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(Cahors, chef lieu du département du Lot, sur le Lot.)

- Historique

Véritable joyau architectural, la Cathédrale fut édifiée au (XIème siècle) par l'évêque Géraud III de Cardaillac, grâce aux libéralités de Dagobert, sur l'emplacement de l'ancienne église bâtie au (VIIème siècle) par St Didier. Elle fut consacrée par le pape Calixte II le 10 Septembre (1119), l'essentiel est achevé vers (1120). En (1135), on réalise le portail Ouest. Au (XIVème siècle), l'édifice étant menacé d'écroulement par ses lourdes coupoles, 18 mètres de diamètre et 32 mètres de haut, la façade Occidentale est considérablement alourdie pour renforcer la structure de la cathédrale.

La Cathédrale au centre de Cahors, est une église forteresse d'allure austère, militaire. D'ailleurs les évêques n'étaient ils pas aussi comtes et barons de Cahors. La façade rajoutée entre (1316)) et (1324) par Guillaume de Labroue, cousin de Jean XXII, renforce encore cette impression, lourde, elle ressemble à la muraille d'un château, le narthex est surmonté d'un beffroi encadré de 2 tours, à peine est elle aérée par 6 baies étroites, un portail à triple voussure surmonté d'une galerie et d'une rose.

L'intérieur frappe par l'absence de transept. Elle appartient au style à coupole du Sud-Ouest. Avec une façade fortifiée Romane, dont le portail Roman, réalisé entre (1140) et (1150), forme un avant corps sur la façade Nord. Le tympan qui ornait initialement cette façade est transféré sur la façade Nord. Entre (1495) et (1509), on adjoint un cloître à la cathédrale. Les guerres de Religion, puis la Révolution, causent de grands dommages à l'édifice et à son cloître.

- La façade Occidentale

Large de 56 mètres, elle est construite au (XIIIème siècle) devant la 1ère travée de la nef. C’est un important massif Barlong à 3 niveaux et de caractère sévère. Au niveau inférieur, le porche peu profond et 2 baies éclairent les chapelles de part et d’autre du narthex. Au niveau supérieur s’élève en partie centrale le clocher qui ne reçoit son couronnement qu’au (XVIIème siècle), le portail à triple voussures, une rose encadrée de 2 petites fenêtres, une petite horloge flanquée de 2 autres fenêtres étroites à arcades géminées, et le clocher, avec une rose au milieu. Cette façade massive a été construite dans un double but, pour consolider l'édifice, d'une part, et pour répondre à un mouvement de fortification de la ville, son architecture est à rapprocher de celle du Pont Valentré.

- La façade Nord

Le portail Nord est orné d'un tympan sculpté en (1135), transféré au (XIIIème siècle) de la façade Occidentale, qui présente de grandes similitudes avec celui de Moissac. L'intrados, profond, est dénué d'ornement. Sur l'extérieur, il est bordé de 3 archivoltes en arcs légèrement brisés, dont le plus élevé rejoint presque les modillons ornés de figures grotesques qui soutiennent la corniche. Il est encadré d'étroites arcatures aveugles, ornées de roses, coupées horizontalement en 2 registres par une frise qui borde ensuite la 3ème archivolte. Elle est décorée de personnages et de diables aux occupations violentes et peu avouables.

Le tympan représente l'Ascension du Christ, selon les Actes des Apôtres, d'un style transitoire entre le Roman et le Gothique. Avec celui de St Sernin, ce portail est l'un de ceux qui fixe la sculpture du (XIIème siècle). Conformément à ce texte, le Christ en majesté, entouré d'une Mandorle, la main et le Livre dressés est encadré par 2 anges. Au dessus de la mandorle, 4 Angelots accompagnent le Christ dans son ascension. Le délicat plissé du vêtement du Christ mérite d'être noté. Cette scène principale est flanquée de plusieurs petites scènes représentant la vie de St Etienne, sa lapidation en bas à droite. Au registre inférieur, de petites arcades trilobées abritent 11 des 12 Apôtres et la Vierge. Tous sont groupés 2 à 2, exceptés la Vierge, seule au centre, et l'Apôtre situé à l'extrémité droite. L’archivolte est ornée de personnages très maigres, très longs et se faisant face. Ils illustrent des scènes de chasse, le combat des vices et des vertus. A remarquer aussi, les voussures sculptées et les corbeaux de la corniche.

L'Apôtre de l'extrémité gauche semble lui aussi esseulé au 1er abord, mais on distingue la tête d'un autre personnage. L'Apôtre manquant est probablement Judas. On peut supposer, en observant l'attitude du second personnage de droite, jambes en (X) comme la statue de Jérémie à Moissac, que les sculpteurs de Cahors sont probablement les mêmes que ceux de Moissac. Les chapiteaux des ébrasements sont finement sculptés. On y retrouve le décor de roses précedemment évoqué.

L'entrée Sud est beaucoup plus modeste. La porte, qui jouxte le cloître, est surmontée d'un arc trilobé et de 2 voussures légèrement brisées. Au dessus, une claire voie en brique rouge abrite une statue de la Vierge.

Le chevet est assez austère, rythmé par de puissants contreforts entre lesquels courent des galeries. Des chapelles rayonnantes de différents niveaux s'intercalent entre les piles.

- l'Intérieur

La cathédrale comprend une nef unique, caractéristique qui sera reprise dans le Gothique Méridional, sans bas côtés ni transept, à 2 travées. Un narthex très surélevé précède la nef. On y trouve une fresque du (XIVème siècle) consacrée au péché Originel. Il est encadré par 2 chapelles latérales. La rose qui l'éclaire est masquée, depuis la nef par la tribune d'orgue. L'originalité de St Etienne de Cahors réside dans son architecture à coupoles. Au dessus des 2 travées se trouvent 2 immenses coupoles. De ce fait, la nef est très large, plus de 20 mètres, pour une longueur plus modeste.

Cette architecture à coupoles est originale, mais se retrouve néanmoins dans plusieurs édifices de la région, ce qui est un trait caractéristique de l'architecture religieuse entre les vallées du Lot et de la Dordogne. On en trouve d'autres exemples notamment à Souillac dans le Lot, et Périgueux en Dordogne. Selon le professeur Rey, cette architecture tire ses origines des constructions ancestrales de cabanes sur le causse du Quercy, sortes d'igloos en pierre. C'est cet héritage, plus que l'influence Byzantine, qui expliquerait le choix de cette architecture à coupoles dans la région.

C'est à Cahors que ce type d'architecture a atteint ses plus grandes dimensions, avec des coupoles de 18 mètres de diamètre et dont la clef de voûte s'élève à 32 mètres, Cahors n'est, sur ce point, dépassé que par Ste Sophie de Constantinople, avec de telles dimensions, les coupoles sont plus larges que hautes, ce qui permet d'éviter la sensation d'écrasement. L'architecture à coupoles pose de graves problèmes en terme d'équilibre, qui sont résolus à Cahors en partie par l'emploi de piliers robustes de style Byzantin, 6 piliers de 4 mètres de côté, qui sont à la fois supports et contreforts. L'utilisation de grandes arcades, arcs doubleaux et formerets, en forme d'arcs brisés permet aussi de soutenir les poussées. Selon les archéologues, il s'agit d'un des plus anciens exemples d'utilisation d'arcs brisés.

Sous la coupole Orientale, l'élévation est a 2 niveaux. Les arcades brisées, peu élevées, donnent sur des chapelles latérales et sont surmontées de 3 baies. Sous la coupole Occidentale, on trouve une tribune en stuc côté Nord. Côté Sud, une chapelle latérale est surmontée d'un rose et d'une baie brisée.

Les fresques de l'intérieur ne présentent pas un intérêt particulier puisque des restaurations du (XIXème siècle) masquent les originales du (XIVème siècle). Seule la peinture de la 1ère coupole a été sauvée. Elle représente la lapidation de St Etienne et 8 Prophètes se regardant 2 à 2, montés chacun sur un animal à la manière des dieux Grecs ou Hindous. Outre la fresque, de nombreux éléments de peinture Médiévale ont été mis au jour sur les murs de l'édifice.

* Jérémie et Isaï.
* Ezéchiel et Hababuc.
* Esdras et Jonas.
* Daniel et David.

La nef s'ouvre sur un choeur Gothique à 7 pans où alternent, au 1er niveau, de grandes baies à 2 lancettes et des baies plus courtes à 4 lancettes surmontées d'un oculus. Au 2ème niveau, on trouve également une alternance, entre des baies à 3 lancettes et des baies à 5 lancettes, plus tassées.

- L'abside

De style Gothique sur fond Roman, dans laquelle on peut voir 8 colonnes à chapiteaux sculptés, est dotée de 3 Absidioles décorées de sculptures. L'ensemble forme une belle harmonie de couleurs où la blancheur de la nef contraste avec la coloration des peintures et des vitraux du choeur. L'église comporte plusieurs gisants dont celui du bienheureux Alain de Solminihac et, dans la chapelle du chevet, une précieuse relique, la Ste Coiffe qui enveloppait la tête du Christ et qui aurait été rapportée par Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors, à son retour d'un voyage en Terre Sainte vers (1113).

Le grand orgue de la cathédrale dû au facteur J.F. Lépine date de (1713). Seul le buffet d’origine a été conservé, l’instrument ayant été remplacé en (1860) par le facteur Stoltz. L’emplacement actuel en console sur la tribune est dû à la restauration de (1984) qui a permis la mise en valeur des peintures murales du narthex.

La chapelle Profonde. A l'origine, dédiée à la Vierge, formée de 2 travées voûtées d'ogives est consacrée en (1484) par Antoine d'Alamand. Mutilée après les Guerres de Religion, elle a malgré tout conservé son décor d'étoiles peintes sur fond d'azur dans les voûtes, ainsi que 4 panneaux peints placés dans les niches, représentant de droite à gauche, la Nativité, la Purification, la Visitation et l'Annonciation.

Les verrières

* Fenêtre géminée à arcs trilobés : scènes de la Vie et de l'Invention du corps de St Etienne.
* Grande verrière à 4 baies : actes des vies de St Urcisse, Ste Spérie et Ste Fleur.
* Fenêtre géminée : les mystères de la vie du Christ.
* Grande verrière Axiale : représentation du Christ, de la Vierge, des Prophètes et des Evêques.
* Fenêtre géminée : les mystères de la vie de la Vierge.
* Grande verrière à 4 baies : scènes historiques du pélerinage de Roc Amadour.
* Fenêtre géminée à arcs trilobés : actes de la vie de St Génulphe, 1er évêque de Cahors.

- le Cloître

Une porte, à droite du choeur, permet d'accéder au cloître Gothique flamboyant qui fut édifié en (1504) par l'évêque Antoine de Luzech. Les sculptures profanes représentant des coquillards, des buveurs, des musiciens, un architecte au travail, ont peut-être été copiées sur celles de Cadouin. On peut voir sur une pierre carrée se disputer 2 Pèlerins, l'un tenant une coquille, Samson et Dalila, quelques têtes de personnages et d'animaux. Au Nord-Ouest, la petite Vierge sous son dais de coquilles, est une des rares représentations religieuses épargnées par les Protestants en (1580).

Sur le côté Ouest, la chapelle St Gaubert évêque de Cahors de (892) à (906), dont la voûte est ornée de peintures de la Renaissance Italienne et les murs, de fresques du (XVème siècle), représentant l'enfer et le Jugement Dernier. Sur les voûtes sont peints le Tétramorphe, 4 Pères de l'Eglise et les instruments de la Passion. Il contient un musée d'art sacré. Des vêtements sacerdotaux et les portraits de 93 évêques de Cahors y sont exposés. Classée Monument Historique (1862)

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