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(Rodez Chef lieu de l'Aveyron 12, Midi Pyrénées, France.)

- Historique

La Cathédrale N.D.de Rodez, Aveyron, est le siège de l'évêché de Rodez et de Vabres. Rodez fut christianisée à partir des (IVème siècle) et (Vème siècles) et les 1ères traces de la cathédrale remontent à l'époque de l'évêque St Dalmas, vers (516). Il semble cependant que l'ensemble de l'édifice fut reconstruit vers l'an (1000). De cette époque, il ne reste que peu de vestiges, car l'effondrement du clocher de la cathédrale Romane en (1276) entraîna une totale reconstruction de celle ci qui durera plus de (III siècles). La 1ère pierre de la cathédrale actuelle fut posée en (1277) par l'évêque Raymond de Calmont d’Olt. A la fin du (XIVème siècle), un clocher purement défensif fut érigé, couronné d'une flèche de bois. Au (XVème siècle), les travaux furent repris avec l'achèvement du choeur et de sa voûte, puis le lancement de la construction du transept et des 1ères travées de la nef. Les plus grands artistes de l'époque furent sollicités dont le sculteur bourguignon Jacques Morel. Ceci explique l'origine de ce nouveau style Médiéval qualifié de Flamboyant à Rodez.

Au (XVIème siècle), François d'Estaing et Georges d'Armagnac donnèrent un nouvel élan à la construction de la cathédrale. Après l'incendie du clocher en (1510), sa reconstruction telle qu'elle existe aujourd'hui, fut entreprise, sous la direction d'Antoine Salvan de (1513) à (1526). L'achèvement du clocher et de la cathédrale intervinrent vers (1531). Le visage sévère de la façade Occidentale témoigne de sa vocation défensive. Elle est flanquée de 2 tours massives qui étaient incorporées aux remparts. Seule, anomalie, à la rigueur flamboyante de l’ensemble. Un frontispice classique, placé au faîte de la façade au milieu du (XVIème siècle). Le clocher, surmonté d'une lanterne ajourée portant une statue de la Vierge, entourée de 4 anges thuriféraires, présente une exubérance ornementale flamboyante qui se retrouve dans la sculpture des portails du transept et dans le mobilier, jubé et stalles du (XVème siècle).

- l'Extérieur

L'architecture de N.D.de Rodez s'apparente à une intrusion du Gothique du Nord dans le Midi de la France et ce pour 3 raisons principales, l'élévation de la cathédrale de Rodez, qui est exceptionnelle pour une cathédrale du Sud, le remplacement du vaisseau unique Méridional par les 3 vaisseaux Septentrionaux et la présence d'un Déambulatoire. La façade principale, bien que segmentée en 3 parties, ne peut être qualifiée de façade harmonique puisqu'on n'y trouve aucun portail. Le massif central est constitué d'un 1er niveau de mur plein, percé seulement de 2 meurtrières. Au 2ème niveau, on trouve une Rose. Le pignon est flanqué de 2 pinacles qui ponctue des contreforts assez marqués.

Les tours d'inégale hauteur qui encadrent ce massif sont détachées de lui et reliées par un pan de mur étroit, percé de fenêtres, qui ne monte qu'au 1er niveau, et par des arcs boutants. Les tours sont flanquées de tourelles, sur l'intérieur et non sur l'extérieur. L'entrée principale se fait au niveau du transept Nord, à gauche, dont le portail (1458), consacré à la Vierge, est très endommagé. Le transept Sud, à droite, avec son tympan vitré surmonté d'un grand gâble, est lui aussi dépouillé de toute sa statuaire.

L'élément le plus remarquable de la cathédrale de Rodez est probablement son clocher Gothique Flamboyant de 87 mètres, le plus haut de la région, qui date de (1526). Occupant une position quelque peu excentrée par rapport au corps de la cathédrale, il est composé de 4 niveaux de plus en plus étroits et raffinés, encadrés par 4 tourelles d'angle. La base, carrée, est massive et dénuée de tout ornement. Le 2ème niveau est percé de baies à 2 arcades, une par côté, qu'on trouve également au niveau supérieur, dont la base est ornée d'une balustrade dentelée. Au dessus de la baie, un réseau de fines arcatures complète l'ornementation et s'étend sur les tourelles en dessinant des niches dans lesquelles reposent les statues des 12 Apôtres, 3 par tourelle.

Le dernier niveau est Octogonal et entouré d'une balustrade semblable à celle qui le précède. Un réseau d'arcatures, reposant sur des Pinacles, devance l'élément Octogonal et lie entre elles les tourelles. Le sommet des celles ci est surmonté des statues des 4 Evangélistes. Ils sont dominés par une statue de la Vierge, reposant sur un lanternon. Celui, placé au centre d'une terrasse, délimitée par une belle balustrade, ponctue l'ensemble. On peut noter que les arcs boutants ont des piles massives au niveau du chevet. Ces piles sont plus légères au niveau de la nef, surtout les 2ères travées, où elles sont à double volée.

- l'Intérieur

La cathédrale, longue de 107 mètres réunit une nef à 3 vaisseaux de 6 travées et un choeur de 5 travées auxquelles s'ajoutent un rond point à pans. L'ensemble est couvert par des voûtes quadripartites. Partout, l'élévation est à 3 niveaux, de grandes arcades sans chapiteaux, un triforium à 4 arcades et des fenêtres hautes à 4 lancettes, dont 2 sont parfois aveugles, aux extrémités. Dans le rond point du choeur, on ne trouve que 2 arcades au triforium, auxquelles correspondent 2 lancettes surmontées de oculi trèflés au niveau des fenêtres.

Le transept qui sépare ces 2 volumes est peu marqué mais éclairé par 2 roses flamboyantes, la rose Nord étant cependant masquée par l'orgue. Dans le croisillon Sud du transept, on remarque une tribune de style Gothique Flamboyant dotée d'une voûte au dessin très complexe. Elle s'ouvre sur la croisée par 3 arcades. Au dessus de la tribune, une claire voie, éclairée par une petite rose, précède la grande rose flamboyante. Dans l'ensemble, le décor est très sobre. Le choeur, entouré d'une clôture, se distingue par ses 120 stalles, dont 62 seulement étaient utilisées, réparties en 2 rangs. Le décor des miséricordes fait alterner sujets familiers et grotesques. On ne peut que regretter de ne pouvoir approcher les stalles, sauf si on bénéficie d'une autorisation particulière, car le parquet, pourtant moins intéressant, du moins pour des non spécialistes, est classé au Patrimoine. Comme à Albi, la fermeture du choeur a nécessité le déplacement de l'autel servant au culte vers l'Ouest.

- l'Orgue

La cathédrale abrite un superbe buffet d'orgue Renaissance d'un équilibre parfait, s'inscrivant dans l'arc du transept Nord. Cet orgue a été construit en (1629) par Antoine Vernholes, de Poitiers, avec le concours de Raymond Gusmond, maître sculpteur de Périgueux. Vernholes a réemployé des parties de boiseries d'un orgue plus ancien, Gothique, sur les côtés et à l'arrière. L'ensemble de la tribune et du buffet a 63 pieds de haut et 32 pieds de large, le tout en noyer poli. En partie haute, des anges et des armoiries étaient rehaussées de couleurs vives. Jusqu'à la fin du (XVIIIème siècle) le grand buffet pouvait être caché par un rideau et le positif était équipé de volets. C'est tout ce qui nous reste de l'orgue de Vernholes.

En (1676) Jean de Joyeuse entreprend une restauration complète. Il y introduira la mode parisienne. Il y privilégie la finesse et l'élégance plutôt que la puissance. Peu de jeux d'anches mais des plein jeux et des jeux de tierce à tous les claviers. En (1728) François L'Espine, de Toulouse, refait la montre à neuf, remplace la voix humaine de l'écho par un cromorne, ajoute un bourdon 16, une grosse tierce et un cromorne au grand orgue, remet en état les sommiers, refait à neuf celui de, l'écho de cornet, sur 3 octaves ainsi que les 3 claviers. Il baissera l'ensemble de l'orgue d'un demi ton, en si bémol, celui de Jean de Joyeuse étant en si.

En (1775), Joseph Isnard refait les sommiers du Grand orgue en 4 parties, celui du positif en 2 parties, ceux de pédale et place le cornet d'écho en récit, et ajoute en (1776) un clavier de bombarde et porte l'étendue des claviers à 50 notes. L'orgue fut laissé à l'abandon pendant la période révolutionnaire et fut peu restauré au (XIème siècle). L'instrument aborde le (XXème siècle) avec une grande majorité de tuyaux du (XVIIème siècle) et du (XVIIIème siècle), mais la mécanique montre de grands signes de fatigue, à tel point qu'en (1902) le chanoine Servières parle, d'un orgue fossile.

Face à la réticence du ministère des cultes à entreprendre à nouveau des travaux, l'évêque de Rodez prend à sa charge la réfection de l'orgue par Charles Anneessens, d'Halluin qui pose une traction entièrement tubulaire. Cette intervention radicale sonne la mort de l'instrument de Jean de Joyeuse. Entretenue périodiquement, la traction tubulaire fonctionnera jusqu'en (1970), date à laquelle elle rendra l'âme. Enfin, en (1975) Paul Manuel démonte entièrement l'orgue et reclasse la tuyauterie, avant que la maison Maison J.G. et Y. Koenig ne le restaure entièrement en (1986), de manière à retrouver une conception sonore dans l'esprit des Anciens pour obtenir les qualités de toucher et les sonorités adéquates au répertoire français des (XVIIème siècle) et (XVIIIème siècles), tout en permettant une utilisation plus large de l'instrument par ses étendues.

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