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Glossaire - Biographies
les Abbesses
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(Dans le 5ème arrondissement de Paris.)

- Le Voeux d'Anne d'Autriche

Son église est le fruit du Voeu. En (1621), Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, favorise l'installation à Paris de la communauté des Bénédictines du couvent du Val de Grâce de la Crèche à Bièvres, elle s'établit en l'hôtel Médiéval du Petit Bourbon, au faubourg St Jacques. En (1624), la Reine pose la 1ère pierre de ce qui, sans doute, forme aujourd'hui le plus bel ensemble Conventuel Français du (XVIIème siècle). Son église est le fruit du voeu qu'avait fait la Reine d'élever à Dieu un temple magnifique s'il lui envoyait un Fils. Après 23 ans de mariage, en (1638) , naquit le futur Louis XIV qui posa la 1ère pierre le 1er Avril (1645) et la construction s'acheva à la fin des années (1660) par la décoration sculpturale et picturale. Les travaux furent tout d'abord confiés à Mansart, en creusant les fondations il découvrit les importants vides laissés sous terre par des générations de carriers.

Ces vides furent sondés, cartographiés puis consolidés en l'aplomb des futurs bâtiments. Mais les fortunes dépensées par Mansart dans ces confortations imprévues lui firent retirer l'affaire au profit de Lemercier, qui avait bâti notamment l'hôtel de St Aignan, et la bibliothèque de Mazarin puis le Muet , assisté de le Duc. En (1649), les troubles de la Fronde entraînèrent une longue interruption des travaux qui ne reprirent qu'en (1655).Les sculptures extérieures sont signées Philippe Buyster, les sculptures intérieures sont dues à Michel et François Anguier. Le Maître Autel, de (1663), est de le Duc et la coupole, la gloire du Val de Grâce, représentant la Ste Trinité au Paradis entourée de l'Eglise Triomphante, avec 200 personnages des 2 testaments, fut peinte par Mignard, toujours en (1663). Molière lui dédia un poème.

La chapelle Ste Scholastique, patronne des Bénédictines, et Oratoire de la Reine, renferme des peintures murales de paysages méditerranéens attribuées à Dufresnoy. La peinture de la demi coupole de la chapelle du St sacrement est due au neveu de Philippe de Champaigne. Le magnifique pavage de l'église est de Nicholas Pasquier. L'Abbaye du Val de Grâce possède 6 tableaux de Philippe de Champaigne, dont 4 sont exposés dans l'église:

* l'Ascension.
* la Pentecôte.
* l'Entrée du Christ à Jérusalem.
* Jésus et la Cananéenne.

L'Abbaye fut dévolue, par la Convention le 31 Juillet (1793), au service de santé des armées, ce qui la sauva très probablement de la destruction. Elle abrite aujourd'hui l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées, le musée du service de santé et la bibliothèque centrale.

- L'Abbaye

Célèbre et prospère jusqu'à la fin du (XVIIIème siècle), l'Abbaye "N.D.du Val de Grâce", pourtant Mausolée Royal comme la basilique de St Denis, fut épargnée par les destructions Révolutionnaires, en devenant hôpital militaire, l'ensemble architectural du Val de Grâce était préservé, mieux encore que l'Abbaye voisine de Port Royal devenue en (1795) maison pour enfants trouvés, puis maternité en (1818), alors que disparaissaient totalement les couvents des Feuillantines, des Ursulines et des Carmélites du quartier St Jacques. Il fut sans conteste le plus ambitieux des grands chantiers religieux de la Capitale. Autrefois témoignage d'une Royale dévotion, cet ensemble admirable par l'ampleur de son monastère, par la magnificence de son église et surtout par la haute maîtrise des ateliers qui y travaillèrent, est aujourd'hui reconnu comme, une des plus belles réussites artistiques du siècle de Louis XIII. Cette vaste entreprise réunit les meilleurs artistes connus à Paris au milieu du (XVIIème siècle), les architectes Mansart, Lemercier, le Muet, les sculpteurs issus de la maîtrise, les frères Anguier de la ville Royale d'Eu et le flamand de Buyster, les peintres religieux Jean Baptiste et Philippe de Champaigne, Pierre Mignard le Romain, et beaucoup d'autres encore, maîtres artisans des grandes corporations appelés plus tard à Versailles. Le 31 Juillet (1793), la Convention prit la décision capitale d'affecter les bâtiments du couvent du Val de Grâce à un Hôpital Militaire. La construction de (1974) à (1978) d'un hôpital neuf et indépendant, permit de rendre à l'ensemble monastique son autonomie. Une complète et récente restauration en (1996), acheva de lui rendre sa beauté.

- Chronologie.


* 1624 : La Reine Anne d'Autriche pose la 1ère pierre du monastère sur le site de l'hôtel du Petit Bourbon.

* 1643 : A la mort du Roi Louis XIII, la Reine Anne d'Autriche devient Régente du Royaume. Elle demande à François Mansart les plans du monastère.

* 1645 : François Mansart présente les plans d'un vaste monastère palais qui est écarté. Il est décidé de construire une nouvelle église, dont le jeune Roi Louis XIV pose la 1ère pierre, suivant les plans de François Mansart.

* 1646 : François Mansart est écarté de la direction du chantier. Il est remplacé par Jacques Lemercier, 1er architecte du Roi. Il poursuit les travaux suivant les dessins de Mansart. Les travaux s'arrêtent pendant la Fronde. L'église n'est réalisé que jusqu'au 1er ordre.

* 1654 : Janvier Mort de Lemercier. Les travaux reprennent sous la direction de Pierre le Muet secondé par Gabriel le Duc, qui revient de Rome, et Antoine Broutel du Val. Pierre le Muet modifie le plan de Mansart pour la tour de la Lanterne, du Dôme, et des voûtes.

* 1655 : Travaux d'agrandissement du monastère, réservoir, nouvel appartement de la Reine, dortoirs, aile Sud, suivant les plans de le Muet.

* 1662 : Le gros oeuvre est terminé. Michel Anguier signe les contrats pour la sculpture des arcades, des voûtes et des pendentifs de la croisée.

* 1662 à 1663 : Surélévation de l'aile Ouest du monastère.

* 1663 : Pierre Mignard signe le marché de la fresque de la coupole du dôme.

* 1663 Août : Le projet de Baldaquin au dessus du maître autel proposé par le Muet et le Duc est approuvé par la Reine.

* 1664 : Marché pour le pavement de marbre de l'église.

* 1665 13 Juin : Visite de le Bernin. le Duc lui présente le dôme comme fait de la proportion de celui de St Pierre de Rome. le Bernin fait un projet de baldaquin pour le maître autel qui n'est pas retenu.

* 1666 : Mort d'Anne d'Autriche. Colbert passe les derniers contrats pour le maître autel, le pavillon Nord-Ouest, les 2 corps qui encadrent l'église et la grille qui ferme la cour devant l'église.

* 1669 : Mort de le Muet et fin des travaux.

* 1793 : Destruction du maître autel qui sera reconstitué par Robert Ruprich. Le baldaquin subsiste à la révolution dépouillé des armes de la Reine.

- L'Abbaye un palais et un Couvent pour une Reine.

L'escalier dit de Mansart fut construit pour les besoins des ouvriers. C'est aujourd'hui le plus important des escaliers donnant accès aux carrières, 19 mètres de haut, 2 mètres de large, 30 mètres de long, 3 groupes de chacun 16, 17 et 18 marches. Le ciel est soutenu de place en place par des arcs surbaissés. En (1988), il a fait l'objet d'un classement au titre des Monuments Historiques.

Le puits que l'on surnomme "trou de service de Madame la Reine" est en fait l'ancienne fosse d'aisance des appartements privés que la Reine, Anne d'Autriche, habita au Val de Grâce. Un peu plus loin est un puits de service à échelons dans lequel passe une tuyauterie qui, à la surface, communique avec le service des bains et, dans la carrière, avec 4 énormes cylindres en tôle, destinés à maintenir l'eau à température constante des souterrains 13 degrés. Cette activité cessa au cours du (XXème siècle).

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