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- St Etienne
* État : en Service.
* Lieu département: Agde, Hérault 34.
* Région : Languedoc Roussillon.
* Arrondissement : Bézier, France.
* Fonction-usage : Église.
* Culte : "Catholique Romain".
* Type : "Ancienne Cathédrale".
* Rattaché : au Diocèse de Montpellier.
* Début : de la construction (XIIème siècle).
* Style dominant : Roman.
* Classée : "Monument Historique", (1840).

- Historique

La cathédrale d’Agde est dédiée à St Étienne. Le nom d'Agde dérive de celui de l'origine, "Αγαθή Τύχη, Agathé Tyché", la "bonne fortune", ou "Αγαθή Polis", la "bonne ville". Les habitants sont appelés Agathois ou Agathais. Toutefois, seul le gentilé Agathois subsiste dans l'usage courant. Les habitants du Grau d'Agde sont les Grauléens et ceux du Cap d'Agde, les Capagathois.

La Cathédrale St Etienne est une Cathédrale impressionante de par sa couleur noire, ses fortifications et ses proportions. Elle fut édifiée à la fin du (XIIème siècle) sur les fondations d'une ancienne église Romane du (Vème siècle). La ville fut le siège d'un évêché du (Vème siècle) jusqu'en (1790). Sa principale particularité est d'avoir été construite en Pierre Volcanique Noire provenant du mont St Loup, ce qui accentue le caractère imposant de ses fortifications. La Cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des Monuments Historiques" depuis (1840).

Cette église fortifiée est l'oeuvre d'un architecte inconnu. Reconstruite au (XIIème siècle) sur l'emplacement de l'ancien temple de Diane, et d'une l'église Carolingienne ce magnifique monument, avec ses murs de 2 à 3 mètres d'épaisseur et son clocher de 35 mètres de hauteur de forme carrée, faisant office de Donjon, est une véritable prouesse esthétique et technique. Taillée et construite dans le basalte, comme beaucoup d'édifices de la ville d'Agde, extrait des carrières proches qui a donné cette couleur si marquante à la Cathédrale, et c’est la nécessité de se défendre à une époque trouble qui lui a donné cette aspect de fortifiée de la région Languedoc Roussillon. On notera bien sûr le clocher Donjon, le chemin de ronde et les mâchicoulis. La Cathédrale héberge aussi de nombreuses oeuvres d’art. Malgré ses prédispositions à la défense, sa simplicité et ses lignes sobres nous rappelle que la Cathédrale d’Agde est belle et bien d’architecture Romane, et qu’elle est définitivement l’un des bâtiment les plus spectaculaires de notre Département, vous remarquerez à l'intérieur un très joli retable en marbre polychrome du (XVIIème siècle), placés derrière le maître autel, une chaire en marbrerie également du (XVIIIème siècle), et ses orgues de style Baroque Allemand, Gérald Guillemin, qui a été, quant à lui, construit en (1990). Ce n'est qu'en (1453) qu'elle fut érigée au rang de Cathédrale. Les Evêques d'Agde ainsi que le corsaire Claude Terrisse y ont été inhumés.

- le Concile d'Agde

La 1ère église d'Agde, existait au (Vème siècle), Grégoire de Tours laisse entendre qu'elle était alors église Cathédrale. Elle avait été établie sur un cimetière antique, des fouilles ont permis de trouver autour de l'église des tombes des périodes u>Hellénistique (IIème siècle), et Paléochrétienne (Vème siècle)-(VIème siècle). Cette Basilique devint célèbre en (506) lorsque le dernier Concile de la Gaule Wisigothique y réunit à l'église St André, sous la présidence de St Césaire, évêque d'Arles, du temps du règne d'Alaric II qui, de religion Arienne, autorisa la réunion de cette assemblée catholique. La ville fut choisie pour sa situation géographique centrale entre les diocèses de Provence et ceux du Sud-Ouest. Il réunissait 24 évêques catholiques du Royaume Wisigothique, plus 10 délégués de prélats empêchés de se rendre à ce Synode. Sous la présidence de l'archevêque d'Arles, St Césaire, qui en a préparé les travaux et suggéré les décisions, son but était de régler dans le Royaume Wisigothique le statut disciplinaire et temporel de l'Église Orthodoxe. Au moment de se séparer, les Pères décidèrent de se réunir de nouveau l’an suivant à Toulouse. A l'issue du Concile, 49 Canons furent rédigés.

Quelques mesures prises par le Concile, il définit le rite selon lequel tout chrétien doit recevoir la communion 3 fois par an, à Pâques, à la Pentecôte et à Noël. Le peuple doit recevoir la bénédiction du St sacrement après l'Office du soir Canon 30. Le Canon 17 précise certaines modalités concernant l'ordination. Nul métropolitain ne devra prendre sur lui d'ordonner Prêtre ou Evêque, quiconque ne sera pas âgé de 30 ans, qui est l'âge de l'homme parfait, ni de faire Diacre tout sujet n'ayant pas atteint sa 25ème année....

Il convient d'indiquer que si cette loi, à l'époque, était en vigueur, certains évêques s'en affanchissaient en dispensant les sujets qui faisaient preuve d'une "piété remarquable". En pleine période des invasions Barbares, le Concile veut aussi statuer sur les Juifs pour "empêcher ceux ci de contaminer les Chrétiens", tel est le mot d'ordre de l'Eglise au (VIème siècle). Dès (506), le Concile définit dans quelles conditions le Baptême doit être administré aux Juifs. Il semble, d'après les délibérations de cette assemblée, que certains Juifs oscillaient entre les 2 religions. Une fois baptisés, ils pratiquaient plus ou moins ouvertement la religion Ancestrale. Le Concile d'Agde décida en conséquence d'imposer un délai d'attente.

Les Juifs qui veulent se rallier à la foi catholique doivent, à l'exemple des Catéchumènes, se tenir pendant 8 mois sur le seuil de l'église si, au bout de ce temps, leur foi est reconnue sincère, ils obtiendront la grâce du Baptême. Mais si, dans l'intervalle, ils se trouvent en danger de mort, ils pourront être Baptisés avant le terme prescrit. Ce même Concile défendit aux Chrétiens de manger avec les Juifs.

Tout Chrétien, "clerc ou laïc", doit s'abstenir de prendre part aux banquets des Juifs, ces derniers ne mangeant pas des mêmes aliments que les Chrétiens, il est indigne et sacrilège que les Chrétiens touchent à leur nourriture. Les mets que nous prenons avec la permission de l'Apôtre sont jugés immondes par les Juifs. Un Chrétien se montre donc l'inférieur d'un Juif s'il s'assujettit à manger des plats que ce dernier lui présente et si, d'autre part, le Juif repousse avec mépris la nourriture en usage. Déjà édictée par le Concile de Vannes, cette interdiction fut visiblement peu respectée puisque d'autres Conciles la renouvelèrent à plusieurs reprises, Épône (517); Orléans (538) et Mâcon (581). D'après des sources historiques, les évêques eux mêmes n'obéissaient pas à ces prescriptions. Par ailleurs nombreux étaient ceux qui entretenaient des rapports chaleureux avec les Juifs comme en atteste ce témoignage à propos de Cautinus, évêque de Clermont entre (551)-(571).

Avec les Juifs à l'influence desquels il se soumettait, il était en termes familiers, non pour leur conversion, ce qui, en bon pasteur, eut dû être son souci, mais pour leur acheter des objets précieux. On le flattait facilement et ils lui prodiguaient une grossière adulation. Ils lui vendaient alors les choses à un prix plus élevé que leur valeur réelle, "Grégoire de Tours, Histoire des Francs", Denoël, (1974).

Dans le même Concile on ordonna de fustiger les Moines Indociles et les Clercs Coupables d'ivrognerie. Dans le canon 20 du Concile, on défend aux Clercs de porter des habits, qui ne convenaient point à leur état, et commençaient dès lors à s'écarter des rêgles de la modestie et de la bienséance. Le Concile s'inscrit aussi dans la lignée des règles des précédents Conciles qui ont légiféré dans le domaine de la vie consacrée Féminine. Alors que les Conciles Régionaux de Gaule ont déjà abrogé le Diaconat Féminin Nîmes (394)-(396), Orange (441), le Concile d'Agde, interdit aussi de donner le voile aux Moniales avant l'âge de 40 ans. Selon le Concile de Chalcédoine (451), avant cet âge on ne pouvait Ordonner les Diaconesses. De même, le Concile définit les futures règles de clôture. Les monastères de Femmes seront situés à une bonne distance des monastères de Moines, tant à cause des embûches du Diable qu'en raison des Médisances des Gens.

Dans le canon 42 on condamne et on exclu les "clercs et laïcs qui jouent les augures". On condamne également celui qui, Clerc ou Laïc, les consulte. "L'Église le tiendra pour étranger". Le Concile confirme aussi le précepte Dominical Canon 47. C’est à dire que devant la tiédeur ou la négligence de certains il a dû expliciter le devoir des fidèles de participer à la "messe dominicale". Ainsi, le Concile d'Agde est l'une des assemblées qui va l'inscrire dans le droit Canon. Ces décrets de Conciles particuliers, comme une chose tout à fait évidente, ont abouti à une coutume universelle à caractère d'obligation. De même le Concile d'Agde a confirmé la pratique de la Tonsure Canon 20 en insistant surtout sur la nécessité d'une coiffure modeste pour les Clercs. Cette coutume Ecclésiastique restera en vigueur jusqu'en (1972), réforme des ordres mineurs, "Ministeria quaedam" de Paul VI.

L'église St Sever, dite des pêcheurs, église de style Gothique Méridional, construite en (1499) sur l'emplacement d'une église Romane dont certains éléments sont encore visibles. Cette église a été restaurée et très modifiée en (1953) à la suite de l'écroulement de la voûte survenu en (1922). Elle abrite une statue du Christ en bois polychrome datant du (XVIème siècle), classée au titre objet en (1911). Cette statue est portée en procession dans les rues de la ville chaque Vendredi Saint par des représentants des différentes corporations, selon un tradition qui remonterait à (1495). Interrompue depuis (1999), cette tradition est reprise en (2009).

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