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- N-D de Cambrai

* Culte : Catholique Romain.
* Type : Cathédrale.
* Rattaché : Archidiocèse de Cambrai.
* Début de la construction : 1695.
* Fin des travaux : 1703 la cathédrale 1876 le clocher.
* Architecte : Anselme Estienne.
* Style dominant : Architecture classique.
* Protection : Classé Monument Historique 1906.
* Pays : France.
* Région : Nord Pas de Calais.
* Département : Nord.
* Ville : Cambrai.

- Historique

La cathédrale N.D.de Grâce de Cambrai est à la fois Basilique et ancienne église Métropolitaine, ancien siège de l'Archevêché de Cambrai regroupant les diocèses suffragants d'Arras et de Lille. L'ancienne cathédrale de Cambrai ayant été détruite pendant la Révolution, le siège épiscopal fut transféré en (1804) dans l'église de l'abbaye du St Sépulcre, qui date de la fin du (XVIIème siècle). Elle fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques depuis le 9 Août (1906).

- l'Abbaye

En (1054) Liébert, évêque d'Arras et de Cambrai, partit en pèlerinage à Jérusalem, il ne put dépasser Chypre et dut rentrer à Cambrai sans avoir vu les lieux Saints. En compensation il voulut recréer dans sa ville épiscopale, aussi fidèlement que possible, les lieux du pèlerinage de Jérusalem. Sa ville s'y prêtait bien, puisque on y trouvait une colline le Mont des Boeufs plantée du verger de l'abbaye de St Géry et séparée de la ville par le Riot Saint Géry, topographie qui pouvait rappeler la colline de Gethsémani et le torrent du Cédron. Il s'y trouvait déjà une chapelle du St Sépulcre construite en (1047) par l'évêque Gérard Ier sur l'emplacement d'un ancien charnier où on avait enterré les morts de la peste de (1036).

Liébert fit construire un monastère de Bénédictins, avec une église sur le plan de celle du St Sépulcre de Jérusalem, composée d'une nef rectangulaire réservée aux Moines à laquelle était accolée un édifice circulaire destiné aux Pèlerins. Le monastère fut consacré le 28 Octobre (1064). L'abbaye était alors hors les murs, et Liébert la fit mettre à l'abri en agrandissant l'enceinte de la ville. Le seul vestige de cette église est le pilier en grès de l'église actuelle auquel est accrochée la chaire, et qui devait être l'un des piliers de soutènement du clocher. La basilique de Neuvy St Sépulcre, construite à l'image de celle de Jérusalem à la même époque, donne une idée de ce que devait être l'édifice de Cambrai.

Cette 1ère église fut remaniée ou reconstruite à de nombreuses reprises, elle fut d'abord réparée après un incendie en (1145). Au (XIIIème siècle) l'abbé décida de remplacer l'église de Liébert par une construction de plan cruciforme classique. En (1498) un autre abbé, Guillaume Courtois, la fit rebâtir et agrandir. L'abbaye et la chapelle furent incendiés à nouveau en (1553) par les troupes de Henri II. Les travaux de reconstruction, qui comprenaient un clocher séparé de l'édifice, ne furent achevés qu'en (1602), date à laquelle l'église fut à nouveau consacrée par l'évêque Guillaume de Berghes. L'église fut une nouvelle fois rebâtie telle que nous la connaissons aujourd'hui ou presque, à la fin du (XVIIème siècle).

- la Reconstruction

La construction du nouvel édifice, entreprise par l’évêque Nicolas de Chièvres après l’incendie, en (1148), de la cathédrale Romane du (XIIème siècle) et (XIIIème siècle), commença par le porche et le clocher. Ainsi l’édifice fut construit, contrairement à l’usage, d’Ouest en Est, l’ancienne église n’ayant pas été totalement détruite, il était possible d’en réutiliser une partie pour assurer la continuité du culte.

Après la signature du Concordat de (1801), l'évêque Constitutionnel Louis Belmas rouvre l'église du St Sépulcre, rebaptisée St Géry. En (1804) il achète l'ancienne demeure de l'abbé pour y installer l'évêché, et érige l'église en Cathédrale. En (1823) il fut décidé d'ériger un monument funéraire à Fénelon dans la cathédrale. C'est David d'Angers qui fut chargé de sculpter le bloc de marbre offert par Louis XVIII. Le monument fut inauguré le 7 Janvier (1826) et les restes de Fénelon y furent déposés le 22 Janvier. La cathédrale fut gravement endommagée par un incendie en (1859). Le mobilier était détruit et les voûtes endommagées. La municipalité et l'archevêque François Régnier voulurent d'abord construire un édifice entièrement nouveau. Sur les conseils de Viollet le Duc, qui y vit un bel exemple du style classique caractérisant le règne de Louis XIV, la cathédrale fut restaurée sous la direction de Henri de Baralle. On l'agrandit de 5 chapelles autour du déambulatoire ainsi que de la chapelle St Michel à côté de celle de N.D.de Grâce, et un nouveau clocher haut de 65 mètres fut achevé en (1876). La consécration eut lieu le 12 Mai (1894). Le 17 Mars (1896) la Cathédrale fut élevée au rang de Basilique Mineure par le pape Léon XIII. La cathédrale fut encore sérieusement endommagée dans les derniers mois de la guerre (1914)-(1918). Le clocher reçut un obus qui laissa un trou béant dans le milieu de la structure qui ne s'effondra pas. La volonté des Cambrésiens le fit survivre à une démolition.

- la Révolution

Contrairement à la plupart des édifices religieux de Cambrai, l'église du St Sépulcre réussit à traverser intacte les troubles Révolutionnaires. Le 17 Avril (1789) les députés des 3 ordres du Cambrésis s'assemblent dans l'église Abbatiale. Le 13 Février (1790) l'Assemblée Nationale adopte le décret sur le clergé régulier, les religieux sont libérés, les biens confisqués. En novembre l'église abbatiale est fermée. Le Prince Archevêque de Rohan ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il est destitué et c'est un Oratorien, Claude Primat, qui est élu pour le remplacer, tandis que le curé assermenté Pierre Renaud s'installe dans l'église, rouverte en (1791) comme église Paroissiale. Le clocher, lézardé, doit être démoli en (1792). En Janvier (1794) l'abbaye est transformée en hôpital de galeux. A la même époque les grilles du choeur sont arrachées et servent à entourer l'arbre de la liberté planté sur la grand place. En Mai (1794) le Comité de Salut Public envoie Joseph Le Bon pour "régénérer Cambrai, ville de prêtres, de fanatistes et d'aristocrates". Après avoir servi de grange, l'église du St Sépulcre est transformée en temple de la Raison Le Bon y harangue le peuple depuis la chaire qu'il appelle son "tonneau de Diogène". L'église est finalement vendue comme bien national au marchand Blanquart de St Quentin. Toutefois l'administration municipale en interdit la destruction en (1800), sauvant ainsi l'édifice d'une probable disparition. Pendant ce temps la cathédrale, "merveille des Pays Bas", vendue au même Blanquart, est démolie. En (1809) il n'en reste que la tour, qui s'effondre lors d'une tempête.

- la Cathédrale aujourd'hui

C'est en (1695), l'année même où François Fénelon devint archevêque de Cambrai, que l'abbé du St Sépulcre, Louis de Marbaix décida de reconstruire le choeur. Le projet s'étendit bientôt à la nef et on ne conserva finalement que le clocher, qui avait été édifié en (1542). Les travaux, rapidement menés sous la direction de l'architecte Douaisien Anselme Estienne, s'achevèrent en (1703). Cambrai ayant été annexé à la France par le traité de Nimègue de (1678), l'influence Française se faisait désormais sentir dans l'architecture civile et religieuse. La nouvelle église était représentative du style du règne de Louis XIV, compromis entre Baroque et Classisme. Les travaux furent poursuivis par le successeur de Marbaix, l'abbé Joseph Dambrinne, qui fit reconstruire le quartier des hôtes, seul bâtiment de l'abbaye qui ait subsisté, aujourd'hui occupé par l'hôtel de la Poste, ainsi que le quartier abbatial, le réfectoire et la bibliothèque. Ces travaux considérables étaient rendus possibles par la richesse des abbayes, notamment en Cambrésis où l'église possédait 40 % du sol. Les reconstructions étaient ainsi un moyen d'échapper à l'impôt.

La cathédrale abrite aujourd'hui notamment, le monument funéraire à Fénelon, oeuvre de David d'Angers, 9 grandes grisailles en trompe l’oeil du peintre Anversois Martin Joseph Geeraerts, les ossements des évêques et archevêques de Cambrai, retrouvés sous l'ancienne cathédrale et aujourd'hui conservés dans la crypte, l'icône de N.D.de Grâce, qu'une ancienne tradition attribue à St Luc. Rappelant le style des icônes de l'église Orthodoxe, elle fut donnée à la cathédrale le 14 Août (1451) par le chanoine Fursy de Bruille, Archidiacre de Valenciennes, qui lui même la tenait du Cardinal Jean Allarmet de Brogny, à qui un Patriarche de l'Église Grecque l'avait remise au Concile de Constance. Les grandes Orgues, instrument construit par la maison Pierre Schyven d'Ixelles en (1897) comprenait 2.408 tuyaux répartis en 38 jeux sur 3 claviers et 1 pédalier. Avec la guerre de (1914)-(1918) une importante restauration fut entreprise par le facteur d'orgue Auguste Convers qui porta l'instrument actuel à 49 jeux 3.670 tuyaux. L'instrument fut inauguré le 9 Juin (1936) par Joseph Bonnet. D'esthétique symphonique de transition, l'orgue de la cathédrale de Cambrai excelle dans le répertoire Romantique et Moderne. Le buffet d'orgue est l'oeuvre d'Aimé Joseph Carlier et date de la 2ème moitié du (XVIIIème siècle). Il fut assemblé par l'ébéniste Lillois Buisine, sur les dessins de l'architecte diocésain Guidasci.

- l'Archidiocèse

Le diocèse puis Archidiocèse de Cambrai est une circonscription de l'Église Catholique Romaine en France. De sa création à (1559), l'évêché comprenait toute la rive droite de l'Escaut jusqu'à son embouchure dans la mer du Nord. Il était bordé au Nord et à l'Est par le diocèse de Liège, au Sud par les diocèses de Laon et de Noyon et à l'Ouest par les diocèses d'Arras, réuni à Cambrai jusqu'en (1094), et de Tournai. Il était un des 3 diocèses de "Basse Lotharingie", avec ceux de Liège et d'Utrecht et comptait 6 Archidiaconés, "Cambrai, Brabant, Bruxelles, Hainaut, Valenciennes et Anvers, recouvrant approximativement l'ancien territoire des Nerviens.

C'est en (1094), à l'initiative d'Urbain II, au cours de la querelle des Investitures, que l'ancien diocèse d'Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en fut séparé et considéré comme un ressort distinct. Le Roi de France et le comte de Flandre avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l'ingérence d'un évêque Allemand.

Le 12 Mai (1559), la bulle "Super universas" érigea Cambrai en archevêché, avec 4 évêchés suffragants, Arras, Tournai, Namur, Saint Omer. Mais la réorganisation des évêchés des Pays Bas lui retira une partie importante de son territoire au profit des nouveaux diocèses de Malines et d'Anvers. Il ne conserva que 4 Archidiaconés, Cambrai, Brabant, Hainaut et Valenciennes.

En (1686), à l'occasion de tractations territoriales, le puissant chapitre des chanoines perdit l'antique privilège de pouvoir élire son archevêque. Fénelon fut ainsi le 1er archevêque français nommé par Louis XIV.

Lors du Concordat du 15 Juillet (1801), le diocèse de Cambrai perdit toute sa partie Belge, et ses limites furent calquées sur celles du département du Nord créé en (1790). Mgr Louis Belmas, évêque Constitutionnel de l'Aude, fut nommé évêque, et le titre d'archevêque ne fut concédé de nouveau qu'à son successeur. Rome n'appréciait pas la nomination d'un ancien évêque jureur et Paris se méfiait de sa forte personnalité. Les limites actuelles du diocèse de Cambrai ont été fixées le 25 Octobre (1913), avec la création du nouveau diocèse de Lille, les arrondissements de Lille, Hazebrouck et Dunkerque ont ainsi été soustraits au diocèse de Cambrai. Les limites actuelles du diocèse correspondent aux arrondissements de Cambrai, Douai, Valenciennes et Avesnes sur Helpe. L'archidiocèse de Cambrai est demeuré Métropole pour les diocèses de Lille et d'Arras jusqu'au 29 Mars (2008), date à laquelle l'Archidiocèse de Lille est devenu Métropolitain de Cambrai et d'Arras.

La Sainte patronne de l'Archidiocèse est N.D.de Grâce, à laquelle la cathédrale de Cambrai est dédiée. En (2003), l'archidiocèse comptait 51 paroisses pour plus d'1 million d'habitants et près de 700.000 baptisés catholiques. Le nombre de prêtres s'élèvait à environ 200, et celui des diacres permanents à près de 40.

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