Retour

Glossaire - Biographies
Chronologie - Evêques
Photos

- Saint Louis de Blois


- Présentation
* Culte : Catholique romain.
* Type : Cathédrale.
* Rattachement : Diocèse de Blois (siège).
* Début de la construction : (1544).
* Fin des travaux : (1700).
* Style dominant : Gothique tardif.
* Protection : Monument Historique Classée 9 août (1906).
.
- Situation.
* Pays : France.
* Région : Centre Val de Loire.
* Département : Loir et Cher.
* Ville : Blois.

- Historique

C'est au (Vème siècle) que la chapelle St Pierre, 1ère église de Blois, est érigée sur la colline en face du château. Au (VIIème siècle, Solenne, évêque de Chartres, est enterré dans cette chapelle. Peu avant la mort de Thibaut le Tricheur, en (977), une crypte est aménagée afin d'y déposer les reliques de St Solenne. Au début du (XIème siècle, devant l'afflux de pèlerins, sa veuve et les fils du Comte fondent un chapitre de Chanoines. Le choeur est exhaussé sur la crypte. La crypte est agrandie à 2 reprises et devient l'une des plus vastes de son époque. Cette crypte constitue aujourd'hui la partie la plus ancienne de l'édifice. En (1132), l'évêque de Chartres confie la collégiale St Solenne aux chanoines de l'abbaye Notre Dame de Bourgmoyen située près de la Loire, aujourd'hui disparue. Ils entreprennent de nouveaux travaux vers (1150). Il ne subsiste que l'étage inférieur du clocher actuel et l'amorce une arcade en plein centre de la nef Romaine. Le porche oblique de la façade Occidentale est construit au cours du (XVème siècle).

L'église est reconstruite en (1544) à l'initiative de François Ier, en terminant par la façade et les étages supérieurs du clocher, mais la structure reste fragile. Le lanternon sommital du clocher est construit entre (1603) et (1609). Le 6 Juin (1678), un ouragan brise les grandes verrières, soulève les lambris de la nef et ruine l'édifice. Après ce sinistre, la reconstruction est entreprise grâce à l'intervention de Colbert, dont l'épouse était originaire de Blois. L'édifice est reconstruit dans un style Gothique Tardif entre (1679) et (1703) par Arnoult Séraphin Poictevin, "architecte des bâtiments du Roi", et conserve l'abside à 5 pans et la façade Renaissance.

Avant de devenir Cathédrale, elle avait titre de Collégiale et était placée sous le patronage de St Solenne. Pour célébrer la promotion de l’église au rang de Cathédrale en (1697), Louis XIV offrit le buffet d’orgue en (1704). C’est la raison pour laquelle le nouveau siège épiscopal fut placé sous le patronage de (St Louis). Depuis sa construction, l'édifice a subi très peu de transformations. Au milieu du (XVIIIème siècle le cimetière est supprimé et transféré hors les murs. A la même époque, création de la place St Louis. Au moment de la Révolution, le 28 Novembre (1793), la cathédrale devient un "Temple Décadaire". Le décor sculpté du choeur est terminé en (1847). En (1867), l'architecte Jules Potier de La Morandière construit un déambulatoire à 3 chapelles.

En (1954), la façade Ouest ne résiste pas à une tempête et le vitrail s'effondre. Le ministère des Beaux Arts supervise sa restauration ainsi que le montage d'un mur de protection en briques, derrière l'orgue. Depuis sa reconstruction, l'édifice actuel a subi très peu de transformations. Les bombardements Américains lors de la 2ème guerre mondiale avaient détruit la plupart des vitraux de la cathédrale. Le 22 Décembre (2000), on a inauguré les nouveaux vitraux créés par l'artiste Hollandais Jan Dibbets et le maître verrier Français Jean Mauret, et ce dans le cadre d'une restauration générale de l'édifice entreprise en (1985). Les nouveaux vitraux couvrent 33 baies, hautes et basses, et représentent une surface totale de plus de 360 mètres².

- l'Extérieur, la Façade

Datée du milieu du (XVIème siècle), la façade témoigne d'un compromis entre le style Gothique Tardif traditionnel et les débuts du Classicisme. On y trouve des éléments Médiévaux tels les gargouilles, les contreforts coiffés de pinacles ainsi que le pignon aigu qui surmonte le tout, mais aussi des éléments classiques tels le fronton triangulaire, les médaillons en ronde bosse dans les écoinçons. La partie la plus remarquable est la "tour clocher" située au Nord de la façade et qui domine toute la ville. Si son soubassement date du (XIIème siècle), la construction débuta en (1544). Elle est pourvue de "Colonnes Ioniques et Corinthiennes" qui témoignent du passage au style Classique. Le dernier étage est coiffé d'un dôme surmonté d'un lanternon édifié en (1603). Ce dôme paraît être une réplique de ceux qui coiffent les tours de la cathédrale St Gatien de Tours. L'ensemble est élégant et très harmonieux. La tour comporte 7sept cloches qui sonnent le (do), (ré), (mi), (fa), (sol), (do) dièse et ré) dièse.

- l'Intérieur

La cathédrale est composée d'une large nef à collatéraux Nord et Sud ((1680)-(1700)) sur lesquels s'ouvrent des chapelles latérales, ainsi que d'un choeur avec son déambulatoire. Il n'y a pas de transept. Le choeur possède une abside à 5 pans du (XVIème siècle) et du (XVIIème siècle). Encadrant le choeur, le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes datent du (XIXème siècle). Dans les fenêtres hautes se trouvent des vitraux du (XIXème siècle) dus à Lobin). Le déambulatoire ajouté au (XIXème siècle) avec ses piliers torsadés est un pastiche du style Louis XII, exemple plaisant de l'éclectisme architectural du "Second Empire". Après l'ouragan de (1678), seuls la façade, l'abside à 5 pans et les piliers du choeur furent réutilisés. A cette occasion on recouvrit pour la 1ère fois le sanctuaire d'une voûte d'ogives. L'église possède une seule chapelle fort ancienne, datant du (XIIème siècle) et située à gauche sous la tour, avec voûte d'ogives d'époque retombant sur des chapiteaux à feuilles d'acanthe. Du côté droit dans la 1ère chapelle se trouve un bas relief en marbre représentant le baptême du Christ et récupéré du tombeau de la mère du Roi de Pologne et Duc de Lorraine Stanislas Leszczynski, décédée à Blois. La cathédrale abrite encore un autre bas relief de marbre blanc appelé La "Mémoire et la Méditation", oeuvre de Louis II Lerambert datée de (1660). le buffet d'orgue Clicquot est un cadeau offert par Louis XIV en (1704).

- la Crypte

La crypte St Solenne se trouve sous le choeur de la cathédrale. C'est en (1927) que l'on a découvert les vestiges d'une église carolingienne, bâtie à la fin du (Xème siècle) par les Comtes de Blois pour abriter les reliques de St Solenne, évêque de Chartres. Plus tard, au (XIIème siècle), lors de l'édification de l'église suivante, le choeur de cette église carolingienne devint une crypte. Dans la crypte seul subsiste le vaisseau central et l'abside de cette ancienne église basilique. Derrière l'autel, on voit la trace de son abside semi circulaire. Sur le côté gauche, un caveau abrite les tombes des évêques de Blois.

- l'Orgue de tribune

Le 1er orgue de la cathédrale est construit par Jean Baptiste et Robert Clicquot en (1703) dans un buffet donné par le Roi Louis XIV. Il s'agit d'un Orgue de 8 pieds sonnant le seize. Cet orgue comprend 35 jeux et 51 rangs répartis sur 4 claviers manuels, Grand-Orgue et Positif de 48 notes, Echo de 32 notes, Récit de 25 notes et une pédale de 30 notes. Les mécaniques sont acheminées par bateau en juin et la pose est immédiate. Il est réceptionné par Nicolas Lebègue le 25 Août. Au moment de la Révolution, en Juillet (1789), le clergé et l'organiste, Léonard Mathieu, souscrivent aux vues nouvelles et contribuent ainsi à la sauvegarde de l'Orgue. Lorsque la cathédrale devient "Temple Décadaire", le 28 Novembre (1793), la décoration du buffet, dans ce qu'elle avait de symbolique, fleurs de lys, emblèmes royaux et épiscopaux, est détériorée, mais, le 18 Décembre, la Commission temporaire des Arts protège l'orgue, lequel échappe à la vente du mobilier national, décidée le 6 Mars (1794). Sur demande d'un directeur, le 1er Septembre (1794), Jean Baptiste Isnard (1726)-(1800)) effectue des réparations dont le coût s'élève à 700 livres.

Le 11 Mai (1799), ce même Isnard redonne voix à un orgue devenu injouable et apporte quelques modifications : ajout d'une note au Grand-Orgue et au Positif, remplacement, au Positif, du Larigot par un dessus de Flûte (8') et de la Voix humaine par une Trompette (8'); remplacement, au Grand Orgue, de la Flûte (4') par une Trompette (8') et de la Quarte (2') par un dessus de Flûte (8'); refonte de l'Écho qui ne conserve que le Bourdon (8'), ajout d'un Clairon (4') à la Pédale qui est réduite à (25) notes; le Récit reste inchangé.

Des réparations sont effectuées, en (1804), par le facteur Jacques Huet et en (1829) par le facteur Janvier. Dès (1834), on pense à reconstruire l'instrument et de (1835) à (1838), Louis Callinet le remanie, sans l'agrandir, pour la somme de 6.055 francs payés par l'État. Les rapports de Pierre Marie Hamel, Août (1848) et Octobre (1849), celui de Joseph Merklin & Schütze (1857), le devis et le descriptif des travaux de reconstruction soumis par Joseph Merklin (1878) conduisent aux travaux qui seront exécutés par Joseph Merklin entre (1880) et (1882). Son projet consiste à rebâtir toute la partie instrumentale dans le buffet Louis XIV, mais sur 3 plans manuels au lieu de 4, avec console retournée, machine Barker et combinaisons diverses, bref, un orgue symphonique, fonds nombreux, anches puissantes, boîtes expressives. Au cours du (XXème siècle), l'orgue ne connaît guère d'interventions mise à part celle du facteur Dulaquais qui, en (1909), pose un ventilateur électrique tout en conservant les 2 pédales de l'ancienne soufflerie. Le buffet est classé "Monument Historique" le 17 Novembre (1908).

Lorsque le vitrail de la façade Ouest est restauré suite de son effondrement en (1954), on profite de l'occasion pour rénover l'instrument et lui ajouter 4 jeux afin d'élargir sa palette sonore dans un esprit Néo Classique. Confiés au facteur Joseph Gütschenritter fils, les travaux sont réceptionnés par Albert Alain et Félix Raugel et inaugurés par André Marchal. Les modifications suivantes sont apportées, les rangs du Cornet du Grand Orgue sont séparés, la Bombarde de ce clavier est transférée au Récit et remplacée par un Fourniture de IV rangs empruntant des rangs au Cornet et incluant des tuyaux neufs, au Positif, on ajoute un Doublette et une Tierce; quant au Récit, il reçoit la Bombarde à la place de la Voix humaine, plus un Clairon et une Fourniture, conçue comme une Cymbale. L'orgue comporte alors 39 jeux répartis sur 3 claviers de 56 touches et un pédalier de 30 notes. La partie instrumentale de l'instrument, datant de (1703) et (1880), est classée "Monument Historique" le 2 Juillet (1979). Après un relevage effectué par Philippe Emeriau en (1996), l'orgue est reconstruit par le facteur Bernard Hurvy en (2000).

- l'Orgue de Choeur

En (1846), Louis Bonn installe l'orgue de choeur qui sera reconstruit par Joseph Gütschenritter père, en (1927), et inauguré par Joseph Bonnet. L'instrument a été relevé par le facteur Robert Masset en (1966).

- les Restaurations

La cathédrale, a bénéficié depuis une quinzaine d'années d’un important programme de restauration. Les travaux de nature très diverse ont été menés sous la maîtrise d'ouvrage de la direction régionale des Affaires culturelles de la région Centre, conservation régionale des monuments historiques, et sous la maîtrise d'oeuvre des architectes en chef des Monuments Historiques, Pierre Lebouteux et Patrick Ponsot.

Cette opération dont le coût total s’élève à 20,3 MF a été réalisée en plusieurs tranches :
1) (1985)-(1986) : restauration des vitraux historiés du (XIXème siècle) conservés dans le choeur de la cathédrale : 0,6 MF.
2) (1989)-(1992) : restauration complète de l'imposante tour clocher de la Renaissance : 14,7 MF.
3) (1993)-(1994) : restauration de la façade principale et de son porche : 3,6 MF, et 200.000 Francs pour des interventions ponctuelles
   d'entretien.
4) (1996) : révision des installations techniques, installations électriques, systèmes de détection d'incendies, issues de secours : 1,2 MF.
   Durant cette période, le clergé, affectataire cultuel, faisait remettre aux normes les installations de chauffage.

Haut de page