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- Historique
Comme son nom l'indique, la cathédrale est le lieu de la Cathèdre, c'est à dire du Siège de l'Evêque. Le christianisme s'est répandu dans nos régions par les voies Romaines, il s'y développa d'autant plus à Cambrai lorsque, à la fin du (IIIème siècle) ou au début du (IVème siècle), Camaracum Cambrai devint le chef lieu de la cité des Nerviens à la place de Bavay. La 1ère et modeste cathédrale aurait été élevée par St Vaast, 1er évêque de Cambrai, vers (525), elle portait déjà le nom de Ste Marie, le bâtiment aurait peut être été fait de bois, ou installé dans un temple païen. Les 1ers évêques de nos contrées furent essentiellement des missionnaires itinérants, que l'on pense justement à St Vaast le 1er d'entr'eux. catéchiste du Roi Clovis, à qui St Remi confia le soin d'évangéliser un immense diocèse comprenant la cité des Atrébates Arras et celle des Nerviens Cambrai. A sa mort en (†540), St Dominique, puis St Védulphe lui succédèrent. Des travaux d'agrandissement, voire de reconstruction, eurent lieu aux (VIème siècle) et (VIIème siècle). L'emplacement de l'église Cathédrale Ste Marie n'est pas encore nettement localisé aujourd'hui. Le bâtiment aurait peut être été fait de bois, ou installé dans un temple païen.Il se trouvait, selon les meilleures probabilités, quelque part sur l'axe Ouest-Est de l'actuelle place Fénelon. St Géry (v 584)–(v 624) ou son prédécesseur St Védulphe décidèrent de ne plus avoir qu'une seule résidence épiscopale, ils choisirent la ville où était établie l'administration Royale Mérovingienne, Cambrai, Arras avait été alors anéantie par les invasions Barbares.
Lorsqu'au (VIème siècle) Cambrai devient siège d'évêché, une 1ère cathédrale est bâtie dans l'ancien Castrum Gallo Romain.
Cette 1ère bâtisse fut détruite en (881) par les Normands et c’est l’évêque Dodilon qui la fit reconstruire, le nouvel édifice étant consacré en
(890). La cathédrale, devenue vétuste, fut entièrement reconstruite au (XIème siècle), entre (1023) et (1030), par les évêques Gérard Ier
et Gérard II. Un incendie ravagea le monument dès (1064) ou (1068). La cathédrale fut à nouveau consacrée en (1079) et détruite par un nouvel
incendie en (1148). Il en reste quelques beaux fragments sculptés conservés par les musées de Lille et de Cambrai. Elle fait place entre (1161) et (1251) à une nouvelle construction de style Gothique. Son clocher porche, surélevé au (XIVème siècle) et couronné par une flèche ajourée. Le décor intérieur de
l'église s'enrichit au fil des siècles de nombreuses oeuvres d'art dont certaines sont conservées au musée. Rebâtie plusieurs fois dans des proportions de plus
en plus vastes, la cathédrale fut encore endommagée en (1148), un incendie détruisit tout le quartier de Cambrai que l'on appelait le château,
et qui renfermait la cathédrale, le palais épiscopal et l'abbaye de St Aubert, lieu de l'actuelle église St Géry. Nicolas de Chièvre était alors évêque, il
entreprit de reconstruire la cathédrale sur un plan nouveau. Commencée vers (1150) dans un style Roman, elle ne fut terminée qu'en (1472),
consécration solennelle, dans un style majoritairement Gothique. Surnommée la Merveille des Pays Bas, elle était comparable aux plus grandes cathédrales, avec des dimensions extraordinaires:
* 131 mètres de long.
* 72 mètres de large.
* 110 mètres de clocher.
* l'actuelle cathédrale métropolitaine:
* 80 mètres de long.
* 43 mètres de large au transept.
* 65 mètres de clocher. Cet immense ensemble composé de la cathédrale et du palais de l'évêque fut saisi à
la Révolution, revendu et utilisé comme carrière de pierres. Seuls subsistent la tour du chapitre et l'entrée du palais archiépiscopal, actuel portail de
la sous préfecture. Edifié en (1620) sous l'épiscopat de Monseigneur Vanderburch, il est orné de sculptures de Jaspar de Marsy.
- Nouvelle Cathédrale
* 1542 : Construction du clocher.
* 1553 : Les troupes du Roi de France Henri II incendient l'abbaye et la chapelle. La reconstruction de l'église et de l'abbaye
commencent peu après.
* 1602 : L'église est consacrée par l'évêque Guillaume de Bergues.
* 1678 : Cambrai a été annexé à la France par le traité de Nimègue. Il va en résulter une influence de l'architecture française dans
l'architecture civile et religieuse du Cambraisis.
* 1695 : L'abbé du St Sépulcre, Louis de Marbaix, décide de reconstruire le choeur de l'abbatiale.
* 1703 : Les travaux se poursuivent par la nef. Ils sont rapidement menés sous la direction de l'architecte Douaisien Anselme Estienne.
- Construction
Plan de la cathédrale par Amédée Boileux, extrait de Recherches sur l’église métropolitaine de Cambrai, André Le Glay (1825).
La construction du nouvel édifice, entreprise par l’évêque Nicolas de Chièvres après l’incendie, en (1148), de la cathédrale Romane du (XIème siècle),
commença par le porche et le clocher. Ainsi l’édifice fut construit, contrairement à l’usage, d’Ouest en Est, l’ancienne église n’ayant pas été totalement détruite,
il était possible d’en réutiliser une partie pour assurer la continuité du culte.
* 1161 : Un nouvel incendie endommagea la nouvelle construction.
* 1180 : La façade et la nef étaient certainement achevées, tandis que le transept fut probablement construit dans les dernières années du siècle. La construction du choeur fut interrompue dans la 1ère moitié du (XIIIème siècle), dans les années (1232)-(1239), en raison des troubles politiques qui agitaient la ville. Dès (1182) en effet l’ancienne rivalité entre les Bourgeois et l’Evêque, détenteur du pouvoir Temporel, fut ranimée, et il s’ensuivit une périodes de luttes, parfois violentes, qui ne s’acheva qu’en (1226) lorsque Henri II de Souabe annula les privilèges des bourgeois. De plus la situation financière de la ville, comme celle les autres villes des Pays Bas à cette époque, était difficile, chargée de dettes, elle dut créer de nouveaux impôts. Enfin Élisabeth de Hongrie, bienfaitrice de la cathédrale, s’était retirée dans un couvent du "Tiers ordre Franciscain" après la mort de son mari en (†1227). Cette conjonction de difficultés explique les doutes que fait planer Villard de Honnecourt, lors de sa visite du chantier en (1230), sur l’achèvement de l’édifice.
* 1236 : Selon Eugène Bouly, l’évêque Godefroid publie une pastorale recommandant que l’on fît bon accueil aux chanoines envoyés
quêter pour la cathédrale. Les travaux reprirent à partir de (1240) et les chanoines purent prendre possession du choeur le jour de Pâques (1251).
La nef ne fut entièrement terminée qu’en (1471). La consécration solennelle de la cathédrale eut lieu un an plus tard, c’est à dire (324) ans après
le début du chantier.
- Villard de Honnecourt
La construction du choeur a parfois été attribuée hâtivement à Villard de Honnecourt, natif de Honnecourt sur Escaut, village proche
de Cambrai, et auteur d’un célèbre carnet de croquis, mais on sait fort peu de choses de Villard et il n’est pas certain en réalité qu’il ait été architecte.
Cette hypothèse est donc en fait peu probable. Lorsqu’il releva dans son carnet un plan du choeur, à une date inconnue mais que l’on situe vers (1230),
les fondations sortaient de terre. Plus que d’un plan ou d’un relevé exact, il s’agit d’un croquis, les supports étant par exemple tous représentés à l’identique
par un petit rond symbolique. Villard annonce, dans sa légende du plan du choeur de Cambrai, que plus loin dans son livre on trouvera "les élévations intérieures et extérieures et toute la disposition des chapelles et la façon des arcs boutants". Cependant on ne trouve nulle part dans le carnet les descriptions ou
croquis annoncés. Mais on y trouve des descriptions analogues de la cathédrale de Reims, où il explique, à propos des chapelles, que celles de Cambrai seront
semblables si leur construction est menée à terme, "d’autretel maniere doivent estre celes de Canbrai s’on lor fait droit". D’où Jules Quicherat, dans
ses mélanges d’archéologie et d’histoire, tire la conclusion que Villard a dû l'être.
- Architecture
En raison de la durée de sa construction, environ (I siècle), la cathédrale ne présentait pas un style homogène, à la
différence d’autres grands chantiers de la même époque, mais offrait en quelque sorte une synthèse du développement du nouveau style français, plus tard
qualifié de Gothique, entre les milieux du (XIIème siècle) et du (XIIIème siècle). Les 1ères caractéristiques du style Gothique apparurent au milieu du (XIIème siècle) en Île de France, notamment à l’abbaye de Morienval et à celle de St Denis. En (1144), la consécration du choeur de cette basilique marqua l’avènement d’une nouvelle architecture. C’est presque exactement le moment où fut entreprise la reconstruction de la cathédrale de Cambrai.
Le 1er chantier, celui du clocher porche, s’inspira encore du style traditionnel hérité de l’âge Carolingien. Élevés dans les 2 dernières décennies du siècle, la nef et plus encore le transept étaient marqués par le nouveau style Gothique. Enfin le choeur achevé au (XIIIème siècle), inspiré de celui
de Reims, représentait l’aboutissement du nouveau style, avec quelques tendances de Gothique Rayonnant.
- le Clocher Porche
Le clocher de la cathédrale dessiné par Amédée Boileux, avec la légende, "plan du Clocher de la ci devant Métropole de Cambray, an 12 ". Le porche de la cathédrale, édifié en 1er , conservait une structure qui rappelait l’ancien style Carolingien, ce qui ne surprend pas dans la mesure où Cambrai était un Evêché Impérial. Il est possible aussi que les bâtisseurs aient voulu réutiliser une partie de l’ancienne église Romane détruite par le feu. Selon Henri Platelle le bloc de façade de Ste Marie de Cambrai aurait été proche de ceux d’édifices religieux de Westphalie et de Saxe, tels que St Pantaléon de Cologne, l’abbaye de Corvey ou encore l'église de Freckenhorst.
- Destruction
En (1791) la cathédrale fut affectée au culte Constitutionnel. Elle fut cependant endommagée dès l’année suivante, et en (1793)
fut convertie en magasin à grains. Le 6 Juin (1796) elle fut vendue à un marchand de St Quentin nommé Blanquart, qui entreprit de la démolir pour en vendre
la pierre. La démolition avança lentement, en (1816) il restait assez de pans de murs debout pour qu’un soldat de l’armée anglaise d’occupation pût encore
en tirer une aquarelle. A l’indifférence quasi générale qui avait présidé à la démolition succédèrent l’admiration et les regrets quasi unanimes une fois les ruines
arasées. Après la signature du concordat de 1801), l'évêque constitutionnel Louis Belmas rouvre l'église du St Sépulcre, et en (1804) achète
l'ancienne demeure de l'abbé pour y installer l'évêché. Il érige l'église en cathédrale en remplacement de l'édifice Gothique disparu.
- Monument à Fénelon
Dans les 1ères années du Premier Empire on songea à conserver la flèche, encore debout, pour en faire un monument à Fénelon, l’évêque le plus illustre de la ville, dont les cendres avaient été découvertes en (1804). L’architecte Lillois Deswarlez proposa un projet qui conservait le clocher réaménagé dans un style Néo Classique. Mais ce projet, jugé trop coûteux pour la ville, fut abandonné. Vialart de St Morys, Royaliste convaincu et
grand amateur d’architecture, qui tentait de lutter contre le vandalisme révolutionnaire, intervint alors auprès du ministre de l’intérieur. Il proposait de
conserver non seulement la flèche mais ce qui restait des ruines de l’édifice pour en faire une promenade. Ce projet, moins coûteux que le précédent, retint
d’abord l’attention, avant d’être abandonné en (1807). Pour finir, une tempête renversa le clocher en (1809), mettant définitivement fin à
ces projets. Cambrai et sa cathédrale participèrent à l’éclosion musicale de la Renaissance dans les Pays Bas Bourguignons. Plusieurs compositeurs notables
travaillèrent comme maîtres de chapelle à la cathédrale Notre Dame, notamment le plus illustre, Guillaume Dufay, mais aussi Robert de Févin, Johannes Lupi et Jean de Bonmarché.
- l’Iconographie
On ne connaît aujourd’hui ce monument que par quelques rares documents. L’extérieur de l’édifice est assez bien connu, mais l’architecture
intérieure reste en grande partie méconnue. Les contemporains n’ont pas laissé de description ni d’image de la cathédrale, à l’exception du croquis du choeur
établi vers (1230) par Villard de Honnecourt, mentionné précédemment. Un dessin d’une grande précision du peintre militaire de Louis XIV, Van der Meulen, donne à voir le monument sous son angle Sud. De la même époque datait le plan relief de la ville levé en (1695) par les ingénieurs militaires royaux, détruit en (1945) à Berlin, il en reste quelques photographies, mais l’échelle de 1/600 de la maquette limite évidemment la finesse des détails.
L’intérêt pour la cathédrale s’est manifesté au moment ou sa destruction était déjà avancée. Le plan dressé par Boileux date de cette époque.
On ignore la date exacte à laquelle il fut dessiné, mais il est assez précis pour être digne de foi. Une gravure du même Boileux montrant le clocher de la
cathédrale fut publiée en l’An (XII) à l’initiative du préfet du Nord. Elle est pourvue d’une échelle, ce qui permet d’estimer les dimensions en hauteur
de l’édifice. Le même préfet chargea l’architecte Deswarlez, en (1805), d’établir des plans et des devis pour la conservation du clocher et sa transformation
en monument à Fénelon. Toutefois l’architecte, peu enthousiasmé par le projet, n’y attacha pas tous ses soins, son dessin présente des inexactitudes de détail
et montre un état de destruction plus avancé qu’il ne l’était. Une aquarelle peinte par un soldat Anglais de l’armée d’occupation, en (1816), montre que des
pans de mur étaient encore debout à cette époque et permet de préciser certaines hypothèses sur la structure de l’édifice. Sur la place Fénelon, aucune ruine ne
permet aujourd’hui de restituer le monument par l’imagination, à l’exception du portail de la sous préfecture, ancienne entrée du palais épiscopal, mais une
superposition de cadastres anciens et actuels permet de situer comme suit les fondations.
Le clocher porche se trouvait à l’emplacement du collège Fénelon entre ses 2 entrées. La Petite Rue Van Der Burch prend pied sur les 2 anciennes galeries d'entrées dont on peut apercevoir un mur près de l'ancienne Tour du Chapitre. On y retrouve un porche à arc en anse de panier ainsi qu'une petite fenêtres, toutes 2 bouchées. On peut aussi y voir à hauteur du sol l'empreinte en briques de l'escalier d'entrée de la Galerie. L’entrée du
transept Sud se trouvait entre le bâtiment annexe du lycée Fénelon et la résidence Fénelon. Le choeur donnait à l'Est au fond de la place, actuellement
recouvert par quelques jardins. La croisée du choeur et des transepts devait se situer aux environs de l’angle Sud-Est du square. Des fouilles prochaines
devraient montrer les fondations dans leur endroit exact.
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