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Glossaire - Biographies
l'Abbaye - Chronologie - les Abbés
Photos -

- Fontenelle (abbaye de St Wandrille)


Ne pas confondre avec l'Abbaye de Fontenelle, de l'ordre de Citeaux, située près de Maing dans le département du Nord

- Présentation
* Culte : Catholique Romain.
* Type : Abbaye.
* Rattachement : Congrégation de Solesmes.
* Début de la construction : (649).
* Fin des travaux : (XVIIIème siècle.
* Style dominant : Roman, Gothique.
* Protection : Classé Monument Historique :
   (1862), (1914), (1995).

- Géographie.
* Pays : France.
* Région : Normandie.
* Département : Seine Maritime.
* Ville : Saint-Wandrille-Rançon.

- Armoiries

Le blason est, "d'azur à la fasce ondée d'argent accompagnées de trois fleurs de lys d'or, posées deux et un", "l'onde d'argent", exprime en termes héraldiques la brisure des cent-quatre ans d'interruption de la vie monastique à St Wandrille (1790)-(1894). Le fait que ce blason ressemble à celui des Rois de France s'explique par ce que l'abbaye était sur le domaine Royal, et était donc autorisée à porter les Armes de France. Une devise a été rajoutée en (1894) "Quasi lilia quoe sunt in transitu aquae" - "Comme les lys sur les bords des eaux" tiré du livre de l'Ecclésiastique, Livre 8.

- Historique

L'Abbaye St Wandrille anciennement Abbaye de Fontenelle, est une Abbaye Bénédictine de la congrégation de Solesmes située sur la commune de St Wandrille Rançon. Fondée en (649), l'abbaye a connu une longue histoire marquée par 3 grandes périodes de saccages et de destructions, celles liées aux incursions des Vikings, puis celles engendrées par les Guerres de Religion, et enfin celles consécutives à la Révolution Française. C'est encore aujourd'hui une abbaye de moines Bénédictins. L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques par la liste de (1862) et par arrêtés des 18 Avril (1914) et 10 Juillet (1995).

Avant la fondation de l'abbaye, il y aurait eu un domaine Gallo Romain, mais on ignore l'ancien nom du ruisseau aujourd'hui dénommé Fontenelle, où un moulin aurait été construit. Le 4 Mars (638), le domaine fut concédé au Roi Dagobert à titre personnel, puis confirmé par Clovis II, le 4 Février (649). Le domaine fut alors abandonné, et l'acte de vente des droits fut passé à Compiègne le 1er Mars (649) par le neveu de St Wandrille, St Gond, qui fut Ermite en Brie, puis fondateur de l'abbaye St Pierre d'Oyes en Champagne, avant de mourir vers (†690). Le 1er Mars (650).

- Fondation de l'Abbaye

St Wandrille fonde en (649) une abbaye qu'il baptise Fontenelle en référence au ruisseau qui la traverse. La terre est concédée par Erchinoald, Maire du Palais de Neustrie. De (650) à (668), St Wandrille et les moines construisent les bâtiments et les églises St Pierre, St Paul, St Laurent, St Amand, St Saturnin et, dit on, de St Pancrace et N.D. de Caillouville, mais aussi une bibliothèque, contenant les oeuvres de St Grégoire Ier rapportées de Rome par St Gond, ainsi que la règle de St Colomba. Du temps de St Wandrille l'abbaye se démarque en n'acceptant pas de donations hormis la dot dont les moines disposent à leur entrée dans l'établissement. De (678) à (690), St Ansbert est le nouvel Abbé de l'abbaye et il construit un hôpital pour 12 pauvres et 16 malades. En (704), le Roi Childebert III fait don à l'Abbaye du domaine d'Aupec et de ses dépendances. En (787), sur ordre de Charlemagne, un Polyptyque, aujourd'hui perdu, est établi par Landry, Abbé de Jumièges et Richard, Comte de Rouen. St Gervold qui devient Abbé en (787), gouverna l'abbaye pendant 18 ans jusqu'en (806) et fut chargé par Charlemagne de fonctions importantes. Il fit reconstruire le Chauffoir, les Cuisines, l'Infirmerie, ainsi que plusieurs autres parties de l'abbaye. Elle est la 3ème Abbaye de la province de Rouen après St Ouen et St Evrault.

En (823) Anségise de Fontenelle devint Abbé, il entreprit des travaux considérables. Il fait bâtir, un Dortoir de 208 pieds de longueur sur 27 pieds de largeur et 64 pieds de hauteur, on y voyait, au milieu, une pièce en saillie ayant un pavé composé de pierres artistiquement disposées et dont le plafond était peint. Il fait décorer également le Réfectoire de peintures. Pour la décoration du Réfectoire, il fait venir de Cambrai un peintre de grand renom, Madalulfe. Les fenêtres étaient vitrées, et toutes les boiseries étaient en Chêne. Ce Réfectoire était une partie d'un bâtiment qu'il avait fait construire et divisé en 2, l'autre partie servant de Cellier.

Il fit réaliser un autre corps de bâtiment appelé La Grande Maison, qui renfermait un appartement avec une cheminée et touchait d'un côté au Réfectoire et de l'autre au Dortoir, comme ces 2 derniers bâtiments devaient être, d'après la chronique, en contact avec l'église du côté Nord, il paraît facile de tracer le plan du Couvent à cette époque. Il devait se composer d'une cour carrée enclose au Midi par l'église, à l'Est par le Dortoir, à l'Ouest par le Réfectoire et au Nord par le grand bâtiment dont on ignore la destination.

Il semble probable qu'il y avait à l'Ouest une 2ème cour renfermant les magasins et autres dépendances du couvent. Le long des constructions dont la Chronique de <>Fontenelle nous donne une description si intéressante, et à l'intérieur de la cour, se trouvaient des portiques construits par ordre d'Anségise, dont le toit et la charpente reposaient sur des pilastres. L'église bordait d'un côté la cour du Cloître. A Fontenelle, le Cloître était placé au Nord de l'église. Dans ses constructions Anségise n'avait pas oublié la Bibliothèque, qui était près du Réfectoire. Les rayons ou planches supportant les livres étaient fixés avec des clous de fer, le Chartrier se trouvait près du Dortoir. On voyait à Fontenelle, près de l'Abside de l'église une salle pour les délibérations que l'on désigne plus tard sous le nom de salle Capitulaire. Une Charte de Charles le Chauve datée du 21 Mars (854) indique que les religieux de Fontenelle possèdent des biens au "Pecq Yvelines, à Chaussy en Vexin Val-d'Oise, à Pierrepont dans la commune de Grandcourt Seine Maritime, Bution et Marcoussis dans l'Essonne".

-Destructions et Restaurations de l'Abbaye

En (842) 1ère invasion de pirates Nordiques, conduits par Oskar Ásgeir, brûle Jumièges et ses environs, mais ne touche pas à l'abbaye pour laquelle St Foulques, l'Abbé en fonction, parvient à payer une rançon. Louis du Maine, un de ses successeurs, se voit obligé de réitérer 2 fois la même opération de paiement de rançon. Au Printemps (862) les Vikings reviennent pour la 4ème fois, les moines s'enfuient avec toutes les Reliques, et l'abbaye est pillée et détruite par les Nortmanni. Les moines se réfugient à Boulogne, puis à Chartres (885). Ils retournent ensuite à Boulogne et déposent les corps de St Wandrille et de St Ansbert au Mont Blandin à Gand, où ils s'établissent un temps en (944). Ils évacuent aussi leur Librairie, qui contient des éléments de la production Hagiographique Prénormande dont certains nous sont parvenus, d'autant plus importants pour leur rareté. Le moine Harduin de Fontenelle a laissé de nombreux écrits.

Vers (960), Richard Ier, duc de Normandie, soutient le rétablissement des moines menés par Gérard de Brogne. Robert le Magnifique émet des Chartes de restitution de biens usurpés. De (960) à (966), Maynard Ier dirige l'abbaye avant de partir pour fonder la très célèbre abbaye du Mont Saint Michel, et d'en devenir le 1er Abbé. En (1008) St Gérard obtient de Richard II de Normandie l'Abbatiat de Fontenelle. La foudre détruit en partie la basilique de St Pierre, qu'il réédifie de manière plus élégante. C'est au cours :de ces travaux qu'en (1027), 9 tombeaux sont découverts, 2 sont vides, ceux de St Wandrille et de St Ansbert, et les restes de St Vulfran. Son successeur St Gradulphe envoie des moines de l'abbaye afin de peupler l'abbaye de Préaux, vers (1040). De même l'abbaye contribue à la fondation de l'abbaye de Grestain vers (1050). En (1145) le Pape Innocent II et en (1164) le Pape Eugène III confirment les biens et privilèges de l'abbaye. Sous l'abbatiat de Pierre Mauviel (1244)-(1255), un incendie détruit une partie de l'abbaye. Le Pape Innocent IV et l'Archevêque de Rouen Eudes Rigaud publient alors des indulgences afin de permettre la reconstruction de l'abbaye.

L'Abbé Pierre Mauviel commence la reconstruction dont le Choeur Gothique et le Transept, achevé sous Geoffroy de Noytot. Guillaume Le Douillé construit la Nef et le Clocher, 3 Travées sont construites, ainsi que le Cloître. A sa mort en (†1342), les travaux ralentissent. Ce n'est qu'avec l'abbatiat de Jean de Rochois (1362)-(1389) que l'église St Paul est finie. Le Pape Boniface IX accorde alors le privilège de la "Mitre et des Insignes Pontificaux à l'Abbaye de Saint Wandrille". L'abbaye est à nouveau abandonnée durant la guerre de (100) ans. Les moines s'établissent à "l'Hostel Saint-Wandrille à Rouen". En (1483), André d'Espinay, Archevêque de Lyon et de Bordeaux, se fait adjuger l'abbaye. Les Abbés sont alors élus. En (1523), Claude de Poitiers prend possession de l'abbaye, le Père Abbé est alors nommé et non élu. Pendant les guerres de Religion, l'abbaye est pillée en Mai (1562) par les Protestants et leurs partisans. Des ornements de la Sacristie sont brûlés sur le tombeau de cuivre de l'Abbé Jean de Rochois. En (1566, les reliques de St Wandrille et St Vulfran sont en partie détruites ainsi que des parties de l'abbaye. :

A la suite de la destruction des Huguenots, les ruines sont importantes. L'abbaye est considérée alors comme une propriété de la famille de Neuville. En (1631), le Clocher bâti en (1331) s'effondre, faute de réparation et entraîne avec lui une partie des Voûtes de l'abbaye. C'est donc l'Abbé Ferdinand de Neufville de Villeroy, Evêque de St Malo puis de Chartres, qui entreprend la restauration de l'abbaye affirmant "qu'il n'y avoit rien à profiter pour lui des mines de pierres cassées, des voutes tombées par la chute du clocher, voûtes qu'il falloit absolument réparer". C'est lui qui favorise l'introduction de la "Réforme de Saint Maur".

- Réforme de Saint-Maur

En (1636), Dom Guillaume Gérard aidé de 18 moines de Jumièges introduisent la réforme de Saint Maur, réforme de l'ordre Bénédictin en France. Dom Phillibert Cotelle, nommé en (1635) fait rénover le Choeur, en (1647) le Cloître est à son tour restauré, ainsi que les Piliers et Arcs Boutants de la Nef, le plan de la Coupole, qui devait remplacer la Tour à la croisée du Transept. Entre (1678) et (1684), Dom Hunault et Marc Rivard construisent la Salle Capitulaire et le Dortoir, qui existe encore maintenant. En (1757) 2 Pavillons sont construits : le "Pavillon de la Nature" et le "Pavillon de la Grâce", ainsi que la grande porte nommée "Porte de Jarente" (1760).

- Révolution Française

En (1789), Wandrille devient bien National à la suite du Décret du 2 Novembre (1789) de l'Assemblée Constituante qui met les biens de l’Eglise à la disposition de la Nation. Le Décret du 13 Février interdit les Voeux Monastiques et supprime les "Ordres Religieux Réguliers", hors ceux chargés de "l’Education Publique" et les "Maisons de Charité". A la fin de (1790), les moines de St Wandrille doivent quitter l'abbaye. Un des moines, Dom Louis François Lebrun meurt martyr sur un ponton à Rochefort pour avoir refusé un poste dans l'Eglise constitutionnelle. Il a été béatifié le 1er Octobre (1995), par le Pape Jean Paul II, sur la place St Pierre à Rome. L'une des plaques commémorant la famille de Stacpoole, dans l'église Paroissiale St Michel. Le 17 Janvier (1792), l'abbaye, bien national, est vendue 1000.000 francs payés en Assignats, au citoyen Cyprien Lenoir. L'église Abbatiale est considérée comme carrière de pierres, et démontée. En (1826), sous la Restauration, toujours propriété de Cyprien Lenoir, l'abbaye reçoit la visite de l'Archéologue Eustache Hyacinthe Langlois. L'intérêt pour le style Gothique renaît entraînant la visite à l'abbaye St Wandrille de la Duchesse de Berry, mère de l'héritier du trône, puis de Victor Hugo. En (1863), l'abbaye est rachetée par le Marquis de Stackpoole, un aristocrate Irlandais qui avait un temps envisagé d'en faire se résidence d'été et qui tenta de la restaurer.

- du XIXe siècle au XXIe siècle

Le Cardinal Léon Thomas, Archevêque de Rouen, ayant le projet de faire revivre "Fontenelle la Sainte", l'Abbaye est rachetée par une société Civile, et est louée aux moines de Ligugé, issus de l'Abbaye de Solesmes. Le 13 Février (1894), les Bénédictins rentrent à St Wandrille. La communauté est relevée au rang d'abbaye et son supérieur, Dom Joseph Pothier, restaurateur du Chant Grégorien, en devient le nouvel Abbé en (1898). La 3ème République, par la loi du 1er Juillet (1901) sur les Associations soumet les Congrégations à un régime d'exception qui leur impose d’obtenir une autorisation par une loi. Considérant leurs demandes vouées à l'échec, de nombreuses Congrégations partent en exil. Les moines de St Wandrille quittent leur abbaye le 29 Septembre (1901) et trouvent refuge au prieuré de Conques, près d'Herbeumont, en Belgique. Durant cette période l'abbaye redevient une propriété privée, celle de l'écrivain belge, prix Nobel de Littérature, Maurice Maeterlinck. Le grand Réfectoire sert de lieu de scène. Georgette Leblanc, compagne de l'écrivain et soeur cadette de Maurice Leblanc y joua. C'est d'ailleurs grâce à elle, dont la famille est originaire de Normandie, que Maeterlinck jeta son dévolu sur l'abbaye.

- 1931–XXIème siècle

Les Moines reviennent d'exil le 26 Janvier (1931). Depuis lors l'abbaye a repris son rythme Monastique, et l'Office Divin y a été célébré sans discontinuer par les moines. A partir de (1931), l'abbaye développa sous l'impulsion du Père abbé Dom Jean-Louis Pierdait un atelier Liturgique très actif, animé par Dom Paul Sironval et Dom Gaston Coubert. Le 17 Juin (1940), le Monastère est pillé par l'armée Allemande, qui, cependant, ne touche ni à l'Ooratoire, ni à la Sacristie, ni à la Bibliothèque. Dans la nuit du 9 au 10 Août (1944), l'aile Ouest du monastère datant du (XVIIème siècle) est endommagée par les Alliés, détruisant le 2ème étage de l'aile et l'escalier St Jacques, et provoquant des dégâts aux Ttoits des autres Bâtiments. A partir de (1955), l'abbaye accueillit les 1ers "Chapitres Ggénéraux de l'Ordre des Chevaliers de Notre Dame". En (1969), une Ggrange Dîmière des (XIIIème) et (XVème siècles), provenant du hameau de Canteloup à La Neuville du Bosc dans l'Eure, transférée dans l'enceinte du Monastère et reconstruite sur les plans de Marion Tournon Branly, devient la nouvelle église Abbatiale.

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