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(Montpellier, Chef lieu de la région Languedoc Roussillon, et du département de l'Hérault.)

- Origine

C'est en (986), dans une donation du comté de Melgueil, qu'apparaît pour la 1ère fois le nom de Montpellier. Au Moyen Age, son église, N.D.des Tables, constitue une étape renommée pour les pèlerins partant vers St Jacques de Compostelle. Cet afflux de pèlerins provoque la naissance et l'extension d'institutions charitables et hospitalières. Placée sous la tutelle des Rois d'Aragon et de Majorque après le mariage de Pierre II d'Aragon (1176)-(1213), Roi d'Aragon et comte de Barcelone, avec Marie de Montpellier, le 15 Juin (1204), la ville connaît son apogée. En (1289), les Écoles de Médecine et de Droit de Montpellier, réputées comme centres d'érudition, se voient accorder le statut officiel d'Universités par le pape Nicolas IV. Vendue au royaume de France en (1349), Montpellier est alors considérée comme la 2ème ville du royaume. Mais au cours de la seconde moitié du (XIVème siècle), des épidémies successives déciment plus du tiers de sa population.

La Cathédrale St Pierre de Montpellier était à l'origine la chapelle du monastère Bénédictin de St Benoît. La construction de cet édifice est liée à la volonté du pape d'Avignon Urbain V (1362) à (1370) d'honorer la ville où il avait suivi ses études, obtenu le diplôme de Docteur en droit canon et enseigné. Ainsi le 1er Octobre (1364), d'après les plans des architectes Manse et Nougayrol, architectes du pape, les travaux d'un monastère dédié à St Benoît et à St Germain sont entrepris. Cette chapelle de style Gothique Méridionnal est consacré le 14 Février (1367) par le pape Urbain V. Cette église fut érigée en cathédrale en (1536), lorsque le siège épiscopal est transféré de Maguelone à Montpellier.

- Après 1536

La façade principale de la cathédrale St Pierre
* La Cour d'honneur de la Faculté de Médecine, ancien cloître du monastère St Benoît, et le Theatrum Anatomicum.
* Le clocher vu depuis la cour d'honneur de la Faculté de Médecine.
* Le grand orgue.
* 4 tours s'élèvent aux angles de la nef, dont l'une fut abattue lors des mouvements iconoclastes de (1567). Le bâtiment est muni de défenses importantes, ce qui en fait une forteresse. À la fin du (XVIème siècle) on la surnomme d'ailleurs le fort St Pierre. L'une des façades était couronnée par des mâchicoulis surmontés de créneaux, derrières lesquels devait courir un chemin de ronde dans l'épaisseur du mur. L'entrée est précédée d'un porche massif, composé de 2 piliers cylindriques et d'une voûte reliant les piliers à la façade de l'église.

Ce sont pratiquement les seuls éléments de l'architecture Médiévale de la cathédrale que l'on peut encore observer aujourd'hui. L'église était composée d'un vaisseau unique, de 5 travées délimitant les chapelles latérales au nombre de 14. Elles sont dédiées à St Germain, à Notre Dame, à St Victor, à Ste Cécile, Ste Ursule et les 11.000 Vierges, St Martin, Ste Catherine, à la Ste Croix, à St Pierre, Ste Marie Madeleine, St Blaise, et St Michel. L'ornementation de l'église était très riche. Le Maître Autel était entouré d'un retable de vermeil. Au rez de chaussée, la petite sacristie était commune avec l'église. Il y avait à l'intérieur des armoires à plusieurs serrures, dont l'une ou l'on avait pour habitude de conserver des reliques, bras d'argent de St Benoît, de St Germain et de St Blaise, ainsi que des livres et du linge dans des coffres. Cette sacristie était dite mineure par opposition à la sacristie majeure qui contenait le trésor, reliquaires, vases sacrés, ornements précieux. De cet ancien édifice gothique ne subsistent que le massif de façade et les 2 tours clochers. Son plan est inspiré du modèle méridional, et des influences AvignonnaisesMontpellier se situe depuis le (VIème siècle) dans l'île de Maguelone. Par décret du pape Paul III, le 27 Mars (1536), le siège épiscopal est transféré à Montpellier, la chapelle de ce monastère bénédictin devient ainsi une cathédrale dédiée à St Pierre.

- Les guerres de Religion

Au (XVIème siècle), la Réforme Protestante gagne beaucoup d'adhérents et Montpellier devient un bastion du Protestantisme. Au cours des décennies suivantes (1560)-(1622), les guerres de religion entraînent la destruction totale, par les Huguenots, de tous les édifices catholiques situés à l'intérieur des murailles de la ville car le Roi interdit, par édit, les assemblées Protestantes à Montpellier. La cathédrale est le seul édifice à ne pas être détruit, même si elle en souffre considérablement. La cathédrale a été la cible des attaques protestantes. Le 20 Octobre (1561), après une nuit de siège, la foule pénètre par une brèche dans la cathédrale où s'étaient réfugiés quelques dignitaires catholiques accompagnés d'une troupe de soldats. L'étendue du massacre varie entre 8 et 50 morts selon les chroniqueurs. Théodore de Bèze dans l’Histoire Ecclésiastique, par exemple dénombre les morts sur place et ceux qui meurent quelques jours plus tard de leurs blessures. Jacques de Montaigne dans l’Histoire de l'Europe avance le nombre de 17 morts, ce qui paraît plus probable. Quoiqu'il en soit, le meurtre précéda le pillage et la ruine. En 6 ou 7 heures l'église fut complètement dépouillée. Cependant, les consuls de la ville, tous Protestants, réussirent à préserver le trésor en établissant un inventaire. Le pillage de la cathédrale fut suivit du pillage des couvents et des monastères de la ville. En (1562), la cathédrale perd ses cloches et ses grilles de fer qui sont fondues pour faire des munitions face au siège de la ville par les catholiques.

En (1567), la cathédrale subit les assauts des protestants qui cette fois vont s'attaquer au bâtiment. Les catholiques tiennent 48 jours. Sous le feu des protestants, la tour St Benoît s'écroule entraînant avec elle le mur de façade et 2 travées de fond. Les chanoines de la cathédrale se réfugièrent à Villeneuve les Maguelone et à Frontignan où ils restent jusqu'à la fin du siège de Louis XIII en (1622). Les chanoines de la cathédrale se réfugièrent à Villeneuve les Maguelone et à Frontignan ou ils restèrent jusqu'à la fin du siège de Louis XIII en (1622). Le Roi fit aussitôt reconstruire la cathédrale. La voûte, le pavement de la nef et la façade sont refaits. Après avoir été réaménagée selon un projet de Jean Antoine Giral au (XVIIIème siècle), St Pierre est victime de la volonté de la transformer en un édifice plus ambitieux.

En (1598), l'édit de Nantes désigne Montpellier comme une des places fortes où les cultes Protestants sont reconnus. S'en suivent (20) années de calme, rompues lors d'une dernière guerre de religion. En (1622), Louis XIII dirige le siège de la ville rebelle, qui capitule au terme d'un pilonnage intense de 2 mois. Le règne du Roi est rétabli et le retour de la domination catholique est assuré par l'édit de Fontainebleau de (1685). Depuis, la ville est restée majoritairement Catholique.

- la Restauration

Il faudra attendre en (1634) pour que l'édifice soit restauré sous la conduite de l'évêque Pierre de Fenouillet dans le style Gothique Flamboyant et se dote du porche monumental qui constitue l'originalité de l'édifice. La voûte, le pavement de la nef et la façade sont refaits. En (1775), on procéde à la démolition du choeur Gothique pour agrandir l'édifice et le remplacer par un choeur de style classique selon un projet de Jean Antoine Giral. Après ce réaménagement, la cathédrale est à nouveau victime de la volonté de la transformer en un édifice plus ambitieux. Les travaux dirigés par Pierre Henri Revoil, de (1855) à (1875), aboutissent à une reconstruction de la tour clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes ainsi qu'au remplacement du choeur de (1775) par un nouveau choeur de style Neo Gothique. Auguste Baussan refait le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du (XIIIème siècle), les verrières du transept et du choeur, exécutées par Edouard Didron et Paul Nicod, sont posées entre (1870) et (1872). Dans le bras droit du transept, un tableau de Sébastien Bourdon, datant de (1657), représente, "La chute de Simon le Magicien", épisode apocryphe de la vie de St Pierre.

Pendant la Révolution de (1789), la cathédrale souffre à nouveau du vandalisme, destruction de la grande rosace, des statues des 12 apôtres encadrant le grand portail, martèlement des armes d'Urbain V et de Charles V. En (1793), la cathédrale devint "Temple de la Raison" puis en (1802), entrepôt militaire. La Révolution crée le département de l'Hérault et l'évêché du même nom dont le siège est à Béziers. Le Concordat de (1801) donne naissance à l'évêché de Montpellier avec juridiction sur les départements de l'Hérault et du Tarn et rattaché à la province Ecclésiastique de Toulouse. Mgr Marie Nicolas Fournier de la Contamine (1807)-(1835) est reconnu comme étant le restaurateur du diocèse.

En (1815), le mouvement dite "la Terreur blanche", réaction contre les idées de la Révolution et de l'Empire, agite le département et amène de graves désordres. Le 10 Octobre (1822), l'archevêché d'Albi est rétabli. Le diocèse a désormais comme limite le département de l'Hérault et est rattaché à la province ecclésiastique d'Avignon. En (1847), Mgr Charles Thomas Thibault (1835)-(1860) obtient pour la cathédrale le titre, alors rarement accordé, de "basilique mineure". En (1852), le coup d'état du Prince Président trouve une nette désapprobation dans l'Hérault et la répression est impitoyable, 2.050 Héraultais sont envoyés en déportation en Algérie ou à Cayenne. Remise à la disposition des autorités religieuses, la cathédrale est considérablement agrandie en (1855).

- le XIXème siècle

En (1875), l'ancienne cathédrale de Maguelone, restaurée par les soins de Frédéric Fabrège, est réconciliée et rendue au culte par Mgr François Marie Anatole de Cabrières. En (1877), par rescrit pontifical, l'évêque de Montpellier ressuscite en sa personne les sièges des anciens évêchés compris sur le territoire du département de l'Hérault, il devient évêque de Montpellier, Agde, Béziers, Lodève et St Pons de Thomières.

Les travaux dirigés par Revoil de (1855) à (1875) aboutissent à une reconstruction de la tour clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes. Auguste Baussan refait le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du (XIIIème siècle), les verrières du transept et du choeur, exécutées par Édouard Didron et Paul Nicod, sont posées entre (1870) et (1872). Dans le bras droit, un tableau de Sébastien Bourdon représente La chute de Simon le Magicien (1657), épisode apocryphe de la vie de St Pierre. En (1795), le siège épiscopal, l'ancien monastère St Benoît, devient le siège de l'École de Médecine. Le 8 Décembre (2002), le diocèse de Montpellier est érigé en archidiocèse métropolitain par décret de la Congrégation pour les évêques. La Province ecclésiastique de Montpellier comprend à présent les diocèses suffragants de Mende et de Perpignan Elne, auparavant suffragants d’Albi, de Nîmes auparavant suffragant d’Avignon, et de Carcassonne auparavant suffragant de Toulouse.

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