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Glossaire - Biographies
L'Abbatiale - les Abbés
Chapiteaux - Extérieur - Intérieur

(Saint Martin du Canigou, ville Casteil, région Languedoc Roussillon, département Pyrénées-Orientales.)

- Historique

St Martin du Canigou est un monument du 1er art Roman Méridional. L’abbaye St Martin du Canigou, en catalan Sant Martí del Canigó, fondée au (Xème siècle), se situe en France sur les hauteurs du petit village de Casteil, à environ 1.055 mètres d'altitude, derrière un piton rocheux du massif du Canigou.

C'est à l'instigation du Comte de Cerdagne Guifred II, arrière petit fils de Guifred le Velu, donne avec sa femme Guisla un alleu situé sur les pentes du Canigou, sur le territoire de Vernet, à l'église de St Martin. Cette église existait donc précédemment, nous n'en avons aucune trace de nos jours. Les premières mentions datent de (997), date à laquelle le chantier a probablement commencé. De nombreuses donations au cours des années suivantes montrent bien que le chantier fut mené de manière très régulière.

Le 14 Juillet (1007), ils effectuent un nouveau don accompagné d'une clause précise,

"Afin qu'en ce même lieu soit édifié en l'honneur de notre Seigneur Jésus Christ, qu'il lui soit attaché des moines militant sous la règle du bienheureux père Benoit et que, suivant la volonté et le privilège du pontife Romain et de l'évêque d'Elne et selon l'institution du Roi des Francs, on y serve désormais le Dieu tout puissant à perpétuité".

Dès le 13 Novembre (1009) le frère de Guifred, l'abbé Oliba vint au lieu appelé Canigou, pour consacrer en l'honneur de St Martin, évêque et confesseur de la Ste Vierge Marie et de St Michel Archange, l'église située en ce lieu qu'on appelle monastère du Canigou, construite dans la montagne par un prêtre que l'on nomme "Sclua. Ce Sclua" fut le 1er abbé de St Martin, il entretenait des relations très proches avec le Comte. Il semble que se soit ensemble qu'ils aient décidé de la façon dont seraient construits les bâtiments.

A l'arrivé des reliques de St Gaudérique, l'Abbatiale est agrandie et re consacrée, l'année n'est pas connue avec exactitude, soit (1014), soit (1026). En (1025) le Comte donne à l'abbaye le lieu de Vernèdes, Vernet les bains, ainsi que Casefabre. Puis il se fait moine et rejoint la communauté qu'il a créé. Il creuse lui même une tombe dans le roc du Canigou qu'il va rejoindre à son décès, le 31 Juillet (†1050).

- Les Reliques

Très rapidement un problème se posa, celui des reliques. En effet, il est important pour le rayonnement d'une abbaye de posséder des reliques de Saints. Mais ces reliques ne s'acquièrent pas aussi facilement que ça, tout simplement parce que les possesseurs actuels refusent systématiquement de s'en séparer, même à bon prix. La solution choisi par l'abbé est la force. Aussi surprenant que ça paraisse, le fait d'envoyer des hommes d'armes à la conquête de reliques était un procédé assez courant, même pour des religieux. C'est le Comte Guifred qui arment des hommes. Ceux ci partent avec des moines et ramènent une relique de St Gaudérique appartenant à l'église St Sernin, de Toulouse.

Durant l'année (1007) le pape Sergius IV fournit à l'abbaye des privilèges assez étendus, entre autre la pleine indépendance de l'abbaye par rapport aux autres. Mais (100) ans plus tard, en (1114), Bernard Guillaume de Cerdagne, Comte, donna à Lagrasse St Martin, oubliant les privilèges d'inaliénation. Malgrès les protestations des moines Catalans, le successeur de ce Comte, Raymond Béranger, confirme la donation en nommant l'abbé de Lagrasse, abbé de St Martin. Ce droit dura jusqu'en (1159), année ou les moines de St Martin parvinrent à choisir l'abbé de Ripoll, mais comme l'abbé de Lagrasse protesta, il fallut des années de tractations entre les évêques d'Elne, de Narbonne, les abbés des 3 monastères en jeu et le Comte de Cerdagne pour que St Martin puisse choisir librement son Abbé. Face à ce revers, l'abbé de Lagrasse organisa une expédition punitive et fit saccager le monastère du Canigou, un moine fut même tué.

Durant la reprise militaire du royaume de Majorque par Pierre IV, Jacques III de Majorque vint en Conflent avec une petite armée et prit plusieurs places fortes. Vu qu'entre temps St Martin avait été fortifié, ce Roi sans terre attaqua l'abbaye, la mis au pillage et les religieux furent emmené comme prisonniers. Et comble du malheur, Pierre IV crut que l'abbé avait volontairement ouvert les portes, donc lorsque Jacques III fut définitivement écarté, l'abbaye fut à nouveau pillé, mais par les Aragonais cette fois.

Le terrible tremblement de terre de (1428), qui fit tant de dégâts en Catalogne, ébranla sérieusement le monastère, de nombreux bâtiments furent détruits, le clocher fut écrêté, mais l'église résista tant bien que mal. Les travaux de reconstruction furent très longs en raison du manque de moyens suffisants, malgré la mobilisation de l'épiscopat d'Elne. Ce fut quasiment la fin de l'abbaye car les terres qu'elle possédait, et donc les revenus engendrés, en argent ou en main d'oeuvre, n'était pas suffisante pour pour tout reconstruire. Ce fut sans compter sur la ténacité de l'abbé Jean Squerd, qui redonna confiance et le fit reconstruire par les moines eux mêmes. Il faut dire que leur foi en St Gaudérique les faisait transporter des montagnes.

St Gaudérique est "le patron des écluses célestes", on le prie pour faire pleuvoir ou au contraire faire cesser la pluie. A de nombreuses reprises les reliques de ce Saint ont été sorti de l'abbaye pour être descendu en plaine, en particulier cette année (1613) où, en cours de route elles furent arrêtés à Villefranche de Conflent, le Viguier, Dalmau de Descattlar avait prit l'initiative de stopper la procession pour les empêcher de descendre dans la plaine.

Face à ce sacrilège, une armée de 2.000 hommes, commandée par le Capitaine Jorda, monta de Perpignan dans la vallée de la Têt. Ils prirent le 23 Janvier (1613) Ria, puis Sirach, des avant postes de Villefranche. Puis le 29 Janvier une pluie de boulets, non demandée à St Gaudérique !, s'abattit sur la ville, tuant 200 hommes contre 1 chez les Perpignanais. Les vignes et les vergers alentours furent rasées également en guise de punition. Ce fut une expédition des Almogavares, ces fameux soldats Catalans sans bouclier.

- Déchéance et renaissance

St Martin du Canigou fut un vrai centre religieux au sens, retraite, à plusieurs reprises ce sont ceux qui furent envoyé relever la foi dans d'autres monastères, plus léger, dans l'organisation quotidienne. Mais durant le (XVIIème siècle), la vie devint vraiment difficile pour les moines. Le 4 Septembre (1779), la petite communauté dû se rendre à l'évidence, ils commencèrent à prévoir la fermeture de l'abbaye. Le 7 Décembre (1783), la communauté de St Martin du Canigou fut dissoute. Les reliques de St Gaudérique furent transportées à Perpignan, les ossements de Guifred furent descendu dans l'église de Casteil. En (1793) ils seront dispersés par les soldats de Ricardos. La communauté se sépara définitivement. L'abbaye commença alors rapidement à décliner, dès le (XIIème siècle), elle est rattachée à l’abbaye de Lagrasse, dans l'Aude. Cela fut la cause d'un conflit qui se régla finalement par arbitrage du pape. Mais l'abbaye sombrait irrémédiablement dans la décadence.

En (1506) l'abbaye est placée sous Commende et finit par être sécularisée en (1782) par Louis XVI. Les moines Bénédictins occupent l'abbaye jusqu'a la fin du (XVIIIème siècle). En (1786), les 5 derniers moines quittent l'abbaye qui est alors officiellement supprimée. C'est alors l'abandon complet pendant 120 ans. Lors de la Terreur, l'abbaye fut fermée après expulsion des derniers religieux, et tous ses biens furent éparpillés. Les bâtiments se transformèrent alors en carrière de pierre pour les habitants des environs, les chapiteaux du cloître furent pillés, de même que les sculptures et le mobilier.

Au début du (XXème siècle), Mgr de Carsalade du Pont, évêque de Perpignan Elne, rachète les ruines, dont il ne restait plus grand chose, si ce n'est le clocher, l'église dont une partie de la voûte s'était effondrée, 3 galeries du cloître inférieur, et entreprend une 1ère campagne de restauration de (1902) à (1932)

Une 2ème campagne de restauration a lieu de (1952) à (1982) sous la conduite du Père Bernard de Chabannes, moine Bénédictin de l’abbaye d’En Calcat. En (1988), l’évêque de Perpignan Elne confie l’abbaye à la Communauté des Béatitudes, avec pour mission de perpétuer la vie de prière en ce lieu et d’y accueillir les nombreux visiteurs. La Communauté des Béatitudes à St Martin du Canigou

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