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Glossaire
Recteurs
Photos

- Castois


- Situation
* Pays : France
* Région : Bretagne
* Département : Finistère
* Arrondissement : Châteaulin
* Canton : Crozon
* Intercommunalité : Communauté de communes de
- Pleyben Châteaulin Porzay

- l'Eglise St Jérôme

L'église paroissiale est dédiée à St Jérôme. En (1812), le Recteur demande l'autorisation d'élever un nouvel autel à St Jérôme, à cause de l'usage de toucher la châsse du défunt à un autel, avant de le porter au lieu de sa sépulture. L'église doit dater du (XVIème siècle). Un porche Gothique, façade Occidentale, surmontée d'une corniche Renaissance, sur laquelle sont posées 2 statues d'apôtres qui doivent provenir du porche latéral, St Pierre tenant ses clefs et un livre ouvert, avec banderole portant le 1er article du symbole, "CREDO . IN . DEVM" ; puis St Jean tenant la coupe d'où émerge le dragon, la banderole portant les mots, "JESVM . CHRISTVM". Dans la niche du milieu est St Marc, assis, écrivant son Evangile, ayant camail à capuchon et barrette de docteur, son lion est couché à ses pieds.

Le clocher est dans le style du (XVIIème siècle) ou du (XVIIIème siècle), avec chambre ouverte et flèche à crossettes. Il y a 2 balustrades en galeries, celle du bas est récente et faite d'arcatures Gothiques. Sur le côté Midi, un joli porche Gothique de la fin de la période Flamboyante. Au haut de la façade une inscription avec une date qui doit indiquer une simple restauration: "V : ET : D : M : G : LE : BAUT : R : 1784 — LE : MEN : F." Aux angles, 2 contreforts surmontés de clochetons, avec 2 lions posés en gargouilles. La grande arcade d'entrée est composée de nervures prismatiques et surmontée d'une accolade hérissée de crossettes. Des 2 côtés, à l'intérieur, des niches séparées par des colonnettes en spirale, et 2 statues d'apôtres seulement y sont conservées, St Thomas et St Barthélemy, ily a une statue en bois de Ste Anne, debout tenant un livre, une statue plus petite de St Tinidic, qui avait autrefois une chapelle dans la paroisse. Il a beaucoup de rapport avec les statues des Sts Côme et Damien, tenant en main un vase ou coffret orné d'une petite arcade Gothique, et pour coiffure une toque assez élégante.

A l'intérieur de l'église, on vénère les statues de St Jérôme, le patron de la paroisse, St Mathurin, St Pierre, St Herbot, grande statue en pierre, qui doit être plutôt un St Tujean, car il plonge l'extrémité de son bâton dans la gueule d'un chien enragé, une belle et grande Ste Marguerite, artistement et un peu théâtralement drapée, foulant aux pieds un terrible dragon, St Sébastien, très mouvementé et assez gracieux, St Corentin, ayant à ses pieds une petite fontaine avec le poisson traditionnel. A la sacristie, on voit un St Yves et un Saint abbé, en pierre blanche, portant la crosse. La cuve Baptismale, en granit, est à 12 pans repose sur une grosse colonne cylindrique à base très empattée.

Dans le cimetière, une croix ou calvaire dont le croisillon porte la Ste Vierge et St Jean avec 2 autres statues adossées, au pied, une N.D.de Piété, et sur les 2 côtés du socle, on lit ces inscriptions, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660". Sur le mur d'entrée du presbytère, à l'entrée et au fond de l'enclos de la croix de mission, il y a de vieilles statues en Kersanton, dont quelques unes proviennent de l'ancienne chapelle de St Tinidic ou St Génite. Sur le mur du presbytère, la représentation très belle et très artistique de l'épisode miraculeux de St Hubert, patron des chasseurs. Devant un cerf ayant sur sa tête, entre ses 2 cornes, l'image du crucifix, St Hubert, descendu de cheval, est agenouillé, les mains jointes et la tête découverte. Sa chevelure est gracieusement bouclée, son costume très riche et très souple semble être de l'époque d'Henri II, bas et hauts de chausses à 2 rangs de bouffantes et de crevés, manches de dessous avec bouffantes et crevés, manches plus amples du pourpoint, également tailladées à 2 rangs, et descendant en pagode de la hauteur du coude; surcot largement échancré pour laisser passer les bras, épée et cor d'ivoire suspendus au côté. Devant lui, ses 2 chiens, un lévrier et un basset, en arrêt et en contemplation devant le cerf. Derrière il y a son cheval, richement harnaché, tenu par son écuyer au visage et au costume gracieux.

A l'entrée de l'enclos une statue de St Tujean, en robe d'ermite, tenant une clef et ayant devant lui un chien enragé qui mord furieusement un autre plus petit, une petite statue de la Vierge Mère, en pierre blanche, foulant aux pieds un serpent à replis tortueux qui mord les plis de sa robe, une grande statue dd l'évêque, St Germain, dont la crosse, la mitre, la chape et même le rochet sont chargés d'ornements. Au fond de l'enclos, un autre évêque, un peu dans le même genre, puis une belle statue de St Tinidic, représenté en chevalier, avec cuirasse et casque, tenant une lance et un livre ouvert, vêtu par dessus son armure d'un manteau très ample, à bordures ornées. Il rappelle un peu par sa facture le St Vennec de la chapelle de Briec.

Patrimoine de la Paroisse de Cast

- Chapelle Bonne Nouvelle

En (1836), le Recteur de Cast nous dit que ce mot devait s'écrire, "Kelou e doare", et devrait se traduire, "Bonne Nouvelle", on lit sur le socle de la statue de la Vierge, en écriture du (XVIème siècle), "N.D. de Bonne Nouvelle. La chapelle actuelle date de cette époque, et nous savons, par l'acte que nous citons plus loin, que les Seigneurs de Pontlez en étaient fondateurs.

"Ce jour, 3 Juillet (1673), ont été faites les cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrète personne Missire Louis Deshayeux, official et Grand Vicaire de Cornouaille, pour la bénédiction d'une cloche pour le service de la chapelle de N.D. de Quilledoaré, située en la paroisse, laquelle cloche a été bénite en l'église paroissiale du dit Cast et nommée Marie Françoise par Ecuyer François du Bois, Sr. du Rest, et damoiselle Marie Gabrielle de Lescu, dame de Pontlez, fondatrice de la dite chapelle, ses parrain et marraine, qui signent, Marie Gabrielle de Lescu, François Joseph du Bois, Tanguy prêtre de Landerneau, Sébastien de Mollien, François de Lescu, Guillaume Cariou, prêtre promoteur Louis Deshayeux official de Cornouaille".

La chapelle de Quillidoaré est située à 1.600 mètres du bourg, presque sur le bord de la route de Plonévez Porzay. On y accède par une allée de tilleuls et elle est entourée d'un beau placître planté de grands arbres. C'est un édifice ayant le style du (XVIème siècle), composé d'une nef, de 2 bras de croix et d'une petite abside carrée. Le clocher qui surmonte la façade Ouest semble être du (XVIIème siècle) et revêt un caractère monumental et d'excellent style avec sa balustrade saillante, sa chambre de cloche et sa flèche très élégante. Dans la niche qui surmonte la porte une jolie Vierge Gothique en pierre blanche, hanchée comme plusieurs de nos statues du Moyen Age. Sur un des côtés du pignon on voit les têtes du boeuf et de l'âne qui doivent provenir d'une représentation de la Nativité. A côté de la chapelle est une jolie croix de pierre sur laquelle on peut lire cette inscription, "G. LE GAC, F". A l'intérieur, on vénère les statues suivantes, Notre Dame de Quillidoaré ou de Bonne Nouvelle "Kelou e doare", statue en pierre, habillée d'étoffes et de rubans, portant sur le bras gauche l'Enfant Jésus, qui tient une poire entamée.

Elle a des ressemblances assez frappantes avec N.D. de Kergoat, en Quéménéven, St Joseph, St Jean Baptiste, Ste Anne et St Joachim, sur des colonnes à l'entrée du choeur et portant les costumes des Dames et des Seigneurs du temps de Louis XIV. Dans la façade du maître autel, oeuvre de l'atelier Le Déan, date du (XVIIème siècle), est une sculpture en haut relief représentant la Nativité, l'Enfant Jésus est couché dans la crèche, la Ste Vierge l'adore, un ange est derrière son berceau, une bergère à genoux apporte un agneau, un berger joue de la cornemuse, St Joseph est retiré dans l'arrière plan. Les gradins, le petit retable et le tabernacle sont couverts de sculptures du (XVIIème siècle), au haut du tabernacle est une statuette du Sauveur glorieux, avec une croix de résurrection. La maîtresse vitre oeuvre d'un atelier Quimpérois, du (XVIème siècle), verrière de la Passion, se compose de q>4 baies, dans la 1ère on voit Notre Seigneur condamné à mort devant Pilate, les 3 autres sont occupées par la représentation de la Crucifixion, avec les 2 larrons, bourreaux, pharisiens et cavaliers, la croix de Notre Seigneur est surmontée d'un pélican. Dans les soufflets on voit 4 blasons, parmi lesquels il faut signaler le 1er d'argent au sanglier de sable en furie, Tréouret, le 2ème Ecartelé au 1 et 4, d'azur au serpent volant d'or Pontlez, au 2, d'azur au léopard d'or, le Faou, au 3, d'argent au greslier de sable, accompagné de 3 molettes de même. Dans les 2 fenêtres de la nef on trouve encore d'autres débris de vitraux, provenant très probablement de la chapelle de St Génite ou Loc Tinidic. On y voit une Adoration des Mages et la Madeleine au pied de la croix, ces vitraux sont d'une grande richesse de couleur et de dessin.

- Chapelle St Gildas

La chapelle St Gildas (XVIème siècle). Sa forme en Tau du (XVIème siècle) avec un clocher plus récent paraissant de la fin du (XVIIème siècle). On y trouve les statues anciennes de St Gildas et de St Tugen. Cette chapelle, distante de 1.500 mètres du bourg, au bord de la vieille route de Châteaulin. Le plateau sur lequel elle est située s'avance en éperon vers le Couchant, et de cette pointe émergent des blocs aigus de schiste qui lui donnent un aspect de vieil Oppidum Gaulois. La chapelle, formant une grande longère de 32 mètres, avec 2 branches de transept, porte tous les caractères du (XVIème siècle). C'est ce que montrent les 3 portes richement ornées et les meneaux des fenêtres, tout le reste de l'édifice est d'une grande simplicité. Au chevet carré, c'est à dire à l'extrémité Est, on a construit, au (XVIIème siècle) ou au (XVIIIème siècle), un petit clocher assez élégant, couronné par un dôme rond surmonté d'une aiguille. A l'intérieur, rien de particulier dans l'architecture, mais il faut signaler les 2 grandes statues en pierre qui sont à l'entrée du choeur dans des niches à coquille. Elles mesurent 2m et 2m,15 de hauteur, et toutes 2, tenant un livre ouvert, ils ont leurs chapes et leurs mitres surchargées d'ornements figurant des perles et des cabochons.

La statue de St Gildas, du côté de l'Evangile, a, à ses pieds, un dragon ailé à 4 pattes armées de griffes. St Tujean, du côté de l'Epître, porte une grande et belle crosse à double noeud, celui supérieur formant une grosse boule semblable à celles de nos vieilles croix de procession. Dans le transept Sud, une seconde statue de St Gildas, plus petite et ne mesurant que 0m,92 de hauteur. C'est à elle de préférence que s'adresse la dévotion des fidèles et elle semble, du reste, être plus ancienne. Le Saint, ayant la tonsure monacale et vêtu de la chasuble antique, tient de la main gauche un livre fermé et plonge de la droite le pied de sa crosse dans la gueule d'un dragon à grandes écailles qu'il foule aux pieds. Il a les plus grands rapports avec la statue de St Guénolé, de la chapelle de ce nom, en Ergué Gabéric. Sur le placître, en face du portail Ouest, une croix en granit du (XVIème siècle). A 200 mètres Nord-Ouest de la chapelle, dans une prairie, est la fontaine, surmontée d'un édicule assez simple en granit, au milieu duquel est une petite niche Gothique trilobée. La statue du Saint, mesurant 0m,77 de hauteur, est absolument dans le même style que les 2 grandes de la chapelle, ayant les mêmes ornements sur sa chape et sur sa mitre. Ici, sa qualité d'abbé est clairement indiquée, car la volute de la crosse est tournée à l'intérieur. L'eau de la source coule abondante dans une grande piscine carrée à l'usage des malades et pèlerins, entourée d'un double gradin en pierres de taille.

- Chapelle St Magloire

Cette chapelle n'existe plus, en (1787), elle s'appelle St Magloire, et n'était anciennement connue que sous le vocable de >"Saint Mahouarn", nous en trouvons mention sur une fondation datant de (1657). Ce ne fut qu'au (XVIIIème siècle) que l'on commença à l'appeler indifféremment, dans les comptes, St Mahouarn ou St Magloire. St Mahouarn est le patron de la paroisse de Plomodiern. Il est représenté en costume épiscopal, mais on ne sait rien de sa vie. En (1831), M. Guizouarn, recteur de Cast, écrivait à l'Evêché,

"La fabrique possède, sur le Placître du Loc, une vieille chapelle ruinée qui ne sera pas rebâtie pour 3 raisons, elle est trop petite, elle est à une lieue du bourg, et elle est à un quart de lieue de Châteaulin, dont la jeunesse libertine s'y rend, le jour du pardon, et non pour édifier les bons paysans. C'est ce qui avait déterminé M. Quévarec, recteur (1805)-(1812), à la faire démolir on a transporté à Cast la charpente, les statues, les autels et la tour. C'est sans doute le pinacle de cette tour qui se trouve dans l'enclos du calvaire voisin du presbytère, il ne reste plus que les murs qu'on pourrait accorder à M. de Kervenoel, sur le terrain duquel la chapelle est bâtie. Nous avons relevé, sur les registres, les 2 actes suivants, qui concernent cette chapelle":

"Ce jour, 13 de Mai (1650), en l'église paroissiale de Cast, a été une cloche faicte et dédiée pour la chapelle de Monsieur de St Mahouarn, en la paroisse du dit Cast, baptisée par vénérable personne Missire Grégoire Blaise, prêtre de la dite paroisse, et nommée soulz et au nom de Monsieur St Louis par vénérable et discret Missire Guillaume le Glinec, recteur du dit Cast, et dame Louise de Moellien, dame douarière de Kerstrat, propriéteresse de Chef du Bois et autres lieux, présents les soussignants, à l'issue de la grand'messe, selon les formalités de notre mère Ste Eglise, Louise de Moelien, Quoetsquiriou, T. Le Louarn, Blaise prêtre, G. Glivec, Jouan, H. Le Queffellec, Guillerme".

"Ce jour, 29 Octobre (1673), ont été faites les cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrete personne Missire René Cariou, curé de la paroisse de Cast, pour la bénédiction d'une cloche pour servir dans la chapelle de Monsieur St-Mahouarn du Loc, située en la dite paroisse. Laquelle cloche a été bénite en l'église paroissiale de Cast et nommée Françoise Corentine par discrete personne Missive Pierre Jule, recteur de la dite paroisse, et demoiselle Françoise Jouan, ses parrain et marraine, qui signent, P. Jule, G. Mauguen prêtre, G. Crauzon prêtre, Françoise Jouan, Marguerite Le Bihan, R. Cariou, prêtre".

- Chapelle St Geniste

Aujourd'hui disparue, située à de lieue du bourg, est aussi appelée Lothinidic, Loquinidic, et le Saint s'appelle St Tinidic. C'est sous ce dernier vocable que 2 statues sont encore conservées au bourg de Cast, l'une, dans le porche, fort petite, en bois, la tête couverte d'une sorte de bonnet, ayant à la main quelque chose qui ressemble à un pot d'onguent, l'autre, de grande dimension, en pierre, représente un soldat, dans l'enclos du calvaire. Malgré cette différence de caractéristique, elles portent le même nom de Tinidic, il est à présumer que ce sont cependant 2 Saints différents. Voici les détails intéressants que nous donne M. Guizouarn sur cette chapelle, dans une lettre de (1840):

"La chapelle de Lothinidic, appelée de St Genit, menace ruine et on n'y dit plus la messe depuis (1835). Le grand vitrail s'est éboulé sur l'autel, et on pourrait utiliser les matériaux pour l'église paroissiale. Près de la chapelle est une pierre longue en schiste brut à laquelle des sots viennent tout nus et de nuit se frotter le dos et le ventre pour les maux d'entrailles. Il existe dans la chapelle une statue en pierre de St Tinidic en costume de soldat Romain, assez bien faite, une autre de St Germain, en pierre passable, un autel en bois, petit mais très bien sculpté, un St Corentin et une Madone en pierre à faire peur, un St Sébastien à enfouir".

Le Recteur concluait en demandant à Mgr de Poulpiquet de rendre une ordonnance interdisant la chapelle, et la destruction de la pierre objet de la superstition populaire.

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