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Glossaire - Biographies
Historique - Chronologie - les Evêques
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(Fréjus Chef lieu de la Commune du Var.)

- Saint Léonce.

Petit par la taille mais remontant aux 1ers temps de la Chrétienté, l’ensemble Cathédrale est un rare vestige de l’époque Médiévale réunissant 4 édifices, le Baptistère, l’église Cathédrale St Léonce, les bâtiments Canoniaux et le Cloître, la résidence Episcopale. Le groupe épiscopal est élevé à un emplacement remarquable dans la topographie de la ville, au point de rencontre de 2 vues témoignant du carroyage antique, à proximité du "cardo maximus". C’est donc au coeur même de la cité que la communauté chrétienne a trouvé une implantation de prestige. La Porte Méridionale, de menuiserie à 2 vantaux, en noyer, opère une synthèse entre une Iconographie encore Médiévale dans sa composition, scènes historiées, et le vocabulaire décoratif renaissant, motifs de grotesques dits à vases et candélabres, personnages nus, armures antiques. Des pilastres et des frises d’ornements végétaux et de trophées d’armes, séparent les 16 panneaux. La moitié supérieure met en scène 4 épisodes de la vie de la Vierge, le Mariage de la Vierge, l’Annonciation, la Nativité, la Glorification de la Vierge, encadrés par les figures des St Pierre et St Paul. 4 bustes de laïcs, 2 femmes et 2 hommes, et des objets se partagent la moitié inférieure.

La Cathédrale, était à l’époque Médiévale constituée de 2 églises contiguës, selon un modèle suivi en bien d’autres lieux et conservé, notamment, aux cathédrales St Sauveur d’Aix en Provence, Bouches du Rhône, et Ste Anne d’Apt, Vaucluse. L’édifice actuel montre, en effet, 2 vaisseaux parallèles et communicants, la grande nef, au Sud, consacrée à la Vierge et à St Léonce, la petite, au Nord, dédiée à St Etienne. Ce dispositif double n’est pas originel mais il est antérieur à l’époque Romane. Dans le collatéral gauche, des statues du (XVIIème siècle) représentant les évêques de Camelin, Barthélémy (1599)-(1637) et Pierre (1637)-(1654). La Cathédrale St Léonce dans le centre historique de Fréjus est classée Monument Historique depuis (1862). C’est un bâtiment à l’origine Médiéval mais résultant de plusieurs époques. Le clocher du (XIIIème siècle).

La cathédrale possède 2 nefs accolées suite à des modifications successives pendant des siècles,

* La nef Notre Dame, c'est en partie l'ancienne église Paléochrétienne Romane elle possède 3 voûtes sur croisées d'ogives. Elle était réservée à l'origine à l'évêque.
* La nef St Étienne du (XIème siècle) au (XIIème siècle) a 6 voûtes en berceau. Elle servait d'église Parroissiale.
* L'abside est semi circulaire voûtée et dans un style dit en cul de four. Elle contient les tombes des évêques Guillaume de Rouffilhac (1361)-(1364) et Louis de Bouillac (1385)-(1405).
* Le retable dédié à Ste Marguerite de Jacques Durandi (XVème siècle).
* Le linteau datant du 1er Avril (1530), à l'origine de Jacques Durandi, a été restauré au cours du (XVIème siècle). Les portes extérieures du (XVIème siècle) sont surmontées de fenêtres à croisées, avec de remarquables vantaux en bois sculptés Renaissance.
* Les datations archéologiques obtenues récemment vont en effet dans le sens d’une intuition qui faisait du baptistère de Fréjus l’un des plus anciens de ceux qui existent en Provence, et d’une tradition qui attribuait la construction de la 1ère cathédrale à Léonce. Cet évêque fut l’un des dédicataires des Conférences de Jean Cassien et le promoteur de l’installation d’Honorat et du Monachisme sur l’île de Lérins, près de Cannes Alpes Maritimes.

- la Cathédrale de Fréjus

Dédiée à N.D.de l’Assomption a été consacrée à une date inconnue, dont on n’a conservé que le jour, le 22 Septembre. Cet édifice aux pierres de différentes couleurs, borde un côté de la place principale de la cité. Il se compose de 2 nefs, d’un Baptistère et d’un cloître. La date de la construction de ce bâtiment est imprécise. Les documents sont muets et seules les pierres pourraient répondre avec plus ou moins de certitude à ceux qui les interrogent.

Après l’expulsion des Sarrasins(975) l’évêque Riculphe, qui pendant l’occupation de son diocèse résidait au monastère de Montmajour où était venue l’atteindre sa nomination au siège de Fréjus, quitta son abbaye pour venir dans le diocèse libéré, mais où les ruines s’étaient accumulées. Il commença par réédifier la cathédrale détruite, se servant de ce qui était encore debout et s’efforçant de conserver au nouvel édifice les dispositions de l’ancien. Une charte du Comte Guillaume de (990) permettrait de penser qu’à cette date l’église était rebâtie. Il ne s’agirait alors que de la nef de St Etienne, qui devait suffire à contenir le petit nombre d’habitants de la ville. Quant à la grande nef, les opinions diffèrent. Certains pensent que Riculphe en aurait fait élever les murs, qu’il aurait simplement fait recouvrir d’une charpente de bois, remplacée au (XIIème siècle) ou (XIIIème siècle) par une ossature de pierres reposant sur les piliers massifs dressés contre les murs. D’autres pensent que Riculphe est l’auteur de l’abside, d’autres encore émettent l’avis que cette partie de l’église ne fut relevée que bien après l’évêque Riculphe et qu’il faudrait placer vers la fin du (XIIème siècle) la construction de l’édifice tel que nous le connaissons. D’autres comme Aubenas estime que la grande nef a été édifiée en 1er lieu et que son bas côté n’aurait été ajouté que plus tard. C’est ce qu’écrit Mr Jules Formigé le restaurateur de la cathédrale, de son Baptistère et de son Cloître, le bas côté Nord, voûté en berceau avec doubleaux, semble un peu plus récent que la nef. Ces différences d’opinion font bien ressortir la difficulté d’assigner une date à ce monument.

- l'Architecture

La grande nef porte une voûte à croisée d’ogives dont les nervures carrées tombent sur des piliers massifs. Au fond s’enfonce une vaste abside en cul de four précédée d’un arc triomphal. La nef est longée par un collatéral, dit nef de St Etienne qui servait jadis aux offices paroissiaux, alors que l’autre était destinée aux offices Pontificaux ou Capitulaires. Entre la nef principale et la galerie extérieure qui sert de porche, on traverse un haut vestibule couvert d’une voûte soutenue par 4 énormes piliers, qui servent aussi de base à la tour du clocher. Cette partie de l’édifice constituerait le narthex. Sur les piliers du vestibule s’élève le clocher qui fait face à la tour crénelée qui couvre l’abside. Jadis la face Sud portait un cadran solaire avec une devise, disparu lors de la restauration des années (1926)-(1930).

Depuis sa reconstruction au début du 1er millénaire, la cathédrale a fait l’objet de nombreuses restaurations. Dans le 1er quart du (XVIème siècle), le sol des 2 nefs fut relevé, à cause de l’humidité. Le clocher fut rehaussé par une tour Octogonale et surmonté d’une flèche aux carreaux vernissés, enfin le portail reçut une décoration au Gothique Flamboyant. Le clocher comporte 4 alvéoles qui abritent chacune une cloche, une fut donnée par Jean XXII en (1303) et baptisée St Léonce. Elle est la plus volumineuse et après une refonte en (1770) elle a pu parvenir jusqu’à nous. Au (XVIIème siècle) 2 tribunes furent édifiées de chaque coté du sanctuaire, une pour y placer l’orgue, l’autre pour la maison épiscopale. Elles ont disparu au cours de la restauration de (1965). L’orgue actuel se trouve coté Sud de la cathédrale. La cathédrale comportait des dépendances, le baptistère, le cloître et le palais épiscopal.

- Le clocher

Au (XIIème siècle), un 1er clocher porche se trouvait à l'entrée dans la 1ère travée de la nef Notre Dame. Le clocher actuel date du (XIIIème siècle). La tour du clocher est divisée en 3 parties, la toiture de forme conique est décorée de jaune et de vert afin de donner l'illusion de l'or. Elle repose sur une construction Octogonale du (XVIème siècle). Et enfin le tout repose sur une base carrée plus ancienne au dessus du narthex du côté du déambulatoire Sud. La porte d'entrée a de très beaux vantaux avec chacun 8 panneaux sculptés illustrant des scènes de la vie de la Vierge, des images de Pierre et Paul.

- le Baptistère

Le Baptistère, au Sud-Ouest de la cathédrale est en dehors de l’église, on y accède par une porte, au portail en fer forgé, don du cardinal de Fleury. Selon l’architecte Formigé qui en a assuré la restauration, il constitue la partie la mieux identifiable de l’ensemble cathédral primitif car il est conservé en élévation. L’intérieur est une sorte de rotonde de 8 mètres de diamètre couverte d’une coupole que soutiennent 8 colonnes, présente un volume unifié, sans déambulatoire. L’animation des murs, fondée sur l’alternance de profondes niches semi circulaires, dans les angles et rectangulaires, contraste avec les parois extérieures rectilignes. A l’intersection des niches, des colonnes de granit portent des chapiteaux qui se correspondent 2 à 2. Le Baptistère, d'art Mérovingien Paléo Chrétien date du (Vème siècle), entouré d'une salle octogonale à pans coupés avec absidioles, contenant des sarcophages et statues couchées, les 8 colonnes d'angle, surmontées de chapiteaux, sont de style Corinthien, réemploi d'édifice Romain, ouvrant sur un étage de forme Octogonale. Vantaux de portes en noyer sculptés datant de (1530) surmontée de fenêtres à croisées. Au centre se trouve la piscine Baptismale par immersion qu’entourent quelques fûts de colonnes du Ciborium qui le recouvrait. Cet édifice a été restauré en (1930).

- le Cloître

Le cloître Roman à 2 étages avec une charpente en bois, de la cathédrale de Fréjus fut bâti aux (XIIème siècle) et (XIVème siècles), au Nord du Baptistère et du clocher, (XIIIème siècle), porche de l'édifice. Ses 4 galeries, aux arcades Gothiques et fines colonnettes de marbre, s'ouvrant sur une cour intérieure, reliaient différents bâtiments canoniaux et étaient empruntées par les chanoines pour se rendre dans la cathédrale, les religieux pouvaient y accéder plus facilement en sortant de la nef et en montant des escaliers sur la droite. Elles permirent aussi, au cours du Moyen Age, aux Fréjusiens d’accéder à la nef St Etienne, réservée au culte paroissial. Ces galeries s'ouvrent sur un petit jardin au centre duquel se trouve, un vieux puits qui a été restauré en (1922)-(1931) ainsi que le double escalier allant à l'étage. Le mur bahut du cloître est délimité aux angles par des piliers. Chaque côté présente 9 arcades brisées soutenues par 8 colonnettes doubles de marbre, aux chapiteaux à feuilles plates ornés de motifs variés, coquilles, palmiers, fleurs de lys, palmettes, pomme de pin. La porte d'une salle voûtée est fermée avec une grille (XVème siècle).

Au (XIVème siècle), un étage supérieur a été construit, seul celui de la galerie Nord a subsisté, ses arcades, Romanes, sont en plein cintre et les chapiteaux de ses colonnettes ont un traitement légèrement différent de ceux du rez de chaussée. Le plafond des galeries, qui a remplacé d’anciennes voûtes, est constitué d’une charpente en mélèze dont les poutres reposent sur 2 rangées de corbeaux moulurés. Réalisés vers le milieu du (XIVème siècle), ce plafond est orné de caissons peints disposés sur 3 niveaux. Sur les 1.200 petits tableaux qui le décoraient, 400 environ sont encore lisibles, ils représentent des personnages civils, militaires ou religieux, et constituent, pour plus de la moitié d’entre eux, un bestiaire fantastique particulièrement riche de monstres et autres animaux étranges. L’évêché fut supprimé par Napoléon, l’Etat acquit le cloître et entrepris sa restauration à partir de (1920). Le cloître est classé Monument Historique depuis (1875).

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