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(Brennilis, Canton de Pleyben, arrondissement de Châteaulin, département Finistère, région Bretagne.).

- Description


* Gros oeuvre : Granite, Pierre de taille, Moellon.
* Couverture : Ardoise.
* Couvrement : Lambris.
* Couverture : Toit à longs pans, noue, pignon découvert,
  flèche en maçonnerie.
* Conservation : Etat moyen, inégal suivant les parties.
* Armoiries : Famille de Quélen.
* Datation principale : (XVème siècle) (XVIème siècle)
* Datation secondaire : (XVIIème siècle)
* Datation en année : (1498), (1693), (1694)
* Commanditaires : Vieux Chastel, Lannion, Quélen,
   Toux Yves, Guyomarch.
* Propriétaire : le Commune.
* Protection : (1914) Eglise et
  Croix du cimetière, Monuments Historiques.
* Inscription : Parc Naturel Régional (arrêté du 10/01/1966)

- Historique

Brennilis vient du breton "bren = colline" et "iliz = église". C'est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouménez. Brennilis, ancien village de Loqueffret est érigé en succursale le 9 Juin (1849) aux dépens de Loqueffret. Brennilis est érigé en commune en (1884). La paroisse de Brennilis, ancienne trève de Loqueffret, dépendait autrefois de l'évêché de Cornouaille. On rencontre l’appellation "Bourg de Brennilis" en (1653).

Qelques Recteurs de Brennilis : (1849-(1854), François Marec, de St Pol de Léon. (1854)-(1856), Hervé Combot, de St Pol de Léon. (1856)-(1860) Laurent Baron de Comanna. (1860)-(1891), Jean Castrec, de Ploaré. (1891)-(1901), André Méven, de Guilligomarc'h. (1901), Jean Cloarec, de Plouguerneau.

- l'Eglise de Brennilis

L'église Notre Dame (1485) (XVème siècle), de type Cornouaillais, et la présence de fleurs de lys, rare dans les églises du secteur. Comprend une Nef avec bas côtés de 4 Travées, 1 Transept et 1 Choeur à Chevet plat légèrement débordant. Elle date en majeure partie de la fin du (XVème siècle), mais a été remaniée à plusieurs reprises. Le pignon Ouest, dont les portes jumelées datent du (XVIème siècle), a été profondément modifié en (1694) puis restauré en (1862) et en (1955). Au dessus du portail, on remarque les armes de Quélen ramage de Poher surmontées des dates de (1693) et de (1694). Le clocher, sans galerie, se compose d'une flèche Octogonale dressée sur 8 piles élancées, formant la chambre des cloches. Les 12 Sibylles datent du (XVIème siècle). Le Maître Autel et le Retable datent du (XVIème siècle) et (XVIIème siècle). Le Retable du maître autel comprend 7 panneaux en bas-relief, "l'Annonciation, la Visitation, la Nativité de Notre Seigneur, l'Ange annonçant aux bergers la Grande Nouvelle, l'Adoration des Mages, la Circoncision". Le Sacraire date du (XVIème siècle). Le vitrail de la maîtresse vitre date du (XVIème siècle) et illustre la vie de la Ste Vierge 8 scènes, "présentation au Temple, Annonciation, Mariage de la sainte Vierge, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, Circoncision, Fuite en Egypte".

L'église de Brennilis possède une belle croix de procession, en argent, datée de (1650). Elle est ornée à son sommet et aux extrémités des croisillons, de grosses boules à Godrons, avec dépression dans le milieu, en forme d'équateur. Le grand noeud du pied se compose d'un double étage de niches séparées par des contreforts et contenant des statuettes d'Apôtres et d'autres Saints, le tout couronné par un dôme à imbrications. De chaque côté de Notre Seigneur Crucifié sont la Ste Vierge et St Jean, portés sur des consoles en volutes. A chacun des bras en croisillons est suspendue une clochette. On y trouve aussi plusieurs statues anciennes dont la statue de N.D. de Brac Ellis, située dans une niche à volets sur lesquels sont représentées l'Annonciation, Ste Geneviève et Ste Appoline (XVIème siècle), St Yves, "Ecce Homo", St Fidel en moine, Ste Marguerite, St Jean Baptiste, St Sébastien, St François d'Assise. Sur la sacristie, on trouve les armes d'Alain du Chastel de Kerlech, Seigneur du Rusquec et de Renée de Lannion. Les fenêtres de l'église sont garnies de nombreux écussons de donateurs dont ceux des familles Berrien, Quélen, Vieux Chastel, Coatanezre, Lezongar, du Juch.

Elle est classée en tant que "Monument Historique", ce qui lui confère une protection particulière. On trouve à l'intérieur, de nombreuses statues de Saints comme celle de St David ou St Yves, Saint patron des Bretons. Cette église possède aussi de remarquables vitraux dont un relativement rare représentant la Vierge Marie dans le ventre de Ste Anne. Il existaient également 2 chapelles à Brennilis, mais il ne reste que les vestiges d'une seule située à Kermorvan. Selon les dires, elle aurait été édifiée au début du (XXème siècle) par un habitant du village dans le but de construire un abri à une statue de la Vierge Marie qu'il aurait trouvé dans un champ. Le curé de Brennilis venait y dire la messe une fois par semaine et la tradition voulait que cette chapelle soit décorée de fleurs au mois de Mai. Elle fut malheureusement abandonnée au cours des années (1960).

- Histoire

Ancienne trève de Loqueffret, sous le vocable de N.D. de Brennilis, érigée en succursale le 9 Juin (1849) et en commune le 5 Avril (1884). Voici la note donnée en (1856) par le recteur, M. Combot, sur son église paroissiale et la chapelle St Avit. "L'église paroissiale est consacrée à la Ste Vierge, sous le vocable de N.D. de Breach Elé, ou confluent de l'Elé, parce que l'église se trouve près l'endroit où la rivière Elé, qui prend sa source dans le marais de ce nom, reçoit les eaux d'une autre rivière qui vient des montagnes d'Arré". La tradition populaire attribue la fondation de l'église aux Seigneurs du château en ruine de Kerannou, à 4 kilomètres de Brennilis. Elle leur attribue également les belles verrières du haut de la nef et des bas côtés les armes de cette famille s'y trouvent reproduites en 4 ou 5 endroits. Le 1er lundi de Mai, tous les habitants de la paroisse, grands et petits, viennent faire une visite à N.D. de Brennilis, depuis 4 heures du matin jusqu'à 8 ou 9 heures du soir, plusieurs font en marchant ou à genoux le tour à l'intérieur ou à l'extérieur de l'église. Cet usage date, dit on, de temps immémorial.

La façade Ouest, est une belle porte double avec trumeau central, ayant tous les caractères de la fin du (XVème siècle). Le clocher a également le style de cette époque. Dans le pourtour extérieur, on trouve plusieurs jolis détails de la fin de la période Gothique. Ce qui sert à dater cette église, c'est l'inscription qui est gravée à l'intérieur, près du maître autel, au coin de l'Epître, "Yves . Toux . procureur . tan mil CCCC IIII XX cinq (1485) commencement . de . cette . chapelle". Le Retable du maître autel est composé de panneaux anciens, ayant conservé leur peinture primitive.

Annonciation : La Ste Vierge, agenouillée sur un Prie Dieu, est toute troublée de la salutation de l'ange et se détourne pour lever vers celui ci des yeux presque effrayés. L'Ange Gabriel apparaît dans une nuée traitée à la façon du Moyen Age, d'une main il tient un sceptre et de l'autre une banderole très déliée qui fait plusieurs enroulements et sur laquelle on lit "Ave Maria Dominus tecum". Dans un angle du haut, on voit le St Esprit.

Visitation : La Ste Vierge, la tête découverte et sans voile, entre chez sa cousine Elisabeth qui s'agenouille devant elle. Derrière celle ci s'avance Zacharie, dont la tête est coiffée d'un capuchon pointu.

Nativité : L'Enfant Jésus est étendu dans la mangeoire, sur un peu de paille. La Ste Vierge et St Joseph sont agenouillés devant lui, entre eux se trouve un petit ange en adoration. A l'arrière plan, on voit le Boeuf et l'Ane. Comme théâtre de cette scène, ce n'est pas la grotte qui est figurée, mais les ruines de l'ancien Palais de David. L'Ange apparaît aux bergers, l'ange est debout au milieu d'un nuage, il tient une banderole portant ces mots, "Gloria in excelsis Deo". Autour de lui, pour indiquer la troupe Angélique, on a placé des têtes de Chérubins. 2 bergers dorment sur la montagne, un 3ème se réveille.

Adoration des Mages, la Ste Vierge, assise, tient l'Enfant sur ses genoux, pour le présenter aux adorations des princes de l'Orient. St Joseph, tête découverte, est debout derrière elle. Le 1er Mage, ayant déposé sa couronne, est agenouillé devant l'Enfant Jésus. Il est accompagné d'un page ou jeune serviteur. Les 2 autres Rois, couronne en tête, sont debout et tiennent en main les présents qu'ils vont offrir à leur tour.

Circoncision : Un Vieillard, peut être de la tribu Sacerdotale, tient l'Enfant Jésus au dessus d'une table. La Ste Vierge est agenouillée, St Joseph est debout, 2 personnages, semblant être des Lévites, se tiennent là comme Assesseurs.

Assomption : C'est le panneau qui sert de porte au tabernacle. La Ste Vierge, debout sur un nuage, est entourée de 4 anges vêtus de longues robes, qui la touchent à peine, pour la faire monter au ciel. Les 2 anges du haut déposent une couronne sur sa tête. Outre ces anges, on voit encore 6 ou 7 têtes de Chérubins.

Ces bas reliefs sont séparés par 6 statuettes couronnées de dais à découpures flamboyantes. On peut reconnaître St Roch, St Jean l'Evangéliste, St Jacques le Majeur et St Paul, apôtre, les 2 derniers Saints sont plus difficiles à déterminer. A l'autel du bas côté Sud sont des bas-reliefs représentant les 12 Sibylles. Ces statuettes, avec leurs niches d'encadrement, semblent appartenir à la période de transition entre le Gothique et la Renaissance. Comme les différents auteurs ne s'accordent pas pour l'identification de ces 12 Prophétesses Païennes, je les cite seulement en indiquant les attributs qu'elles tiennent et qui sont à peu près les mêmes que ceux que l'on trouve à "St Herbot, Lampaul- Guimiliau, Pleyben et La Martyre" :

  1. Clous de la Passion.
  2. Croix de résurrection, avec banderole.
  3. Berceau.
  4. Glaive.
  5. Bouquet de lis.
  6. Couronne d'épines.
  7. Gantelet.
  8. Sceptre et liens ou fouet.
  9. Corne.
  10. Croix de Passion.
  11. Pomme.
  12. Lanterne et serpent.

Cette église renferme un bon nombre de statues anciennes, dont quelques unes fort remarquables, au coin de l'Epître est la statue très belle de la Sainte Patronne, portant cette inscription, "Notre Dame de Bréac Ellis". Elle pose les pieds sur le croissant de la lune, et au dessous se trouve le buste d'Eve, tenant la Pomme fatale, ou le Démon représenté avec un buste de femme. Cette statue est abritée dans une niche à volets dont les panneaux représentent en peinture :

1 L'Annonciation.
2 Sainte Geneviève, tenant en main un cierge qu'un démon veut éteindre au moyen d'un grand soufflet et qu'un ange rallume avec une bougie.
3 Sainte Apolline, tenant une de ses dents au bout de tenailles.

Les autres statues sont : St Sébastien d'une admirable beauté, comme anatomie et comme expression ; "Ecce Homo" ; St François d'Assise ; St Yves entre le Riche et le Pauvre, Ste Anne, St Divy, St Hervé, foulant un Loup qui a plutôt l'air d'un Lion, Ste Barbe, St Jean Baptiste, St franciscain, tenant un calice, comme à la Roche et à Bodilis, il porte ici le nom de St Fidel, mais ce doit être St Pascal Baylon.

Au bas des Collatéraux sont des clôtures en bois, composées de pilastres carrés et de balustres tournés, avec chapiteaux à feuillages. Au dessus règne une frise contenant des médaillons ronds sur lesquels se détachent de jolis bustes élégants, en style François Ier ou Henri II. Entre ces médaillons sont des statuettes parmi lesquelles on peut reconnaître Ste Catherine, Ste Marguerite et Ste Barbe persécutée par son Père. Aux 2 angles de l'abside, sous les statues de Notre Dame et de Ste Anne, sont des armoires formant piédestaux. Les vantaux sont composés de panneaux Renaissance dont quelques uns sont d'une ornementation feuillagée très intéressante, d'autres contiennent de petits Génies Païens jouant de divers instruments de musique, ou des têtes saillantes semblables à celles qu'on trouve aux bénitiers des porches de Guimiliau, Landivisiau et Landerneau.

- Vitraux

Les 3 fenêtres de l'abside sont garnies de vitraux peints. Le vitrail qui est au dessus de l'autel Nord n'est pas complet, il renferme les 3 panneaux suivants, premier panneau Ste Anne, portant dans son sein, ou plutôt sur son sein la petite Ste Vierge nue, debout, les mains jointes, entourée d'une gloire rayonnante, avec cette inscription, "SAINCTE CONCEPTION". Cette représentation est analogue à celle qui se trouve au N°32 de la grande rue à Morlaix
le 2ème et 3ème panneau représentent : St Christophe et un Saint Moine. Une singulière inscription donne le nom du donateur, "No. de Bezyen Prestre de Pleyben o faict vitrare istas Fenestras". La maîtresse vitre, dont les soufflets forment un dessin de 3 fleurs de lis, contient 8 scènes dont l'ordre a été bouleversé, et qu'il faut rétablir ainsi : "Présentation de la Sainte-Vierge au Temple ; son Mariage ; Annonciation ; Visitation ; Nativité de l'Enfant-Jésus ; Circoncision ; Adoration des Mages ; Fuite en Egypte".

Le 3ème vitrail, au dessus de l'autel Sud, a 3 sujets :

1- Notre Seigneur sortant du tombeau ;
2- St Michel;
3- St Roch.

Les armoiries que l'on trouve dans ces vitraux et dans d'autres parties de l'église;

* Maîtresse vitre :
1- D'argent à 3 jumelles de gueules, au franc canton d'or au lion de sable, qui est Berrien ;
2- Mi-parti d'un burelé d'argent et de gueules de 10 pièces, qui est Quélen-Vieux-Chastel et d'or à trois fasces de gueules, qui est du Chastel "Yvon de Quélen, Seigneur du Vieux-Chastel, épouse, vers (1450), Jeanne du Chastel" ;
3- Mi-parti de Berrien et de gueules à trois épées d'argent en bande, qui est Coatanezre, fondu dans Berrien, puis Quélen-Vieux-Chastel ;
4- D'azur à trois besans d'or, parti de gueules à la fasce d'or ;
5- Mi-parti de Berrien et d'azur à la croix d'or, qui est Lezongar "Yvon de Berrien épouse, en (1443), Jeanne de Lézongar" ; 6- Mi-parti de Quélen et de Berrien "Louise de Berrien, dame de Coatanezre et de Kerdudal, épouse, vers 1500, Olivier de Quélen, baron du Vieux-Chastel" ;
7- Mi-parti de Berrien et d'azur au lion d'argent, qui est du Juch "Henry de Berrien, homme d'armes dans une montre de (1481), épouse Louise du Juch, père et mère de la précédente" ;
8- Mi-parti de Berrien et de ?.

* Autres vitraux
1- Fenêtre à droite Maître autel: 1 Quélen ; 2 Berrien ; 3 d'argent fretté d'azur, qui est Goazmoal ou Guicaznou.
2- Dans la fenêtre du transept de droite : mi-parti de Berrien et de Lézongar.
3- Première fenêtre de la nef, à droite : mi-parti de France et de Bretagne.
4- Fenêtre à gauche du maître-autel : écusson de Berrien plein.
5- Fenêtre du transept de gauche : Berrien.
6- Au haut du portail, sous le clocher : de Quélen plein.
7- Sur la sacristie, mi-parti de Quélen et de trois merlettes accompagnées en chef de trois étoiles, qui est?
8- Au pignon Est, au-dessus de la maîtresse-vitre : Quélen.
9- Sur la croix du cimetière : Quélen.

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