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(Sizun, est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne).

- Historique

Sizun vient,semble t'il, de Sidonius, disciple Irlandais de St Philibert à Jumièges. A noter que l'on trouve aussi un Sizun Goff, sergent Ducal en (1486). On trouve les appellations suivantes, Sizan et Plouecisun en (1173), Ploesizun en (1173), Sizun (1186) et (1233). L'"Enclos Paroissial" St Suliau, classé "Monument Historique",regroupe plusieurs édifices remarquables.

la Porte Triomphale

Sa "Porte Monumentale", magnifique figure de la Renaissance Bretonne, est à l’image des "Arcs de Triomphe" à la Romaine, elle donne accès à l’"Enclos Paroissial" de Sizun. Longue de 15 mètres, ce magnifique arc de triomphe fut élevé vers (1585)-(1590), et une reproduction grandeur nature a été exposée en (1989) dans les Jardins des Tuileries à Paris à l'occasion des cérémonies de "Commémoration du Bicentenaire de la Révolution française". Il a 3 baies en plein cintre, séparées par des colonnes cannelées à chapiteaux Corinthiens. Il est surmonté d'une double balustrade en pierre, au milieu de laquelle s'élèvent les 3 Croix d'un calvaire. A chacun des angles de la balustrade est posé un lanternon. La partie centrale est surmontée d'un calvaire et on pouvait y célébrer la messe en plein air. Un escalier de pierre permettait d'accéder à la galerie supérieur, il a été enlevé lors de l'élargissement de la route adjacente. Sa construction est située autour des années (1588)-(1590).

- l'Ossuaire

La chapelle ossuaire, situé dans la partie Ouest du cimetière, façade ouverte sur l'Orient de plan rectangulaire, date de (1585)-(1588). Cette façade fait la particularité de l'Ossuaire de Sizun. Elle est divisée en 3 registres que viennent couper la porte d'entrée à l'Ossuaire est formée de 2 colonnes cannelées, coiffée de chapiteaux Corinthiens écourtés, lesquels portent un entablement et un fronton triangulaire. En haut de ce fronton, au dessus des armes des Rohan, s'y trouve également une petite statuette de St Suliau, tenant toujours ses Houssines ou petites Baguettes. Dans les triangles extérieurs se trouvent 2 Franciscains, St François d'Assise montrant ses stigmates et St Antoine de Padoue tenant un Ciboire ou Calice avec la date de (1588). 2 inscriptions sont inscrites,

"Mémento Mori" sur la frise et
"Vous nos anfens qui par cy pases souvenes vous que sommes trepasses".
"Souviens-toi qu'il faut mourir", et
"Vous nos enfants qui par ici passés, souvenez vous que nous sommes trépassés".

Le registre inférieur comporte des pierres en granit jaune alvéolé, celui du milieu, une série de fenêtres en plein cintre, séparées par des pilastres à gaines, avec la particularité pour l'un d'entr'eux, la représentation de la femme au rouleau dont c'est le seul habillement, sur l'avant dernier est gravée la date de (1585).

Le 3ème registre est formé par une longue suite de 12 niches, séparées par des pilastres doriques cannelés, dans lesquelles sont placées les statues des 12 Apôtres, Pierre Clefs, André Croix en (x), Jacques le Majeur Coquille, Jean Coupe, Jacques le Mineur Bâton, Matthias Bâton Pastoral, Philippe Croix, Barthélémy Coutelas, Matthieu Balance, Simon Scie, Jude Glaive, Thomas Equerre. Elle abrite aujourd’hui le "Musée d’Art et Traditions Populaires", où l’on peut voir lit clos, horloge, costumes, broderies.

- l'Eglise

L'église St Suliau regroupe un programme de construction réparti sur les (XVIème siècle) - (XVIIème siècle) - (XVIIIème siècles), présente un beau porche méridional du (XVIème siècle) de style Flamboyant. Les 4 piliers centraux sont les traces de l'ancienne église qui fut reconstruite et agrandie au cours du (XVIIème siècle). Une étonnante frise sculptée, le long du chevet, demande à être décryptée. Le porche porte la date de (1514), de la même époque la fenêtre à galbe placée à gauche de ce porche et décorée d'un lion et d'un griffon. En faisant le tour de l'église, il faut regarder, tantôt en haut, tantôt à hauteur du visage. En haut, nous trouvons plusieurs représentations d'animaux, certains grimaçant, à hauteur du visage nous voyons la petite porte qui donne accès à l'église, une très belle porte ornée d'un fronton, avec le visage dit du philosophe, des oiseaux et des petits personnages fond les vendanges dans une guirlande de vigne. En haut, il faut regarder le chevet du choeur, avec ses 7 pigeons surmontés de lanternons et ornés d'une somptueuse décoration. A hauteur du visage, une frise mystérieuse court au long de ce chevet polygonal. Elle pique la curiosité, mais garde son mystère.

- l'Intérieur de l'église

A l’intérieur un remarquable ensemble de sablières et de blochets, une exposition permanente d’art sacré, des retables, des orgues, un chevet à noues multiples de type Beaumanoir, la nef lambrisée. A l’intérieur 5 retables du (XVIIème siècle), un orgue de Thomas Dallam (1683), chaire à prêcher du (XVIIème siècle), belle statuaire, vitraux du (XXème siècle), de Chevalier (1976) et Petit (2000). Une vitrine, dans le transept Nord, présente l’orfèvrerie et la paramentique de la paroisse dont un buste reliquaire de St Suliau, une belle bannière du (XVIème siècle).

L'édifice est en forme Archiépiscopale et comporte, précédée d'un clocher, une nef de 3 travées avec bas côtés, puis un 1er transept entouré de bas côtés, une travée avec bas côtés, un 2ème transept très saillant, enfin un choeur à chevet Polygonal. La nef inférieure et le porche du midi datent du (XVIème siècle). Le 1er transept et le reste de la nef datent du (XVIIème siècle). Le 2ème transept et le choeur, édifiés par Guillaume Kerlesroux ou Kerleroux ou Kerlezroux, datent de (1660)-(1664). Sur le transept Sud, se trouve l'inscription "Alain Men (1638)". Sur l'un des contreforts du chevet, un ange tient une banderole avec la date de (1661). Vers (1680), la nef est prolongée d'une travée vers l'Ouest pour abriter l'orgue de Thomas Dallam.

La Chaire à prêcher, oeuvre d'Yves Cevaer, date de (1784). Le maître autel date du (XVIIème siècle), oeuvre semble t'il de Maurice Le Roux, maître sculpteur à Landerneau, on y trouve les statues de la Ste Vierge, St Suliau, St Pierre et St Guillaume, St Yves, St Maudet. La statue de St Suliau, vêtu de la Chasuble, surmonte la porte intérieure, sur son socle on lit en Gothique la date de (1514). Le Baptistère date de (1679), la cuve baptismale en granit est datée de (1679), surmontée d'un baldaquin en bois sculpté porté par 8 colonnettes dont 4 lisses et 4 ornementées. La Bannière de procession, avec St Suliau et le Christ en croix, date du (XVIIème siècle). Dans le transept Nord, l'autel de l'Agonie, dédiée à St Joseph, encadre un tableau du (XVIIème siècle) représentant Michel Le Nobletz.

- les Retables

Le Maître Autel et son Retable, la finesse des colonnettes, l'expression des visages de Marie, Joseph, l'Enfant, des personnages de Pierre et Paul de chaque côté du tabernacle, les Evangélistes accompagnés de leur symbole, boeuf, lion, enfant et aigle. De l'agneau du tabernacle, en passant par les 3 représentations différentes de Jésus, la colombe, vers le Ressuscité qui, par un geste large des bras et des mains, vous invite à monter avec lui. Au dessus de Joseph et l'Enfant, la statue de St Suliau, le St Patron de la paroisse. De l'autre côté à la même hauteur, la vierge et l'Enfant.

A gauche dans le choeur le Retable de St Augustin, à qui un enfant fait comprendre qu'il est plus facile de mettre la mer dans un trou creusé dans le sable que de comprendre le mystère de la Ste Trinité. Au sommet, une statue de Jésus portant le monde et qui a le visage tourné vers le Maître Autel. Ce retable est le seul qui soit en pierre calcaire de Laval, les autres sont en chêne.

A droite, le Retable du Baptême de Jésus. Sous votre regard, une statue de St Yves, pilier gauche à l'entrée du choeur. Auprès du retable St Pierre et en face St Guillaume. Au pilier droit, St Maudetz. A gauche, dans le choeur la bannière de St Suliau, restaurée en (1993). La chaire à prêcher est l'oeuvre du sculpteur Y.Cevaer, en (1784). La sablière c'est la partie en bois au sommet des murs de la nef, est ornée de masques et de cornes d'abondance, sans doute que certains visages sont la représentation des personnages du temps de la réalisation. Dans les angles, selon une tradition de l'art du pays de l'Elorn, les anges tiennent les instruments de la Passion.

Le Retable du Rosaire, dans le transept Sud, est de la fin du (XVIIème siècle), c'est l'oeuvre du sculpteur Jean Berthouloux, installé un temps à Morlaix puis à Brest. Le plus remarquable de ce rétable sont les colonnes roses qui encadrent le tableau du Rosaire. Elles sont ciselées de rinceaux de vigne où s'ébattent personnages et animaux. Les statues sont celles de St Dominique et Ste Catherine de Sienne. Dans la partie supérieure du retable, il y a une très belle statue de la Vierge à l'enfant, encadrée par 2 anges habillés à la manière du grand siècle. Louis XIV portait la même perruque et en gros le même habit de fête, un clin d'oeil de l'artiste aux puissants du temps. A l'opposé de ce retable, dans ce même transept, la plus ancienne statue de St Suliau, d'époque Gothique, polychrome, à remarquer les plis de la chasuble.

Le Retable du transept nord, dit des Agonisants, 2 colonnes torses très sobres encadrent un tableau qui représente la mort d'un fidèle en présence de Dom Michel le Nobletz, célèbre missionnaire breton du (XVIIème siècle), de chaque côté les statues de St Pierre et St Paul, d'inspiration Flamande, sont des plus admirables, sans oublier celle de St Joseph, au sommet. A l'angle près de la petite fenêtre se trouve encore une représentation de St Suliau, légèrement inclinée tenant dans ses mains un petit faisceau de branches, symbole de ce Saint.

- l'Orgue

L'Orgue de Sizun. L'oeuvre est de Thomas Dallam, fils aîné de Robert, né vers (1630). Il vécut à Sizun de (1682) à (1684). Il avait composé un orgue qui devait avoir 23 jeux. En (1750), l'orgue fut foudroyé et mal réparé par le Sieur Tribuot, facteur d'Orgue Royal, comme en témoigne un procès qui lui fut intenté. Vers (1850), un facteur d'Orgue, Alsacien, du nom de Heyer, installé à Quimper, a reconstruit l'orgue, qui avait été réparé tant bien que mal par un dénommé Mear, en lui donnant une facture Romantique, par manque de crédit le positif fut vidé de ses tuyaux. En (1968), il restait à l'orgue, 9 jeux et un clavier, le tout en très mauvais état. La mise en route de la restauration est due à l'esprit d'entreprise et à la persévérance de l'Abbé Broc'h, alors curé de Sizun. C'est en (1971), que le facteur d'orgue Jean Renaud, de Nantes, l'a relevé en facture classique avec 10 jeux au Grand Orgue, 7 au positif et 3 au pédalier. Ce bel instrument est apprécié lors des concerts des Jeudis de Sizun, en Juillet et Août.

- le Clocher

Le Clocher porche est bâti entre (1723) et (1735), il repose sur 4 piliers et ne comporte pas de fondation. C'est l'un des derniers grands clochers à flèche de l'école Bretonne. Le clocher, ouvert à la base sur 3 côtés, porte sur la face Sud l'inscription "M Joseph Martin recteur (1728)". Plus haut, sous le 2ème bandeau "N. & D. Mre. Ch. de Cresole. R. (1735)". Le clocher est amorti par une haute flèche Octogonale très aiguë, cantonnée de 4 clochetons, une cloche est datée de (1644). La tour haute de 24 mètres ne comporte pas de contrefort d'angle mais de simples pilastres qui montent jusqu'à la galerie en encorbellement. Sur la plate forme, une merveilleuse flèche Octogonale haute de 30 mètres, dans les angles, des clochetons qui passent du plan Carré au plan Octogonal évitant à la flèche centrale de paraître trop grêle. 2 dates sont portées sur la tour, (1728) et (1735).

- la Sacristie

Sur le flanc Sud du choeur, se trouve La Sacristie. Reliée au choeur par une voûte de pierre, elle complète harmonieusement l'enclos. Son plan est octogonal, sa façade classique est ornée de pilastres et de panneaux qui trahissent l'imitation d'une boiserie. La toiture carénée en ardoises des Monts d'Arré ajoute une note élégante à cet édifice du (XVIIème siècle).

- la Vitrine

Les objets et vêtements liturgiques présentés dans cette vitrine ne sont pas des pièces de musée. Cette présentation permet à tous d'admirer des oeuvres qui font partie du patrimoine de la paroisse de Sizun et de celle de St Eloy. A l'occasion des pardons, calices, ciboire, buste de St Suliau, statue de la Vierge, prennent leur place dans la fête.

- Les pièces les plus remarquables


* le Buste reliquaire de St Suliau, les reliques sont encastrées dans la tête. Il est en argent massif, il a été réalisé dans l'atelier Morlaisien de François Lapous. Il porte l'inscription "Pour servir à Monsieur S. Cilliau paroisse de Sizun faict lan (1625)".
* la statue de la Vierge à l'Enfant, en argent massif, (XVIIème siècle).
* un Calice (1660) oeuvre de Daniel, Maître orfèvre à St Pol de Léon, en argent doré, offert par Sieur Pouliquen, Confrèrie du Rosaire.
* un Ciboire en argent doré (1780) poinçon "J.M.Febvrier".
* le Calice de St Eloy (XVIème siècle) en argent doré.

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