Retour

Glossaire - Biographies
Chronologie - Descriptif - Construction
Extérieur - Intérieur - Statues - Vitraux

(Commune du Finistère, Bretagne.)

- la Légende.

Salaün était un simple que ses contemporains du (XIVème siècle) surnommait familièrement "Fol ar Coat", "Fou du Bois". Il mendiait son pain de ferme en ferme. Il demandait l'aumône, en répétant inlassablement, "Ave Maria !", Salaün mangerait bien un morceau de pain ! "Salaün a zebfre bara !." Il aimait à se balancer sur la branche d'un arbre, au dessus de la fontaine, et il chantait à pleine voix, "Ô Maria"!. En même temps, il se plongeait dans l'eau jusqu'aux épaules. Le 1er Novembre (†1658), on le trouva mort, à l'âge de 48 ans, près d'un tronc d'arbre, à la lisière du bois, à l'extrémité de la paroisse de Guic Elleau, et on l'enterra quasiment sur place. Aujourd'hui encore on peut voir le Calvaire encadré des 4 pierres ovoïdes qui proviennent de son tombeau. Peu de temps après sa mort, on découvrit sur sa tombe, près du chêne où il se balançait et de la fontaine où il trempait son pain, un Lys sur lequel on lisait ces mots écrits en lettres d'or, "Ave Maria". En ouvrant la tombe, on constata que ce Lys avait pris racine dans la bouche du Défunt. Le miracle attira rapidement les foules et on voulut bâtir une chapelle sur la tombe de l'innocent. En (1365), on posa là la 1ère pierre d'une église qui est devenue la perle de toutes les églises de Bretagne, N.D.de Folgoët, "Notre Dame du fou au bois", qui a été couronnée par l'Eglise en (1888).

- l'Origine

Le Folgoët vient du Latin Folum, feuillage et du breton Coat bois, est un démembrement de la paroisse primitive de Plouevelleo ou de la paroisse primitive de Plouider, et porte le nom d’ Elestrec. C'est le nom de l'ancienne chapelle de la paroisse d'Elestrec, fondée en (1409) par le duc Jean V. Ont dit même que la 1ère pierre de l'édifice fut posée dès (1365) par Jean IV, décédé en (†1399) et que les travaux de la chapelle furent repris par son fils Jean V à partir de (1404), après l'arrêt des travaux en (1370) à cause des guerres. La chapelle d'Elestrec, dédiée à St Jacut, frère de St Guénolé, est détruite par la foudre au début du (XVIIIème siècle). Le service paroissial est alors transféré dans la chapelle privée du manoir de Guicquelleau, dédiée à St Vellé. La paroisse prend alors le nom "d'Elestrec Guicquelleau" ou Guiquelleau.

La paroisse de Folgoët est érigée en (1829), à la place de Guicquelleau, l'ordonnance royale porte la date du 23 ou 28 Août (1829) et dépend de l'ancien évêché de Léon. Son territoire est augmenté en (1879) d'une section de Ploudaniel. Le Folgoët cède en (1947) un village à la commune de Lesneven. Son histoire est surtout marquée par la légende de Salaün ou Folgoët. On rencontre les appellations suivantes, "basilica seu capella Beatae Mariae de Folgoat", en (1420), chapelle N.D.de Folgoet, par d'Elestrec en (1426), Bourg de Folgoet en (1594), Guicquelleau en (1775).

- la Basilique de 1423 au XIXème siècle

Notre Dame est restaurée au (XIXème siècle). L'édifice actuel de style Gothique Flamboyant du (XVème siècle), est composé de 2 bâtiments en équerre, se caractérise par une forme particulière, un plan rectangulaire, elle se rapproche d’une croix en Tau par un unique bras de transept au Sud, dans lequel est logé le porche Sud. Le 1er comprend une nef de 5 travées avec bas côtés symétriques et un choeur avec bas côtés de 3 travées Asymétriques. Le 2ème accolé au Sud, comporte une chapelle en aile de 2 travées, précédée d'un porche dit des Apôtres et d'une sacristie. Le porche des Apôtres de la façade Sud est particulièrement soignée et ornementée de guirlandes de pierres de style Gothique Flamboyant et comprenait des blasons, elle est aussi jalonnée de nombreuses statues parmi lesquelles St Michel, St Yves, St Eloi, une Vierge à l’Enfant, Mgr Alain de la Rue et le duc Jean V. Elle se termine par un chevet droit doté d’une fontaine prenant sa source sous le maître autel.

La façade Occidentale est composée de 2 tours, celle du Nord domine la région de ses 54 mètres, de style Gothique Flamboyant, elle est constituée de 3 niveaux, le 1er est orné d’arcades en plein cintre, au dessus une galerie ouverte à 2 niveaux sur laquelle repose 4 clochetons d’angle et la flèche Octogonale. L’élégance de la tour Nord est soulignée par l’impression d’inachevé qui se dégage de la tour Sud plus basse.

Le tympan du porche Sud, finement sculpté est admirable malgré les mutilations, son originalité réside dans la juxtaposition de 3 scènes, la Nativité, l’Adoration des Mages et l’Adoration des Bergers. En entrant, au 1er regard, l’oeil est attiré par le jubé du (XVème siècle), une véritable dentelle de pierre, un joyau de kersanton. Il est constitué de 3 arcs en plein cintre qui laissent deviner le choeur, surmontés d’ogives finement ciselées de motifs variés, au dessus la tribune est aussi délicatement sculptée. Au sommet il était doté d’une poutre de gloire dont il ne reste que les 3 consoles sur lequelles se trouvaient les statues du Christ en croix, de la Vièrge et de St Jean qui ont disparu durant la Révolution. Il s’agit du seul jubé de pierre conservé en Bretagne. 4 autels de kersanton du (XVème siècle), alignés dans le choeur, et décorés de fines arcades Gothiques sont également remarquables. La basilique qui, d'après certains historiens, aurait été commencée vers (1350) ou (1365) et terminée en (1418)-(1419), certains historiens disent qu'on y travaillait encore en (1445), est incendiée en (1708). L'église est inaugurée par l'évêque de Léon Alain de la Rue, et consacrée par Jean V en (1423). Le 10 Juillet (1423), Jean V érige l'église du Folgoët en Collégiale, et l'honorat 5 fois de sa présence entre (1420) et (1434).

Le 28 avril (1426), Jean V lui accorde une rente de 80 livres auxquelles il ajoute 70 livres pour assurer l'entretien du doyenné. En (1427), à la demande de Jean V et de l'évêque de Léon, le Pape Martin V met N.D. du Folgoët au rang des Basiliques Mineures. Des travaux importants de restauration sont faits en (1432), avec le début de la construction de la tour Nord haute de 53 mètres, la flèche sera construite en (1500). La tour Sud, restée inachevée, est coiffée au (XVIIème siècle) d'un étage à fortes colonnes ioniques. La façade, qui manifeste une grande sobriété, frappe en même temps par la disparité des 2 clochers, celui du Nord, ouvragé et fignolé comme une châsse, lance vers le ciel sa flèche dorée avec ses clochetons et ses galeries ajourées, celui du Sud paraît avoir été chapeauté par des gens à bout de ressources. Autant la façade Nord montre de dépouillement, autant le côté Sud de l’édifice brille par la richesse de son ornementation. Que ce soit la galerie en festons trilobés qui court au bord du toit, que ce soient les clochetons débordant de ce toit, ou les gargouilles avec lesquelles l’imagination de l’artiste s’est donné libre cours, ou la profusion des feuillages.

Anne de Bretagne y vient en (1491), (1494), (1499) et (1505). Le 20 Septembre (1518), la duchesse Claude, fille d'Anne de Bretagne et épouse de François Ier, se rend au Folgoët en compagnie de son Royal époux. En (1553), le Roi Henri II, fils de François Ier, époux de la Claude de France, fille de la duchesse Anne, donne à la collégiale une constitution et y établit une confrérie. En (1681), Louis XIV, fils d'Anne d'Autriche et de Louis XIII, supprime la Collégiale et lui substitue un Séminaire destiné à la formation d'aumôniers de la Marine. L'église est endommagée par la foudre en (1633), puis incendiée dans la nuit du 24 au 25 Mars (1708) à la suite de l'imprudence d'un ouvrier réparant les Orgues. A signaler que l'église du Folgoët est l'une des 1ère du Finistère à posséder des Orgues dès (1584), ils provenaient d'Anvers. Le buffet que l'on voit aujourd'hui est vide, il a été réalisé en Inde sous la supervision du docteur Yves Bernard Broecke de Hambye, dans la Manche. Avant l'incendie de (1708), la toiture de l'église comportait 3 sections un toit pour la nef et un toit pour chacun des bas côtés. L'église est restauré par Guillaume Le Minteur en (1716), l'unique toiture actuelle fut refaite en (1716). Les cloches datent de (1560) et (1775), fondeur N. Baret de Dinant. Le porche des Apôtres (XVème siècle) est une merveille de la Basilique, ses Clefs de Voûtes portent les armes de Jean IV et de son épouse, Jeanne de Navarre, ainsi que celles de Jean V et de Jeanne de France, fondateurs et bienfaiteurs de la Collégiale. Ce porche est lui même flanqué d'une sacristie dont l'étage abrite le trésor et peut servir d'oratoire lors des visites ducales.

Séparant le choeur de la Nef se trouve un Jubé en granit de Kersanton du (XVème siècle), haut de 5 mètres et large de 6m,50, il est l'un des plus beaux de France. Le Jubé du Folgoët se compose de 3 arcades en plein cintre abritant les statues de la Vierge, du Christ et de St Jean. On remarque 2 petits autels sous le Jubé. On voyait autrefois à l'intérieure de l'église les Enfeus des maison de Penmarch et de Coëtivy, ainsi qu'une rosace élevée par la famille Carman, détruite et murée en (1793). Les vitraux d'Alain Cap (1578)-(1644) de Lesneven, sont abîmés lors de l'incendie de (1708) et complètement anéantis en (1793). Les vitraux actuels (1860)-(1868) sont l'oeuvre de M. Hirsh. Le vitrail du Couronnement date de (1889). Le Maître Autel et les autels du Rosaire, des Anges, du Cardinal de Coetivy sont en pierre de Kersanton. L'autel en bois sculpté est plus récent.

Sous la Révolution, l'église est saccagé, entre autre sa belle rose dite Rose de Carman, et vendue en (1791) à vil prix à un étranger, le citoyen Julien, pour la somme de 11.385 livres et 5 sols. L'acheteur revend l'édifice le 13 Décembre (1794) à un fripier de Brest, nommé Anquetil, originaire de Rouen. La Basilique devient alors tour à tour, crèche, écurie, grange, caserne et Temple de la Déesse Raison. Le citoyen Anquetil allait démolir l'édifice en (1808) pour en vendre les matériaux, quand 12 habitants, pauvres pour la plupart, se cotisèrent pour le racheter le 25 Août (1829) au prix coûtant 12.000 francs et en faire don à la commune de Guicquelleau. Voici leurs noms, François Uguen, Anne Le Gall et François Le Gall, Hervé Le Goff, Marie Anne André, Guillaume Loaëc, Jean Arzur, Jean Toutous, Jean Gac, Yves Laot, Guillaume Kerbrat de Coatjunval et Gabriel Abjean, maire de Ploudaniel.

L'édifice est complètement restauré, à l'exception du porche Occidental, au (XIXème siècle) sous la direction de Vincent, architecte des Monuments Historiques. Si beaucoup de statues ont été décapitées lors de la Révolution et le mobilier en bois détruit, la sculpture sur pierre demeure importante. Le tympan de la façade Ouest représentant l'Adoration des Mages, la Ste Marguerite, la Ste Catherine, la Vierge ornant la charmante Fontaine du chevet et, surtout le Jubé du (XVème siècle) séparant la nef du choeur et timbré des armes des du Chastel, méritent une attention particulière, ainsi que la statue du duc, et enfin, au pied du calvaire, la statue du cardinal de Coetivy présenté par St Alain. Il subsiste également, un groupe de St Yves du (XVIème siècle), un St François d'Assise, une Vierge Mère du (XVème siècle) donnée par Olivier du Chastel, un St Jean l'Evangéliste, un St Michel, un Christ, les Apôtres du porche et la statue de N.D.Couronnée le 8 Septembre (1888).

Haut de page