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(Saint Thégonnec, dans le Finistère, à la limite du Léon.)

- Historique

Saint Thégonnec, sur la route des "Enclos Paroissiaux" qui nous mène de Morlaix à Landerneau. Est un magnifique ensemble Renaissance des (XVIème siècle) et (XVIIème siècle). Le Léon connut un développement considérable et permanent, du (XVème siècle) au (XVIIIème siècle), grâce aux ventes de toiles de lin, les crées, aux marchés Anglais, Espagnols, Hollandais et Portugais qui ravitaillaient également l'Amérique du Sud. St Thégonnec devient alors la patrie d'une véritable "Caste Paysanne", les Julots. Une excellente gestion des ressources de la paroisse, ventes de toiles, loyers des fermages et dons des particuliers, permit l'agrandissement et l'embellissement constant de leur enclos, véritable flambeau de la fierté de toute une population. Les habitants de St Thégonnec placèrent l'ensemble monumental sous le double patronage de St Thégonnec et de N.D. de Vrai Secours. La fermeture du marché Anglais par Colbert, en (1687), réduit la production de lin des 3 ¼, entraînant une décadence définitive de l'industrie et du commerce de la toile dans le Léon. A l'heure actuelle, l'enclos paroissial de St Thégonnec vit une 2ème naissance ayant été la proie des flammes le 8 Juin (1998). La Paroisse de St Thégonnec, est l’une des plus riche du Léon. Les largesses de son aristocratie paysanne lui permettent les fastes somptuaires dans l’édification de l’"Enclos Paroissial" qui s’étend sur plus de 2 siècles.

- Saint Thégonnec

Selon la légende, vers le (VIème siècle), St Thégonnec, originaire du Pays de Galles et disciple de St Pol Aurélien, aurait apprivoisé un Cerf, attelé à sa charrette pour charroyer des pierres servant à l'édification de son église. Un jour, un loup dévore le Cerf, le Saint dressa alors le Loup qui accepta de tirer sa charrette de pierre. St Thégonnec est toujours représenté en Saint bâtisseur, avec un Loup ou un Cerf, tirant une charrette à ses pieds. Il est invoqué pour la préservation des récoltes, la guérison des fièvres et des morsures de vipères. Togoneg ou Coneg s'est établi dans ce qui est devenu l'"Enclos Paroissial", devenant naturellement le patron protecteur du lieu, associé à N.D. de Vrai Secours.

La statue au dessus de l'entrée principale de l'église représente cette légende, qui est d'ailleurs exprimée en sculpture sur le calvaire de l'enclos paroissial qui illustre aussi la passion du Christ. Dans l'ancienne Vie de St Pol Aurélien, St Thégonnec est nommé Quonoc, Coquonoc ou Toquonoc. Au fil des ans les appellations successives, Ploeyber Riual vers (1330), Ploeyber Riual St Egonneuc vers (1450), Ploeyber St Egonnec en (1467) et en (1557), St Thégonnec en (1693), lui furent données.

- l'Eglise

L''église, a été plusieurs fois reconstruite. Le seul vestige de l'ancien édifice est le clocher porche (1563) du pignon situé à gauche de la tour. La tour Renaissance est couronnée par un dôme à lanternon et à clochetons d'angles. Dans les niches des contreforts d'angles, se trouvent des statues figurant l'Annonciation, St Jean l'évangéliste et St Nicolas. La porte du fond est surmontée d'une statue de la Vierge à l'Enfant. A noter un décalage de cette partie avec la nef actuelle dû aux remaniements successifs de l' édifice, (1640)-(1650) bas côté Nord élargi, (1652)-(1656) construction d'un nouveau bas côté Sud, style Renaissance, qui englobe la tour, à l'origine extérieure à l'église, (1667)-(1669) construction de l'ancien choeur à 3 pans fermé par le retable du St sacrement, aujourd'hui à droite du choeur, (1714)-(1716) ouverture d'une abside à l'emplacement du choeur actuel et rehaussement de la nef car les paroissiens trouvaient leur église trop basse. l'église de St Thégonnec renaît de ses cendres grâce à la forte mobilisation des habitants de la commune, et surtout au minutieux travail de restauration réalisé par les architectes et les ouvriers de "Monuments Historiques", 6 ans de restauration.

L'entrée du porche est encadrée par des colonnes baguées et des colonnes cannelées. Au dessus de l'arc, St Thégonnec, en tenue d'évêque, surmonté d'un dais en forme de dôme. Sous le porche, 4 Apôtres Jacques, Thomas, Pierre et Jean conduisent vers l'entrée de l'église. La poutre de gloire où sont placés le Christ en croix entre la Vierge et St Jean.

* Le choeur, Style versaillais, foisonnement de trophées, pots à feu, corbeilles de fleurs. Plans dressés par Boismorin, de Lampaul, et Robellin, de Morlaix. Dans les vitraux, scènes de la vie de Jésus par Jean Louis Nicolas, de Morlaix (1862)-(1863).

* La chaire à prêcher, Cuve (1683) due au ciseau des Larrel, de Landivisiau. Des figurines féminines représentent les vertus cardinales, prudence serpent, tempérance chaîne et coupe, justice attribut brisé, force colonne. Sur les panneaux, les 4 Evangélistes, Marc (lion), Matthieu (ange), Luc (boeuf), Jean (aigle). La balustrade de l'escalier porte les 4 Pères de l'église, Grégoire, Ambroise, Augustin, Jérôme. Entre les cariatides qui soutiennent l'abat voix (1722), Moïse recevant les Tables de la Loi.

* Le retable du Rosaire (XVIIème siècle) à gauche du choeur, retable du St Sacrement (1662) à droite du choeur, retable N.D. du Vrai Secours vers (1640) bas côté Nord, derrière la chaire, retable de St Jean Baptiste, bas côté Sud. Niche à volets (XVIIème siècle), sur les volets, scènes de la vie du Saint. Arbre de Jessé (1610), au dessus de l'entrée du porche, niche à volets avec la Vierge de l'Apocalypse encadrée de l'arbre de Jessé, portant les ancêtres Royaux du Christ, au pied Jessé et le serpent tentateur de la Genèse. Les volets présentent les 6 mystères joyaux.

* L'orgue, date de (1670)-(1676), dû à Jacques Mascard, élève du célèbre facteur Thomas Dallam, l'orgue possédait 3 claviers, réduit plus tard à 2 claviers, restauré en (1978).

* Les vitraux de Jean Louis Nicolas, de Morlaix (1862)-(1866), restaurés par l'atelier Le Bihan de Quimper (2001)-(2002).

- la Porte Trionphale (1587-1589)

L’entrée monumentale de la "Porte Triomphale", achevée en (1587), en granit de Plounéour Ménez, est dû à l'atelier du Château de Kerjean. Il est de style Renaissance. 4 piliers massifs, surmontés de lanternes cubiques et de lanternons délimitent 3 ouvertures. Seule la partie centrale, formée d'un arc en plein cintre, sert de porte et présente une prière en Breton adressée à N.D. de Vrai Secours. "Dame Marie de Vrai secours, nous te prions ardemment de nous venir en aide première avocate du pécheur et de la pécheresse". St Thégonnec est figuré par son âne et sa charrette de chaque côté de la date de construction. Aux angles de l'attique, l'Archange Gabriel et la Vierge, en Kersanton, encadrent 4 niches à coquilles, séparées par des pilastres et des trophées Renaissance, dominées par 2 canons. Dans la niche du fronton triangulaire, Dieu le Père. Les passages latéraux sont bouchés par des échaliers empêchant les animaux de rentrer dans l'enclos. La porte centrale était fermée par une grille, uniquement ouverte pour les grandes occasions.

- Calvaire (1610)

Mace en granit de Plounéour Ménez. Ronde bosse en Kersanton. Le calvaire est le dernier en date (1610) des grands calvaires de l’atelier de l’Elorn. Il n'a pas les dimensions de ceux de Plougastel Daoulas ou de Guimiliau, il n'en demeure pas moins remarquable de par la qualité des scènes de la Passion et la Résurrection du Christ sont signées Le Maître, de St Thégonnec, sauf le Christ aux outrages, façade Sud, signé Roland Oré et représentant un bourreau sous les traits d'Henri IV. Le soubassement porte une quarantaine de personnages illustrant 9 scènes de la Passion. Au dessous, on peut voir une petite niche qui abrite la statue du Saint avec le Loup qu'il attela à sa charrette. La plate forme est surmontée d'une croix à 2 traverses portant des personnages. A signaler les anges qui recueillent le sang s'écoulant des plaies du Christ. Façade Ouest, une table d'offrandes devant la statue de St Thégonnec où les dons qui y étaient déposés étaient vendus aux enchères. Les recettes servaient à édifier et entretenir l'enclos.

- l'Ossuaire (1676-1682)

L'ossuaire de l'"Enclos Paroissial", édifié par Jean Le Bescont est sans aucun doute le plus beau et le plus somptueux de tous. Cet ensemble est réparti symétriquement de chaque côté d’une porte centrale, en plein cintre, au dessus de laquelle un fronton interrompu vient accoster la niche de la statue de St Pol Aurélien, il a été transformé en Chapelle. A l'intérieur, voûte en bois, aux clochettes, anges portant les instruments de la Passion du Christ. Retable (1685), dédié au patron de la bonne mort, St Joseph. Dans la crypte, sous l'autel, on voit un St Sépulcre, à personnages sculptés, dans le chêne (1699)-(1702), par Jacques Lespagnol, moyennant la somme de, 1.550 livres, les personnages peints, grandeur nature, sont saisissants. La peinture a été exécutée par Godefroy et Bourricquen, maîtres peintres de Morlaix. A signaler qu'avant la construction de l'ossuaire actuel en (1676), il en existait un autre, détruit en (1850), sur l'un des côtés du cimetière. Une bannière du St patron du (XVIIème siècle), les 2 autres du (XIXème siècle). La façade latérale est partagée en 2 registres par une longue frise portant l’inscription, "C’est une bonne et saincte pansee de prier pour les fidelas trepasses, priez pour nous trepassés car un de ces jours aussi vous en "serz - soiez" en paix".

- le Clocher

Le clocher Gothique et la tour Renaissance, Initialement, l'élément le plus ancien est le petit clocher, à gauche du clocher tour, qui date de (1563). La tourelle de l'escalier est noyée dans le rehaussement de l'église au (XVIIème siècle). De style Beaumanoir, ce clocher est jugé trop modeste et la fabrique décide, en (1599), lors des travaux de reconstruction de l'église, de bâtir une tour qui pourrait rivaliser avec celle de l'église de Pleyben. De puissants contreforts encadrant l'oculus, oeil de boeuf, et l'horloge montent jusqu'à la galerie en encorbellement. 4 clochetons d'angle encadrent le dôme qui porte une lanterne Octogonale surmontée d'un lanternon posé en (1626).

- le Trésor

Bas reliquaire du (XVème siècle). Croix de Procession de (1610). Lampe de Sanctuaire de (1654). Statuette de Vierge à l'Enfant de (1647). Boîtes à huile de (1697). Chandeliers de (1702) et (1704). Ciboire de (1706). Custode du (XVIIème siècle). Calice de (1725), (1742), (1759). Cuvettes de (1755). Coquille de Baptême du (XVIIème siècle). Bassin du (XVIIIème siècle). Croix d'autel de (1752).

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