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(Toulouse, Chef lieu du département de la Haute-Garonne (31), et du Midi-Pyrénées, France.)

- Historique

La Cathédrale St Étienne, est la Cathédrale de Toulouse qui est située près du Grand Rond. On ne connaît pas les origines de la cathédrale. L'Église de Toulouse a été fondée au (IIIème siècle) par St Saturnin, son 1er Evêque, qui subit le martyre vers l'an (250). Quant à cathédrale St Étienne, on n'en connaît pas vraiment les origines exactes. D'après certains historiens, elle aurait été bâtie sur les fondations d'une chapelle construite par St Saturnin et reconstruite par St Exupère, 150 ans plus tard. Toutefois, la 1ère mention que l'on en connaisse est fournie par une chartre de Charles le Chauve donnée, en l'an (844), au profit des églises de la ville. A l'époque de la réforme grégorienne, en (1078), l'évêque Isarn décida de reconstruire l'édifice alors en ruine, une nouvelle église située sur l'emplacement de la nef actuelle dite de Raimond VI.

Magnifiquement adaptée pour la liturgie et la prédication, cette vaste construction, divisée actuellement en 3 travées, est recouverte d'une voûte aux puissantes croisées d'ogives de section carrée. Haut et large de plus de 19 mètres, l'ouvrage est la 1ère grande manifestation unissant les tendances locales aux formes du répertoire Français. Le dépouillement des parois de brique, la beauté et la puissance des lignes, évoquent les constructions de l'ordre Cistercien, alors représenté sur le siège épiscopal toulousain par l'évêque Foulques. Les rares scultures sont les clefs de voûtes, l'une ornée de la croix de Toulouse, et les chapîteaux de l'arcature au revers de la façade. La grande rose, serait postérieure à (1229).

Le (XIIIème siècle) engendra 2 cathédrales, celle évoquée ci dessus et une autre entreprise vers (1270), époque où le Comte de Toulouse se trouva rattaché à la couronne de France. Bertrand de l'Isle Jourdain fut élu au siège épiscopal et décida d'édifier une église grandiose pour imiter les cathédrales du Nord ou de l'Ile de France. Il s'adressa à Jean Deschamps, le maître d'oeuvre de la cathédrale de Narbonne et ayant travaillé aussi aux cathédrales de Clermont Ferrand, Limoges et Rodez. Après avoir fait raser le chevet de l'ancienne cathédrale, il commença d'entreprendre un immense choeur, 2 fois plus large que la nef d'Isarn et ausi long qu'elle. son idéee était de démolir l'une au fur et à mesure que l'autre avancerait. Si son projet avait été entièrement réalisé, nous aurions à Toulouse une cathédrale équivalente à celle de Reims ou d'Amiens. Le transept aurait été au niveau du choeur de la cathédrale d'Isarn et la veille nef aurait certainement été détruite.

Par la suite, divers travaux exécutés selon un plan différent, apportent la fantaisie de réalisations quelque peu énigmatiques. Ce sont, en autres, le portail de l'archévêque Denis Du Moulin (1447), le gros pilier et le clocher du cardinal Jean d'Orléans (XVIème siècle). Un incendie, survenu en (1609), consuma la charpente provisoire et annéantit l'ensemble mobilier du choeur. Cette catastrophe eut pour conséquence l'abandon du projet d'un étage très élevé 40 mètres, qui fut remplacé par une voûte hâtivement dressée à 28 mètres. A la suite de divers projets, restés heureusement dans les cartons, le (XXème siècle) a vu un inutile bras de transept réalisé au détriment d'une chapelle du (XVème siècle). Son architecture est particulière car elle est composée d'éléments architecturaux de diverses époques. La cathédrale jouxte l'ancien palais épiscopal, aujourd'hui, occupé par la préfecture. Il est difficile de juger aujourd'hui en l'absence de fouilles. L'histoire de cette église est tellement émaillée de modifications, de rénovations et de reconstructions qu'on pourrait la surnommer "La Cathédrale inachevée".

Jusqu'au (XIIIème siècle), les plans de l'église romane furent sans cesse modifiés. Ainsi, une révision de la hauteur prévue de l'édifice est visible par la coupe des fenêtres sur le mur Sud, tandis que le mur Nord, construit plus tard, ne présente pas cette anomalie. On reconnaîtra sur le mur Occidental une rosace, directement inspirée de celle N.D.de Paris. La principale originalité de l'édifice est de présenter 2 parties très distinctes, une partie Romane à l'arrière du vaisseau, la nef Raymondine, et une partie Gothique, le choeur. Ces deux églises ont été reliées au (XVIème siècle) par Jean d'Orléans. Le choeur est 2 fois plus large que la nef Romane, si bien que l'allée centrale est en ligne brisée. Le mur Roman Sud a été prolongé par l'église Gothique. Ce projet gigantesque a débuté en (1272), sous l'égide de l'évêque Bertrand de L'Isle. À l'instar de sa petite jumelle, l'église Gothique a subi de nombreux ajouts, et a donné lieu à de nombreux projets, souvent abandonnés en cours de route.

En (1609), l'architecte Pierre Levesville se résout à mettre une voûte au choeur dont le toit venait de brûler. Le projet initial prévoyait une hauteur de plafond de 40 mètres, la voûte n'est aujourd'hui que de 28 mètres, et n'en est pas moins impressionnante. On dote aussi la cathédrale d'un nouveau mobilier mariant le Baroque au Gothique pour remplacer l'ancien mobilier brûlé.

En (1794), le bourdon majestueux de 12 ou 13 tonnes, la Cardailhac, fut jeté du haut du clocher, s'enfonça profondément dans la terre et se brisa, malgré plusieurs couches de paille disposées sur le parvis. Le clocher Roman fortifié abrite un carillon de 17 cloches au clavier et 5 en volée. Comme toutes les cathédrales, St Étienne est le siège de l'évêque du lieu, à Toulouse, c'est un archevêque. Elle est aussi une paroisse vivante, qui rassemble entre 200 et 500 paroissiens chaque dimanche, et environ 2.000 chrétiens du diocèse pour les grandes célébrations, ordinations, accueil de l'évêque. La cathédrale est la seule église de Toulouse à avoir conservé ses vitraux originaux datant du (XIVème siècle) pour les plus vieux. Elle possède aussi un orgue dont les boiseries sont de Béhorri et Morisot et un retable de Pierre Mercier et Drouet de (1670).

Le mobilier de la cathédrale présente une série d'oeuvres de grand intérêt. Des verrières, incomplètes, du (XIVème siècle), ornent les chapelles "St Pierre, St François, St Augustin, St Vincent de Paul". La verrière royale (XVème siècle) offre les portraits de Charles VII et de son fils aîné, le futur Louis XI. De remarquables clefs de voûte présentent, entre autres, l'image de St Louis, assis sur son trône, élevé au Ciel par 2 anges, autour de (1300) chapelle St Joseph, de Ste Catherine et d'un évêque, celles ci scultées vers (1340) par le Maître de la chapelle de Rieux, collatéral Sud. Les boiseries du choeur et du grand orgue, exécutées à partir de (1610) par L. Béhorri et A. Morisot, constituent un rare ensemble de sculptures, que complètent le grand retable du Maître autel de Gervais Drouet et Pierre Mercier (1660-1668), il est entouré de grilles en fer forgé du serrurier B. Ortet (1766) Une tenture en 33 pièces, des (XVIème et XVIIème siècles), est consacrée à l'histoire de St Etienne et des Sts évêques de Toulouse. Dans les collatéraux se trouvent les tombeaux du Président de Lestang par A. Legoust (1623), de l'évèque H. de Sponde (XVIIèm siècle), et du Président de Puyvert par Fr. Lucas (1784). Enfin, 2 toiles peintes du (XVIIème siècle) le Triomphe de Joseph par H. Pader, sous l'orgue, et l'Adoration des Bergers par Nicolas Bollery, école de Fontainebleau.

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