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Glossaire - Biographies
Chronologie - Evêques
Photos

(Chef Lieu du Département Maine et Loire, sur la Maine.)

-Historique

La 1ère église d'Angers date du (VIème siècle). Elle est dédiée à la Vierge. Lorsque St Martin offre à Angers des "fioles contenant le sang de martyrs", parmi lesquels se trouve celle de St Maurice, la cathédrale change de patronyme, après une période de coexistence entre les 2 patronages. L'église est reconstruite au (VIIIème siècle). Elle bénéficie d'une durable protection Carolingienne. Un 1er incendie entraîne une reconstruction au (IXème siècle), engagée par l'évêque Hubert de Vendôme. En (1032), un nouvel incendie détruit en grande partie le travail accompli. L'évêque Geoffroy de Tours entreprend une remise en état à la fin du (XIème siècle). La nef est reconstruite dans la 1ère moitié du (XIIème siècle). Il s'agit d'une des 1ères nefs dotées d'une voûte d'Ogives après St Denis. Elle est achevée vers (1153) . Le transept est reconstruit de (1190) à (1236). Le choeur est agrandi à partir de (1274). A la fin du (XVème siècle), la Cathédrale reçoit en don la splendide Tapisserie de l'Apocalypse.

La Cathédrale St Maurice commencée au milieu du (XIIème siècle) et achevée vers (1270), elle est le 1er édifice où apparaît le style "Gothique Plantagenêt Angevin". Celui ci se caractérise par la présence d'une nef, elle est un des plus bel exemple d'adaptation entre le "Roman et le Gothique". Elle comporte une nef Romane couverte de voûtes originales, dites, Angevines, ouvrant sur un transept et un choeur Gothiques. Oeuvre de 2 évêques ambitieux et cultivés, Normand de Doué et Guillaume de Beaumont, qui se succédèrent à l'évêché d'Angers, l'édifice conserve un magnifique ensemble, sculpté influencé par le Portail Royal de Chartres, et un remarquable décor peint du (XIIIème siècle) découvert aux alentours de (1980). La verrière peinte d'après la Vie de St Julien, dans le transept, est un chef d'oeuvre de la peinture sur verre du milieu du (XIIIème siècle). Très décorées avec des nervures fines qui se multiplient de la nef vers le choeur, on peut découvrir l'évolution de ce Gothique particulier à cette région, au travers de plusieurs édifices, subsistants dans la ville. A la Cathédrale St Maurice, on peut également admirer un très bel ensemble de vitraux du (XIIème siècle), (XIIIème siècle), et (XVème siècles). Elle subit par la suites diverses avanies assez courantes, un clocher qui prend feu en (1533), un saccage des Protestants en (1562) et des remaniements malencontreux. En (1745), le trumeau est détruit et les statues d'Apôtres qui ornaient le linteau sont remplacés par un arc en granit. Les Révolutionnaires font main basse sur le trésor de la Cathédrale. Au (XIXème siècle), des restaurations sont entreprises. Les flèches sont reconstruites au début du (XXème siècle).

- Configuration

La façade Occidentale n'est pas Harmonique, puisqu'elle ne comporte qu'un portail. Au dessus de ce portail, une grande baie cintrée est entourée d'arcatures aveugles. Le haut du massif se compose d'une galerie de 8 niches abritant des statues de Chevaliers et de 2 baies étroites entourées, là encore, d'arcatures aveugles. Enfin, au delà d'une balustrade, on trouve une tour couverte d'une coupole, qui date du (XVIème siècle) Sur les côtés s'élèvent 2 tours dont les 1ers niveaux sont ornés de bandes Lombardes. Le 2ème niveau est rythmé par 4 grandes arcatures. Au Nord comme au Sud, les 2 arcades placées aux extrémités sont aveugles. Mais au Nord, les 2 arcades centrales sont divisées en 2 verticalement et encadrent 4 petites baies. Au Sud, les 2 arcades centrales sont ouvertes. Les 2 tours sont surmontées de hautes flèches, entourées de lanternons.

Le portail Ouest, bien qu'un peu écrasé par la hauteur de la façade, est l'élément le plus intéressant. Le tympan est consacré à l'Apocalypse, on y voit le Christ entouré du Tétramorphe, les vieillards se trouvent dans, 2 des 4 voussures, dans les, 2 autres voussures, on voit des Anges. Le linteau a été complètement démoli. Dans les ébrasements, on trouve, à droite, Moïse, la Reine de Saba , à gauche se trouve David, Salomon, et peut être Melchisédech et Esther. Il est difficile d'avoir un aperçu extérieur de la nef, car diverses constructions sont venues se greffer sur son flanc Sud et le flanc Nord n'est pas accessible, on perçoit cependant les grandes baies cintrées, séparées par de larges contreforts.

Le Transept Sud est dépourvu d'entrée monumentale. Il est dominée par une "Rose Rayonnante", inscrit dans un arc brisé. Le pignon qui surplombe l'ensemble est orné de 4 arcades, dont 2 aveugles aux extrémités.

Le Chevet est très sobre. Dépourvu d'arcs boutants, il est divisé verticalement par de minces contreforts, le seul décor est constitué par les baies à 2 lancettes surmontées de roses, une balustrade court entre les contreforts.

La Nef se compose d'un vaisseau unique de 3 travées. L'élévation est à 2 niveaux. Une galerie de circulation, avec une balustrade en fer forgé, court devant les fenêtres, composées de 2 baies cintrées et géminées par travée. Le 1er niveau est composé d'une arcade aveugle formant une sorte de niche peu profonde. La nef est voûtée d'ogives de type "Gothique Plantagenêt Angevin", ce qui signifie qu'elles sont bombées de telle sorte que la clef de voûte est plus élevée que la clef des arcs formerets et doubleaux.

La galerie est soutenue par de jolis modillons têtes humaines, bestiaire, dans la 3ème travée se trouve une belle Chaire en bois sculpté.

Chaque croisillon du transept comporte une seule travée dont l'élévation est presque semblable à celle de la nef, la large arcade aveugle est remplacée par plusieurs petites, les murs de fond reprennent également cette élévation, en substituant une rose aux fenêtres, les voûtes, plus tardives et plus complexes, sont Octopartites. Dans le croisillon Sud, on trouve 2 chapiteaux historiés qui raconte l'Annonciation, sur le 1er chapiteau, on voit l'archange Gabriel, qui fait une légère révérence, sur le 2ème, la Vierge acquiesce et retient les pans de son manteau.

Le Choeur date de la fin du (XIIème siècle). Il est coupé de la nef et du transept par un autel Baroque, on y trouve la galerie de circulation déjà présente dans la nef et le transept, le rond point, à 7 pans, il est éclairée par des baies à 2 lancettes surmontées de roses, il est précédé d'une travée droite à voûte Octopartite.

- Donation entre patronage

"Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité. Moi Ulger, indignement dit évêque de l'Eglise d'Angers, je désire qu'il soit précisé à tous, présents et futurs, que Mathieu fils de Giraud, sur le point de partir pour Jérusalem, m'a demandé d'édifier une église et de bénir un cimetière sur sa terre dite Belle Noule, en concédant et attribuant à l’Eglise St Maurice d'Angers? et à moi même, à Perpétuité, le Presbytérat de cette église de telle sorte que m'appartienne le libre pouvoir d'en nommer et déposer le Prêtre. Ont vu, entendu et concédé Marthe, épouse du dit Mathieu, et ses fils Giraud et Geoffroi qui ont déposé l'acte sur le Maître Autel de l'église St Maurice d'Angers, étaient présents à cette donation Geoffroy Doyen, Richard Archidiacre, Bohémond Archidiacre, etc. suivent des noms de chanoines de la cathédrale".

Cependant, le Seigneurs des Paroisses affirmaient, poussés davantage croyons nous par l’avarice et l’orgueil que par un souci de justice, que cette terre de Mathieu relevait de droit de leurs Paroisses, Mathieu et beaucoup avec lui disaient au contraire que cette terre avait fait partie de la grande forêt du Comte Foulque ? et n’avait jamais appartenu à aucune Paroisse, en fait, au gré de Giraud, père de Mathieu, et de Mathieu lui même, les habitants cette terre fréquentaient tantôt l’une, tantôt l’autre des églises du voisinage sans opposition ni contrainte, les arguments respectifs ayant été entendus, les avis exprimés et date prise, Mathieu prêta le serment suivant dans la Salle Capitulaire de St Maurice "Les hommes et les femmes de ma terre dite Belle Noue, aussi bien du temps de mon Père n’ont jamais été dans l’obligation d’aller et ne sont jamais allés dans aucune Paroisse en vertu d’un quelconque droit Paroissial, m’en soient témoins Dieu et ces Saintes reliques. Fait, comme il a été dit, au Chapitre de St Maurice, siégeant et entendant les Chanoines et les Prêtres de St Maurice et de nombreux autres".

Découvertes en (1984), ces peintures étaient cachées derrière les stalles actuelles, sur le mur de l'Abside. Elles relatent la vie de St Maur Ille, évêque d'Angers, et notamment le Miracle de la Résurrection de St René, devenu ensuite Chanoine de la Cathédrale. D’abord datées du début du (XIVème siècle), elles furent plus probablement réalisées sous l’épiscopat de Michel Villoiseau (1240)-(1260), peut être sur la commande du chantre et à l’occasion du transfert des reliques de St René.

Il est intéressant de noter la nette séparation entre l'espace de l'évêque et l'espace du Chapitre à l'intérieur de la Cathédrale. A l'évêque, le maître autel avec la châsse de St Maurille et les bancs pour les célébrants qui l'entourent. Au Chapitre, l'autel de St René, situé tout au fond de l'Abside, derrière le maître autel, et devant lequel s'agenouillent les Chanoines en allant de la sacristie au choeur, ils font tout le tour de l'Abside, suivant un rituel très précis, avant de rejoindre leurs stalles. Une suggestion en réponse à l’interrogation de M.P.Subes, pourquoi 2 scènes sur la consécration épiscopale de Maurille ? La 2ème ne serait elle pas la confirmation demandée à l’archevêque de Tours ?

- le Cloître des Chanoines

Jusqu'à la Révolution, 30 Chanoines étaient attachés à la Cathédrale. De l'ensemble des bâtiments communs du Chapitre St Maurice, il ne reste que 2 arcs, vestiges de la "Salle du Chapitre" et 3 Travées de la galerie Orientale du Cloître (XVème siècle) avec au dessus une partie de l'ancienne Bibliothèque. L'aile du cloître le long de la Cathédrale était occupée par 2 Chapelles dont il ne subsiste que celle de St Jean fin (XIVème siècle). Mais les 2 plus importantes Chapelles étaient celle de Ste Anne, abritant aujourd'hui le Trésor, et surtout celle de N.D.de Pitié au Sud, qui servait d'église Paroissiale. Celle ci fut en grande partie tronquée au début du (XIXème siècle), on y remarque encore 2 Nefs, l'une au Nord du début du (XIIIème siècle) et l'autre au Sud résultant d'agrandissements à la Renaissance.

- les Tombeaux

L'usage d'inhumer les évêques dans la cathédrale s'établit au (XIème siècle) et (XIIème siècle. De cette 1ère époque, on peut voir dans la Nef les Enfeus "niches funéraires" des évêques Raoul de Beaumont et Ulger, ce dernier conserve son exceptionnel parement en bois du (XIIème siècle), encore revêtu en partie de lames de cuivre décorées de vernis brun. Victimes du vandalisme des âges, quelques tombeaux subsistent néanmoins dans le transept du côté du "Palais épiscopal". Ils présentent une remarquable évolution de l'art funéraire de l'époque Gothique au (XIXème siècle). Depuis 2 Siècles, les évêques sont inhumés dans un grand caveau au centre de la Nef.

- le Trésor

Il demeure l'un des plus riches de France. Rares sont les objets originels du trésor mais ils sont du plus haut intérêt, la baignoire antique comme l'Urne de Cana, "d'époque antique ou copie médiévale", furent pour leur part données par le Roi René. Les fouilles des tombes des évêques dans la Cathédrale ont permis de retrouver un "mobilier liturgique Médiéval". Au (XIXème siècle), des objets anciens provenant des églises du diocèse furent rassemblés et complétés par une production contemporaine remarquable que l'on doit aux plus grands Orfèvres Français. En (2003), le Général Beaussant a donné un remarquable Retable en bois, peint vers les années (1480) par un artiste Angevin dont on ne connaissait jusqu'alors que de très belles miniatures.

- les Tapisseries

La Cathédrale d'Angers possède le plus important trésor de Tapisseries d'Europe. A côté de la tenture de l'Apocalypse, léguée à la Cathédrale par le Roi René en (1480), se trouvent aujourd'hui 90 pièces de tapisserie qui forment un véritable panorama de la production lissière des Flandres et de France du (XVème siècle) au (XVIIIème siècle. Ce trésor, reconstitué durant la 2ème moitié du (XIXème siècle), permet de maintenir la tradition séculaire de présentation des tapisseries dans les édifices Religieux. Longtemps suspendues pour quelques fêtes annuelles, elles le sont désormais pour la "Saison Estivale" de la St Jean à la St Maurice. Ainsi, par roulement, une quinzaine de pièces orne les murs de la Nef et du Transept, respectant une Logique Liturgique.

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