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Glossaire - Biographies
Chronologie - Evêques
Meaux

- Ste Etienne


- Présentation
* Culte : Catholique Romain
* Type : Cathédrale
* Rattaché au : Diocèse de Meaux
* Début des travaux : (XIIème siècle) (1175)
* Fin des travaux : (IV siècle plus tard) (1540)
* Style dominant : Gothique.
* Protection : Classée Monument Historique (1840)

- Situation
* Pays : France.
* Région : Ile de France
* Département : Seine et Marne
* Ville : Meaux

- Historique

La construction de la Cathédrale Gothique débuta par le choeur, entre (1175) et (1180)(1198), la Veuve du Comte de Champagne Henri le Libéral fut inhumée dans la cathédrale, et avant (1200), le déambulatoire, 3 chapelles rayonnantes, les doubles bas côtés du choeur et l'étage des tribunes situé au dessus des bas côtés intérieurs étaient construits. De (1215) à (1220), les grosses piles de la croisée du transept furent élevées, ainsi que les niveaux supérieurs du choeur c'est à dire le triforium et les fenêtres hautes. De plus le choeur fut couvert de voûtes d'ogives. Cela est attesté par un dessin datant des environs de (1220), fait par Villard de Honnecourt, et représentant ce choeur primitif doté de 3 Chapelles Rayonnantes.

Un nouvel architecte édifia le transept et les 2 dernières travées de la nef de (1220) à (1235), et déjà en (1235), la chapelle du bas côté droit de la nef, située au niveau de la dernière travée fut créée. A peine 50 ans après l'édification du choeur, il fallut procéder à sa Reconstruction Restauration. En effet, les fondations avaient été mal faites et le choeur primitif, doté de tribunes trop lourdes, était en train de s'affaisser. Le choeur actuel, de style Gothique Rayonnant, fut érigé entre (1253) et (1278) par Gautier de Vainfroy. Ce dernier qui travaillait sur le chantier de la Cathédrale d'Évreux signa un contrat avec l'Evêque et le Chapitre Cathédral de Meaux. Ce contrat, conservé actuellement, mentionne un salaire de 10 livres par an, plus certains autres avantages. Pour régler le problème de la stabilité du choeur, Gautier de Varinfroy employa la méthode utilisée pour la cathédrale N.D.de Rouen en supprimant le niveau des tribunes du choeur, mais en conservant les baies des tribunes donnant sur la partie centrale de ce dernier. Subséquemment, les 3 chapelles Absidiales furent surélevées afin de les mettre en correspondance avec la nouvelle hauteur du déambulatoire.

Une nouvelle campagne de construction débuta en (1266) et fut financée par Jeanne de Navarre, dernière héritière du Comté de Champagne et future épouse de Philippe IV le Bel. On modifia alors les façades des 2 croisillons du transept afin de les mettre au goût du jour. Ce fut un architecte dont le nom reste inconnu qui procéda aux travaux de la façade du bras Sud du transept. Pierre de Varinfroy, un descendant de Gautier, réalisa la façade du bras Nord en s'inspirant de celle de N.D.de Paris. Pour ce faire il réutilisa les sculptures créées au début du (XIIIème siècle, lesquelles furent remontées sur le nouveau portail. En (1317), le Roi de France Philippe V le Long donna un terrain pour construire 2 Chapelles Rayonnantes supplémentaires. Puis en (1322), Charles IV le Bel, fit également une donation. Vers (1331)-(1335), un bourgeois de Meaux, Jean de Roseu), subsidia la dernière chapelle latérale à droite de la nef.

En (1335), le Roi Philippe VI autorisa l'allongement de la nef de 3 travées, les dernières, situées à l'Ouest de l'édifice. Dès lors, les travaux repartirent, mais concernèrent uniquement la moitié droite des 3 1ères travées, ainsi que la porte droite et la porte centrale de la façade Occidentale. En (1336), les tympans de ces 2 portails furent sculptés, mais en (1358), les travaux s'arrêtèrent suite à une Jacquerie paysanne. Peu après, la guerre de 100 Ans débuta et, comme presque partout en France, les travaux s'arrêtèrent. Ils reprirent en (1390), avec la construction de la partie gauche des 3 1ères travées, ce qui dura jusque (1410). Puis la situation militaire de la France se dégrada sérieusement, règne de Charles VI le Fol, et les travaux s'arrêtèrent à nouveau, suite à l'occupation de la ville par les Anglais (1422)-(1439).

- Meaux au Moyen Age.

Les 3 1ères travées de la nef ne furent dès lors terminées que durant la 2ème moitié du (XVème siècle. D'autres travaux suivirent encore, les 4ème et 5ème travées de la nef furent modifiées en style Flamboyant, à la fin du (XVème siècle). La tour droite fut enfin achevée suite à une longue campagne allant de (1505 à (1540). Quant au portail gauche, il fut achevé avant (1506). Il en va de même de la 1ère chapelle gauche de la nef. En (1562), la cathédrale fut pillée et endommagée par les Huguenots. En très mauvais état au début du (XIXème siècle), une longue restauration eut lieu de (1839) à (1894. Le pourtour du choeur fut refait ainsi que les arcs boutants de la nef. La 3ème Travée de la nef élevée dans le style Flamboyant fut modifiée pour qu'elle ressemble aux autres travées, selon le détestable principe des restaurateurs du (XIXème siècle) qui prônait l'unité de style, quitte à altérer de monuments.

- Dimentions.

* Longueur intérieure : 85 mètres.
* Hauteur de la tour Nord : 60 mètres, contre 69 pour N.D.de Paris..
* Hauteur sous voûte de la nef : 31 mètres.

- Construction.

Douze ans après N.D.de Paris en 1175, la construction de la cathédrale St Étienne prit fin en (1540). Comme bien d'autres cathédrales du Moyen Âge, le monument reste inachevé, comme en témoigne sa façade profondément dissymétrique et dotée d'un clocher provisoire, devenu définitif au fil des siècles. Elle n'est pas grande, et mesure seulement 85 mètres de long, contre 130 mètres à Paris et 145 mètres à Amiens. Sa construction s'étant déroulée sur plus de 350 ans, on y retrouve un peu toutes les étapes du style Gothique, mais les différents architectes qui se sont succédé ont réussi à maintenir une réelle harmonie entre les différentes parties de l'édifice.

La cathédrale se présente comme une église à 5 vaisseaux et à transept non saillant. Elle comporte une courte nef principale de seulement 5 travées dont les 2 1ères, partie intégrante du bloc façade Occidental, ou Westbau, constituent un narthex ou pré nef. Le vaisseau central de la nef est longé, au Nord comme au Sud, par un double bas côté de hauteur impressionnante. La nef est plus courte que le choeur. Ce dernier, entouré d'un double déambulatoire dans sa partie rectangulaire qui comporte 4 travées, se termine par une abside semi circulaire à 5 pans, longée par un déambulatoire unique ou rond point sur lequel s'ouvrent les 5 vastes Chapelles Rayonnantes du chevet. Enfin un très court transept sépare le choeur de la nef. Il comprend 2 travées rectangulaires par croisillon. Au centre de l'édifice se trouve la croisée du transept.

- Extérieur.

C'est la pierre de Varreddes, qui a été utilisée dans la construction de l'édifice. L'importante restauration extérieure faite au (XIXème siècle) est en grande partie due à l'érosion de cette pierre, due aux outrages du temps. La Cathédrale, d'une hauteur totale de 48 mètres jusqu'au faîtage, est le produit de périodes successives de l'art Gothique. La très longue durée de sa construction y a laissé une grande diversité de styles architecturaux. Mais ce mélange de styles n'a pas porté atteinte à l'esthétique générale du sanctuaire. Les architectes se succédant du (XIIIème siècle) au (XVIème siècle parvinrent à créer une grande harmonie d'ensemble. La Grande Façade Occidentale présente 3 portails monumentaux. Comme dans bien d'autres Cathédrales Romanes ou Gothiques, le portail Central est consacré au Jugement Dernier. Son tympan représente la Résurrection des Morts et l'image du Paradis et de l'Enfer. Le tympan du portail de Gauche est consacré à la vie de St Jean Baptiste, celui de droite à la vie de la Vierge Marie.

La tour Nord de la cathédrale est la seule à avoir été achevée, celle du Sud, faite en bois, avait été construite pour héberger provisoirement les cloches. Elle est devenue progressivement définitive, et on la désigne sous le nom de tour noire. Au centre de la façade se trouve une grande Rosace Flamboyante créée dans la 2ème moitié du (XVème siècle). Du côté Sud, à l'extrémité du transept, se trouve le portail St Étienne, également appelé portail des Merciers. Son tympan représente la vie de ce Saint, 1er martyr chrétien. Au Nord, le second portail du transept est aussi dédié à St Étienne. Il est actuellement fermé, il se trouve en fait dans la cour de la Cité Episcopale. Un peu plus à l'Ouest, en direction du chevet, une porte, dite de Maugarni, s'ouvre sur le déambulatoire du choeur de la cathédrale.

- Intérieur.

L'intérieur de la cathédrale est remarquable pour sa luminosité et la finesse de son ornementation sculptée. Une des plus importantes caractéristiques du sanctuaire, que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans une autre Cathédrale Gothique, est la hauteur des voûtes des collatéraux qui atteignent plus ou moins 15 mètres, soit la moitié de celle de la nef principale. Ceux ci étant dotés de hautes baies, la lumière pénètre en abondance au coeur de l'édifice et révèle ainsi la teinte de la pierre de Varreddes, utilisée dans la construction.

La nef ainsi que le choeur comportent 5 vaisseaux, comme à (Paris). Le vaisseau central est longé de part et d'autre par 2 bas côtés ou Collatéraux. Ce n'est qu'au niveau de l'abside que le déambulatoire se réduit à 1 seul vaisseau en demi cercle, lequel fait suite au déambulatoire interne de la partie rectangulaire du choeur, la partie externe de ce dernier étant remplacée par les Chapelles Rayonnantes au nombre de 5. Les revers des façades du transept sont particulièrement remarquables et de toute beauté, surtout dans le croisillon Sud. Ils sont richement décorés et comportent de véritables tissus ou broderies de pierres. Ils sont partiellement inspirés par N.D.de Paris, mais le style est ici plus recherché et l'ornementation est plus riche.

Dans le choeur de la cathédrale entouré de grilles en fer forgé, on peut voir la dalle funéraire, faite de marbre noir, de Jacques Bénigne Bossuet, l'Aigle de Meaux, la plus importante personnalité de l'histoire de la ville, qui y fut évêque de (1682) à (1704). 2 statues commémorent Bossuet dans la Cathédrale, la 1ère le montre assis sur son trône épiscopal, et la seconde debout, priant, avec autour de lui des personnages sur lesquels il eut une influence déterminante, le Grand Dauphin Louis, Louise de la Vallière, Turenne et Henriette d'Angleterre. Adossée au mur d'une chapelle du bas côté Sud de la nef, on peut voir un autre monument funéraire, celui du bourgeois Jean Rose et de son épouse. Mort en (†1364), ce dernier avait fondé un hôpital destiné à accueillir des orphelins. Il fut reconnu comme bienfaiteur de la cité. La hauteur sous voûtes, à l'endroit du choeur, atteint jusqu'à 33 mètres.

- l'Orgue.

La cathédrale St Étienne est dotée d'un Orgue dont les origines remontent au (XVIIème siècle). Il se trouve à l'extrémité Occidentale de la nef, au revers de la façade, sous la rosace. Son buffet date de (1627) et fut construit par Valéran de Héman (1584)-(1620), un des plus importants facteurs d'orgues de l'époque. A la fin du (XVIIIème siècle), François Henri Clicquot y réalise d'importants travaux, suivi par 3 générations de la famille Dallery. En (1895), on modifie en profondeur l'instrument, comme il est d'usage à l'époque, la maison Brisset retire les pleins jeux et les mutations, réalise un récit expressif, pneumatise la traction de l'instrument. La composition est alors ramenée à 33 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier. Suivant à nouveau les modes, c'est Victor Gonzalez qui, en (1934), reconstruit l'orgue dans l'esthétique Néoclassique Naissante, en plaçant entre autres un grand Récit Expressif en 16 pieds. L'orgue compte alors 3 claviers, et est doté d'une nouvelle traction pneumatique. Enfin, c'est de (1978) à (1980) que l'instrument actuel voit le jour. La maison Danion Gonzalez agrandit l'orgue pour arriver à 5 claviers et 67 jeux et installe une traction mécanique neuve à rubans d'acier. Des concerts ont lieu régulièrement sur cet instrument dont le titulaire est Domenico Severin.

- l’Evêché.

L'Ensemble Episcopal a été doté, de l'autre côté d'une vaste cour, d'un Palais accompagné de jardins privés. Ce dernier est surtout connu pour avoir abrité, un temps, le célèbre Bossuet, alors évêque de Meaux.

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