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(La commune de Bodilis fait partie du canton de Landivisiau. Bodilis dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère, Bretagne).

- Enclos paroissial de Bodilis

Bodilis vient du Breton "Bod = demeure" et "Iliz = église". Bodilis est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plougar. Bodilis fait partie du territoire évangélisé au (VIème siècle) par Aurélien Pau, disciple de St Iltud. Un lieu dit nommé Prioldy, du breton "Priol = prieur" et "Ti = maison", c'est à dire Prieuré, se situe à la sortie du bourg.

Olivier de Kerouzéré, Seigneur de "Coëtsabrieuc = Coatsabiec" obtient en (1429) des lettres du Duc Jean V pour l'érection d'une foire annuelle, lors du pardon de St Mathieu. Cette foire est ensuite transférée à Landivisiau. En (1792), la trêve de Bodilis est séparée de Plougar et devient commune. Elle perd en (1956) une partie de son territoire au profit de Landivisiau. On trouve les appellations suivantes : "Treff de Bodilis" en (1486), N.D. de Botylis au (XVIIème siècle), N.D. de Botilys en (1647).

- L'Eglise N.D. de Bodilis

L'édifice (XVIème siècle)-(XVIIème siècle) est précédé d'un clocher flamboyant percé à la base de 3 ouvertures. Sur le côté droit un beau porche, daté de (1585)-(1601). A l'ancienne église, jugée sans doute trop modeste et dont il ne reste rien, succède en (1567), l'édifice actuel. Il ne faut que 3 ans pour ériger le clocher de 41 mètres, dernière flèche de style Gothique Normand du Léon, inspirée probablement de N.D. du Mur à Morlaix, de N.D. du Kreisker à St Pol de Léon ou N.D. de Lambader à Plouvorn. La façade de l'église de Bodilis est de style Renaissance.

Le porche de Bodilis, daté de fin du (XVIème siècle) et au début du (XVIème siècle), est parmi les plus complets et les plus originaux du Léon. Sur la façade renaissance, la kersantite gris antracite des colonnes et des statues alterne harmonieusement avec le granite roche magmatique, plus claire. De part et d'autre de l'entrée, la Vierge Marie et l'Archange Gabriel se répondent, au dessus, dans le fronton, sur un croissant de lune, une Vierge à l'Enfant couronnée accueille le visiteur. Sous le porche, épargné par le temps et la Révolution, alignés les 12 Apôtres, avec leurs attributs, ainsi que quelques motifs profanes. Le soubassement portant la galerie des Apôtres est une des oeuvres les plus vigoureuses et les plus pittoresques de la "Renaissance Bretonne". Des panneaux rectangulaires décorés de volutes et de visages grimaçants sont séparés par des colonnes aux sujets les plus incongrus, un homme et une femme serpents enlacés, un visage Précolombien sur des pattes de rapaces, une femme aigle au collier de fleurs.

A remarquer, les colonnes cannelées et baguées de son arcade en plein cintre, de chaque côté les statues de la Vierge et de l'Ange Gabriel formant une Annonciation, et, sous la galerie des apôtres, les décors à entrelacs inspirés des dessins d'Androuet du Cerceau séparés par de bien étranges Caryatides. Sous le porche, le portail gothique (1570) comporte la statue de Notre Seigneur bénissant, attribuée à Roland Doré, flanquée d'anges, dans les voussures, en partant du haut à gauche, puis en, remontant par la droite, St Miliau, St Hervé et son compagnon, St Côme et St Yves et son habit aux mouchetures d'hermines, St François d'Assise montrant ses stigmates, St Sébastien.

C'est sous le porche que siégeaient, à la fin de la grand messe, autrefois les 12 membres du conseil de fabrique, qui était chargé de l'embellissement, de l'entretien de l'église, et de vendre aux enchères les biens de la paroisse, "dons en nature". Cela explique certainement que l'entrée principale des églises Bretonnes se trouve au Sud, ce qui a une influence sur leur esthétique générale. Il reste encore quelques traces de polychromie, en effet, les églises et les calvaires étaient souvent peints de couleurs vives. La façade de l'église de Bodilis est de style Renaissance.

- l'Intérieur

Les berceaux lambrissés (XVIème siècle) et (XVIIème siècles). La restauration (2000)-(2002) de la charpente permet aujourd'hui de découvrir la richesse extraordinaire des multiples sculptures, des sablières. Les plus remarquables par le nombre et la variété des sujets représentés, des entraits à engoulants, des blochets, des culots de poinçon, diverses pièces de bois constituant une charpente. "Scènes Mythologiques et Bibliques", "sujets profanes et sacrés" s'y entremêlent étrangement. Un exemple parmi tant, une "licorne et un lion tirant un attelage", nef centrale, face à la chaire.

- Les 5 retables en partant
de la gauche.

Le Retable de la Ste Famille (1674), sculptée par le landernéen Maurice le Roux. Scène centrale, Marie et Joseph tenant Jésus par la main sous le regard de la colombe, le St Esprit, Dans les niches latérales, St Joachim et Ste Anne. Au dessus, une statues de St Mathurin, évêque, et de St Jacques le Majeur.

Le Retable de N.D. de Bodilis, patronne de l'église. C'est le seul autel surmonté d'une voûte en pierre. Autour de la statue Mariale, on remarque 4 panneaux. représentant 4 épisodes de l'enfance de Jésus, la "Nativité, l'offrande des mages, la fuite en Egypte, le massacre des innocents". Au-dessus, une Annonciation et les statues de Ste Barbe et Ste Elisabeth.

Le Maître Autel (1699) réalisation adjugée à Guillaume Lerrel de Landivisiau en (1695). Décoration somptueuse. Les panneaux représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament sont parfois inspirés d'oeuvres Hollandaises, ils préfigurent l'Eucharistie.
* Le Tabernacle inférieur, la rencontre d'Emmaüs.
* Le Tabernacle supérieur, sacrifice d'Isaac.
* A gauche, Melchisédech offrant le pain et le vin à Abraham, la Cène.
* A droite, la Manne au désert, la 1ère Pâque en Egypte.
* Au-dessus, de gauche à droite, les statues de l'Ange Raphaël accompagnant Tobie, de St Pierre, de St Paul et de St Pol Aurélien avec le dragon entourent le choeur.

Le Retable de St Jean Baptiste, le Précurseur y est représenté avec le livre sur lequel se tient l'agneau Pascal. Autour, 4 panneaux représentent 3 évangélistes et St Pierre et St Paul. Au-dessus statues de St Eloi et Ste Claire.

Le Retable du Rosaire, du même auteur que celui de la Ste Famille, il est aussi caractéristique des nouvelles dévotions mises en honneur par la réforme catholique qui suit le concile de Trente. Scène centrale, la donation du Rosaire, sous forme d'un chapelet aujourd'hui disparu, par la Vierge à St Dominique et à Ste Catherine de Sienne, toujours coiffée de la couronne d'épines qui rappelle qu'elle médita longuement les scènes de la passion du Christ. Autour des 3 personnages, 15 médaillons retracent les mystères de la vie de la Vierge, 5 joyeux, 5 douloureux et 5 glorieux, de l'"Annonciation au Couronnement".
* Au-dessus St Joseph et l'enfant Jésus.
* Au-dessous statuettes de St Jean et d'un autre Saint non identifié.

Le Baptistère (XVIème siècle), en pierre, le baldaquin est de forme hexagonale, le dôme est inspiré de celui du clocher de Berven. Il est orné de statues polychromes en kersantite attribuées à Roland Doré, de gauche à droite St Matthieu, St Marc, Le Père Eternel tenant son Fils mort dans les bras, St Grégoire Le Grand pape, St Jean, St Pierre, St Ambroise de Milan, évêque.

La (1744), réalisée en bois des Iles par François de Lesquelen, elle est ornée de bas reliefs étonnamment naïfs, les 4 Evangélistes et la Vierge, au dessus de l'abat voix, l'ange du "Jugement Dernier", en dessous, le St Esprit souffle sur le prédicateur, inspiré par le crucifix qui lui fait face.

La "Descente de croix" (XVIème siècle).. au dessus du portail, elle regroupe 9 personnages richement vêtus à la mode Renaissance.

La Statuaire de Bodilis est riche et les récentes restaurations permettent d'admirer ces oeuvres du (XVIème siècle) et (XVIIème siècles) dans leurs couleurs d'origine, on admirera par exemple "l'Ecce homo", ou Christ aux outrages, à la blondeur inattendue et aux multiples blessures.
* dans la Nef Ste Catherine et sa roue brisée, Ste Marguerite sortant du dragon, St Jean et son calice, St François aux stigmates.
* dans le bas côté Sud, St Dominique près d'une étrange Vierge à l'Enfant.
* dans le Choeur, un ange lutrin inspiré du Bernin.

- La Sacristie

La sacristie a été construite à la fin du (XVIème siècle). Elle possède des contreforts avec des niches à coquille, surmontés de lanternons et de pots à feu. La sacristie abritait le trésor de la paroisse, orfèvrerie et archives, et servait de logement pour le sacristain, elle avait donc souvent 2 étages. Son toit est en forme de carène de bateau renversée. En (1702), un édit interdit la construction de nouveaux éléments dans les enclos. C'est également le début du déclin de la prospérité économique.

- L'Ossuaire

L'Ossuaire de Bodilis a été démoli en (1825) vraisemblablement pour reconstruire le presbytère, qui est aujourd'hui devenu le bâtiment de la mairie. L'ossuaire était soit accolé à l'église, d'attache, soit indépendant. Il remplissait diverses fonctions.
* Chapelle Funéraire, on y transférait les ossements lorsque le sol de l'église ne pouvait plus accueillir de nouvelle dépouille.
* Sacristie où avaient lieu les leçons de catéchisme. On y trouvait de nombreuses inscriptions liées à la mort, héritage d'une civilisation Celtique. Plus tard le cimetière sera installé autour de l'église, puis parfois, à l'extérieur du village.

- La Charpente

La restauration de la charpente (2000)-(2002) permet aujourd'hui de découvrir la richesse extraordinaire des multiples sculptures des sablières, les plus remarquables par le nombre et la variété des sujets représentés, des entraits à engoulants, des blochets, des culots de poinçon, diverses pièces de bois constituant une charpente. "Scènes Mythologiques et Bibliques", sujets profanes et sacrés s'y entremêlent étrangement. Licornes et lions tirent des attelages, des gueules béantes s'apprêtent à dévorer des hommes et des femmes aux pieds de bouc, des anges portent les instruments de la passion ou les plaies du Christ, la Vierge Marie, enceinte de Jésus, rend visite à Elisabeth, bientôt mère de Jean Baptiste.

- Le Chevet

Le Chevet désigne la partie extérieure du choeur. Celui de Bodilis est typique des ateliers Beaumanoir, qui ont créé le chevet polygonal et le clocher mur. Il s'agit ici d'un chevet à 3 pans avec des pignons pointus. Il est souligné par une frise de mascarons, que l'on retrouve à St Matthieu de Morlaix et à Pleyben, Construit au milieu du (XVIème siècle), il montre une influence Gothique très nette, décoration des rampants.

- Le Calvaire

Traditionnellement, les crucifixions sont orientées à l'Ouest, vers le couchant. Le calvaire de Bodilis est orienté à l'Est. Il se compose de 2 parties, une colonne en granit et une croix en kersanton, roche au grain très fin qui permet un travail du détail. Cette roche tendre extraite à fleur d'eau en rade de Brest durcit à l'air et résiste mieux aux assauts du temps que le granit. Elle sera utilisée à partir du (XVème siècle) et permettra le développement de la sculpture Bretonne. Elle se reconnaît facilement à son aspect plus sombre que le granit. Les 2 cariatides du portail d'honneur de Kerjean sont en kersanton.

- La tour Gothique

La Tour est d'inspiration de la Cathédrale de Quimper. Elle est carrée, avec des baies très allongées, des arcs pointus, en mitre, aux angles, elle possède une petite galerie de circulation. Sa flèche Gothique est agrémentée de 4 clochetons, inspirés de N.D. du Mur de Morlaix, dont le clocher était le plus haut du Léon, actuellement, c'est le Kreisker de St Pol de Léon le plus élevé. On trouve ensuite une balustrade Gothique. Le passage sous la tour permet la circulation des processions lors des pardons.

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