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Glossaire - Biographies
Chronologie - les Abbés
Photos

- Abbaye de Senanque


- Présentation
* Diocèse : Avignon
* Fondation : (1148)
* Dissolution : (1791)-(1857)
- et (1903)-(1926)
* Abbaye Mère : Abbaye de Mazan
- et de Lérins
* Lignée de : Abbaye de Cîteaux
* Abbayes Filles : Chambons
- Ste-Catherine d'Avignon
* Ordre : Cistercien
* Style : Architecture Romane
* Protection : Classé Monument
- Historique (1921)

- Situation
* Pays: France
* Région : Provence Côte d'Azur
* Département : Vaucluse
* Commune : Gordes

- Historique

Il y a (900) ans, un grand mouvement de renouveau spirituel né de l'Abbaye de Cîteaux, nouveau Monastère, installé en Bourgogne, est à l'origine de la fondation de plus de, 700 Monastères Cisterciens au cours du Moyen Age en Europe. St Bernard est la figure de proue du nouvel ordre monastique. Les moines Cisterciens, unis dans la simplicité et l'observation de la Règle de St Benoît, (VIème siècle) retrouvée dans toute sa vigueur, mènent une vie de prière et de travail dans leurs Abbayes. Ces monastères sont toujours implantés dans des lieux très retirés, comme l'est Sénanque. Leur vie communautaire est ponctuée de 7 offices par jour, depuis le milieu de la nuit jusqu'au soir. Leur travail est manuel, essentiellement agricole. Il y sont aidés par des frères Convers.

Bâtie dans le département du Vaucluse, Gordes, enserrée dans le creux de son vallon, située en Provence à 30 kms à l'Est d'Avignon, elle demeure l'un des plus purs témoins de l'architecture Cistercienne Primitive du (XIIème siècle). Elle est toujours habitée par une communauté de moines Cisterciens. Eglise Abbatiale, cloître, dortoir, salle du chapitre, chauffoir. Fondée en (1148), elle est avec ses Soeurs Silvacane et Le Thoronet, le pur témoin du rayonnement de l'ordre Cistercien en Provence.

Elle a été fondée par des moines originaires du Vivarais sur le modèle Cistercien mais avec des particularités Régionales. Elle a connu très rapidement une certaine expansion, avant de régresser puis sombrer au (XVIème siècle), incendiée par les Vaudois en (1544), son effectif est descendu à 2 moines au (XVIIème siècle). La révolution de (1791) aurait pu lui être fatale, mais vendue à un amateur de belles pierres, elle a été conservée et même restaurée, de sorte qu'en (1854), en changeant de propriétaire, elle a tout simplement retrouvé sa fonction d'origine, allant jusqu'à abriter 72 moines. Aujourd'hui, des moines y vivent, et les bâtiments, le cloître et l'église entre autres sont d'origine, et sont très bien entretenus.

- L'église abbatiale.

L'église, dans le Transept, vous permet de découvrir, à gauche la grande Abside, éclairée par 3 ouvertures qui convergent vers l'Autel. Cette grande Abside est encadrée de 2 Absidioles 2 chapelles, de pur style Roman de chaque côté. Chaque chapelle servait à la célébration de messes privées, pour le repos de l'âme d'un Bienfaiteur, par exemple. En face de vous, le mur Est, percé de 2 petites fenêtres et d'un grand Oculus orné d'une Roue. En dessous, le tombeau et le monument funéraire de Geoffroy de Venasque, bienfaiteur de Sénanque. Au dessus, à la croisée du transept, la voûte s'élève sous la forme d'une coupole, reposant sur 4 Trompes, 4 petites Voûtes en Cul de Four, en forme d'arc à 6 lobes, qui permettent de passer du plan carré de la croisée du transept à l'Octogone du sommet de la coupole. Il faut se rendre ensuite dans la Nef, au fond pour apprécier l'église dans son ensemble, typiquement Cistercienne par son dépouillement extrême. L'église est construite en forme de Croix. Aucun décor ne doit troubler la prière et le recueillement des Moines. Seule, la lumière, symbole de Dieu doit moduler l'espace. Les Moines de choeur occupaient des stalles tandis que les frères Convers se tenaient dans la partie occupée par les bancs aujourd'hui. Les frères Convers entraient dans l'église par les portes latérales du fond. Remarquer l'absence de Grand Portail, ce qui est très rare.

Le Dortoir A l'origine, il pouvait accueillir une trentaine de moines, dormant au sol sur des paillasses, tout habillés. Le dortoir mesure près de 30 mètres de long. Il est couvert par une voûte en berceau brisé, coupée en 3 parties inégales par 2 arcs doubleaux. Les corniches, au sommet du mur et à la base de la voûte, servaient à soutenir les cintres en bois qui permettaient la construction de la voûte. Une rosace et une fenêtre ont été percées sur le mur Ouest. Des travaux plus tardifs auraient affaibli l'édifice et seraient à l'origine du décrochement de pierres que nous pouvons observer sur la voûte. Le plan de l'Abbaye est entièrement organisé en vue de la prière continuelle du moine et de la liturgie communautaire. Ainsi, le dortoir est construit dans le prolongement direct du transept de l'église. Dès 2 heures du matin, les moines quittaient le dortoir pour le 1er office à l'église. De même, le soir, ils rejoignaient leur couche aussitôt après le dernier office.

Le cloître est d'une grande sobriété, les Chapiteaux ne sont pas richement sculptés, peu de statues, une Vierge à l'Enfant, l'art peut aider à l'élévation, le dépouillement aussi. En sortant de l'église, vous arrivez dans le cloître. C'est le centre de l'Abbaye, lieu de passage, il relie les différentes parties du monastère, mais c'est avant tout un lieu de méditation, de lecture. Vous remarquez près de la porte de l'église l'ancien Armarium dans lequel étaient rangés les Manuscrits. Le cloître est une cour intérieure, bordée de 4 galeries qui ouvrent sur le jardin par 12 arcades en plein cintre. Ici aussi, l'austérité se fait sentir. Les chapiteaux des colonnes, tous différents, sont simplement ornés de motifs végétaux. Depuis la galerie Sud, vous voyez très bien le clocher de l'église, typiquement Roman, et les toitures de lauzes, pierres sèches assemblées sans charpente. Une fontaine, dont on peut voir les arrachements de la voûte dans l'angle Sud-Ouest, a été détruite au moment des guerres de religion.

Le Chauffoir c'était dans cette salle que les Moines venaient travailler. Elle servait de Scriptorium, lieu où l'on copiait les manuscrits. Comme son nom l'indique, c'est la seule pièce chauffée du monastère. Cette petite pièce est voûtée de 4 voûtes d'arêtes qui retombent au centre sur une robuste colonne dont le chapiteau est orné de feuilles d'eau et de fleurs de lys. Une très belle cheminée, conique, permet de brûler des troncs placés à la verticale. La salle à l'origine comportait 2 cheminées comme l'attestent les 2 lanterneaux visibles depuis l'extérieur.

La salle Capitulaire, ou Salle du Chapitre, est la salle où se réunissait la communauté monastique autour de son Père Abbé, pour l'écoute d'un chapitre de la règle de St Benoît. C'est ici que les moines prenaient les décisions concernant la Communauté et que s'effectuaient les prises d'habit, les professions monastique ou l'élection du Père Abbé. Les moines s'asseyaient sur les gradins. Le Père Abbé, placé au centre, faisait face à la tarasque, figure du démon, sculptée dans le cloître. Ce qui caractérise cette salle, c'est la finesse de son acoustique, la parole s'y fait entendre sans effort, grâce, notamment, aux 6 croisées d'ogives. C'est la seule pièce où il était permis de parler.

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