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Glossaire - Biographies
la Cathédrale - Evêques
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- Cathédrale St Pierre St Paul

Le site aurait été initialement occupé par un "Temple Druidique dédié à Janus ou Bouljanus". Par la suite, 3 édifices religieux chrétiens ont précédé l'actuelle cathédrale sur les mêmes lieux :
* une basilique bâtie au (IVème siècle).
* une 1ère cathédrale, bâtie au (VIème siècle).
* une 2ème cathédrale Romane, bâtie au (XIème siècle).
* L'édifice actuel est bâti à l’emplacement de la cathédrale Romane.

- Dimensions
* Hauteur des tours : 63 mètres, N.D. de Paris : 69 mètres.
* Hauteur de la toiture : 49 mètres.
* Longueur intérieure : 103 mètres, Paris : 130 mètres.
* Hauteur de la nef sous voûtes : 37mètres50, Paris : 33 mètres.
* Largeur intérieure : 38mètres50.
* Longueur du Choeur : 30 mètres.

- Présentation
* Nom local : Cathédrale Saint-Pierre.
* Culte : Catholique Romain.
* Type : Cathédrale.
* Rattachement : Diocèse de Nantes, siège.
* Début de la construction : (XVème siècle).
* Fin des travaux : (XIXème siècle).
* Style dominant : Gothique.
* Protection : Classée Monument Historique (1862)

- Situation
* Pays : France.
* Région : Pays de la Loire.
* Département : Loire Atlantique.
* Ville : Nantes.

- Historique

Une tradition légendaire fait remonter au (IIIème siècle) l'arrivée de St Clair, 1er évêque de la ville, venu de Rome en possession d’un Clou qu'il affirme provenir de la Croix qui supporta le martyre de St Pierre. Il aurait fait édifier une chapelle pour abriter la relique qu’il dédie à St Pierre et St Paul. Historiquement, on trouve effectivement trace d'un Oratoire à l'Ouest de la ville, sur les coteaux de St Similien. Mais c'est au (IVème siècle) qu'une 1ère véritable église est implantée, cette fois à l'Est, là où les futurs bâtiments de la Cathédrale se succèderont. Cet édifice est implanté près de l'enceinte Gallo Romaine, et ce choix va en conditionner le développement ultérieur, le chevet de l'église étant très proche des remparts, l'extension de la future Cathédrale a été par la suite en butte à ce problème. Sous cette basilique sont creusées 3 petites cryptes. Elle durera jusqu'au (VIème siècle), où le besoin d'accueillir des fidèles plus nombreux poussera à l'établissement d'une 1ère véritable Cathédrale.

- Église St Jean du Baptistère

L'église Paroissiale nommée "Saint Jean du Baptistère" édifiée au (IVème ou Vème siècle) sur son côté Nord, et dont les vestiges furent mis au jour lors des fouilles menées par le Chanoine Durville, entre (1910) et (1913). Cette église, qui était aussi le siège du "Doyenné de la Chrétienté", c'est à dire de la partie du Diocèse qui s'étendait entre la Loire, le Diocèse d'Angers et le cours de l'Erdre, se composait d'une Nef coupée par un Transept débordant, sans Abside, mais était de dimension suffisante pour recevoir durant le (Xème siècle) tout le peuple Chrétien de la cité. Comme son nom l'indique, l'édifice renfermait un Baptistère et, de fait, 2 piscines baptismales ont été retrouvées dans la Nef. L'une de ces piscines, datant du (IVème siècle), formait un bassin Octogonal de côtés inégaux de 0,60 à 0,71 mètre de Longueur, pour un Diamètre de 1,56 mètre et une Profondeur d'environ 1 mètre. L'autre, du (VIème siècle), consistait en un bloc circulaire de maçonnerie d'un Diamètre de 3,65 mètres pour 0,70 mètre de Profondeur, dans lequel s'enfonçait une excavation Octogonale, en briques, qui constituait, à proprement parler, la cuve Baptismale. Le Chevet de l'église fut détruit, vers la fin du (IXème siècle), tandis que la Nef disparut avant la fin du (XVème siècle), entre (1469) et (1486), pour faire place au Collatéral Nord de la Cathédrale.

- 1ère Cathédrale

Cette 1ère Cathédrale débute au (VIème siècle), sur la décision de l’Evêque Evhemerius, ou Eumélius II (527-549). Elle fut consacrée en (567) ou (568) ou même le 30 Septembre (580) par l'Evêque, Félix Ier (550-582) son successeur. Cet édifice avait 3 Nefs, avec 3 Portiques correspondant en façade, et était surmonté d'une tour carrée surmontée d'une lanterne en forme de dôme, les lambris intérieurs et le toit étaient couverts d'étain, issu probablement des mines proches de Piriac et Pénestin. Diverses fouilles aux (XIXème siècle) et (XXème siècle) attestent également de la richesse et de la magnificence de l'église d'Evhémérus et de Félix, ce qui en fit sans doute une cible de choix pour les Normands) au cours des (IXème et Xème siècles). L'invasion Normande du 24 Juin (843), l’Evêque Gohard y fut massacré avec ses paroissiens. L'Evêque Fulquerius ou Foucher procède à une restauration et à un renforcement entre (897) et (906), mais en (919) l'église est à nouveau pillée lors d'un nouveau raid, et cette fois considérablement incendiée. Il faut attendre la fin du (XIème siècle) pour que l'édifice soit reconstruit, à l'initiative du Duc Guérec. De cette époque daterait le noyau de la crypte médiévale. Un projet de reconstruction, probablement dû à l'Evêque Benoît de Cornouaille entre (1079) et (1111), est abandonné après la construction de départs d'un bras Sud du Transept.

- la Cathédrale Romane

La crypte de Guérec n'étant pas souterraine, pour reconstruire il faut alors surélever le sol pour établir le Choeur. La Nef, probablement dotée de Collatéraux, aurait été couverte de 3 coupoles faites de blocages, à l'image de la Cathédrale du Puy, période de construction après (1130). A la fin du (XIIème siècle) le Choeur est modifié, étape la plus achevée de l'église Romane. En (1415), un incendie entraîne la démolition d'une tour carrée, au (XVIème siècle) puis au (XVIIème siècle) les ébauches du bras Sud du Transept sont supprimées, en (1733) le Choeur Roman est aplani, l'ensemble est détruit en (1876). De cette époque, il ne subsiste au (XXIème siècle) que la Crypte située sous le Choeur, et quelques chapiteaux conservés au musée Dobrée.

- la Cathédrale actuelle

Sous la conduite de Guillaume de Dammartin, dont les liens avec Guy de Dammartin ou Jean de Dammartin architecte de la cathédrale de Tours, puis par Mathurin Rodier, sous l'impulsion du Duc de Bretagne Jean V et de l’Evêque Jean de Malestroit, qui posent la 1ère pierre le 14 Avril (1434). Le milieu du (XVème siècle) est une période propice au lancement de tels projets, la Bretagne ayant retrouvé une prospérité commerciale suffisante grâce à une politique diplomatique opportuniste et habile qui lui permet de rester relativement à l’écart des déchirements Européens de l’époque, notamment entre les Royaumes de France et d’Angleterre. De plus, l’établissement d’une aussi imposante Cathédrale, et l’implication qu’y met le pouvoir Ducal, participent à la légitimation de ce pouvoir dans un contexte difficile à la suite des guerres de succession du Duché de Bretagne. Nantes n’est pas la seule ville à bénéficier de cette volonté politique de Jean V, par exemple, le chantier similaire de la façade de la Cathédrale de Quimper, initié 10 ans plus tôt en (1424).

Le Portail Central qui orne la façade est achevé en (1481), pour les "Grand Messes". Henri IV la franchira en (1598), lors de son passage à Nantes pour y signer l’"Édit de Tolérance". Si la façade est achevée dès la fin (XVème siècle), les tours ne le sont qu'en (1508), la Nef et les Collatéraux le sont également au début du (XVIème siècle), la voûte Gothique de la Nef, le bras Sud du Transept et les arcs boutants sont terminés au (XVIIème siècle). Un projet d'achèvement du (XVIIème siècle) envisageait d'ajouter un Transept ainsi qu'un Chevet court, adossé aux remparts.

- la Révolution et l'Empire

Lors de la Révolution, la Cathédrale est utilisée comme poste d'observation militaire lors du siège de Nantes en (1793). Une tour de bois de 10 mètres de hauteur est construite sur la tour Sud, et la surveillance est assurée au moyen d'un Télescope. Les décisions militaires sont prises en fonction des renseignements ainsi obtenus. Dans cette période, elle est transformée en Arsenal et en Ecurie, puis un arrêté départemental de (1794) la consacre officiellement à la célébration des fêtes publiques, ce à quoi doit également servir le Grand Orgue. La cathédrale est menacée de destruction en (1796), et il est envisagé de prolonger la rue du Département, devenue rue du Roi-Albert en droite ligne jusqu'à la rue Brutus, rue Prémion, face au château. L'intervention, en tant qu'expert, de Mathurin Julien Grolleau, évite la destruction de l'édifice. Il rédige un rapport où il stipule que la cession de l'église ne peut se faire qu'à la condition que le bâtiment ne subisse aucune modification de structure extérieure, et rappelle l'importance d'un observatoire aussi élevé à Nantes, qu'il aurait été coûteux de construire si la Cathédrale était détruite.

Le 25 Mai (1800), l'explosion d'une poudrière dans la tour des Espagnols du château des Ducs de Bretagne entraîne d'importants dommages sur l'aile Sud de la Cathédrale. L'observatoire est maintenu, pour les études astronomiques, et pour les besoins de l'école d'hydrographie, qui forme les officiers de marine aux nouvelles techniques de navigation. La tour en bois présente rapidement des signes de vétusté, et, la cathédrale ayant retrouvé sa vocation religieuse, n'est pas située à un endroit adapté à un usage civil intensif. L'observatoire est déplacé en (1823) dans la tour de la "maison Graslin", rue Molière. La démolition des murailles à l'Est de la ville permit l'achèvement de la Cathédrale au (XIXème siècle), le bras Nord du Transept et le Chevet sont entrepris en (1840), le vieux Choeur Roman est abattu à partir de (1876) et l'ancienne tour de la croisée du transept en (1886). Après 457 années de travaux, la Cathédrale est enfin inaugurée le 25 Décembre (1891) par Mgr Le Coq.

La façade de la Cathédrale de Nantes est encadrée de 2 tours assez massives, au sommet en terrasse. Elle présente quelques particularités remarquables, comme la présence d’une Chaire extérieure prévue pour prêcher aux foules assemblées sur la place, ou encore l’organisation en 5 Portails aux voussures richement décorées, 3 centraux et 2 latéraux. Les sculptures des Voussures ont une fonction Historiographique, en fonction du personnage auquel le portail est dédié. C'est devant la Cathédrale, place St Pierre, que Nicolas Fouquet est arrêté par d'Artagnan le 5 Septembre (1661) sur ordre de Louis XIV. Dans la nuit du 10 au 11 Novembre (1940), le jeune résistant Michel Dabat 9 Octobre (1921), Paris, ancien élève du lycée St Stanislas et de l'école des Beaux Arts de Nantes, installe, en compagnie de Christian de Mondragon, un drapeau français au sommet d'une des tours de la Cathédrale. Arrêté à la suite d'une dénonciation, il est condamné à 4 mois d'emprisonnement par le conseil de guerre du 8 Août (1941) et est fusillé, tout comme 15 autres personnes, le 22 Octobre (1941), à l'âge de 20 ans, au champ de tir du Bêle dans le cadre des représailles après la mort de Karl Hotz. Inhumé à St Julien de Concelles, sa sépulture ne comporte ni plaque ni lettre en raison de l'interdiction de toute inscription.

- le Grand Orgue

Les documents témoignent de la présence d’un orgue dans la Cathédrale dès le (XVème siècle), époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de l’instrument actuel est l’oeuvre de Jacques Girardet pour la partie centrale et le positif, et date de (1619). Les parties latérales sont dues au facteur Adrien Lépine au siècle suivant (1768), puis c'est François Henri Clicquot, facteur du Roi, qui refait cet orgue à neuf en (1784). Il est alors doté de 49 jeux, répartis sur 5 claviers manuels et 1 pédalier. A la Révolution Française, l'organiste Denis Joubert sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux "Fêtes Révolutionnaires" qui se déroulent à la Cathédrale. En (1833), le Chapitre confie à Geiger, facteur de Nantes, le soin de relever le Grand Orgue. Mais le travail reste incomplet, avant d’être achevé en (1893). Le 15 Juin (1944), l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. La manufacture Beuchet Debierre, de la ville, s'occupa du chantier et l’inauguration du nouvel instrument a lieu le 21 Novembre (1971). Le nombre de jeux est alors porté à 74. Lors de l'incendie qui se produit en (1972), Joseph Beuchet, alors à la tête de la manufacture, et ses ouvriers risquent leur vie pour bâcher l'instrument afin d'éviter des dégâts trop importants, cette opération permit d'abriter l'instrument de l'eau des pompiers qui, si elle s'était introduite dans les tuyaux, aurait rendu l'orgue hors d'usage. Des travaux doivent néanmoins être réalisés à la suite de cet incendie.

- l'Orgue de Choeur

Les cérémonies ordinaires sont généralement accompagnées par l'orgue de Choeur, aussi appelé, "petit orgue", qui n'en est pas moins le plus grand orgue d'accompagnement de France. Achevé par Louis Debierre en (1897), il est doté de 33 jeux. Également endommagé par les bombardements de (1944) puis par l'incendie de (1972), il est restauré puis rendu à ses fonctions en (1985). La partie instrumentale de l'orgue est classée au titre des Monuments Historiques depuis le 2 Décembre (1987).

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