Glossaire
Photos
- Pencran
- Situation.
* Pays : France
* Région : Bretagne
* Département : Finistère
* Arrondissement : Brest
* Canton : Landerneau
* Intercommunalité : Pays de Landerneau-Daoulas
* Gentilè : Pencratais
- Historique
L'église Notre Dame de Pencran est connue dès (1363) sous le nom de "Capella beatae Mariae de Pentran" et subit 3 transformations importantes. L'église s'élève au sommet d'une croupe rocheuse et boisée qui domine Landerneau et la pittoresque vallée de l'Elorn. L’église et le calvaire avec au milieu de l'escalier et les 2 Larrons de chaque cote de l'escalier et l’ensemble de son Enclos date du (XVIème siècle), remaniée au (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècle)
L’enclos se compose de l’Eglise, du Presbytère, les 2 Calvaires, de l’Ossuaire, de la Sacristie et du Portail.
Cette église est dotée d’une très ancienne Cloche, datant de (1365). Le clocher a été reconstruit en (1696). L'église, de plan rectangulaire, se compose d'une Nef de 3 Travées avec bas côtés, séparée par un arc Diaphragme d'un Choeur de 2 Travées avec bas côtés. Les 2 étages supérieurs du Clocher Occidental et la flèche sont remontés en (1696) par Michel Callac Architecte d'Irvillac et Jean Le Moign depuis la 1ère voûte jusqu'à la seconde plate forme, puis restaurés en (1718) suite aux dégâts de la foudre, par François Gourvez maître maçon de Plounéventer. Le Clocher est à nouveau endommagé dans la nuit du 16 au 17 Septembre (1833) et restauré aussitôt. Sur la façade Sud en Rouge, une inscription: "IAN LE ROVX / VVES LE BESCO / NT QUI ONT COMMANDE, en (1696) les travaux".
Le nom de la localité est attesté sous la forme "Capella Beatae Mariae de Pentran" en (1363).
Le nom breton de Pencran, "Penn ar c'hrann", se traduit littéralement par « "le bout de l'essart, de Penn, tête, bout, et Krann" , mot que l'on trouve également dans le nom de la forêt du Cranou, que l'on peut aussi traduite par "Chef du Bois", nom du Château dont dépendait traditionnellement la Paroisse, car c'était à cet endroit que se trouvait alors la limite de la forêt de Landerneau, qui s'étendait alors sur les 2 rives de l'Elorn. Une stèle datant de l'âge du Fer atteste d'une présence humaine dès la Préhistoire.
- Moyen Age
Une Motte Féodale a servi de premier site à un Seigneur local en (1270), il se nomme Gérard Saladin et en (1307) Huon car vers (1300) Pigette Saladin, sœur d'Olivier Saladin, Dame de Kermadec, épousa Hervé Huon, Chevalier. En (1450), la famille Huon abandonne la motte féodale pour construire un Manoir de Style Gothique, le manoir de Kermadec, construit en schiste local, mais avec des entourages de portes et fenêtres en Granite. En (1663), le Manoir fut racheté par Joseph de Kersulguen, Seigneur de "Chef du Bois". En (1363), le testament d'Hervé VIII de Léon fait mention d'une chapelle Notre Dame à Pencran. Pencran n'était alors qu'une simple trève de la paroisse de Ploudiry.
Du (XVIème siècle) au (XVIIIème siècle). Jusqu'à la Révolution Française, le château de "Chef du Bois", dont la porte principale portait les Blasons des Kersulguen, des Guirault et des Kerguizec, dominait la trève de Pencran et une partie des environs. Le château a appartenu successivement à la famille Guérault au (XVème siècle), aux familles Kerlozrec, puis Kermellec au (XVIème siècle), Kersulguen au (XVIIème siècle) Joseph de Kersulguen fait alors construire le Château actuel à la place de l'ancien Manoir.
Le Tiers Etat de la Paroisse de Pencran envoya 2 Députés, Jérôme Le Firon et Gabriel Mobian, pour la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven. La commune de Pencran fut créée en (1790). Le château de "Chef du Bois" en Pencran, qui appartenait à la famille de Lesguern, servit, pendant la Révolution Française, d'Hôpital pour la Marine, qui y soigna notamment des malades de la gale. La Paroisse de Pencran est créée en (1819). L'Enclos Paroissial de Pencran en (1865) :
Pencran est situé à 2 kilomètres de Landerneau, au sommet d'une haute colline, qui domine cette ville et toute la vallée qui descend vers Brest. C'est un village dont les maisons s'éparpillent, sans tracer de rues, sous de grands arbres aux troncs mousseux le long de chemins défoncés et encaissés que les moindres pluies transforment en rivières. Le seul monument remarquable de ce village pittoresque est l'église dont les sculptures sont d'une grande finesse sans être d'un grand goût. Le clocher a la forme caractéristique de tous les clochers du Finistère. Celui de Pencran est perdu dans les rameaux touffus des grands Ormes qui, de loin, n'en laissent apercevoir que la flèche, qui les dépassent de beaucoup. L'église est très peu élevée, et son toit Ouest en partie caché par un If sur la verdure duquel se détache le fût de la Croix de Pierre à 4 Branches portant des figures qui représentent naïvement la "Passion de Jésus".
- l'Ossuaire de Pencran
L'Ossuaire monument qui ouvre sur le Cimetière qui est clos de l'autre côté par le Portail de l'église. Il est en pierre dure, grès ou granite à tons ferrugineux tachetés d'une mousse verdâtre très pâle qui semble plutôt une rouille qu'une végétation. L'exécution des Sculptures est grossière et pénible et les proportions de l'Architecture plus que Naïves. Exceptées des Voussures sculptées avec assez de Richesses, l'intérieur n'a rien gardé de son premier aspect. On a tant bien que mal approprié le rez de chaussée à l'usage d'une habitation et du négoce peu actif quelle renferme, un bureau de tabac. Au 1er étage, qui prend jour sur une autre façade, se trouvent le secrétariat de la Mairie et la Selle de l'école communale. On fume peu à Pencran, l'unique paquet de tabac et les 3 Pipes de terre qui composent le débit en font foi. On ne s'y instruit guère, la boite aux lettres qui pend à un clou rouillé et l'école fermée faute de Maître en témoignent tristement. Tout autour du Cimetière, de grands arbres versent leur ombre sur une luxuriante végétation de folles herbes, de Violettes et de Liserons qui cachent les tombes et envahissent les sentiers à peine tracés et les abords du Porche de l'église obstrués par des ardoises et des pierres que le vent a secoués du toit et du Clocher. Ce délabrement toléré contraste désagréablement avec le luxe de précaution développé autour du tronc qui sollicite la charité des fidèles. Ce tronc est formé d'un arbre énorme équarri, beaucoup plus large à la base qu'au sommet, fiché dans le sol et scellé dans le pavé, il est inébranlable et de plus cerclé, plaqué, chevronné et blindé de fer.
- le XXème siècle
Le 9 Janvier (1903), Guéguen, curé de Pencran, fait partie des des 31 Prêtres du diocèse de Quimper dont les traitements sont retenus par décision du Gouvernement Combes "Tant qu'ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l'enseignement du Catéchisme" car ils utilisaient le Breton. Le Comte Charles de Lesguern, Maire de Pencran pendant 56 ans, fut révoqué de ses fonctions en Janvier (1907) pour avoir replacé des Crucifix dans les salles des écoles. Il fut aussi Lieutenant de Louveterie. Il décéda le 9 Septembre (†1908) en son château de "Chef du Bois". Les électeurs de Pencran lui avaient témoigné leur fidélité en élisant comme Maire pour lui succéder son fils Armand de Lesguern, qui par ailleurs était Président de la Société d'Horticulture et d'Agriculture de l'arrondissement de Brest.
En vertu de la querelle des inventaires, le Recteur de Pencran fut expulsé de son presbytère en (1907) : "L'expulsion du recteur du Presbytère de Pencran a eu lieu à heures. La Gendarmerie gardait les abords du Clocher de l'église pour empêcher que l'on sonnât les cloches. Afin d'éviter des incidents, le recteur a été gardé à vue pendant le déménagement des meubles".
- le Porche
Le Porche de l'Eglise de Pencran est encadré par 2 Crossettes, un lion à Gauche et un Dragon à Droite. La facture particulièrement remarquable par sa finesse de ces Ouvrages en Kersanton est due à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, établi à Landerneau et actif de (1527) à (1577). Cet atelier a fourni 3 Porches successifs, celui de Pencran en (1553), celui de Landivisiau en (1554)-(1565), et celui de Guipavas en (1563). Dans les 3 cas, les 2 Crossettes d'encadrement sont comparables à Guipavas, seul le Dragon subsiste. Documenter en ligne les sculptures de cet atelier permet de livrer au jeu très instructif des comparaisons réciproques.
La Datation du Porche est basée sur une Inscription figurant, selon Le Seac'h, sur un Phylactère tenu par un Ange dans une niche du contrefort Gauche Lécureux parle d'un "cube de pierre qui remplace une statue". Depuis, le bloc de pierre a été Volé. Le texte en avait été relevé par Lécureux et publié en (1915) et (1919) :
- Je suivrai, comme un témoignage de mon admiration, assez fidèlement la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a été la première et la seule a dresser en (1997) un catalogue descriptif exhaustif de toutes les Crossettes des 4 Cantons de "Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun".
1° Le Lion tenant un Os. Crossette du rampant Gauche de l'élévation Sud du Porche. Kersanton, (1553), atelier Prigent. Le Lion mâle tient dans ses pattes antérieures un os long sans réalité anatomique, 2 Epiphyses à 2 Condyles. Dans cette Crossette en ronde bosse et faible relief d'excellente facture, les 4 pattes sont figurées, l'Animal s'appuie en avant sur une petite Console et à l'arrière, la patte postérieure repose sur une autre petite Console. Les mèches de fourrure des pattes sont sculptées avec précision tant au niveau des Antérieures et des Postérieures.
Avec un sourire plus Débonnaire que Carnassier, le Lion sort la langue qui s'enroule en cuillère à son extrémité. Il tourne sa Tête vers la Gauche pour faire face au Visiteur ou au Fidèle qui accède au Porche. Les yeux ressortent avec intensité à l'intérieur d'Orbites creusées et de Paupières Ourlées. La Crinière soyeuse et abondante s'étage en mèches bouclées. La Queue passe sous la patte postérieure gauche et se divise sur le dos en 3 Branches. Cette description est, en fait, celle de tous les lions de Crossettes du Finistère, mais ailleurs, l'érosion, les fractures, l'envahissement par les lichens, ici assez discrets, ou parfois les insuffisances du Sculpteur ne nous permettent pas d'observer le modèle avec toute sa complétude. Le Lion de Pencran peut servir de "type" à tous les autres, même si certains d'entre eux abandonneront l'Os pour un Crâne, une petite Tête humaine ou un simple Rouleau.
2° Le Dragon tenant sa Queue. Crossette du rampant Droit de l'élévation Sud du Porche. Kersanton, (1553), atelier Prigent. Ce Dragon a dérobé ses ailes dépliées à un oiseau, ses oreilles à une Chauve-Souris, ses narines dilatées à un porc qui serait resté trop longtemps le nez contre la vitre, sa queue dentelée à un lacertilien un "lézard" si vous préférez, mais du genre Iguane alors, sa dentition à une fillette perdant ses dents de lait, sa tête à un cheval, sa barbiche de sous-officier à la chèvre de Monsieur Seguin, mais son air faussement féroce et terriblement benêt n'appartient qu'à lui. Il se nourrit sans doute de quelque mouche ou insecte venu se poser par mégarde sur sa langue, fort gluante et dont il étend le piège à dessein en dehors de sa gueule, son haleine infecte fait le reste. De mœurs principalement diurne, le Dragon des murailles "Drago muralis crossetis" peut passer j'en atteste des heures entières sans bouger. Mais son jeu préféré, auquel il se livre surtout lorsqu'il sait qu'on l'admire, est de tracer avec sa Queue, elle dépasse parfois 2 mètres une jolie boucle puis de s'en ceindre, comme d'un hula hoop, la faisant disparaître derrière son flanc avant de la faire resurgir à la hauteur de l'aile, et, hop, de l'attraper entre ses deux pattes, il reste ainsi à vous regarder en ricanant, tenant cette rambarde improvisée et s'imaginant piloter quelque Soucoupe Volante fendant l'air à toute allure. S'il regarde notre Monde depuis son balcon Caudal, lui qui a connu le temps du Roi Henri II, il eut été étonnant qu'il ne se marrât point en nous voyant passer. Et nous-mêmes, nous n'imaginions pas, avant d'arriver, que nous nous marrassions à voir un dragon se fendre la poire comme une baleine.
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