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Glossaire - Biographies
Chronologie - les Abbés - le Fromage -
Photos

(N.D.Tamié, commune de Plancherine, Alberville, Savoie France).

- Historique

Le Monastère, située sur le flanc Est du massif des Bauges, à 900 mètres d'altitude, à proximité du col de Tamié, sur le territoire de l'abbaye Cistercienne Trappiste de N.D. de Tamié est témoin d'un longue histoire! L'abbaye a été fondée en (1132) par St Pierre de Tarentaise, un moine de Bonnevaux, en Dauphiné, qui devint par la suite archévêque de Moûtiers. Après l'âge d'or du (XIIème siècle), l'abbaye connut des vicissitudes dues à l'enrichissement et à la Commende. A la fin du (XIIème siècle), Tamié fut la 1ère abbaye Cistercienne à adopter la réforme dite "Trappiste, La Stricte Observance". Ce renouveau fut concrétisé par la construction du monastère actuel, dans lequel l'on peut reconnaître les exigences d'austérité que représentait cette réforme. Si la Révolution de (1789) a épargné les bâtiments, le monastère a néanmoins été obligé de fermer, et les moines de s'exiler.

- XIIème au XIIIème siècle

C’est Pierre II de Tarentaise (1102)-(1174), Archevêque de Moûtiers (1141), qui eut l’initiative de cette fondation. De fait, le Comte Amédée III de Savoie lui avait demandé de chercher un lieu paisible pour y installer un foyer monastique. Pierre se mit à la recherche d'un emplacement favorable, ce qui l'amena à demander en (1132) aux seigneurs de Chevron de lui céder le vallon de Tamié pour y implanter un monastère. Les moines arrivèrent le 16 février (1133) de l’Abbaye de Bonnevaux en Dauphiné, ils appartenaient à la règle de St Benoît. Pierre en restera l'abbé pendant 10 ans jusqu'à sa nomination comme archevêque. Les moines commencèrent à construire les bâtiments et à mettre en valeur les friches des alentours. Au début, la route de Milan à Genève ne passait pas par le col de Tamié, mais la construction de l'abbaye et la sécurité qu'elle apporta vont désormais inciter les voyageurs à emprunter le nouveau chemin du col de Tamié. Le Comte de Savoie et les Seigneurs des environs vont doter l'abbaye de nombreux domaines agricoles, appelés granges, ainsi que des alpages dans les Bauges, en Tarentaise, autour du lac d'Annecy et dans le Haut Grésivaudan. Chaque grange abrite une dizaine de Convers bûcherons, meuniers ou vignerons qui cultivent la terre et élèvent des chèvres et des vaches. Les moines essartent et défrichent courageusement les alpages d'altitude, couverts d'aulnes verts et de rhododendrons, pour leurs troupeaux en été.

- XIVème au XVIIème siècle

Très riche, l'abbaye de Tamié suscite de nombreuses convoitises. De fait elle va connaître de nombreuses vicissitudes. Plusieurs incendies ravagent les bâtiments. Au (XIVème siècle), commence une longue période de décadence. Les nombreuses guerres entre la Savoie et le Dauphiné ne sont pas sans conséquences pour l'abbaye qui est située à la limite des 3 évêchés, ceux de la Tarentaise, de Grenoble et de Genève. Près du col de Tamié, un rocher, la Pierre des 3 évêques, marquait naguère la limites des 3 évêchés. Les problèmes s'aggravent avec le Grand Schisme d'Occident (1378)-(1418) qui divise la chrétienté. Les abbés deviennent Commandataires et sont désignés par le souverain. Ils se servent dans les richesses de la communauté et dilapident les biens. A la fin du (XVIème siècle), l'abbaye est en ruine. En (1606), François de Sales, évêque de Genève, écrit dans une lettre adressée au pape, "Il est surprenant de voir à quel point la discipline régulière est partout ruinée dans les abbayes et prieurés de ce diocèse". Les bâtiments actuels datent du (XVIIème siècle), en (1677), avec l'installation d'un groupe de moines venu de l'Abbaye de La Trappe en Normandie, s'instaure un renouveau de l'abbaye de Tamié. De nouveaux bâtiments sont édifiés.

- XVIIIème siècle

Les moines installent des hauts fourneaux et des forges et se lancent dans la fabrication de plaques de cheminées. Les feux sont alimentés avec le charbon de bois tiré des forêts du massif des Bauges. Le minerai est acheminé du gisement des Hurtières dans la vallée de la Maurienne. A l'automne (1792), les biens du clergé sont déclarés Biens Nationaux et les autorités font établir l'inventaire complet des richesses de l'abbaye. En Avril (1793), craignant un retour des troupes Sardes, les Français installent dans l'abbaye un détachement de soldats pour contrôler le col de Tamié. L'abbé Gabet juge alors préférable pour la communauté de s'en aller et les religieux s'enfuient en pleine nuit. Lorsque le conventionnel Albitte décrète la démolition des clochers de Savoie, les autorités envoient des charpentiers depuis Faverges pour abattre celui de l'abbaye. Après la fin de la Révolution Française, il est constaté que l'intérieur de l'abbaye est dévasté et qu'un grand nombre de livres de sa riche bibliothèque sont perdus à jamais brulés ou volés.

- XIXème siècle

A partir de (1827), l'abbaye est restaurée par l'ingénieur Sarde de la cour de Turin Ernesto Melano. Le clocher est reconstruit mais sans la flèche. En octobre (1861), l'abbaye est à nouveau occupée par des moines Trappistes. En (1880), en vertu des décrets contre les congrégations, les moines sont à nouveau chassés, mais se réinstallent dès (1881). Une nouvelle flèche est installée sur le clocher reconstruit à la restauration, mais la congrégation connaît d'importantes difficultés financières. C'est l'installation d'une fromagerie qui va sauver la communauté.

- XXème siècle

Ce fut à l'abbaye de Tamié que fut fondée la manécanterie des Petits chanteurs à la croix de bois. Pendant la 2ème Guerre Mondiale, l'abbaye est un point de passage et un refuge pour les résistants et les personnes traqués par la milice et les allemands. C'est de l'abbaye de Tamié que venaient 2 des moines de Tibhrine, assassinés en (1996) en Algérie, dans des conditions mystérieuses et controversées. Un film, Des hommes et des dieux, sorti en (2010), leur est consacré.

- Aujourd’hui

Comme le leur demande la règle de St Benoît les moines de Tamié donnent une place importante à la liturgie et l’office divin, le travail manuel et l’hospitalité. Les moines se rassemblent 7 fois par jours pour chanter l’office divin et célébrer l’eucharistie. L'abbaye est renommée pour la qualité de sa liturgie. Ce sont les moines de Tamié qui assurèrent les chants de l’office divin pour le film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. L'hôtellerie de l’abbaye dispose de 27 chambres pour ceux et celles qui souhaitent se joindre à la prière des moines ou d’une manière générale faire une retraite spirituelle. D’autres locaux, à une certaine distance de l’abbaye, pour en préserver le silence, sont disponibles pour des groupes de jeunes. Chaque jour les moines produisent près de 400 kg de fromage fort apprécié, le tamié, qu'ils vendent dans la boutique du monastère et dans de nombreux magasins de la région. La fromagerie est la principale ressource économique de la communauté. Le lait est acheté aux éleveurs de la vallée ce qui contribue au maintien de l'agriculture de montagne. De plus, depuis (2003), les 3.000 à 4.000 litres de petit lait quotidien sont utilisés pour produire du méthane, grâce à une électrolyse provoquant une dégradation des chaînes carbonées et des bactéries qui consomment le sucre et produisent du biogaz, ce qui correspond à 80 litres de fuel par jour, utilisé pour la production d'eau chaude.

La communauté compte une trentaine de moines. La liturgie, ouverte à tous, est célébrée en français, mais le chant Grégorien y garde encore une place. Les visiteurs peuvent visiter l'église de l'abbaye et assister à l'office. L'abbaye elle même n'est pas ouverte aux visiteurs, car le tourisme nuirait à la vie monastique. Mais, juste après le parking, 300 mètres avant le monastère, le Centre St Pierre de Tarentaise accueille le visiteur et offre, une exposition photo et un montage audiovisuel sur la vie des moines, durée 20 minutes, un lieu de recueillement un magasin de livres religieux et produits monastiques dont le Fromage de Tamié. A proximité du parking se trouve le chalet St Lambert, avec une salle hors sac et, aux alentours, des lieux pour pique niquer. Si vous désirez faire une halte de réflexion ou de prière, l'hôtellerie du monastère peut vous accueillir pour quelques jours, maximum une semaine, dans une ambiance de silence et de recueillement. Ecrivez au frère hôtelier en lui proposant vos dates de séjour. Il n'y a pas de retraites organisées mais, si vous le souhaitez, vous pouvez rencontrer un moine ou étudier à la bibliothèque.

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