui se disputaient cette belle contrée comme une proie, Montmajour fut, surtout au (XIVème siècle), une demeure somptueuse, enrichie qu'elle fut de bonne heure par les dons des fidèles. Cette magnificence devait lui être fatale. Du Guesclin gagnant l'Espagne avec ses Routiers, voulut rançonner Arles qui résista. Alors l'orage allait crever sur Montmajour que le grand capitaine ne put défendre contre les vexations d'une soldatesque effrénée, le trésor fut mis au pillage, l'incendie projeta au loin de sinistres lueurs. Cette rude épreuve servit de leçon. L'abbé Pons de Ulmon fit construire la belle tour de défense, ornée de bossages et couronnée de mâchicoulis. Cette tour supporta plus d'un assaut, fièrement campée en avant du monastère pour le protéger, elle ne put, au (XVIème siècle), détourner ce torrent dévastateur qu'on appela les Guerres de Religion. Montmajour finit par succomber et ne fut plus qu'un monceau de ruines.

- Intérieur du cloître

Au (XIXème siècle) Sur l'emplacement de la vieille abbaye, on bâtit (100) ans plus tard une habitation spacieuse et romantique. C'était un château plutôt qu'un couvent et l'abbé, très richement doté, menait là une vie de Grand Seigneur. A contempler les ruines qui jonchent aujourd'hui le sol, ces larges corridors, ces élégantes salles, ces vastes appartements déserts, ces beaux escaliers de pierre, cette charmante terrasse qui plonge sur le paysage, on sent le luxe, le confortable, les habitudes de bien être. Tout cela disparut sous les coups de la Révolution. Demeuré seul sur son rocher, l'antique donjon semble regretter son isolement et son impuissance.

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