Glossaire
Photos
- Martyriens
- Situation
* Pays : France
* Région : Bretagne
* Département : Finistère
* Arrondissement : Brest
* Canton : Pont de Buis lès Quimerch
* Intercommunalité : Pays de Landerneau Daoulas
- La Martyre son Enclos
La Martyre vient du "Breton" "ar Merzer Salaün",
le martyr de Salomon. Salomon fut Roi de Bretagne et périt
assassiné à la fin du (IXème siècle). On
parle des appellations suivantes, "ecclesia Beatae Mariae du Merzer" en
(1363), N.D.du Merzer en (1428), et Merzer Salaun (au
XVème siècle).
La Martyre possède le plus ancien des "Enclos Paroissiaux", dont
la construction s’est, pour l’essentiel,
échelonnée du (XIème siècle) au (XVIIème
siècle). L’accès se fait par un "Arc de Triomphe =
Porte Triomphale", de style Gothique Flamboyant (XVIème
siècle.) qui présente la particularité
d’être surmonté d’un chemin de ronde
d’où l’on pouvait surveiller la foule lors des
foires, la Porte ne servait que pour les Grandes
Cérémonies, les fidèles passaient, par les petits
escaliers de chaque côté de la porte Echaliers, pour
aller à l'église. Un passage est percé dans le mur
de la maison du guet (XIVéme siècle). La galerie
flamboyante mène au calvaire du (XVIème siècle),
au pied de la croix l’apôtre Jean et Madeleine entoure une
Pietà.
Le
porche, de l’église fut le 1er du genre dans la
région (1460). Construit en pierre de Kersanton, il
présente diverses scènes de la vie de Jésus Christ, dont la Nativité à la Vierge couchée,
autrefois allaitante, elle a été mutilée par un
prêtre pudibond. A l’intérieur du porche,
l’attention est attirée par un bénitier que domine
l’Ankou, personnification de la Mort dans la Bretagne
d’autrefois. Aux murs sont accrochées des niches abritant
les 12 Apôtres et au plafond apparaissent les restes
d’une fresque représentant les 4
évangélistes. Des traces de peinture montrent que le
porche était peint de couleurs vives. On pénètre
dans l’église par une lourde porte fort bien
travaillée (1693). La restauration est en cours depuis plusieurs
années. Plusieurs fois remanié au cours des
siècles, l'église est considéré comme un
condensé de l’histoire architecturale religieuse de la
Bretagne.
Le
maître autel du (XVIème siècle) et (XVIIème
siècle) comporte une représentation du Saint Sacrement
qui semble fortement inspirée du décor du château
arrière du vaisseau Royal Louis. C'est très probablement
l'oeuvre d'un charpentier de marine. Le vitrail principal, dit du
Crucifiement, a été créé (1535) à
partir d’un carton du maître verrier Flamand Jost de
Negker. Il a servi de modèle pour d’autres églises
du Pays des Enclos. Dans le bas côté Nord, le vitrail de
la Dormition de la Vierge (1560) a été entièrement
remonté et complété il y a peu. Sur les bas
côtés, les ouvertures viennent de recevoir des vitraux de
facture moderne, qui se marient fort bien avec le style de
l’édifice.
Les sablières polychromes (1560) représentent des
scènes pittoresques. On peut y voir, notamment, un joueur de
biniou, c’est rare dans une église, une scène de
labour l’araire, est tiré par un attelage mixte,
composé de 2 couples de chevaux encadrant une paire de
boeufs, et un enterrement. Les peintures murales ont été
découvertes en (1997) lors de la réfection des enduits.
Elles dateraient du (XIVème siècle). Bien que très
dégradées, elles constituent un témoignage
très rare de l’art pictural religieux dans cette
région. Il est prévu de restituer les parties des
scènes les mieux conservées. Un baptistère, une
chaire, des bénitiers, des statues, des retables, une
cloture du Choeur faite de piliers d'une pierre sonore.
L'Ossuaire (1619) tout
de sobriété et
d'équilibre contraste avec la vérité terrifiante du lieu, comme le rappelle
la banderole en Breton "an maro han barn han ifern ien pa ho soing den e tle crena fol eo na preder e esperet
guelet ez eo ret decedi"
, ce qui ce traduit par, "la mort, le jugement, l'enfer froid, quand
l'homme y pense, il doit trembler. Fou est celui dont l'esprit ne
médite, sachant qu'il faut trépasser". Dans un pan
cassé du mur extérieur, une surprenante cariatide, de
taille presqu'humaine semble illustrer ce terrible avertissement.
La sacristie, enfin, date de (1699), c'est la dernière addition
à l'édifice. De style Jésuite, avec son plan
quadrilobé et sa grande coupole ronde, elle apporte une note
particulière à l'ensemble architectural.
La
Martyre est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de
Ploudiry. La tradition attribue à Iscoat la résidence du
Roi de Bretagne Salomon. La Martyre revendique l'honneur d'avoir
été le théâtre, le 25 Juin (874), de
l'assassinat de Salomon, Roi de Bretagne, à l'endroit même
où est placé aujourd'hui le maître autel de
l'église paroissiale. La Martyre, ancienne trève de
Ploudiry et dépendant de l'ancien évêché de
Léon, était autrefois le siège d'une foire
où l'on venait d'Irlande, d'Angleterre et des Flandres. La
Martyre s'anime 2 fois par an grâce à son enclos
où se déroulent 2 Pardons. Le 1er et le 2ème ont
tous 2 lieux le 2ème dimanche, l'un au mois de Mai, l'autre au
mois de Juillet.
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