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Glossaire - Biographies
Chronologie
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- Paray le Monial


- Présentation
* Culte : Catholique Romain
* Type : Basilique
* attachement : Diocèse d'Autun
* Début des travaux : (XIIème siècle)
* Fin des travaux : (XIVème siècle)
* Style : Roman
* Protection : Classée Monument Historique (1846)

- Situation
* Pays: France
* Région : Bourgogne Franche Comté
* Département : Saône et Loire
* Ville : Paray le Monial

-Historique

En (973) commence l'histoire de Paray. Reconnaissant des bienfaits de Dieu, Lambert, Comte de Chalon, songea à perpétuer sa gratitude par une fondation pieuse un cloître. Avec la collaboration de Mayeul, Abbé de Cluny l'église Priorale N.D. est construite, dite Paray I, et est consacrée en (977). Puis, après la réforme Clunisien en (999), le monastère devient Prieuré Clunisien par une donation de Hugues, évêque d’Auxerre. Le monastère, qui devient l'un des plus importants Prieurés du berceau Clunisien, est en plein développement et au début du (XIème siècle) une nouvelle Priorale est construite par l'abbé Odilon de Cluny. Cette église Romane, qu'on appelle Paray II, possédait une nef unique, un transept et un choeur à 3 absides. Le tout était non voûté et sera consacré en (1004) selon Courtépée.

C'est Hugues de Semur, successeur d'Odilon, qui aurait décidé au (XIIème siècle) la construction d'une nouvelle et grande église Priorale à Paray, c'est Paray III, la basilique actuelle. Les fouilles récentes, les 1ères jamais réalisées, ont permis de découvrir que l'édifice actuel enveloppe complètement celui du (XIème siècle), Paray II. La basilique de u>Paray le Monial, site clunisien par excellence, est le point de départ du circuit des églises Romanes du Brionnais, pays où abonde l’art Roman, qui est ici d’une qualité et d’une densité extraordinaire, c'est l'exemple génial, encore visible aujourd'hui de l'art Roman Bourguignon.

L'illustre Abbé Hugues de Cluny décide de reconstruire la priorale du (XIème siècle), sur le modèle de la grande Abbatiale Clunisienne, dont l’énorme chantier a commencé quelques années auparavant. Alors que l’Abbatiale de Cluny est en grande partie déruite aujourd’hui, à Paray on peut encore admirer entièrement cette architecture magnifique et lumineuse, le plus fidèle exemple de l’art clunisien. La construction se poursuit rapidement, mais c’est probablement après la mort de St Hugues en (†1109) que le chantier est interrompu et que la partie nouvellement construite fut raccordée au narthex préexisant. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est d’une grande beauté et d’une harmonie parfaite, composé d’une nef à bas côtés, d’un transept très saillant et d’un choeur entouré d’un déambulatoire à 3 Chapelles Rayonnantes. On trouve l’élévation tripartite clunisienne dans toutes les parties de l’édifice, grandes arcades brisées, un triforium élégant et triples fenêtres hautes.

Les voûtes en berceau brisé, les piliers cruciformes et les pilastres cannelés sont les caractéristiques de l’art Roman Bourguignon qu’on retrouve à Autun, à Beaune, à Saulieu, à Semur en Brionnais et bien sûr à Cluny. Le grand transept à coupole centrale conserve encore une chapelle orientée en cul de four. L'autre chapelle a été reconstruite au (XVème siècle) dans le style Flamboyant. Le chevet est l’un des plus réussis du monde Roman, avec son étagement de baies, d'arcatures et de toitures, bien que le clocher qui le surmonte ait été reconstruit au milieu du (XIXème siècle) quand l’église fut restaurée par Millet. 3 portails romans avec colonnes décorées et chapiteaux donnent l’accès à la basilique, dont surtout celui du croisillon Nord est intéressant avec ses décorations d’inspiration Orientale. Bien qu’on ne trouve pas l’abondante sculpture de Cluny ou d'Autun, l’église conserve plus de 300 chapiteaux Romans au décor végétal et animal. Parmis les autres trésor de la basilique, je cite encore un autel Roman et une fresque du (XVème siècle) du Christ en majesté dans l’abside. La basilique est flanquée par le cloître et les anciens bâtiments abbatiaux, reconstruits au (XVIIIème siècle), en conservant une tour du (XVIème siècle).

L'équilibre de ses proportions et son élégance racée apparaissent particulièrement dans l'étagement du chevet. On peut admirer en outre le portail Nord récemment restauré orné de motifs inspirés de l'art Musulman. Plusieurs archéologues, en particulier l'américain Edson Armi, démontrent que les mêmes équipes de maçons ont travaillé à Cluny comme à Paray, il y eut simultanéité des 2 entreprises. Un ambitieux programme de restauration intérieure est en cours. Il porte actuellement sur la restauration du choeur et d'abord sur la peinture du cul de four. Le Christ en majesté est inscrit dans une sorte de mandorle entourée du symbole des 4 évangélistes. Ce thème est qualifié du terme grec "Pantocrator" qui signifie "Tout Puissant". C'est une église Prieurale magnifique, qui est probablement le plus bel édifice encore existant qui est directement inspiré de la grande abbatiale de Cluny III, construit en pierres qui semblent dorées par le soleil, est dominé par ses 3 clochers qui se mirent dans la Bourbince, donnant une très belle vue d’ensemble.

- la Basilique

L'église d'aujourd'hui est une Basilique dont le bâtiment principal compte 3 travées avec un transept d'une seule nef, 2 petites tours à l'Ouest et une grande tour de transept. Les arcs doubleaux brisés, dans le style Roman Bourguignon, le long de la nef, occupent 2 tiers de la hauteur, le tiers restant est dévolu aux 2 rangées d’arcatures. C’est une disposition inspirée de l’église de Cluny qui elle même trouve sa source dans l’imitation des portes Gallo Romaines d’. Ces dernières sont surmontées d’arcatures ouvertes, d’une hauteur égale à la moitié de celle des portes.

De même que dans l’immense édifice que fut Cluny, dans chaque travée, 3 baies, tantôt aveugles tantôt ouvertes sur les combles des bas côtés, sont surmontées de 3 fenêtres hautes, de taille identique, entourées d’une arcature. On ne peut s’empêcher de songer au modèle architectural des 3 portes de chaque mur de la Jérusalem Céleste, telle que St Jean la décrit dans l'Apocalypse, à moins qu'il ne s'agisse de rappeler la Trinité. Les niveaux d’arcades sont 3, il y a 3 travées dans la nef, et 3 piliers supersposés entre chaque travée. Ces piliers sont disposés en chiasme, une série de pilastres élevés est prolongée en hauteur par des pilastres aux écoinçons des arcs doubleaux, les 2 pilastres ainsi superposés sont nettement séparés par le chapiteau du pilastre inférieur et la base de celui qui le surmonte. Par contre, les 2 rangées d’arcatures sont reliées par un même pilastre, simplement séparé en 2 par la bague de la moulure entre les 2 étages d’arcatures.

Les différents niveaux sont soulignés, soit par des cordons moulurés continus, sous l’arcature aveugle du 2ème niveau, soit par une corniche soutenue par des modillons, sous les fenêtres hautes.

ses Dimensions

L'église a une longueur totale de 63m,50 , y compris le vestibule et la chapelle Orientale faisant partie des chapelles rayonnantes, et une largeur de 22m,35, sans le transept. Avec ses 40m,50 par rapport à la nef presque carrée, 22 mètres de longueur jusqu'à la croisée, le transept donne l'impression d'être disproportionné. La grande nef du bâtiment principal a une hauteur de 22 mètres, y compris la tour de transept et la hauteur totale de l'église est de 56 mètres. Le choeur s'inspire du modèle de Cluny avec un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. La construction a été raccordée avec le narthex préexistant au lieu d'atteindre la longueur prévue. L'église Romane a alors trouvé la forme qu'elle conservera ensuite à travers les siècles.

- le Choeur

Le choeur avec déambulatoire et ses absides, compte 3 chapelles rayonnantes, il y en avait 5 à Cluny. Comme dans l’abbatiale de Cluny des (XIème siècle) et (XIIème siècle), le déambulatoire est nettement plus étroit que les bas côtés correspondants qui jouxtent le choeur, et il existe une forte dénivellation entre l’abside et le déambulatoire, d’une part, et entre le choeur et ses collatéraux.

- les chapiteaux

Ils sont principalement décorés de feuilles d’acanthe mais on y trouve 3 chapiteaux historiés d’interprétation délicate et quelques chapiteaux à animaux.

* 2 chapiteaux à aigles :
L’aigle est l’image de l’âme s’élevant au dessus des contingences terrestres. Équivalent spirituel du pouvoir temporel du Lion, l’Aigle est un oiseau solaire le Roi des oiseaux. L’apôtre Jean a été identifié à l’Aigle de l’Apocalypse.
* 7 chapiteaux à lion :
Le Lion symbolise le pouvoir Royal, la puissance et l’honneur dans le monde matériel. Lié au soleil en astrologie, il l’est dans la symbolique romane. Enfin l’évangéliste Marc a été identifié au lion de l’apocalypse. On dit parfois de Jésus qu’il est le lion de Juda.
* 3 chapiteaux à griffons :
Le Griffon, certainement d’origine Perse, c’est un Lion à tête d’Aigle, qui est dès lors doublement solaire et qui relie l’âme spirituelle, aigle à la puissance matérielle lion. Il associe le Ciel et la Terre.

- le Monastère

Le monastère passe sous la direction directe de l’abbaye de Cluny en (1252). Ses bâtiments, remaniés vers (1500), sont endommagés en (1562) pendant les guerres de religion. La Priorale devient église Paroissiale en (1792) après la Révolution française. L'église, classée Monument Historique depuis (1846), a été fortement restaurée dans les années (1856)-(1860) par Eugène Millet. Le clocher de la croisée a été refait et le narthex a été renforcé en sous oeuvre. L'église a été érigée en Basilique en (1875) par Pie IX et est désormais dédiée au Sacré Coeur. D'autres restaurations et nettoiements ont été conduits en (1930). Un événement mémorable dans l'histoire de Paray est la visite du Pape Jean Paul II en (1986). Depuis (1998) et jusqu'en (2001), d'importantes campagnes de fouilles ont été menées sous la direction de Gilles Rollier. On a alors pu retrouver le plan primitif de Paray II, de nombreux fragments d’enduits peints romans et gothiques et quelques vestiges de verrières décorées du (Xème siècle) ou du (XIème siècle). D'importantes restaurations effectuées en 3 tranches à partir de (2003) mettent en valeur cette magnifique priorale, témoin formidable de l'art Roman Bourguignon.

- le Musée

Le musée eucharistique du Hieron, est le plus ancien musée d'art sacré de France construit en tant que tel. Il a été édifié au (XIXème siècle) à l'initiative du Jésuite Victor Drevon et du baron Alexis de Sarachaga. Fermé pendant les années (1990), le musée a été entièrement rénové par la municipalité en (2005). Il présente aujourd'hui une riche collection d'oeuvres d'art autour du thème de l'eucharistie, tableaux, sculptures, objets liturgiques. On y conserve un magnifique tympan Roman provenant du prieuré brionnais d'Anzy le-Duc. Un Trésor National est venu enrichir ses collections, la "Via Vitae", "Chemin de vie" (1894)-(1904) de l'orfèvre parisien Joseph Chaumet.

- le Pèlerinage

Au (XVIIème siècle), le Christ apparut à une religieuse, Ste Marguerite Marie, née dans un village environnant et religieuse dans le monastère de la Visitation. Au cours de 3 grandes apparitions, il lui présenta son coeur :

"Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes et qui ne reçoit en échange que des ingratitudes de ceux qui lui sont consacrés".

Très vite, Marguerite Marie reçut le soutien et les conseils spirituels d'un jésuite St Claude La Colombière. De Paray le Monial, naquit une dévotion gigantesque, appelée le culte du Sacré Coeur. Des pèlerinages naquirent à Paray Le Monial et des sanctuaires furent construits aux 4 coins du monde, le plus célèbre, en France, étant la basilique du Sacré Coeur de Montmartre.

Aujourd'hui, ce pèlerinage, qui avait semblé tomber dans un relatif oubli, connaît un grand succès. Le renouveau charismatique y fit sa 1ère session en (1975) qui fut poursuivie par de nombreuses rencontres animées par la communauté de l'Emmanuel. Le Pape Jean< Paul II y vint en pèlerinage en octobre (1985). Depuis (1986), l'évêque d'Autun a confié l'animation de ce lieu à la communauté de l'Emmanuel. Le nombre de pèlerins ne cesse de grandir et des rassemblements se succèdent au cours de l'été mais aussi toute l'année.

- Visite

Concernant la Basilique du Sacré Cœur, des visites guidées y sont organisées pour les individuels tous les jours à 14h30 en Juillet et en Août avec un "Guide Conférencier et qu'une visite audio-guidée est possible tous les jours de l'année sur les heures d'ouverture de notre Office de Tourisme de 9h à 12h30 et de 13h30 à 18h

Il est également possible de visiter la Maison de la Mosaïque et le Musée Paul Charnoz.

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