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(Sens, Chef lieu d'Arrondissement de l'Yonne, sur l'Yonne).

- Historique

Le siège Archiépiscopal de Sens relève d'un passé prestigieux. Il est, jusqu'en (1622), la métropole d'une vaste province ecclésiastique groupant les églises suffragantes de "Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes". La Cathédrale de Sens fut le cadre d'évènements qui ont souvent fait confondre l'histoire de Sens avec l'histoire de France.

La 1ère église située à l’emplacement de l’actuelle Cathédrale St Etienne de Sens est édifiée vers les (VIème siècle)-(VIIème siècles). Une autre lui succède au (IXème siècle). Incendiée en (968), elle est immédiatement reconstruite. L’archevêque Seguin la consacre en (982). Les somptueux édifices Romans qui s’élèvent dans la région au (XIème siècle) ont tôt fait de la surpasser. Lorsqu’il prend sa charge en (1122), l’archevêque Henri Sanglier décide donc d’abattre l’édifice Carolingien pour y construire ce qui constitue l’une des 1ères Cathédrales Gothiques.

- Henri Sanglier

Vers (1130) l'Archevêque de Sens Henri Sanglier décide la construction de l'actuelle Cathédrale, les travaux ont commencé par le choeur et se sont poursuivis, vers l'an (1200), jusqu'à la façade Occidentale en respectant le 1er plan. Chaque travée est sur plan carré, rythmée par la superposition d'une grande arcade, d'une galerie aveugle triforium et d'une fenêtre haute, et couverte d'une voûte d'ogives Sexpartite. L'élévation intérieure de la Cathédrale est bien caractéristique des 1ères constructions Gothiques et confirme l'antériorité de cet édifice. Voûtes sur croisées d'ogives et 1er emploi de l'arc boutant. Achevée au (XVIème siècle), elle est consacrée 33 ans après, le 19 Avril (1163), par le Pape Alexandre III, alors en exil, c'est à cette époque que la cathédrale de Sens accueille un prestigieux exilé, l'Archevêque de Canterbury, Thomas Becket, en conflit avec le Roi d'Angleterre Henri II. Il reste en Bourgogne jusqu'en (1170), après avoir également séjourné à Pontigny, avant de se faire Assassiner dans sa Cathédrale de Canterbury le 29 Décembre (†1170).

- la Cathédrale

Construite à la genèse du style Gothique, la Cathédrale de Sens allie la robustesse des proportions Romanes, à l'élan de la voûte Gothique. Comme nombre de Cathédrales, elle subit les ravages d'un incendie en (1184). Durant la même période, le beffroi est également achevé. Peu après on ajoute un étage à la tour sud, qui, tout comme la tour Nord, n’a jamais reçu la flèche de pierre initialement prévue. Au sommet de la tour Sud, on aménage un Campanile, chargé d’abriter l’horloge. Les modifications ultérieures concernent surtout l’aménagement intérieur.

La cathédrale est alors au faîte de son prestige et elle accueille le mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence. Quelques décennies plus tard vers (1267)-(1268), la tour d’angle Sud Ouest s’écroule avant d’être definitivement construite. Des chapelles sont progressivement ajoutées aux bas côtés de la Nef fin du (XIIIème siècle) et au déambulatoire (XIVème siècle). Au (XVème siècle) et (XVIème siècle), un transept vient se greffer sur l’édifice. Les travaux, confiés à l’architecte Martin Chambiges, l'architecte des transepts de Beauvais et de Senlis, sont effectués dans la dernière décennie du (XVème siècle) pour le bras Sud et au début du (XVIème siècle) pour le bras Nord. Remaniée par la suite, principalement vers (1500) la cathédrale se voit doter d'un haut transept aux 2 gigantesques rosaces.

A la fin du (XVème siècle) et au début du (XVIème siècle), on agrandit la cathédrale par un transept dont l'élévation est plus simple, à 2 étages, offrant une large place aux vitraux, fenêtres hautes et roses des façades latérales. Ouvrant sur le bras Nord du transept, la chapelle St Jean Baptiste paraît Romane avec ses arcs en plein cintre et sa voûte en cul de four, c'est par là que les travaux ont débuté au (XIIème siècle). Au fond du choeur, l'autel majeur est surmonté d'un Baldaquin monumental réalisé par Servandoni en (1742). La chapelle de la Vierge, symétrique de la chapelle St Jean Baptiste, date du (XIVème siècle) et sert d'écrin à une belle Vierge assise.

- la Révolution

La Révolution cause de grands dommages à l’édifice, notamment aux sculptures des portails. La flèche du transept est également abattue. Au (XIXème siècle), on procède à plusieurs restaurations, les plus importantes étant confiées à l’architecte Robelin. Celui ci juge opportun de détruire les chapelles latérales du (XIIIème siècle) pour leur en substituer d’autres, à la configuration quelque peu étrange. La statuaire de la Cathédrale était très riche mais souffrit excessivement des troubles révolutionnaires le 7 novembre (1793). Les statues furent projetées au sol ou broyées à coups de marteaux. Seule la statue de St Etienne fut épargnés grâce aux bonnet phrygien dont un mauvais plaisantin l'avait affublée.

Le vandalisme ne fut pas la seule cause de l'appauvrissement du décors de cette Cathédrale. Comme partout en France au (XVIIIème siècle), les ornements Gothiques remplacés par le style Classique. Le Choeur fut ainsi complètement transformé. Nombre de verrières ont disparu. Seules 4 verrières du (XIIème siècle) subsistent, consacrées à St Thomas Becket, à St Eustache, aux paraboles de l'Enfant prodigue et du Bon Samaritain.

Paradoxalement, c'est à l'extérieur de la Cathédrale, dans l'ancien palais Archiépiscopal, que l'on retrouve toute la richesse et la puissance des Archevêques de Sens. Le trésor qui est conservé est historiquement et artistiquement le plus intéressant des trésors Religieux Français. A noter plus particulièrement des objets en ivoire, coffret Byzantin dont les 12 faces figurent les histoires de David et de Joseph, une Pyxide du (Vème siècle) orné d'une chasse au lion et un curieux peigne liturgique attribué à l'évêque St Loup.

- les Portails

Les 3 portails de la façade Occidentale sculptés entre la fin du (XIIème siècle) et le (XIVème siècle) sont richement décorés, et malgré les mutilations de la Révolution, conservent des cycles Iconographiques d'une très grande richesse. Le portail central dont le tympan raconte le martyre de St Etienne, se révèle d'une densité iconographique rare. Les travaux des Mois, les Arts Libéraux, le miroir Moral, les Animaux réels et fantastiques, les Vierges Sages et les Vierges Folles, tous ces thèmes sont là pour rappeler aux fidèles l'enseignement de l'Eglise. Au trumeau, la grande statue de St Etienne, Patron de la cathédrale, est le seul vestige admirable de la statuaire qui meublait avant la Révolution les ébrasements des portails.

Le portail St Jean Baptiste au Nord relate l'histoire mouvementée de ce Saint et de ses reliques et montre en son soubassement les fameux bas reliefs de la Largesse et de l'Avarice. La tour Nord, appelée tour de Plomb fin du (XIIème siècle) et la tour Sud ou tour de Pierre, surmontée d'un campanile Renaissance, encadrent la façade. Les portails du transept (XVIème siècle) portent un riche décor de l'époque Flamboyante.

Partout dans la cathédrale de Sens, monuments funéraires et sculptures évoquent les dignitaires ecclésiastiques et les personnages illustres qui ont marqué l'histoire de Sens. Le monument des >Salazar (XVIème siècle) et le tombeau des frères Du Perron (XVIIème siècle) sont des témoins importants des constructions élevées par les prélats Sénonais au cours des siècles. La grande Vierge assise qui couronne l'autel de la chapelle Notre Dame a été offerte par le chanoine Manuel de Jaulnes en (1334). Le Mausolée du Dauphin est le dernier tombeau Royal de l'Ancien Régime, commandé par Louis XV pour son fils et sa belle fille et réalisé par Guillaume Coustou fils. La grille somptueuse offerte par le cardinal de Luynes en (1762). Classée Monument Historique (1840).

- Les Vitraux

De magnifiques vitraux éclairent l'ensemble, scènes de la vie de Thomas Becket, la Parabole des 2 fils (XIIIème siècle), Arbre de Jessé et roses (XVIème siècle). Le vitrail se lit de bas en haut, tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche. Parfois, les 2 vignettes d'un même niveau illustrent 2 aspects d'un même moment et sont à lire en correspondance l'une de l'autre. Une inscription latine accompagne chaque vignette. Une suite de verrières qui permettent de retracer l'histoire du vitrail depuis le début du (XIIIème siècle) jusqu'au (XIXème siècle).

Citons en premier lieu les 4 célèbres fenêtres du début du (XIIIème siècle) qui éclairent le déambulatoire Nord. On y découvre le martyre du St Archevêque de Canterbury Thomas Becket, la vie de St Eustache, patron des chasseurs, et 2 paraboles de Luc, celle du Fils Prodigue et surtout celle du Bon Samaritain. Cette dernière résume la parabole en 3 épisodes qui symbolisent les 3 étapes de la Chute, de la Loi et de l'Incarnation, dans le déambulatoire Nord du choeur et rivalisent en thème et en qualité avec celles de Chartres et de Bourges, le Bon Samaritain, St Eustache, St Thomas Becket, l'Enfant Prodigue".

Autre grand ensemble, celui des verrières du début (XVIème siècle) visibles dans les 2 bras du transept. Au Sud , oeuvres de maîtres verriers Troyens, l'Arbre de Jessé, la vie de St Nicolas et l'immense rose à 6 branches du Jugement dernier, surmontant le martyre de St Etienne. Au Nord, des verriers Sénonais ont illustré l'histoire des Patriarches et représenté 16 Saints prélats Sénonais, on remarque surtout la splendide rose à 5 branches du Concert céleste qui présente les anges jouant de tous les instruments de musique du début de la Renaissance.

Datant des années (1530), il faut aussi signaler dans le bas côté Sud de la Nef le vitrail de St Eutrope, 1er Evêque de Saintes et dans la chapelle du Sacré Coeur celui de la Sybille de Tibur montrant à l'Empereur Auguste la Vierge à l'Enfant dans le ciel. Notons aussi le vitrail du (XVIIème siècle) des 8 St protecteurs, 4 hommes et 4 femmes, ainsi que celui du (XVIIIème siècle) du Christ en croix.

- Le Grand Orgue

Le grand Orgue de la cathédrale, construit au revers de la façade Occidentale entre (1722) et (1734) a été restauré en (1991), par Louis Lebe et Jean François Mangin. Le buffet renfermait 32 jeux répartis sur 3 claviers manuel et un pédalier de 29 notes. Il fut agrandi à 34 notes par ravalement effectué en (1774) par Jehan Richard qui lui apportera quelques améliorations. Réparé après la Révolution par Jehan Lefèvre qui remplaça l'ancienne soufflerie par celle de l'orgue de Vauluisant plus une trompette neuve à la pédale, il se vit doté d'un clavier d'Echo en (1823) par Jean Baptiste Gavot qui mit une soufflerie nouvelle à plis parallèles.

Signalé comme étant en mauvais état en (1848), après les devis restés sans suite de Mercklin, Chazelle et Cavaillé Coll, il ne fut reconstruit qu'en (1898) par Stoltz. On peut dire que Soltz sauva l'instrument de la ruine et que l'harmonisation fut des plus réussies. Relevé en (1937)-(1938) par Gutschenritter, il fut enrichi d'une flûte harmonique au 1er clavier et la mécanique restaurée fut aidée dans son fonctionnement par une machine Barker. Enfin, en (1967), le violoncelle du grand orgue et le salicional du positif firent place respectivement à une flûte 4 et à une tierce, installées par M. Masset. La vieillesse se faisant sentir, une nouvelle restauration devenait inévitable.

Classé Monument Historique en (1973), la Commission Supérieure opta finalement pour une reconstitution dans le style de la fin du (XVIIIème siècle), tout en ménageant l'installation d'un clavier d'Echo plus étendu pour pouvoir interpréter dans les meilleures conditions la musique de J.S. Bach et la musique Nordique. 16 jeux anciens (XVIIIème siècle) très homogènes et complets, plus la flûte 16 de pédale ont été conservés et restaurés. Le travail fut confié à la Maison Boisseaux Cattiaux qui l'a réalisé dans les meilleures conditions, tuyaux neufs en étain à 85 % entre autres. L'instrument comporte 48 jeux réels répartis sur 4 claviers manuel et de pédale avec un pédalier dit à l'Allemande et un autre à la française interchangeables. L'orgue a 2.906 tuyaux.

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