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(Laon, Chef lieu du département de l'Aisne, Picardie.)

- Saint Béat

Le signe le plus ancien de Christianisation serait la venue à Laon, au (IIIème siècle), de St Béat qui se serait installé à l'Est de la ville dans une grotte pour y vivre en Ermite. La ville de Laon entra vraiment dans l'histoire Chrétienne lorsqu'elle devint, vers l'an (497), chef lieu d'un diocèse fondé à l'initiative de St Rémy, évêque de . A partir du (VIème siècle), époque où la christianisation s'accéléra, Laon fut dotée de plusieurs lieux de culte. La cathédrale dominait alors un groupe épiscopal. Vers l'an (800), Alcuin, collaborateur de Charlemagne, louait dans l'un de ses poèmes, l'évêque Gerfrid d'avoir entièrement reconstruit l'église qui tombait en ruines. Cette cathédrale Carolingienne fut restaurée par 2 fois, vers l'an (1000) par l'évêque Adalbéron, puis de (1112) à (1113), par l'évêque Barthélemy de Jur. Les sources historiques rapportent l'édification d'une 3ème cathédrale sous l'épiscopat de Gauthier de Mortagne et le transport dans la cathédrale en l'an (1164) des reliques de l'ermite St Béat attesterait que le choeur primitif était bien avancé à cette date, il ne reste rien des édifices antérieurs à la cathédrales, commencée sous l'épiscopat de Gauthier de Mortagne de (1155) à (1174), le choeur actuel, fut reconstruit vers l'an (1200).

Il semble que l'on puisse distinguer 4 campagnes de travaux.

* 1ère: de (1155) à (1170) Construction du 1er choeuret les murs Orientaux du transept.

* 2ème: de (1170) à (1180) Correspond à l'achèvement du transept, à l'amorce de ses tours, et aux 5 dernières travées de la nef.

* 3ème: de (1180) à (1195) est la campagne d'achèvement de la nef suivi de la constructiond'un seul jet de la façade Occidentale et de ses tours.

* 4ème: de (1205) à (1220) voit la reconstruction et l'allongement du choeur, la mise enplace de la voûte de la tour Lanterne, des arcs boutants de la nef et l'élévation de latour Occidentale du transept Sud, dit tour de l'Horloge, son pendant au Nord.

- Historique

La situation de Laon, sur une colline qui domine les plateaux environnants, lui a toujours donné un rôle de place forte. La construction de la Cathédrale Gothique est envisagée vers (1160). Laon est donc l'une des 1ère Cathédrales Gothiques après St Denis, Sens, Noyon, Senlis et contemporaine de N.D.de Paris. La nef est achevée à la fin du (XIIème siècle), les tours des transepts en (1225). La façade est terminée en (1245).

Immédiatement, on ajoute des arcs boutants à la Nef et on envisage la reconstruction du vaisseau central du Choeur, afin de réaliser le plus long choeur médiéval 10 travées. A cet effet des pierres sont amenées depuis la carrière de Chermizy, située en contrebas. Des attelages de boeufs sont utilisés pour les monter.

C'est en hommage à cette collaboration animale, d'ailleurs commencée avant les transformations, que des boeufs sont représentés dans les tours de Laon. Enfin, au (XIVème siècle), des chapelles latérales sont ajoutées entre les contreforts du choeur. A la même époque, la façade du croisillon Sud est refaite en style Gothique Rayonnant. Aucune grosse modification n'est réalisée par la suite.

En (1790), l'évêché de Laon est supprimé et Laon est rattaché à Soissons. La Cathédrale devient une simple église Paroissiale. Elle ne retrouvera jamais son statut initial. En (1853), des restaurations sont pratiquées.

- La Façade Occidentale

On trouve au 1er niveau 3 Portails sous porches, surmontés de gâbles et séparés par des contreforts qui prennent la forme de petits clochetons évidés et coiffés de flèches hexagonales. Derrière les gâbles, une rangée de 8 fenêtres basses est presque masquée.

Au 2ème niveau, une large Rosace est encadrée de 2 baies vitrées, ornées de nombreuses voussures. Des arcs saillants, cintré au centre, abritent la rose et les baies. Pour laisser plus de place à la Rosace, les contreforts se rétrécissent à son niveau et la galerie qui la surmonte est légèrement surélevée par rapport aux galeries latérales. Au dessus de cette galerie centrale court une courtine.

A gauche et à droite s'élèvent des tours à 2 niveaux, qui atteignent 52 mètres. Après un étage carré de baies Géminées, garnies d'abat sons et encadrées de clochetons, aux angles, la tour devient Octogonale, avec des tourelles d'angles très évidées, pour laisser moins de prise au vent. Elles sont couronnées par des terrasses bordées de balustrades.

Entre les colonnes des tourelles on trouve des boeufs en ronde bosse. Il ne s'agit pas d'une allusion à la légende selon laquelle un boeuf serait miraculeusement apparu pour tirer un chariot lors des transformation du (XIIème siècle). Cette légende est en effet apparu après l'achèvement des tours. Il s'agit simplement d'un hommage à la collaboration des Boeufs.

On trouve un tympan consacré à St Nicaise au pied de la face Nord de la tour Septentrionale du parvis.

- Les Portails Occidentaux

Le portail central est consacré au Couronnement de la Vierge. Celle ci est représentée, avec l'Enfant, au trumeau et dans le gâble. Le Tympan a 2 registres. Au registre inférieur, on trouve l'Assomption et la Dormition de la Vierge, inspirées du tympan de Senlis. Le registre supérieur représente le Couronnement. Les 3ème et 4ème voussures, relatives à l'arbre de Jessé, complètent l'ensemble. Dans les ébrasements, on voit les statues modernes des prophètes, Abraham, Moïse, Samuel, David, Isaïe, Jérémie, Siméon et Jean Baptiste.

Le portail gauche est consacré à l'enfance du Christ. Le registre inférieur du tympan montre l'Annonciation, la Nativité, l'Annonce aux bergers. L'Adoration des Mages occupe le registre supérieur, on trouve une disposition semblable dans le tympan Sud du narthex de Vézelay. Dans les voussures, on trouve à nouveau des prophètes, Daniel, Gédéon, Moïse, et une Psychomachie 2ème voussure. Le gâble est consacré à une martyre locale du (IIIème siècle), Ste Preuve. Les ébrasements représentent, de la gauche vers la droite, la Visitation et la Présentation au Temple avec 2 autres personnages. Les socles des statues des ébrasements sont joliment sculptés de scènes historiées, comme le péché originel.

Le portail droit est celui du Jugement Dernier. Le linteau relate la séparation des élus et des damnés. Parmi ces derniers, on trouve un Roi, un évêque, un abbé, une moniale, un avare tiré par sa bourse. Au registre supérieur, une petite frise de ressuscités sortant de leurs tombeaux encadre les pieds d'un Christ en majesté. Celui ci est entouré de 11 Apôtres, dont 4 en bas des 2ères voussures. Des Anges portant les instruments de la passion se pressent autour de son auréole. Le gâble représente St Michel. Au sommet des 2ères voussures, Abraham recueille les âmes des élus. La dernière voussure est consacrée aux Vierges folles et sages.

Quant aux ébrasements, ils sont occupés par des Sts, St Théodore, St Laurent, St Etienne, Ste Thècle, St Denis et St Georges. Selon Emile Mâle, cette représentation du Jugement Dernier est inspirée celle de St Denis, elle même inspirée de celle de l'église Romane de Beaulieu, en Corrèze, 1ère du genre. Elle trouve sa source d'inspiration dans St Matthieu plutôt que dans l'Apocalypse, ce qui est une nouveauté. Cette représentation évoluera pour intégrer la Pesée des âmes.

- Les Façades des transepts

La façade Nord se compose de 2 portails à tympan plein, d'une claire voie à 4 fenêtres, d'une Rosace, puis d'une galerie à mur de fond plein. 2 tours surmontent l'ensemble. La tour Orientale est inachevée. La tour Occidentale est appelée tour St Paul. Haute de 56 mètres, elle est semblable à celles de la façade.

La façade Sud a une disposition différente. Les 2 portails ont des tympans vitrés surmontés de gâbles ornés de statues. Entre les 2 portails, un petit contrefort abrite une Vierge à l'Enfant. Au dessus, une grande fenêtre rayonnante est surmontée d'une galerie. Là encore, la tour Orientale n'est pas achevée. La tour Occidentale, tour de l'Horloge, diffère des autres tours puisqu'elle est Octogonale dès l'avant dernier étage. A ce niveau, les tourelles d'angles sont remplacées par des maçonneries pleines, avant de retrouver leur aspect habituel. Sur le flanc Oriental des 2 croisillons, on distingue les 2 étages des Absidioles, divisés verticalement par de puissants contreforts.

- Le Chevet

La disposition du Chevet est particulière puisqu'il est rectangulaire. On y retrouve l'élévation intérieure, 3 lancettes et une rosace, surmontée d'une galerie qui relient 2 tourelles d'angles ajourées, surmontées de clochetons. L'élévation latérale diffère de celle de la Nef. Les arcs brisés des fenêtres sont plus prononcés et sont surmontés de gâbles qui affinent l'élévation.

- Le Cloître

Adossé au flanc Sud de la Nef, le cloître de la Cathédrale de Laon a des dimensions extrêmement réduites. Au dessus des arcades brisées, on trouve des Oculi Quadrilobés. Les arcades brisées retombent alternativement sur des piles massives, et des piles plus fines. La galerie Sud est soutenue par plusieurs contreforts, adossés sur les piles fortes des arcades. On trouve même des arcs boutants, issus du mur Sud de la Nef.

- L'Intérieure

La longueur totale de l'édifice est de 110 mètres. On peut remarquer que le Choeur est légèrement désaxé par rapport à la Nef. Celle ci comporte 11 travées couvertes par des voûtes Sexpartites, sauf dans la 1ère travée, hautes de 24 mètres. L'élévation est à 4 niveaux. Au 1er niveau, les grandes arcades reposent sur des piles alternées. Les piles faibles sont rondes, avec des chapiteaux Octogonaux qui reçoivent des faisceaux de 3 colonnettes. Les piles fortes sont également rondes mais supportent 5 colonnettes sur des chapiteaux carrés. La Nef est bordée de collatéraux voûtés d'ogives. Au revers, la grande rosace rayonnante de la façade est partiellement occultée par le buffet d'Orgue.

On doit noter que les piles fortes proches du transept sont composées d'une colonne ronde entourée de 5 colonnettes qui servent à rigidifier la pile centrale. Le tailloir qui reçoit un faisceau de 5 colonnettes est alors rectangulaire. Au 2ème niveau, les tribunes à claire voie comportent des baies Géminées à remplage plein. Au dessus, le Triforium à mur de fond plein est composé de petites baies à 3 arcades. Les fenêtres hautes sont faites de baies simples.

En raison de l'allongement a posteriori du Choeur, le transept coupe la cathédrale presque en son centre. A la croisée s'élève la tour Lanterne, haute de 30 mètres à l'intérieur, 48 mètres à l'extérieur. A la base de la tour on trouve un Triforium à mur de fond plein composé de 8 grandes arcades, surmonté par 8 fenêtres. L'élévation du transept est semblable à celle de la Nef. Les croisillons comportent 4 travées bordées de collatéraux et s'achèvent sur des Absidioles à 2 étages.

Au croisillon Nord, le revers de la façade à une élévation à 2 niveaux. Au 1er, 2 arcades s'ouvrent sur l'Absidiole. Au 2ème, une vaste tribune ouvre sur le 2ème étage de l'Absidiole. Le mur de fond de la tribune est occupé par une claire voie de 4 baies et une rosace de médaillons Polylobés.

L'Absidiole se termine en rond point percé d'un double niveau de fenêtres en haut et d'un seul niveau en bas. Au croisillon sud, l'élévation est différente. Au dessus des 2 arcades qui ouvrent sur l'Absidiole, on trouve une grande fenêtre à 6 lancettes groupées par 2, avec des remplages rayonnants, et une rosace. Le croisillon Sud abrite un Baptistère Roman dont les motifs sont sculptés dans un style assez naïf.

Dans le projet initial, le Choeur ne comportait que 3 travées et s'achevait par une Abside Hémicirculaire avec Déambulatoire mais sans chapelles rayonnantes. Il a été allongé de 7 travées en (1200). Pour ne pas rompre l'harmonie du sanctuaire, les nouvelles travées ont été couvertes par des voûtes Sexpartites, comme les anciennes, alors que la voûte Quadripartite s'était déjà imposée au (XIIIème siècle). Achevé, le nouveau Choeur est rectangulaire, avec un déambulatoire adoptant la même forme. On ne trouve aucune chapelle rayonnante, seulement des chapelles latérales. L'élévation est exactement semblable à celle de la Nef.

Au dessus des piliers, les faisceaux de colonnettes sont rythmés de tores qui grimpent contre le mur pour soutenir les ogives. Le mur de fond est percé de 3 lancettes surmontées d'une rosace. La lancette de droite relatent des scènes de la vie de la Vierge et à l'enfance du Christ. Au centre, on trouve la vie du Christ de l'entrée à Jérusalem jusqu'à l'Ascension. A gauche, on peut voir la vie et le martyre de St Etienne ainsi que le miracle de Théophile, vidam disgracié par son évêque, Théophile aurait conclu un pacte avec le Diable. Sous l'injonction de la Vierge, il aurait renoncé au pacte et obtenu le pardon de son évêque. Quant à la rosace elle est consacrée à la glorification de la Vierge avec les 12 Apôtres et les 24 Vieillards de l'Apocalypse.

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