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Glossaire - Biographies
Chronologie
Chapelle Basse - Chapelle Haute - les Vitraux - l'Extérieur

(Sur l'Ile de la Cité, 4ème arrondissement, Paris, Ile de France.)

- La Sainte Chapelle.

Dans la 2ème moitié du (XIIIème siècle) le Roi Louis IX, futur St Louis, au terme de 2 années de négociations, le Roi rachète en (1239), aux Vénitiens pour une somme de 135.000 livres, la Couronne d'Epines. Puis le Manteau, la Pierre du Sépulcre, la Ste Lance, le St Sang du Christ à Beaudouin II, Empereur de Constantinople, ça vaut la peine de comparer ce montant au coût de la construction de la Ste Chapelle, c'est de l'ordre de 40.000 livres seulement, pour se rendre compte de ce que pouvait signifier le commerce des reliques au Moyen Age. En (1241), il acquiert de nouvelles reliques, un fragment de la Vraie Croix, provenant de Byzance et décide alors d'édifier, au sein même du Palais de la Cité, un monument digne de ce trésor. Ornée d'un ensemble unique de 15 verrières et d'une grande Rose formant un véritable mur de lumière, la Ste Chapelle constitue le joyau du Gothique Français. Outre ses verrières, la Ste Chapelle est ornée de peintures murales, fidèlement restituées au (XIXème siècle) et d'un décor sculpté remarquable par sa finesse et sa variété. Le faste architectural de sa décoration et le cérémonial attaché au culte de ses reliques ont influencé toute la création artistique et liturgique jusqu'au (XVIème siècle).

Pour le futur St Louis, l'achat des précieuses reliques et la construction de la Ste Chapelle sont certes affaire de piété. Elles sont aussi le fruit d'une habile politique visant à faire de Paris une cité comparable en prestige et en Sainteté avec Rome et Jérusalem. Le succès de cette opération rejaillit sur la dynastie Capétienne qui apparaît comme le fer de lance de la Chrétienté OccidentaleIl rejaillit aussi sur la France, le plus riche et le plus peuplé des Etats Européens de cette époque, également le plus développé dans les domaines Intellectuels et Artistiques.

- Pierre de Montreuil.

Selon un manuscrit du (XVIème siècle) conservé à la Bibliothèque Nationale, l'architecte de la Ste Chapelle serait le célèbre Pierre de Montreuil. Né à Montreuil sous bois, à l'Est de la capitale, ce dernier aurait débuté comme Maçon à St Denis avant de devenir le Maître d'Oeuvre de la Ste Chapelle et surtout de N.D.de Paris. Il a eu l'insigne honneur d'être enterré avec sa femme dans une chapelle de la cathédrale dédiée à la Vierge. Ce fait atteste que les Eglises Médiévales étaient l'oeuvre de grands architectes reconnus et honorés comme il se doit par leurs concitoyens.

Sous la Révolution Jacobine, en (1793) à (1794), la Ste Chapelle est gravement endommagée, disparition du Jubé, des Stalles et du mobilier, destruction de la Flèche, martelage des Tympans sculptés au-dessus des portes, dispersion des Reliques. Une restauration à grande échelle est heureusement entreprise en (1846), avec le retour en vogue de l'art Gothique. En (1871), pendant la Semaine sanglante qui mit fin à la Commune, l'édifice échappe de peu à l'incendie volontaire qui ravage le Palais de Justice environnant. La Ste Chapelle se trouve aujourd'hui enfermée dans un Palais de Justice reconstruit en style Néogothique. La couronne d'Epines, qui a été retrouvée, est conservée dans le Trésor de N.D.de Paris.

- la Chapelle Basse.

La chapelle Basse est dédiée à la Vierge. On pénètre dans la Chapelle Basse par un portail sous porche, dont le tympan représente le Couronnement de la Vierge. Le trumeau est orné d'une Vierge à l'Enfant. Les voûtes basses reposent sur de fines colonnes aux chapiteaux à crochets, relayées par des étresillons, les murs sont décorés d'arcatures trilobées et de 12 médaillons, qui représentent les Apôtres. La voûte est peinte d'un ciel étoilé et le sol comporte des dalles funéraires qui recouvrent les sépultures de trésoriers et de chanoines de la Ste Chapelle.

La nef est composée de 4 travées dont le voûtement posa problème en raison même des dimensions de la chapelle. En effet, sa largeur, semblable à celle de la Chapelle Haute, 10,70 mètres, était trop importante comparée à hauteur 6 mètres. Une solution ingénieuse a permis de remédier au problème. Des colonnettes ont été placées devant le mur pour réduire la largeur à couvrir. Elles sont tenues par des tirants métalliques et se rattachent au mur par un arc rehaussé. La faible élévation de chaque travée est ornée d'un décor d'arcatures tréflées surmontées d'un Oculus. Dans des médaillons quadrilobés, sertis de fausses pierres précieuses, on trouve les Apôtres 2 par travée, 2 dans le choeur et 2 de part et d'autre de l'entrée.

Le choeur est formé d'un rond point à 7 pans. Les 2 colonnes noires qui percent le choeur étaient en fait destinées à soutenir la lourde châsse de l'étage supérieur. L'ensemble est couvert de peintures où dominent les tons bleus, les fleurs de lys symbolisant St Louis sont sur un fond bleu foncé, rouges château Castillan sur fond rouge, en l'honneur de Blanche de Castille et dorés. Les croisées d'ogives sont encadrées par des bandes rouges ornées de "L" dorés. Le plafond est parsemé de fleurs de lys alors que celui de la Chapelle Haute est couvert d'étoiles, c'est un exemple de l'alternance constante entre symboles Royaux et divins.

- la Chapelle Haute

L'extérieur comme le portail de la Chapelle Basse celui de la Chapelle Haute est abrité par un porche. Son tympan, consacré au Jugement Dernier, mérite plus d'attention que celui de la Chapelle Basse. Il figure un Christ en majesté entouré d'anges portant les instrument de la Passion, la croix et les clous à droite, la couronne d'épines et la lance à gauche. Au linteau, on trouve la résurrection des morts appelés par les olifants des anges. La scène est coupée en 2 par l'archange St Michel pesant les âmes, noter le petit diable qui triche, qui surplombe le Christ bénissant du trumeau. A la base des arcs, on peut remarquer à droite une sympathique représentation de l'enfer, composée de petits diablotins entremêlés. De part et d'autre de la porte on trouve également des bas reliefs représentant des scènes de la Genèse.

L'intérieur d'une élévation bien plus importante que la Chapelle Basse, la Chapelle Haute semble être dotée de murs de verre. Elle reprend les mêmes dispositions que la Chapelle Basse, 4 travées et un rond point à 7 pans. Les colonnes et pans de murs qui séparent les 15 baies, 15,40 mètres x 4,25 mètres chacune, de la verrière, composées de 1.113 pièces, sont réduits à leur strict minimum et traduisent par leur extrême finesse une parfaite maîtrise de l'art gothique. Pour consolider les murs, on utilise de la pierre armée. De plus, 2 ceinturages viennent assurer la stabilité des verrières. Les 2/3 des vitraux datent du (XIIIème siècle).

Dans la Chapelle Haute, l'architecture Gothique se révèle dans toute son intensité, lumière, couleur, espace, sentiment de conformite de l'art et de la foi. C'est l'intérieur de la chapelle Haute qui a recu tout le savoir des Architectes, des Sculpteurs et des Peintres, puisque c'est cette partie de l'édifice qui servirait d'écrin aux glorieuses reliques. La voûte, aérienne, au dessus des verrières, la masse des contreforts bien que trés importante disparaît dans l'artifice d'un faisceau de 9 colonnettes disposées de telle manière que le volume de chaque pilier est à peine sensible. Adossées aux colonnes qui marquent les travées, les statues des 12 Apôtres forment la sculpture la plus importante de la Chapelle Haute, elles appartiennent à 2 styles différents, le 1er, avec ses drapés souples, ses plis droits, ses visages aux traits fins et ses cheveux traités en boucles plates, dégage un sentiment de sérénité, alors que le second groupe témoigne de l'évolution de la statuaire médiévale, plis raides et cassés, il se caractérise par des visages traités en plan nets.

Edifiée sous St Louis, on attribue à Pierre de Montreuil la construction de la Ste Chapelle qui commence en (1246) pour s'achever en (1248). La Flèche de la Ste Chapelle est moins haute que celle de Notre Dame mais s'élève tout de même à 75 mètres au dessus du sol, elle est longue de 36 mètres, large de 17 mètres et haute de 42 mètres, l'édifice comprend 2 chapelles, la Chapelle Basse destinée aux serviteurs du Roi et la Chapelle Haute reservée à la famille Royale. Le 26 Avril (1248) a lieu la consécration de la Ste Chapelle dans l'île de la Cité, à Paris. Dans cette Chapelle Haute, une châsse de, 3 mètres de haut réalisée par les meilleurs Orfèvres Parisiens abritait les précieuses reliques acquises par le Roi.

- Les verrières

Chaque baie est composée de 4 lancettes et surmontée de 3 roses. Celles du choeur ne comportent que 2 lancettes. La baie consacrée à la Passion occupe dans le choeur une position centrale et se trouve ainsi mise en valeur, en face de l'entrée et de la rose. Certaines baies ont, au-delà du message religieux, une dimension politique, l'histoire des Saintes reliques, de la découverte de la Vraie croix par Ste Hélène à leur arrivée en France grâce à Louis IX. Le Roi se place ainsi en possesseur des reliques et donc en digne successeur des Rois d'Israël. Ce rapprochement est encore souligné par la juxtaposition de cette histoire avec des vitraux illustrant le livre des Rois, de Saül à Salomon,. Dans la verrière consacrée à Judith, les inscriptions sont en français et non en latin. On peut y voir une volonté de s'affirmer face au pouvoir de l'Eglise.

La baie, située au-dessus de la niche dans laquelle Blanche de Castille prenait place pour assister aux offices, rapporte l'histoire d'Esther. Un parallèle est ainsi établi entre Blanche, qui sauva le royaume de France pendant la minorité de son fils et qui s'apprêtait à en prendre la direction pendant la 7ème croisade, et Esther, qui sauva son peuple d'un massacre par son intercession auprès du Roi Perse Assuérus. On peut noter que la niche qui accueillait Blanche de Castille, ornée de châteaux castillans sur fond rouge, fait face à celle qui recevait son fils, décorée de lys sur fond bleu.

Parmi les vitraux, on relève encore la grande rose, 9 mètres de diamètre, de style Gothique Flamboyant datant du (XVème siècle), même si une rose illustrant le même thème existait déjà au (XIIIème siècle). Elle comporte des teintes qu'on ne peut trouver dans des vitraux contemporains de ceux de la verrière. Cette rose représente l'Apocalypse dans 6 grands fuseaux convergeant vers un Christ en majesté dans l'Oculus. On trouve aussi dans la Chapelle Haute un ensemble sculpté figurant les 12 Apôtres. En l'absence de place dans les ébrasements du portail, ceux-ci ont été exceptionnellement placés dans l'église. Les statues sont fixées aux piles qui supportent la voûte. La signification symbolique de cet emplacement n'est pas négligeable. Les Apôtres apparaissent ici comme les colonnes de l'Eglise, métaphore utilisée par St Paul, ou encore comme les 12 assises de la Jérusalem céleste, en référence à l'Apocalypse. Les vitraux qui ont été restaurés au (XIXème siècle) datent du (XIIIème siècle) et couvrent une surface de, 620 mètres carrés. Ils retracent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.

- Apôtre de style classique

Chaque apôtre porte un disque dans lequel s'inscrit une croix grecque, ils incarnent ainsi les 12 onctions d'un rite de consécration. Leurs pieds sont nus, pauvreté évangélique. Ils portaient très certainement des insignes qui permettaient de les identifier mais ceux ci ont disparu. Ces statues ont, en effet, connu des fortunes diverses. Des restaurations importantes ont été faites sur 6 d'entre elles et 2 ont été entièrement refaites, car elles avaient été réduites en poussière lors de la transformation de la Chapelle Haute en dépôt d'archives. La Polychromie masque les interventions effectuées sur les statues. On observe 2 styles de sculpture, un style classique, que l'on trouve par exemple à N.D.de Paris et un style maniériste qui rappelle l'Ange au sourire de Reims. Il est pourtant probable que toutes les statues aient été conçues à la même époque. Cette différence de style n'a pas d'explication certaine.

- Apôtre de style maniériste

Le décor se compose également de médaillons dans lesquels sont dessinés les martyrs, St Laurent, St Sébastien, St Etienne. Dans les écoinçons, des anges accueillent ces martyrs. On trouve aussi une présence angélique au dessus des niches réservées au Roi et à la Reine. Là, les anges encadrent un Christ bénissant. Ces sculptures rappellent que le Roi est l'oint du Seigneur. Les anges sont également très présents autour de la châsse, construite à l'image de la Chapelle. Le reste du décor mêle des motifs floraux et des animaux, dans les peintures comme dans les chapiteaux.

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