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Glossaire - Biographies
Chronologie - le Suplice - les Abbés
Photos - Cryte

- Plan Légende de l'Eglise


(1) Porche d'entrée, Sarcophage à St Rigiles et croix au centre.
(2) Chapelle du St Sacrement : Autel en marbre du (Vème siècle).
(3) Travée droite, (côté sud) : Sarcophage d'Abraham
(4) Travée gauche (côté nord) : N.D.de la sagesse
(5) Travée gauche (côté nord) : Statue de St Lazare
(6) Transept Nord : Tableau de Michel Serre
(7) Transept Nord : Reliquaire
(8) Transept Sud : Tableau de Papety
(9) Transept Sud : Reliquaire
(10) Choeur : Autel
(11) Choeur : Emplacement du tombeau d'Urbain V (12) Chapelle du St Esprit : Fonts baptismau.

- Plan légende de la Crypte.


(A)- Escalier d'accès.
(B)- Chapelle St Mauront
* 1 Quatre du nombre des 7 dormants d'Éphèse.
* 2 Sarcophage des compagnons de St Maurice.
* 3 Sarcophage de St Maurice.

(C)- Chapelle d'Isarn :
* 4 Pierre tombale d'Isarn.
* 5 Sarcophage de Ste Eusébie.
* 6 Sarcophage des compagnes de Ste Ursule.
* 7 Épitahe de Glazinis.
* 8 Fresque des moines bâtisseurs.

(D)- Chapelle St André

(E)- Ancienne sacristie :
* 9 Épitaphe Fortunatus et Volusianus.
* 10 Sarcophage du Christ trônant.
* 11 Sarcophage des brebis et des cerfs.
* 12 Sarcophage de l'Anastasis.
* 13 Couvercle de sarcophage à acrotères.
* 14 Épitaphe païenne.

(F)- Martyrium :
* 15 Vierge noire.
* 16 Sarcophage de St Cassien.
* 17 Tombe des Sts Chrysante et Darie

(G)- Chapelle St Lazare :
* 18 Sarcophage de Sts Innocents.

(H) Atrium ou plan carré :
* 19 Mosaïque.

(I)- Chapelle St Blaise

(J)- Chapelle St Hermés

(K)- Ancien accès à la Crypte


- Visite de la Crypte

L'accès à la crypte s'effectue par un escalier situé au fond de la nef sous les orgues. On pénètre directement dans la salle de la chapelle St Mauront qui sert, avec les autres salles de la crypte, de soubassement à la partie Ouest de l'église supérieure.

Chapelle St Mauront. Dans cette chapelle sont exposés les sarcophages des 7 dormants, de St Maurice et des compagnons de St Maurice.

Sarcophage de St Maurice, longueur 2m,22, largeur 0m,68, hauteur 0m,57, de la fin du (IVème siècle), est découpée en 7 arcades ornées de coquilles et portées par des colonnes torses avec des chapiteaux dérivés du Corinthien. Au centre, est figuré le Christ imberbe, assis sur un trône au pied duquel se trouve une brebis qui lève la tête vers lui, image du défunt appelé au paradis. De part et d'autre du Christ, se trouvent les 12 Apôtres groupés 2 par 2, ils sont assis et portent un rouleau ou un livre.

Sarcophage des Compagnons de St Maurice, Longueur 2m,10, largeur 0m,55, en marbre de Carrare date de la fin du (IVème siècle). La grande face est divisée en 5 compartiments avec, au centre, le Christ enseignant à 2 apôtres Pierre et Paul, d’où la 2ème appellation de ce sarcophage le Christ docteur. A droite, sont figurées l'arrestation du Christ, puis sa comparution devant Ponce Pilate à qui on apporte une aiguière pour qu'il se lave les mains. A gauche, le Christ apparaît à l'apôtre Paul représenté barbu et le front dégarni. Puis est représentée la lapidation de Paul à Lystra.

Chapelle d'Isarn, dans cette chapelle se trouve, en contrebas de l'escalier d'accès, la pierre tombale de l'abbé Isarn. Sur la paroi est de la chapelle sont exposés, chacun dans une niche, le sarcophage de Ste Eusébie, celui des compagnons de Ste Ursule et pratiquement en face de la pierre tombale d'Isarn, l'épitaphe d'Hugues de Glazinis. Enfin sur une voûte, un fragment de fresque représente des moines bâtisseurs.

La plaque a été taillée dans le fond d'une cuve de sarcophage dont elle garde la forme. L'abbé Isarn est représenté gisant sur cette longue dalle terminée par 2 demi cercles, mais dont le centre est rectangulaire et plus large que ceux ci. Le corps n'apparaît que dans les 2 demi cercles, la tête et le bâton pastoral dans l'un, les pieds dans l'autre. La plaque rectangulaire porte une inscription tracée sur 8 lignes. De même, sur chaque circonférence, une inscription plus petite est gravée, ainsi que sur la barre du (T) du bâton pastoral. Ces inscriptions sont datées de la fin du (XIème siècle) et ont été réalisées peu de temps après la mort d'Isarn survenue en (†1047).

"De notre illustre père Isarn ce sont là les restes sacrés, les membres rendus glorieux par tant de mérites. Son âme, elle, est heureusement parvenue aux cieux. De moeurs exceptionnelles et d'esprit pacifique il était accompli en toutes formes de vertu. Homme de Dieu, il était pour tous et en tout joyeux. Ce qu’il enseigna il le mit en pratique, abbé bon et bienheureux. De ses disciples aussi il fit des hommes bons. Telle fut sa règle de vie et contraint de passer le seuil de l’existence c’est avec courage qu’il la quitta. Il régit, fidèle, 2 fois 10 plus 7 = 27 ans, le doux troupeau du Seigneur à lui confié, qu’il abandonna le 8 des Calendes d’Octobre 24 Septembre pour entrer dans le lumineux Royaume."

Inscription Autour de la tête. "Sois attentif, je t’en prie, toi qui lis, à ce qu’a fait de moi, misérable défunt, la loi née de la faute du premier homme."

Aux pieds. "Et gémissant, du fond du coeur, dis et répète : Dieu, aie pitié de lui. Amen."

Sarcophage de Ste Eusébie. Au centre du sarcophage, longueur 2m,05, largeur 0m,62, hauteur 0m,54, datant du début du (IVème siècle), est figuré un médaillon avec un portrait encadré par 2 panneaux de strigiles. Sous le médaillon est représenté Jonas avec, à sa gauche, le gros poisson qui l'a avalé et rejeté. A droite, Moïse reçoit les tables de la loi. A gauche, Moïse frappe de son bâton un rocher pour en faire jaillir une source.

Sarcophage des compagnes de Ste Ursule, Ce sarcophage, Longueur 1m,92, largeur 0m,65, hauteur 0m,43, date de la 1ère moitié du (Vème siècle). La face antérieure est divisée par 7 arcades reposant sur des colonnes. Au centre, le Christ, couronné par la main de Dieu, est debout sur une montagne d'où s'écoulent 4 rivières. Il est encadré par St Pierre portant une croix et par St Paul avec de chaque côté 5 apôtres. Sur la frise du couvercle sont figurés, à gauche, 2 cerfs s'abreuvant encadrés par 2 arbres, la scène représente le paradis. Au centre, 2 anges portent un cadre au dessus duquel sont représentés 2 dauphins encadrant un chrisme. A droite, sont figurés le miracle des noces de Cana et celui de la grappe de la terre promise.

Epitaphe d'Hugues de Glazinis. Cette plaque funéraire date du milieu du (XIIIème siècle). Elle est actuellement amputée de son coin inférieur droit. En bas à gauche, est représenté le portail de l'abbaye surmonté du clocher flanqué de 2 tours. Au centre, se trouve une croix de Malte et à droite, un prêtre revêtu des ornements sacerdotauxs.

Un reste de peinture murale du (XIIIème siècle) figure sur un arc doubleau de la chapelle d'Isarn. Sur ce fragment de fresque à fonds rouges, cernes noir et tuniques bleu turquoise, on reconnaît une scène de chantier de construction. Les gestes des ouvriers sont attentionnés. L'un manie un outil de tailleur de pierre. Derrière lui, un autre ouvrier coiffé d’une cagoule, s'avance courbé sous une charge de moellons. Devant, un 3ème ouvrier manie une pelle tandis qu'un 4ème avance avec un outil de couvreur. L'artiste a représenté les corps de métier qui travaillent au (XIIIème siècle) à l’achèvement de l’église supérieure.

Chapelle St André. A partir de la chapelle d'Isarn, en se dirigeant vers le Nord, on accède à la chapelle St André qui est englobée dans les fondations de la tour d'Isarn. Dans cette chapelle, se trouvait une croix en (X) qui provenait d’un larcin fait à Patras en Grèce par quelque seigneur de la 4ème croisade et contenait les reliques de St André. Elle a été remise, le 19 janvier (1980), par une délégation du diocèse de Marseille et de la paroisse de St Victor sous la conduite du cardinal Roger Etchegaray, archevêque de Marseille, à l'Archimandrite de l'église Grecque qui en remerciement fit don d'une icône à l'effigie du Saint. Une ouverture à l'Est permet d'apercevoir des fouilles et quelques sarcophages en place.

A l'Ouest de la chapelle St André se trouve une salle découverte en (1857), appelée ancienne sacristie. Dans cette salle, sont exposés différents vestiges, notamment, l'épitaphe de Fortunatus et Volusianus, le sarcophage du Christ trônant, le sarcophage des brebis et des cerfs, un fragment du sarcophage de l'Anastasis, un couvercle de sarcophage à acrotères et une épitaphe antique païenne. En entrant dans cette salle, on aperçoit, à droite, la base Ouest de la tour d’Isarn, réalisée en pierres de taille bien appareillées issues du cap Couronne. La puissance de cette maçonnerie contraste avec la rusticité des constructions antérieures et autorise à attribuer l’édification de la tour d’Isarn à une période jouissant de tout autres moyens techniques et financiers, soit le début du (XIIème siècle).

Le Sarcophage du Christ trônant, longueur 2m,07, hauteur 0m,44, en pierre de Cassis date du milieu du (Vème siècle). Il ne subsiste que des fragments qui ont permis une reconstitution grâce à des anciens dessins conservés. Au centre, le Christ est représenté dans un médaillon porté par 2 génies ailés, il est assis et porte un livre ouvert. Aux 2 extrémités, St Paul à gauche et St Pierre à droite portant la croix, sont tournés vers le Christ et l'acclament.

Le sarcophage des brebis et des cerfs, en pierre de Cassis de 2 mètres de longueur date du (Vème siècle). Les scènes représentées sur la cuve du sarcophage sont, au centre, l'agneau divin debout sur une montagne d'où s'écoule les fleuves du paradis, à gauche et à droite respectivement les miracles de Canna et de la multiplication des Pains. Le couvercle est orné de 2 groupes de 3 brebis se dirigeant vers le centre où est figuré le chrisme avec un "(ρ) latinisé et les lettres (Α) - Alpha majuscule et (ω) - oméga minuscule".

Fragment d'un sarcophage de l'Anastasis en marbre de Carrare datant de la fin du (IVème siècle). Parmi les 4 arcades conservées, se trouve le compartiment central original figurant la croix surmontée du chrisme. Les soldats gardiens du tombeau de part et d'autre de la hampe représentent les barbares vaincus. Les 2 apôtres qui acclament le motif central sont, à droite, St Paul au front dégarni et, à gauche, St Pierre. Sur les autres arcades figuraient les autres apôtres.

Ce couvercle de sarcophage est orné sur sa face antérieure de 2 acrotères représentant une tête d'homme à la longue chevelure ondulée. Sur cette face antérieure, une longue inscription datant du réemploi au (Vème siècle) et (VIème siècle) est gravée pour glorifier une noble dame Eugénie. Une épitaphe antique païenne. Cette stèle funéraire de la 2ème moitié du (IIème siècle) a été découverte en réemploi dans de la maçonnerie médiévale. La formule funéraire (DM) gravée à l’intérieur d'un demi cercle signifie aux dieux mânes.

Le Martyrium est élevé au-dessus de 2 tombes jumelles datant de la fin du (IVème siècle), creusées dans le rocher. Ces tombes de direction Nord-Sud sont fermées par de lourdes dalles en pierre de Cassis et renfermaient le corps de 2 hommes. L'interprétation traditionnelle, depuis les fouilles effectuées en (1963) par Fernand Benoit, consiste à considérer ces corps comme ceux de martyrs d'où le nom de martyrium. Sur ces tombes, une petite basilique est construite dès l'époque paléochrétienne dont la structure reste perceptible malgré les remaniements effectués au Moyen Age. Cette basilique comprend une nef centrale de faible largeur 3m,17, voûtée en berceau et des bas côtés avec des arcs doubleaux retombant sur des piles carrées en pierre du cap Couronne. Le collatéral droit, à l'Ouest, a été fortement modifié au Moyen Age.

Contre le pilier gauche, à l'entrée de la nef, est placée la statue de la Vierge noire ou N.D.de la Confession tandis que le sarcophage de St Cassien est placé au centre. Cette statue, d’une hauteur de 98 centimètres, en bois de noyer qui noircit en vieillissant, date de la fin du (XIIème siècle) début du (XIVème siècle). Pendant la Révolution, cette statue a pu être sauvée mais le trésor, constitué de vêtements et bijoux, est dispersé en (1794). La statue est vendue aux enchères et adjugée à M. Laforêt, officier municipal, elle est ensuite exposée dans différentes églises puis portée solennellement à St Victor le 20 mai (1804). La Vierge Marie, couronnée et voilée, trône en majesté, tenant, de la main gauche, l’enfant Jésus sur ses genoux. Elle est tout spécialement honorée le 2 février, jour de la chandeleur.

Sarcophage de Jean Cassien. Ce sarcophage, longueur 1m,40, largeur 0m,48, hauteur 0m,45, en pierre de St Béat était destiné à un enfant et date de la 1ère moitié du (Vème siècle). Il est compartimenté en 5 niches séparées par des pilastres. A gauche, les parents présentent l'enfant mort. Au centre, un jeune homme est représenté les 2 bras levés en signe de prières. Les 3 autres compartiments sont occupés par des Saints.

Tombe de Ste Chrisante et Ste Darie. Ce sarcophage de 2m,14 de longueur en marbre de Carrare date de la fin du (IVème siècle). La grande face du sarcophage est divisée en 7 compartiments avec, au centre, une croix dressée sur une montagne d'où naissent les fleuves du paradis dans lesquelles s'abreuvent 2 cerfs. Dans les 3 compartiments de gauche sont figurés 3 scènes de la vie de st Paul représenté acclamant le Christ, arrêté par un soldat et martyrisé. A droite, des scènes de la vie de St Pierre représenté acclamant le Christ, le reniant à son arrestation.

Chapelle St Lazare. L'entrée de cette chapelle est encadrée par 2 piliers, à gauche, un pilier actuellement non visible, car protégé par un coffrage de bois et, à droite, une colonne ronde taillée dans le rocher, dont le chapiteau figure une tête. La figure du chapiteau serait celle de Lazare, évêque d'Aix en Provence, venu à Marseille. Seule la tête, dont les traits dénotent d'un net archaïsme, est représentée avec une crosse tenue par une main. Le sarcophage, Longueur 1m,30, Largeur 0m,36, Hauteur 0m,33, est dit des Sts Innocents. Il est en marbre blanc, daterait du (IIème siècle) et aurait été découvert en (1628). La face antérieure est divisée en 4 groupes, à gauche 2 amours forgent un grand bouclier rond, ensuite 3 amours forgent une jambière, puis 2 amours tiennent un disque reposant sur la tête d'un sphinx et figurant Romulus et Remus allaités par une louve, et enfin 3 amours forgent un casque. Sur le bas relief, Madeleine est représentée s'appuyant sur un rocher au pied duquel se trouve un crâne. 5 anges sont figurés ainsi qu’un Christ sur la croix. Cette oeuvre est attribuée à un élève de Pierre Puget.

Atrium, chapelle St Blaise et la mosaïque florale. L'Atrium, également appelé plan carré, comportait 9 colonnes, provenant d'édifices païens, dont 3 étaient de marbre et les autres de granit. Le préfet Charles François Delacroix, sous prétexte de procéder à des travaux de consolidation, fit ôter vers (1803) ces piliers antiques pour les remplacer par des colonnes d'un style mal défini. Les 3 faces, Sud-Est et Ouest de l'Atrium étaient ornées de colonnes monolithes, de granit, sauf la colonne de l’Ouest, en marbre, dont 2 seulement furent remplacées par des colonnes en pierre, la colonne de l'Ouest n’a pas été remplacée et aux 2 colonnes des angles Sud-Est et Sud-Ouest, ont été substitués des piliers adossés au mur Méridional qui forme le fond de l'Atrium. Les 4 colonnes de la face Nord de l'Atrium furent remplacées par des fûts à tambours cylindriques trop épais. Les colonnes originales furent utilisées pour orner des jardins et des carrefours. Une de ces colonnes supporte, rue d’Aubagne, le buste d’Homère. Une mosaïque florale est le seul vestige de la décoration de l’Atrium et date du (Vème siècle) et (VIème siècle). Le motif comprend des éléments en forme de calice alternant avec d’autres évoquant des amandes allongées, avec de part et d’autres des volutes.

Vie associative et traditions. Afin de célébrer le 6ème centenaire de la consécration du nouveau maître autel effectuée le 15 Octobre (1365) par le pape Urbain V à l'occasion de la fin des travaux de rénovation de l'église abbatiale de St Victor, l'année (1965) est déclarée année St Victor et un congrès est organisé les 29 et 30 janvier (1966). Le recueil des actes de ce congrès a fait l'objet d’une publication spéciale de la revue Provence Historique. En (1963), afin de préparer ce colloque, la ville de Marseille et le ministère des Affaires culturelles entreprennent des fouilles confiées à Fernand Benoit, membre de l’Institut, et une restauration complète de l'abbaye qui entre à l'Inventaire des monuments historiques en (1997). Ces fouilles ont abouti à diverses découvertes dont celle de la tombe rupestre du martyrium. A l'issue de ce colloque est créée l'Association des amis de St Victor. L'objet de cette association est de promouvoir le rayonnement de St Victor et d'organiser 2 à 3 fois par an des activités artistiques, culturelles ou archéologiques. La renommée du festival de musique de St Victor a largement dépassé les limites de la ville de Marseille avec des invités prestigieux, "Yehudi Menuhin, Alexandre Lagoya, Maurice André, Jean Pierre Rampal, Pierre Amoyal, Marie Claire Alain, Bernard Soustrot etc".

La chandeleur. Suivant le chapitre "XII du Lévitique de l’Ancien Testament", une femme qui accouche d'un garçon doit attendre 40 jours pour fréquenter à nouveau le temple, ce délai est de 80 jours en cas de naissance d'une fille. La Vierge Marie présente donc son fils au temple le 2 février et y apporte des offrandes. Ce jour est appelé la chandeleur. La statue de la Vierge Noire, en noyer du (XIVème siècle), est exposée dans l'église supérieure et une procession est organisée. Cette fête, typiquement Marseillaise, est très populaire et rassemble au début du (XIXème siècle) entre 60.000 et 80.000 personnes. A cette occasion, on achète à la boulangerie proche des navettes. Ce biscuit en forme de bateau rappelle la barque qui, selon la légende, aurait amené aux "Stes Maries de la Mer, Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine" accompagnées de Sarah. Des cierges de cire verte sont brûlés en offrande dans l'église notamment durant la chandeleur. L'origine de cet usage est fort ancienne. François Marchetti signale cette pratique dans son livre Explications des usages et coutumes Marseillais, paru en (1683). D'après cet auteur, cette pratique rappelle que Marie a eu le privilège de pouvoir enfanter tout en restant vierge, car l'usage de la cire verte était réservé aux Comtes de Provence pour sceller les parchemins accordant ou confirmant un privilège. Une autre explication plus simple, est de voir dans le vert, symbole des jeunes pousses de la nouvelle année, la couleur de l'espérance.

Saint Victor et les écrivains. Jean Baptiste Grosson écrivit, en (1770), dans son Almanach :

"L'origine de cette Église est due à la piété des premiers Fidèles. Elle n'a d'abord été qu'une grotte ou caverne qui étant pour lors éloignée de la Ville, & dans l'emplacement des anciens Champs Elisées, ou ossuarium des Marseillois, servoit de retraite aux 1ers Chrétiens, pour y aller célébrer les Saints Mystères, & ensevelir les corps des Martyrs. Il y a auprès de cette grotte, qui est aujourd'hui renfermée dans l'église inférieure, une chapelle dédiée à N.D.de Confession, dont l'Autel fut construit sous l'empereur Antonin qui vivoit l'an (140). Victor, Officier des troupes Marseilloises, ayant souffert le Martyre sous Dioclétien, l'an (303), le 21 juillet, les Fidèles ensevelirent son corps dans cette grotte."

André Suarès écrit dans Marsiho :

"Quant aux églises, elles sont la honte de Marseille, moins 2, où personne ne va, St Victor et la Vieille Major".

Blaise Cendrars, dans son livre Le Vieux Port, écrit :

"St Victor qui pourrait être la plus vénérable basilique de France si Viollet le Duc n'était pas passé par là pour camoufler, sous prétexte de restauration, ce haut lieu de l'Esprit en un vieux bâtiment d'aspect Gothique".

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