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(Sées, chef Lieu de Canton du département de l'Orne, Basse Normandie.)

- Notre Dame de Sées

La Cathédrale N.D.de Sées, parfois orthographiée Séez, originellement consacrée à St Gervais et St Protais, est une cathédrale de style Gothique, située à Sées, près d'Alençon dans l'Orne, qui est le siège du diocèse correspondant à ce département. Elle fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques depuis 1875

La cathédrale a été construite sur l'emplacement d'une cathédrale plus ancienne remontant au (Vème siècle), due à l'évêque St Latuin, elle est dédiée à Notre Dame puis à St Gervais et St Protais, ce n'est qu'un petit édifice, qui est détruit lors des invasions Normandes. La présence d'un groupe cathédral à Sées n'est pas certain, mais la présence au Sud de la cathédrale des restes de l'église de N.D.du Vivier du (XIIIème siècle pourrait s'y rattacherJusqu'à la fin du (Xème siècle), les éléments historiques manquent, mais on sait qu'un 2ème édifice, qui ne dure pas plus d'(I siècle), est construit. La double dédicace à l'Assomption de la Vierge et aux 2 Saints serait du à la réunion de 2 églises du groupe épiscopal, l'église de l'évêque dédiée à la Vierge et l'église des fidèles dédiée aux Frères Martyrs. La 1ère église dédiée à St Gervais était au coeur de la cité, occupant la partie Orientale de l'actuelle Cathédrale, à l'emplacement d'un temple Païen selon les fouilles réalisées au (XIXème siècle). La cathédrale Carolingienne est détruite lors des incursions Vikings en (8782) ou en (9103).

L'évêque Azon, (986)-(1006), entreprend une 3ème construction durant cette période, détruit par 2 fois lors d'un incendie en (1047)-(1048), par son propre évêque, Yves de Bellême, des membres de la famille de Bellême, partisans de Talvas, face à Arnoul et Yves. Ils ont réunis une troupe de bandits qui a ravagé la région avant de s'emparer de Sées et de sa Cathédrale St Gervais. Selon les mots d'Orderic Vital, ces hommes ont transformé la cathédrale en caverne de voleurs, en écurie pour les chevaux et en lupanar de prostituées. Yves doit donc mener un siège et tente de déloger ses adversaires réfugiés dans une tour. Il ordonne de mettre le feu aux maisons voisines mais le feu se propage et gagne la Cathédrale qui se trouve en grande partie détruite. Le pape Léon IX, l'année suivante, le tance sévèrement : "qu'as tu fait, perfide, toi qui as brûlé ta mère ? ". En pénitence, Yves est contraint de la restaurer. Pour trouver les importantes ressources nécessaires au chantier, il quitte la Normandie et ose un voyage lointain pour quêter en Pouilles, et même à Constantinople, où sont installés de nombreux Normands enrichis. De son voyage, il ramène une somme considérable et une relique de la vraie Croix, don de l'empereur. Vers (1053), il commence le chantier de construction de la nouvelle cathédrale, mais ne verra pas sa fin. Sa consécration n'aura lieu que le 21 mars (1126) sous l'épiscopat de Jean de Neuville. En <(1174), au cours des guerres qui opposent Henri II et Louis VII, la cathédrale est une nouvelle fois incendiée.

Une nouvelle reconstruction s'achève en (1126). Elle est détruite à nouveau par un incendie en (1174). La majeure partie de l'édifice actuel est édifiée à partir de (1210) et au cours des (XIIIème siècle) et (XIVème siècle). Faute de moyens, les fondations sont négligées, ce qui fragilise l'ensemble de l'édifice, d'autant plus que le terrain est instable. Le choeur, les chapelles et le transept sont commencés dans le 3ème quart du (XIIIème siècle) et terminés au début du (XIVème siècle), comme l'appuie l'épitaphe dans le choeur de la cathédrale, qui présente Jean de Bernières (1278)-(1293) comme le constructeur de la cathédrale. Elle est consacrée le 27 Septembre (1310) par l'évêque Philippe Le Boulanger (1294)-(1315), le choeur a servi de modèle à l'abbaye St Ouen de Rouen. L'église encore inachevée est consacrée en (1310). Elle subit de graves dommages pendant la guerre de (100) ans, et les guerres de Religion. Des réparations sont faites au (XVème siècle). Au (XVIème siècle), la façade menaçant de s'écrouler, on la dote de puissants contreforts inesthétiques, si bien qu'une partie des structures anciennes ont disparu. La charge financière des restaurations suscite des litiges. On laisse la cathédrale se délabrer, le mauvais état de la cathédrale oblige l'évêque Jacques Lallement (1728)-(1740) à en fermer l'accès en (1740). Les travaux de restauration sont interrompus par la Révolution. Il faut attendre l'intervention d'un disciple de Viollet le Duc, Victor Ruprich Robert, en (1849), pour que la cathédrale soit entièrement restaurée, depuis les fondations.

- l'Extérieur

LTournée vers l'orient, la Cathédrale fascine le pèlerin, par le savoir des bâtisseurs, tout en elle est lumière, élégance, harmonie. La façade harmonique est alourdie par les 2 contreforts qui séparent le portail central des portails collatéraux. Au dessus des portails, il y a 2 étages formés, le 1er par 5> fenêtres, le 2ème d’une galerie d’arcatures. Les fenêtres sont en tiers points. Il n’y a pas de rose. Les portails sont abrités par le porche, qui rappelle les porches latéraux de Chartres construits vers (1230), époque où le chantier de la nef de Sées était en pleine activité. Les portails latéraux supportent 2 flèches ajourées, agrémentées de clochetons. Le portail central a été mutilé, il est surmonté de 3 baies et d'une courtine ornée d'arcatures brisées, il se compose d’un embrasement à 5 voussures.

Les grandes statues détruites à la Révolution reposaient sur un socle de colonnettes disposées en quinconce, à remarquer les écoinçons repercés de trèfles. Au trumeau, il y avait une statue de la Vierge dont la tête est, dit on, au Louvre. Le tympan de la Maîtresse Porte est dans un tel état qu’il peut paraître malaisé de discerner les sujets qui l’ornaient. Les portes ont des arcs trilobés. Les tympans des portails latéraux sont percés d'oculi tréflés. On peut noter l'important décor végétal autour de la porte. De puissants arcs boutants viennent contrebuter la nef à chaque travée. Les parties basses des transepts sont peu décorées. Le portail Sud est obstrué. La partie haute est finement décorée d'une claire voie surmontée d'une grande rose. Le pignon, précédé d'une balustrade, est encadré par 2 Pinacles. Au sol est tracée une immense croix ancrée aux 4 points cardinaux, lieu séparé au sein de l'humaine mouvance, espace réservé. Cathédrale, siège de l'Evêque, présence de Dieu au milieu de son peuple comme un grand signe de croix tracé sur la ville. Le chevet n'est pas accessible.

- la Façade

La façade Ouest est encadrée par flèches. A l'origine, la flèche Nord était plus haute, mais les travaux de restauration au (XIXème siècle) les ont équilibrées. 3 portails s'ouvrent sur cette façade. Les portails latéraux supportent les flèches. Au dessus du portail central se trouve un tympan, dont les sculptures ont été détruites par les révolutionnaires, il représente au sommet 2 personnages, le Christ à droite qui couronne la Vierge, semblable à celui de la cathédrale de Paris, en dessous des personnages derrière des sarcophages entourent la Vierge sur son lit de mort et lors de son Assomption.

- la Nef

La nef comporte 7 travées, Narthex compris, voûtées d'ogives, elle possède des bas-côtés. Il y a 24 mètres sous voûtes. L'élévation est à 3 niveaux. Les grandes arcades retombent sur des colonnes rondes à chapiteaux à Feuillages. Les écoinçons sont agrémentés de motifs tréflés. Une mince colonnette adossée reçoit les ogives. Au dessus des arcades, le triforium à mur de fond plein est orné de 3 groupes de fines arcades, l'arcade centrale étant plus étroite que les 2 groupes latéraux. Les fenêtres hautes sont devancées par une fine arcature brisée qui les dédouble, en quelque sorte, avec sa galerie de circulation.

- le Transept Sud

Le transept Sud comporte 2 travées voutées d'ogives. La rosace Sud ressemble à une roue, symbole du monde qui change constamment. Au centre se trouve Jésus Christ, autour les 12 Apôtres et au delà les 24 Vieillards de l'Apocalypse. En dessous figurent 10 personnages de l'Ancien Testament. Le transept sud contient 2 statues remarquables, "Le beau Dieu de Sées" en marbre blanc sculpté par l'atelier du Bernin et N.D.de Sées, statue de marbre du (XIVème siècle). Ces sculptures se trouvent à côté du puits de l'oeuvre, restauré au (XIXème siècle). Il est éclairé par une grande rose et claire voie.

- Le transept Nord

Le transept Nord compte 3 travées, ainsi qu’un bas côté en relation avec le déambulatoire. Inspiré de l'art de l'Île de France, le transept est de style rayonnant. Il est éclairé par une grande rose et claire voie. Le transept Nord contient un autel Louis XIV, provenant du couvent des Cordeliers de Sées, un lutrin du (XVIIIème siècle) ainsi que Orants réalisés par Étienne Leroux, ceux des évêques de Sées Charles Frédéric Rousselet et François Marie Trégaro. Il donne accès à une chapelle qui abrite les reliques de St Latuin. La rosace Nord, dont la forme reprend celle d'un cristal de neige, qui avec une dominante de bleu. Au centre, Jésus en croix et autour 6 médaillons racontant les apparitions de Jésus ressussité, Jésus au bord du tombeau, les Stes femmes, Jésus et Marie Madeleine, Jésus et St Thomas, les disciples d'Emmaüs, le partage du pain. Dessous sont représentés des Saints et évêques du diocèse, Loyer, Godegrand, Opportune, Céronne, Raven, Rasiphe, Cénery, Osmond, Raverein et Alnobert.

- le Choeur

Le Choeur est de style Français plus que Normand, constitué de 2 travées et d’une abside à 5 Pans. Il est entouré d’un déambulatoire qui dessert 5 Chapelles Rayonnantes. L'élévation est à 3 niveaux. Les grandes arcades sont surmontées d'arc en mitre. Le triforium est à claire voie. De larges fenêtres hautes fournissent un éclairage abondant. Le déambulatoire ouvre sur 4 chapelles Rayonnantes et une chapelle Axiale, plus profonde. Suivant le plan dressé en (1780) par l'architecte Brousseau, l'autel était situé au fond du choeur, tandis que les stalles des chanoines occupaient la croisée de transept et la 1ère travée de la nef. L'évêque du Plessis d'Argentré modifie cette disposition en le plaçant en (1786) à la croisée un nouveau maître aute. Il comporte 2 bas reliefs, côté nef est figurée une mise au tombeau alors que côté arrière choeur est représentée la découverte des Sts Gervais et Protais.

- les Chapelles

L'arrière choeur abrite 72 Stalles sculptées. Déposées en (1870) pour être restaurées par Robert Ruprich, elles sont remontées en (1931), sous l'épiscopat d'Octave Pasquet. Les chapelles rayonnantes du Nord au Sud,

1.Chapelle St Nicolas ;

2.Chapelle St Godegrand. Un vitrail le représente ainsi que sa soeur Ste Opportune. Elle abrite une statue moderne de Ste Thérèse de Lisieux, venue en pèlerinage dans la cathédrale ;

3.Chapelle axiale du St Sacrement dédiée à N.D.des Champs ;

4.Chapelle St Augustin ;

5.Chapelle Ste Madeleine. Elle est représentée sur un vitrail, aux pieds du Christ. Elle abrite les tombes de 3 Evêques de Sées: Claude Bardel représenté en gisant, Octave Pasquet et André Pioger.

- l'Orgue

Dépourvue d'Orgue jusqu'en (1743), ce n'est qu'avec l'arrivée à l'évêché de Louis François Néel de Christot (1740-1775) que la décision de l'acquisition d'un orgue est prise. Un marché est passé le 12 Janvier (1743) entre le chapitre de la cathédrale et Claude Parisot, facteur d'orgue Lorrain, pour la fourniture de l'orgue. Suivant le devis, l'orgue de 29 jeux est répartis sur 4 claviers manuels et un pédalier dont le chantier prévus de 14 mois s'élève à 4.000 livres. Le buffet d'orgue est une réalisation de Jacques Chapelain, menuisier à Argentan, suivant un marché passé le 24 janvier (1743 pour un montant de 1.500 livres. Cet orgue devait s'inspirer de celui de l'abbaye de Mondaye.

Réparé en , il est démonté 4 ans plus tard pour être installé sur une nouvelle tribune. Les frères Louis et Robert Damiens relève l'instrument et modifient sa composition. L'instrument est inauguré le 18 mars (1869) par Franz Aloys Klein, organiste de la cathédrale de Rouen. Aristide Cavaillé-Coll établi un rapport en (1879) où il constate l'état de délabrement et propose la construction d'un nouvel instrument pour un montant de 45.000 francs. De (1881) à 1883, il réalise le nouvel orgue de 32 jeux et 40 rangs répartis sur 3 claviers et un pédalier. La cérémonie d'inauguration a lieu le 18 Janvier (1883) par Alexandre Guilmant, organiste de la Trinité de Paris.

Une restauration complète de l'orgue, après son arrêt pendant une dizaine d'années du à la reconstruction des voûtes de la nef, est effectuée en (1910) par Charles Mutin, gendre de Cavaillé Coll. Il est inauguré le 12 Juillet (1910) par Louis Vierne, titualire du grand orgue de la cathédrale N.D.de Paris. Il est relevé en (1937) par l'entreprise Pleyel. De (1969) à (1972), Louis Benoist et Pierre Sarélot, facteurs au Mans, relèvent et agrandissent l'orgue de Cavaillé Coll, le faisant passer de 32 à 38 jeux. Il est inauguré le 7 Mai (1972) par Georges Robert, organiste de l'église N.D.de Versailles. L'orgue est à nouveau restauré de (2005) à (2009) et inauguré le 20 Juin (2009) par Olivier Latry, organiste titulaire de N.D.de Paris.

Le buffet d'orgue de (1743) réalisé par Jacques Chapelain fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 Mars (1976).

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