Cathédrale
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- Saint Caprais
* Culte : "Catholique Romain".
* Type : Cathédrale.
* Rattaché siège : "Diocèse d'Agen".
* Début de la construction : (XIIème siècle).
* Fin des travaux : (XIVème siècle).
* Style dominant : Gothique.
* Pays : France.
* Région : Aquitaine.
* Département : Lot et Garonne.
* Ville : Agen.

- St Caprais

L'actuelle Cathédrale est bâtie à l'emplacement d'une "Basilique Episcopale" construite au (VIème siècle) dédiée à Caprais, martyr qui fut décapité par les Romains et qui, selon la légende, serait le fondateur de l'évêché d'Agen en (303). Saccagée par les Normands en (853) puis restaurée, elle constituait initialement une église Collégiale, l'état actuel de la Cathédrale est le résultat de plusieurs campagnes de construction, entre la 1ère dédicace de (1279) et la complète réfection au (XIXème siècle).

- de St Etienne à St Caprais

L'ancienne Cathédrale St-Étienne, dont le plan est bien connu, occupait l’emplacement de l’actuel marché couvert. Il s’agissait d’une vaste Basilique commencée au (XIIIème siècle) et dont la construction, sans cesse interrompue par le manque d'argent et les guerres de religion, ne fut jamais véritablement achevée. Edifice de la fin du Moyen Age dont le choeur, très développé, correspondait au modèle Septentrional avec déambulatoire et chapelles rayonnantes. Reconstruite à neuf, à la fin du (XVIIIème siècle) par l'évêque Jean Louis d'Usson de Bonnac. Cet édifice était en travaux de réfection lorsque survint la Révolution, ce qui expliquait l’état de semi ruine dans lequel on le retrouva dans les 1ères années du (XVIIIème siècle) siècle. En (1835), il fut décidé de transférer provisoirement le Siège Episcopal dans l’église St Caprais qui, bien que délabrée, possédait encore une toiture. Plusieurs dessins et gravures nous montrent l’état de l’église à cette époque. Un clocher tronqué, couvert en ardoise, occupait un angle du bras Sud du transept. Seule la nef possédait une toiture à forte pente, alors que des grands pans en tuile canal recouvraient la totalité du transept. Les absidioles, très lézardées, avaient été surélevées et avaient reçu des toitures à pans ou en appentis. Un bâtiment à usage de sacristie occupait le flan Sud de la nef. Lors du Concordat, en (1801), la collégiale St Caprais est choisie comme Cathédrale en lieu et place de l'ancienne Cathédrale St Étienne. A cette occasion, de nouveaux travaux et ajouts sont réalisés, notamment les décorations intérieures.

La 1ère construction, de style Roman, date du (XIème siècle). D'abord, le sanctuaire avec son chevet tout à fait remarquable, puis un carré de transept très vaste, prévu à l'origine pour être couvert d'une coupole, avec ses 4 gros piliers, dont 2 renferment des escaliers. Toutefois, aux (XIIIème siècle) et (XIVème siècle), le dôme est remplacé par des voûtes en arêtes. Une courte nef de 2 travées voit le jour (II siècles) plus tard avec une grande diversité de formes quant à l'élévation avec un triforium ou à la décoration avec de magnifiques chapiteaux sculptés. Les voûtes datent du (XVème siècle) et (XVIème siècle). La tour de l'horloge, de style Gothique, est du (XVIème siècle). La décoration intérieure date du (XIXème siècle) et comprend des peintures aux couleurs vives et enfin le clocher au (XIXème siècle). Cette succession d'époques et de styles donne à cet édifice une allure particulière qui, s'il manque d'unité, ne manque pas de charme. En forme de "Croix Latine" avec 3 chapelles rayonnantes ajourées de fenêtres en plein cintre, elle est typique des églises Méridionales Françaises.

L'église Collégiale est le théâtre de scènes étranges et sanglantes au (XIIIème siècle), à la suite de la Croisade contre les Albigeois. "L'Inquisition" s'étant installée à Agen, l'église sert de cadre à des manifestations contre les Hérétiques. Au cours des "Guerres de Religion", particulièrement féroces dans la région, l'édifice est saccagé en décembre (1561) et subit des dégâts importants, ce qui amène une 1ère restauration au cours du (XVIème siècle). A la Révolution, elle est pillée et dévastée, elle devient un magasin à fourrage avant d'être rouverte au culte en (1796).

- Restauration

Dès les années (1827), l’architecte diocésain Georges Bourière étudia l’édifice et proposa des campagnes de restauration. L’administration centrale, hésitant entre la remise en état de l’ancienne Cathédrale et les investissements nécessaires pour restaurer l’église St Caprais, décida finalement en 1830) de démolir les vestiges de St Étienne, accélérant les projets sur St Caprais qui furent mis à exécution à partir de (1835). Bourière se préoccupa des poussées de l’énorme voûte de l’abside qui avaient provoqué d’importantes lézardes sur les maçonneries du chevet. L’architecte céda à la tentation d’utiliser un matériau moderne, le zinc, pour les couvertures du chevet, ce qui lui permit d’obtenir des pentes très faibles. Le mur bahut de l’abside fut légèrement surélevé et pourvu d’une corniche et de modillons en terre cuite provenant des ateliers Virebent, de Toulouse. Cette corniche fut remplacée assez vite, en (1891), par une corniche et des modillons en pierre dus aux sculpteurs Etrigos et Fumadelles. Bourière esquissa de nombreux projets pour doter St Caprais d’un clocher digne de son rang de Cathédrale nouvellement acquis. Plusieurs styles furent essayés, du Néo Gothique au Néo Roman. Le projet définitif, avec son inversion des styles sur les 2 derniers niveaux, valut à l’architecte les sarcasmes de Mérimée. Bourière modifia également les combles du transept en prolongeant le toit à forte pente de la nef et en créant 3 grands murs pignons en pierre. En (1845), le gros oeuvre était achevé et les travaux de décoration intérieure pouvaient commencer.

L'édifice présente plusieurs particularités architecturales, dont son abside Romane qui se prolonge par un vaisseau Gothique à 1 seule nef. A la demande de l'évêque, Mgr. Jean Aimé de Levezou de Vezins, l'architecte Georges Bourrières reconstruit, de (1838) à (1847), la façade Sud, le clocher et les sols intérieurs. L'ancien campanile en bois est remplacé par le clocher actuel afin d'accueillir les nouvelles cloches. Ce nouveau clocher présente la particularité d'être composé des 3 éléments stylistiques Gothiques, Gothique à Lancettes, Gothique Rayonnant, Gothique Flamboyant curieusement présentés dans leur ordre chronologique inverse.

Bénéficiant de son nouveau statut, l’édifice fit l’objet d’importantes transformations et restaurations au cours de la 1ère moitié du XIXème siècle), la totalité de la décoration intérieure de la Cathédrale étant confiée au peintre Toulousain Jean Louis Bézard. Par la suite, l’édifice ne connaîtra plus que des aménagements mineurs. A partir de (1998), "l’État Propriétaire" du bâtiment, engagea une campagne de travaux de restauration sans précédent, à la réfection de l’électricité et de l’éclairage, en (1999), succéda celle des toitures et des façades du chevet, de (2001) à (2003), puis de l’intérieur de l’édifice (2002)-(2004). Le chantier de St Caprais se présente ainsi comme un cas exceptionnel de restauration d’un ensemble décoratif datant du (XIXème siècle), puisqu’il recouvre l’intégralité des parements intérieurs de la Cathédrale.

La Cathédrale, classée "Monument Historique" en (1862), fait partie d'un des quatre "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France". Depuis (1998), elle fait partie du "Patrimoine Mondial de l'UNESCO".

- Origine de St Caprais

La 1ère église St Caprais occupa le site d’une "Nécropole Païenne", "Christianisée" ensuite. Le nouvel édifice, dont la construction débuta dans les 1ères décennies du (XIIème siècle), comportait un vaste chevet en hémicycle à 3 absides rayonnantes, un transept court et une nef de 2 travées. Les travaux, menés d’Est en Ouest, s’achevèrent au début du (XVIème siècle) l’une des clefs de voûte de la nef porte le Millésime de (1508). La croisée était cantonnée de 4 grosses piles carrées destinées à porter une coupole sur pendentif. Ce type de voûtement, inauguré à St Étienne de Périgueux, fut également utilisé à Souillac, Cahors et, plus près, à St Maurin et à Lectoure. A Agen, la coupole qui devait surmonter la croisée ne fut sans doute jamais réalisée car la lenteur des travaux entraîna un changement de parti en cours de chantier. Cependant, le projet initial explique la présence d’un choeur sans déambulatoire et d’une abside de très grande dimension 14 mètres de portée, voûtée en "cul de four", dispositions destinées à accompagner une nef à files de coupoles. Le voûtement original du "cul de four", renforcé par des nervures rayonnantes, n’a sans doute été réalisé qu’à la fin du (XIIème siècle). On ignore la date à laquelle l’installation d’un Collège de Chanoines conféra à cette église le titre de Collégiale. Ces Chanoines vivaient dans un "monastorium" qui comportait, outre les locaux d’habitation et les annexes, un Cloître et une salle Capitulaire, qui seule subsiste aujourd’hui.

- XIXème siècle
le décor Peint

Originaire de Toulouse, Jean Louis Bézard se vit confier la décoration de la Cathédrale dans sa totalité, fait assez rare, voire unique, qui place ce décor parmi les plus importants en France pour le (XIXème siècle). L’artiste était entré à "l’École des Beaux Arts de Paris en (1819)". Après une série d’échecs, il devint lauréat du "Prix de Rome en (1829)", à 30 ans. A Rome, il côtoya Horace Vernet, Hippolyte Flandrin ou encore l’architecte Victor Baltard. Proche du courant Romantique, il s’intéressa également aux arts décoratifs. Ses principales influences étaient Raphaël, Bellini, Poussin, mais aussi Ingres et Flandrin parmi les modernes. Après s’être essayé à la peinture de chevalet, Bézard se spécialisa dans les grands décors peints à l’huile ou à la cire. Il participa à plusieurs chantiers Parisiens et, en (1845), se vit confier la décoration de la Chapelle de l’Hospice St Jacques, à Agen, pour laquelle il réalisa également les cartons des vitraux. Ces décors ont disparu lors de la transformation de l’hospice en "Hôtel du Département", mais nous sont connus par les photographies prises avant les démolitions. C’est à la même époque que Bézard commença le décor de la cathédrale d’Agen par la chapelle de la Vierge, chantier qu’il poursuivit, avec des interruptions, jusqu’en (1869). Le programme Iconographique fut imposé au peintre par le Clergé, qui était Commanditaire, non sans débats entre Bézard et l’abbé Deyche, le Curé de la Cathédrale. Pour le grand "cul de four", le choix se porta sur le martyr des Sts Agenais. Le reste de l’iconographie est complexe, mariant tout à la fois iconographie Locale et iconographie Mariale, avec de grandes figures de la Bible, mêlant Ancien et Nouveau Testaments. Les modèles décoratifs, en particulier les médaillons des arcs de la croisée, ont été puisés dans le décor des églises Siciliennes de Palerme et de Monréale. Les grands cycles décoratifs des bras du transept et de la nef sont également dus à Bézard, aidé pour leur réalisation par un peintre local, nommé Tartas.

- Restaurations

Au moment de l’intervention sur la corniche de l’abside en (1891), les couvertures en zinc de Bourière furent remplacées par des couvertures en tuiles modernes. Ces couvertures, composées de nombreux modules différents, étaient devenues difficiles à entretenir. Lors de la restauration du chevet, entre (2001) et (2003), elles ont été refaites en tuile canal, adoptant un mode de toiture à pans séparés par des arêtiers. Les parements en pierre du chevet étaient encrassés et rongés par la pollution urbaine. Pour remplacer les éléments les plus altérés, 3 pierres d’origines différentes ont été utilisées afin de respecter le panachage existant dans la construction, celles de Moirax et de Puymirol, dans le Lot et Garonne, et celle d’Ordan Larroque, dans le Gers. Le nettoyage de la pierre a été effectué par projection à faible pression de poudre d’alumine, dans une brumisation d’eau. Les modillons anciens ont été pré consolidés et nettoyés par compresses et micro grommage. Ce travail a permis de confirmer l’authenticité d’un grand nombre de modillons et de chapiteaux des absidioles et de découvrir le niveau de qualité de la sculpture du (XIXème siècle).

La restauration des intérieurs concerne avant tout le grand décor peint de Bézard, mais aussi les vitraux et le mobilier de la Cathédrale. Dans les années (1960), les fresques du (XIXème siècle) étaient dénigrées et l’on par la même de décaper l’abside et le "cul de four" pour retrouver la pierre. Ce projet ne vit heureusement pas le jour mais, à la même époque, une peinture grise fut appliquée consciencieusement sur l’ensemble des éléments décoratifs de la nef et une partie de ceux du transept. La principale difficulté technique du chantier fut d’enlever cette peinture moderne, tout en conservant les grandes lignes du décor sous jacent, réalisé dans ces parties non figuratives avec des peintures à base de chaux. Les dégagements ont été effectués essentiellement de façon mécanique, avec un scalpel. Dans les parties les plus usées, le décor a pu être restitué grâce aux vues photographiques antérieures à l’application de la peinture grise. Dans le choeur et sur les grands arcs de la croisée, le décor historié peint à l’huile, s’il n’avait pas été recouvert, supportait en revanche une couche de crasse accumulée depuis plus de 150 ans. La peinture, solide et bien fixée à son support, a pu être nettoyée par simple gommage. Sur le "cul de four", les importantes lézardes qui avaient réapparu depuis les travaux de Bourière ont dû être remaillées et injectées. Les usures et les lacunes dues aux infiltrations ou aux fissures ont été retouchées à l’aquarelle. La magnifique collection de Chapiteaux Romans que comporte la Cathédrale a été redécouverte et répertoriée à l’occasion du chantier.

- Orgue de la Tribune

En (1847), le facteur Larroque propose 2 devis pour la construction d'un "Grand Orgue" pour la Cathédrale. Ceux ci sont refusés. La fabrique refuse également les devis soumis par Aristide Cavaillé Coll, par Jules Magen et par Prosper Moitessier. En (1855), Nicolas Henry propose un devis qui est accepté, mais le facteur abandonne le projet vu son grand âge. Néanmoins, il recommande à la fabrique de s'adresser à Jean Baptiste Stoltz. La maison Stoltz et Schaff propose au "Ministre des Cultes" de livrer l'orgue qu'elle avait construit pour "l'Exposition Universelle de Paris" de cette même année. Selon la légende, l'instrument est acheté par l'Impératrice Eugénie en (1856) et l'offre à la Cathédrale qui, jusque là, ne possédait pas d'instrument. Le 23 juin (1859), les travaux sont terminés et l'instrument est inauguré en Juillet. En (1867), à la suite d'un violent orage, les frères Stoltz proposent un devis de réparation du "Grand Orgue". Les facteurs agrandissent l'instrument et l'améliorent afin qu'il puisse s'adapter au répertoire en pleine évolution de l'époque. Les travaux sont terminés le 20 Octobre (1868). En (1922), Charles Mutin effectue un relevage et effectue quelques transformations.

En (1954), les Établissements L.E. Rochesson commencent une restauration de l'orgue qui sera terminée par la maison Gonzalez. L'orgue est profondément modifié dans l'esthétique Néo Classique. La traction est électrifiée tandis que le plan intérieur de l'orgue et son harmonisation sont modifiés. L'orgue est à nouveau agrandi pour atteindre 50 jeux sur 3 claviers de 61 notes et un pédalier de 30 notes. Il est inauguré le 13 Octobre (1954) par André Marchal. En (2000), le buffet et la partie instrumentale sont classés "Monument Historique". En (2004, la restauration de l'instrument est confiée à la "Manufacture Languedocienne de Grandes Orgues", dirigée par Charles Emmanuel Sarelot, et au facteur Claude Berger. La restauration a consisté à installer une nouvelle mécanique, et à retrouver les sonorités d'origine, de sorte que l'instrument soit proche de ce qu'il était en (1859). L'inauguration de l'orgue s'est déroulée du 1er au 22 Avril (2007) avec le concours de André Isoir, Michel Chapuis, Eric Lebrun et Marie Ange Leurent Lebrun, Pierre Pincemaille et du titulaire Jérôme Chabert. C'est le plus grand instrument du Département de Lot et Garonne, avec 45 jeux répartis sur 3 claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes.

- Orgue de choeur

Fabriqué par Jules Magen en (1885), il possède 15 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier. Il a été restauré par Maurice Puget en (1930). La partie instrumentale est classée "Monument Historique" le 13 Septembre (1982). Il a été rénové en (2002).

- Chronologie


* XIIème siècle : Construction de la Collégiale. Il en subsiste le chevet et les parties basses du transept.
* XIVème siècle : Construction de la nef sur d'anciennes fondations.
* 1803 : La Collégiale St Caprais devient Cathédrale après la démolition de la Cathédrale St Etienne à cause de son mauvais état.
* 1838-1847 L'architecte Bourière reconstruit la façade Sud, le clocher et les sols intérieurs de la Cathédrale.
* 2002 : Restauration de la toiture du chevet et des absidioles.

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