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(Bénodet, canton de Fouesnant, arrondissement de Quimper, département du Finistère, Bretagne.).

- Historique

Bénodet vient du breton ben Odet, l’embouchure de l’Odet. On rencontre l'appellation Benodet en (1233) et vers (1330). Bénodet faisait autrefois partie de la paroisse de Perguet, noté Berquet en (1426) et Perguet en (1442) et (1535) et dépendait de l'ancien évêché de Cornouaille. L’ancienne paroisse de Perguet semble être un démembrement de celle de Fouesnant, une partie de Perguet se trouve aujourd’hui dans celle ci, l’autre partie dans celle de Bénodet.

- L’Eglise Saint Thomas

Elle témoigne de l'art Gothique Primitif, située sur le port. C’est au (XIIIème siècle) que Euden de Fouesnant fait édifié la chapelle St Thomas Becket, archevêque de Canterbury, assassiné en (†1170) et canonisé en (1173). Léguée par le Comte Eude ou Eudon de Fouesnant et ses frères en (1231) à l’évêque de Quimper, Raynaud, donne Bénodet et toute la paroisse de Perguet à l’abbaye de Daoulas. Le territoire paroissial devient alors un prieuré desservi par les moines de Daoulas jusqu’en (1690), date où l'abbaye de Daoulas est annexée au séminaire des aumôniers de la Marine de Brest. Le prieuré devient ensuite indépendant et il est occupé par un prêtre séculier. Le revenu est alors estimé à 600 livres. La qualité de Prieur de Bénodet demeure rattaché à celle de recteur de Perguet jusqu'en (1802), date à laquelle la chapelle de Bénodet devient église paroissiale, c'est certainement à cette date qu'elle est dédiée à N.D. de Bénodet. En Juillet (1792), les édifices religieux de Perguet et de Bénodet sont fermés. En Mars (1878), la commune du Perguet est rebaptisée Bénodet.

Depuis sa fondation, l'église a été Romaine à diverses époques, elle ne comptait à l'origine qu'une nef et un petit clocher. Au (XVème siècle), elle est légèrement rallongée, la partie qui sert de sacristie daterait de cette époque. L'église est remaniée au (XVIème siècle) et en (1873). L'édifice comprend une nef de 3 travées sans bas côtés avec chapelle au Nord, du (XVème siècle). L'église de Bénodet a conservé de l'ancien édifice les 2 travées de l'abside qui remontent au (XIIIème siècle), époque d'Eudon de Fouesnant. Le 28 Mars (1836), une tempête renverse le clocher dont la chute provoque l'effondrement de la toiture. Une ordonnance royale du 21 Novembre (1836), permet, grâce à un financement spécial de la commune, de restaurer l'église.

Le Roi Louis Philippe y aide par un don de 200 francs et la Reine un don de 100 francs. La sacristie est reconstruite en (1840). L'église menace ruine en (1870). Une vente des arbres entourant l'église a lieu en (1873). La nef et ses bas côtés ont été reconstruites en (1873), suivant projet de l'architecte Bigot du 12 Octobre (1871), avec remploi de quelques éléments anciens, notamment de la porte Ouest, le choeur qui date du (XIIIème siècle) et ses personnages sculptés qui constituent un témoignage de l'art Gothique primitif, ont été conservé, l'ancienne nef fut démolie. Un nouveau clocher est ensuite édifié à l'Ouest de la construction. A noter que les travaux s'éternisent jusqu'en (1887). L'édifice actuel n'a donc d'ancien que les 2 travées de l'abside, ces parties datent de (1231). On y trouve des statues anciennes, la Ste Vierge et la Trinité, et une statue moderne de St Thomas Becket. Le Père Eternel tient sur ses genoux le cadavre de son Fils (XVIème siècle). La Vierge de , du moins ce qu'il en reste, est placée dans une arcade basse. Des bateaux ex voto ornent les bas côtés. Le pignon porte à l'extérieur l'écusson des seigneurs de Fouesnant ou celui de Bodinio. Cette église devient plus tard Prieuré de l'abbaye de Daoulas. Il est également intéressant d'observer les chalutiers en ex voto sur les bas côtés.

- La Chapelle de Perguet
Ste Brigitte

L'église ou chapelle Ste Brigitte (XIème siècle) et (XIIème siècle), remaniée au (XVIème siècle). Il s'agit de l'ancienne chapelle de Perguet, encore surnommé "Berc'het ou Brec'hef", c'est à dire Brigitte vivant au (Vème siècle) et Abbesse de Kildare, en Irlande. En forme de Tau, l'édifice comprend une travée sans bas côté accostée au Sud d'un ossuaire d'attache et au Nord de la chapelle des fonts, puis 3 travées avec bas côtés. Les 3 travées de la nef remontent au (XIème siècle), elle bénéficie de l'éclairage de petites fenêtres Romanes très ébrasées intérieurement et se compose de 3 grandes arcades s'appuyant directement sur le sol. Les piliers des (XIème siècle) et (XIIème siècles) ont des socles et des chapiteaux sculptés de personnages ou d'arabesques. Au Nord, les grandes arcades sont à doubles rouleaux, ainsi que l'arc diaphragme, et datent du (XIIème siècle). L'ossuaire, le porche Sud, le transept et le choeur portent la marque du Gothique tardif.

Le côté Sud présente une disposition peu commune, peut être due à un renforcement de la fin du (XIème siècle) ou du début du (XIIème siècle). Une cheminée est construite à proximité des fonts baptismaux. La mise en relation des 2 éléments, fréquente dans le Finistère, conduit à penser qu'un feu était allumé l'hiver dans le but de préserver les nouveau nés du froid lors des baptêmes. La stèle taillée dans un tronc de chêne figure Ste Brigitte, Abbesse du (VIème siècle), patronne de l'Irlande et de cette chapelle. L'oeuvre célèbre la Sainte qui a donné son nom à Perguet, Brigitte se disant "Berc'het" en Breton. Le choeur Roman est une précieuse donnée sur l'architecture de 1ère moitié du (XIIIème siècle). En effet, les 2 travées de l'abside portent l'empreinte de la sculpture Gothique Primitive, notamment les fenêtres percées dans le chevet plat, qui sont l'exacte copie de celles de la cathédrale de Chartres, exécutées vers (1210). Il peut s'agir d'une influence due à l'évêque de Quimper, Raynaud, originaire d'Île de France.

L'abside est percée de 2 lancettes surmontées d'une rose à 6 lobes, au dessous de laquelle figurent 3 petites têtes sculptées dont l'une apparaît mitrée et l'autre porte une couronne Royale. Le clocheton posé sur l'arc triomphal est daté de (1592) et (1595). Le retable date de la fin du (XVIIème siècle) ou du début du (XVIIIème siècle). La maîtresse vitre représente Notre Seigneur en croix, entre la Ste Vierge et St Jean. On trouve, dans le tympan, les armes du Juch et celles de Botigneau, ou Bodigneau, sur la maîtresse vitre, et un ossuaire. De nombreuses statues ornent la chapelle, N.D. de Pitié, la Vierge Mère, St Thomas, St Jacques, St Sébastien, Ste Brigitte, "Berc'het", St Patrice, St Laurent, St Herbot. On y voit aussi un tableau de la Ste Famille, avec l'inscription "M. Cariou, recteur, Cassaigne, prêtre, (1831)".

La chapelle située en bord de route entre Bénodet et Fouesnant, a été l'église paroissiale de Bénodet jusqu'en (1878). Sa partie Romane fut édifiée au (XIème siècle). L'enclos qui entoure l'église fut un ancien cimetière. Son calvaire, restauré en (1989), représente St Laurent 2ème Saint patron des lieux et Ste Brigitte les 2 Saints à qui sont dédiés cette église. La chapelle conserve une belle statuaire et un autel. Un vaste ensemble de vitraux, restaurés, présente une Polychromie de grande qualité et laisse entrer la lumière colorée avec profusion au sein de la chapelle.

Ancienne église paroissiale, l'extérieur de la chapelle est de type classique, Ste Brigitte du Perguet se compose d'une partie Romane qui fut bâtie au (XIème siècle). Elle fut ensuite remplacée par un nouveau bâtiment au (XIIème siècle) auquel on ajouta (IV siècles) plus tard un ossuaire de style Gothique. La flèche ajourée semble dater (XVème siècle) et le calvaire, restauré en (1989), du (XVIème siècle). Dédiée à Ste Brigitte et à St Laurent, elle fut jusqu'en (1878) l'église Paroissiale de Bénodet. On y accède par la départementale 44 qui relie Bénodet à Fouesnant.

- la Piéta

De la Piéta en bois Polychrome représentée en arrière plan sur ce tableau, autrefois placée dans une arcade basse de l'église paroissiale, il ne subsiste que des débris. En (1917), lors de son séjour à Bénodet, Apollinaire la remarque et écrit à son ami Jacques Doucet, "J'aime à Bénodet dans l'église, Notre Dame de Pitié, moitié bleue et moitié cerise. Les personnages en prière, un homme et une femme de Bénodet, sont peints avec un réalisme qui leur confère une présence saisissante."

- les Calvaires

Les 2 calvaires situés sur le placitre de l’église Ste Brigitte (XVIème siècle) et (XVIIIème siècle). Le 1er est accompagné d'une stèle cylindrique dans laquelle il est possible de voir une borne milliaire. Le calvaire du (XVIème siècle) comporte un socle à pans à 3 degrés, supporte le fût rond sur lequel est sculptée une statue de St Laurent. Le croisillon est composé de 2 anges et d'un petit personnage central soutenant un phylactère. La croix fleuronnée porte un crucifix et une Vierge à l'Enfant. La restauration du calvaire a permis d'y replacer les statues de St Jean et de la Vierge, qui avaient disparu. Le calvaire du bourg de Bénodet, qui marque l'arrivée au bourg de Bénodet, est désormais situé en plein centre ville, du fait de l'extension de l'agglomération, et porte des marques d'assemblage sur son socle.

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