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Glossaire - Biographies
Photos


- Présentation
* Culte : Catholique Romain.
* Type : Basilique.
* Rattachement : Diocèse de Nancy Toul.
* Début de la construction : (1481).
* Fin des travaux : (1545).
* Style : Gothique Flamboyant.
* Protection : Monument historique, 1ère liste de (1840).

- Situation
* Pays : France.
* Région : Lorraine.
* Département : Meurthe et Moselle.
* Commune : Saint Nicolas de Port.

- Historique

La basilique de St Nicolas est une imposante Basilique située à St Nicolas de Port dans le département de la Meurthe et Moselle, en région Lorraine. De style Gothique Flamboyant, elle fut érigée aux (XVème) et (XVIème siècle<) par René II Duc de Lorraine et Duc de Bar suite à sa victoire contre Charles le Téméraire, lors de la bataille de Nancy le 5 Janvier (1477), qui a permis à la Lorraine de rester Indépendante.

Au (XIème siècle) est rapportée à St Nicolas par Aubert de Varangéville une Relique, "la Dextre bénissante de Saint Nicolas", selon la tradition il s'agit de "l'os d'une phalange de la main droite de l'Evêque". Elle est conservée dans un bras reliquaire de la fin du (XIXème siècle en argent, or, émaux et diamants. Une 1ère église sera consacrée au St Nicolas) dès le début du (XIIème siècle). Selon la légende, Cunon de Linange, Sire de Réchicourt, un Chevalier lorrain emprisonné en (1230) lors de la 6ème Croisade aurait été miraculeusement libéré de sa geôle 10dix ans plus tard par St Nicolas. Transporté pendant son sommeil par le Saint, il se réveilla devant le porche de l'église. Pendant la célébration de l'office qui suivit, les chaînes qui enserraient la taille et les membres du captif tombèrent, ces chaînes sont censées avoir été sauvegardées et sont conservées dans un reliquaire en cuivre doré de la fin du (XIXème siècle). Rentré dans son fief, le sire de Réchicourt ordonna qu'une Procession ait lieu tous les ans, et on vit jusqu'à la Révolution une délégation des gens de Réchicourt lors de ces célébrations. Cette "procession aux flambeaux" a encore lieu actuellement chaque année dans la Basilique, le Samedi le plus proche du 6 Décembre, jour de la St Nicolas.

Rapidement le pèlerinage à St Nicolas s'étend bien au delà de la Lorraine, et le Saint est considéré comme le St Patron des Lorrains. La légende veut que ce soit dans l'édifice précédent la basilique que vint se recueillir Jeanne d'Arc avant de partir porter son message au Dauphin de France. En réalité il est plus probable qu'elle soit passée à l'église St Nicolas, afin d'y prier, après avoir rendu visite au Duc Charles II de Lorraine qui était très souffrant.

Jehans de Joinville, Sénéchal de Louis IX, participe à étendre la renommée de St Nicolas. Dans son livre des "Saintes paroles et des bons faiz de nostre saint roy Looÿs", il raconte qu'au cours de la 7ème Croisade, face au danger d'un naufrage près de Chypre, il assure la Reine Marguerite de Provence qu'elle même, le Roi et leurs 3 enfants rentreraient sains et saufs en France si elle promet de faire don d'une Nef d'argent pesant 5 marcs à l'église de St Nicolas. La Reine promet et, son voeu exaucé et de retour à Paris, elle fait faire la Nef, ce qui lui coûte 100 livres, puis charge le Sire de Joinville de l'apporter, en (1254), à l'église de St Nicolas.

La victoire du Duc René II face à Charles le Téméraire en (1477) lors de la Bataille de Nancy va déterminer le jeune souverain à faire édifier un édifice plus imposant pour symboliser le retour à l'indépendance de la nation Lorraine ainsi que sa reconnaissance au Saint Patron de la Lorraine. Le choix de St Nicolas de Port qui s'appelait encore simplement Port fut évident, puisque la ville était le centre économique du Duché de Lorraine attirant de nombreux marchands de toute l'Europe lors des foires.

- Construction

La construction de la Basilique actuelle commence en (1481) en pierre calcaire blanche extraite des carrières de Viterne. Simon Moycet (14??)-(1520) en est le maître d'oeuvre, et Valentin Bousch en est le maître verrier. L'un des architectes, un certain Michel, est connu par une expertise qu'il fait à Troyes en Juin (1506). De nombreux donateurs participent au financement de la cathédrale, le Duc René II, les Seigneurs, Prélats, Marchands, Bourgeois du lieu, les Pèlerins. L'identité d'une partie de ces donateurs est visible dans les verrières de l'église, sous forme d'armoiries, la ville de Strasbourg, la ville de Bâle, l'évêque de Verdun, le prieur de Varangéville Wary de Dommartin, les bourgeois Fiacre Fériet et Hans Bermanp. L'édifice est inauguré presque achevé en (1544), la façade en (1545) et enfin elle fut consacrée en (1560) peu après que les 2 tours clochers, édifiées en (1544), aient reçu leurs 1ères coupoles de plomb.

- Incendie

Au cours de la guerre de 30 Ans, en Novembre (1635), elle subit un grand incendie qui détruit la toiture et le mobilier et fait fondre le plomb de nombreux vitraux dont les verres s'effondrent. Noircies, bon nombre de peintures murales datant d'avant (1520) sont alors dissimulées sous un badigeon où elles seront redécouvertes lors de la restauration du (XXème siècle). Cet épisode qui marque les esprits, les flammes seront visibles depuis Nancy, à une dizaine de kilomètres, est le point de départ d'une nouvelle légende faisant état d'un miracle, "le Prieur Bénédictin qui disait la messe lors de l'assaut de l'ennemi, Dom Moye, tentant d'échapper à une épée Suédoise, aurait senti s'entrouvrir le pilier contre lequel il se serrait et aurait disparu à l'intérieur, la pierre se refermant sur lui". Depuis cette époque, en collant l'oreille contre ce pilier, le plus proche de la tour St Pierre, tour Sud, l'on pourrait entendre psalmodier le Moine et, lorsque des évènements dramatiques menacent la Lorraine, l'on pourrait voir des gouttes suinter et couler le long de la pierre. Des paroissiens ont assuré que ce fut ainsi le cas peu avant les guerres de (1870) et (1914), renforçant la légende "du pilier qui pleure".

- Restaurations

Une nouvelle charpente en chêne est posée vers (1664) et les tours sont recouvertes des nouveaux Dômes d'ardoise en forme de Bulbes qui subsistent actuellement. En (1840), la basilique est inscrite sur la 1ère liste des Monuments Historiques. Elle est consacrée Basilique en (1950) par le Pape Pie XII. Fortement détériorée lors de la Seconde Guerre Mondiale par le bombardement du 19 Juin (1940), elle est restaurée dès (1983) grâce au legs d'une riche Portoise mariée à un Américain Camille Croué Friedman. La restauration prit 15 années pour redonner à l'édifice sa splendeur initiale.

- la Nef

La Basilique possède les proportions d'une véritable Cathédrale de style Gothique Flamboyant, 11 travées, 1 nef principale et 2 latérales avec deux bas-côtés terminés par 2 Absidioles. Ces dimensions sont pour le moins impressionnantes, une Nef culminant à 30 mètres hors sol, au niveau du transept, 2 Colonnes élancées de 21m,50 les plus hautes de France dont l'une est torsadée afin de masquer un faux aplomb de 20 centimètres, 2 Tours de 85 et 87 mètres respectivement coiffées de clochers à bulbes. Les dimensions globales de l'église sont de 71m,50 de Longueur pour 31 mètres de largeur.

L'édifice est d'une grande homogénéité de style, d'une sobriété rare à la fin de l'époque Gothique, du fait de sa construction assez rapide, environ 60 ans pour ses dimensions avec respect des plans initiaux. Elle possède d'harmonieux volumes. On y retrouve des influences Champenoises dues au 1er architecte Michel Robin, le plan du Choeur s'inspire de la Basilique St Urbain de Troyes et la coursière qui permet de faire le tour intérieur de l'édifice à la base des fenêtres basses, à 7 mètres du sol, est un véritable passage Champenois. Toutefois la tradition Lorraine reste respectée puisqu'on peut noter l'absence de Déambulatoire derrière le Choeur ou les 5 pans de l'Abside pourvus de très hautes fenêtres comme dans la Cathédrale St Étienne de Toul qui a également influencé la structure de la façade et notamment de ses tours, passage d'une section Carrée à une section Octogonale. Particularité bien visible dès l'entrée, l'axe de la Nef n'est pas rectiligne, mais accuse une déviation de 6 degrés vers la droite. Cette déviation a suscité quelques hypothèses, certaines fantaisistes, d'autres plus sérieuses notamment celle évoquée par Dom Calmet écrivant que "les bâtisseurs n'étant pas maitres du terrain ont cru devoir donner cette tournure à l'édifice". Les contraintes parcellaires, disponibilité du terrain, semblent encore à ce jour, être les meilleures candidates à l'explication de cette déviation. A l'extérieur, côté Nord, la déclivité du terrain a permis d'insérer, sous le sol des Chapelles Latérales, 6 loges ouvrant sur la rue des Fonts et destinées à l'origine au commerce.

- l'Orgue

L'Orgue actuel est le 2ème de la Basilique, reconstruit en (1994), il comporte 3.673 tuyaux répartis en 54 jeux y compris les 2 tremblants pour 4 claviers et pédalier. Traction mécanique suspendue. L'instrument est installé dans un buffet de style Troubadour de 16 mètres de hauteur et 7 mètres de large érigé en (1848) par le facteur d'orgue Nancéien Joseph Cuvillier (1801)-(1893) d'après un dessin de Désiré Laurent, buffet classé Monument Historique en (1980). Un Aigle grandeur nature symbolisant St Jean l'Evangéliste est disposé, comme sur un Lutrin, à la base de la tribune en encorbellement. L'instrument est situé à mi hauteur dans le bras Nord du Transept, le plancher de tribune à environ 7 mètres du pavé de l'église.

- les Fresques

Bien qu'une grande partie des vitraux ait été détruite pendant le saccage de la ville et l'incendie des toitures de l'église provoqué par les pilleurs en (1635), la Basilique dispose encore d'une part non négligeable de vitraux du (XVIème siècle), oeuvres attribuées à Valentin Bousch, Nicolas Droguet, Georges Millereau. De nombreuses peintures sur pierre sont également visibles sur les colonnes "descente de Croix, Job, Saint Yves, Saint Martin, Sainte Aprône, Saint Didier" ou en fresques ravissement de Ste Marie Madeleine.

* Colonne torsadée dans le bras Sud du transept. Elle porte à sa base une fresque représentant Ste Aprône début du (XVIème siècle). On aperçoit, à gauche, la colonne qui lui fait pendant dans le transept Nord et qui porte des cannelures droites.
* Ste Aprône, soeur de St Epvre.
* Fresque représentant St Martin partageant son manteau début du (XVIème siècle).
* Fresque du début du (XVIème siècle) de gauche à droite, St Jean Baptiste, Ste Marie portant l'Enfant Jésus, St Jean l'Evangéliste, St Didier tenant sa tête décapitée. On aperçoit un passage champenois dans le pilier latéral en haut à gauche.

- les Cloches

La Basilique possède 18 cloches encore en fonction, dont 12 peuvent sonner à la volée, ce qui constitue l'un des ensembles de sonneries de cloches les plus Grands de France. La tour Sud abrite la plus Grosse cloche, le Bourdon Joseph-Auguste-Edmond, coulé par Charles Martin à Nancy en (1897) et qui donne la note (Sol), pour un poids de près de 5 tonnes. La tour Nord quant à elle contient 14 cloches dont 8 de volée donnant les notes (Do) - (Ré) - (Mi) 3 - (Fa) - (Sol) - (La) - (Si) et (Do). 4 ont été coulées à Robécourt dans les Vosges par la fonderie Perrin-Martin en (1853), 4 autres coulées à Nancy par le fondeur Jules Robert ont été ajoutées en (1896). Les 6 dernières, servant uniquement à un usage de carillon datent de l'an (2000) et ont été coulées par la fonderie Paccard en Haute Savoie. Le clocheton qui surplombe le choeur abrite 3 autres cloches, en volée manuelle, coulées pour l'une en (1856) et pour les 2 autres en l'an (2000). Une 4ème cloche datant de (1839) fondue par Thuielle a été endommagée lors du bombardement de Juin (1940) et est actuellement déposée dans la chapelle Ste Marguerite.

- les Statues


* Statue de St Nicolas avec les 3 Enfants dans une cuve à ses pieds.
* Détail du Gisant de Simon Moycet sculpté par Victor Huel en (1893).
* Aigle grandeur nature situé à la base de la tribune d'orgue symbolisant saint Jean l'Evangéliste.
* Statue de St Sébastien.
* Bas relief de la fin du (XVIème siècle) ou du début du (XVIIème siècle) représentant Judith qui vient de Décapiter Holopherne.

- la Chapelle des fonts

La basilique étant à l'origine exclusivement dévolue au Pèlerinage, la ville de St Nicolas de Port ne deviendra paroisse qu'en (1803), les habitants devaient se rendre en l'église de Varangéville pour les Baptêmes. Pendant la construction de la Basilique, contre l'Absidiole Nord, en contrebas, fut construite une "Chapelle Baptismale" destinée à la population et qui servit également pour la continuation du Pèlerinage lequel ne fut jamais interrompu pendant les quelques 60 années que dura l'édification de la Basilique. Cette chapelle, de style Gothique Flamboyant, présente une remarquable voûte avec pendentif et un magnifique retable exposant notamment le "Christ et les douze apôtres".

- le Trésor

Le trésor de la basilique est connu grâce notamment à 4 inventaires de (1584), (1604), (1715) et (1737). Le 1er don provient du Roi Louis IX, il s'agit d'une Nef d'argent fabriquée à la suite de la promesse de la Reine Marguerite de Provence. Le trésor est constitué en majorité de dons des Grandes Familles de Lorraine: don du bras d'argent par le Duc Charles II qui accueille la relique, du bras d'or par René II en (1471 ainsi que le don par Marguerite de Gonzague de Mantoue d'une Chasuble, de 2 Tuniques et d'un devant d'autel en (1619), d'Henry de Lorraine d'une Chasuble en (1623), d'Anne du Chatelet, en (1624), d'un Calice d'argent doré, de Louis de Lorraine, en (1626), d'un Ciboire d'argent doré.

- la Spoliation

En (1635), au cours de la guerre de 30 Ans, la ville est menacée de pillage, pour protéger le trésor, les pièces les plus importantes sont transférées chez les Bénédictins de Nancy jusqu'en (1636). Pendant l'occupation de la Lorraine par Louis XIV, le pouvoir Royal ordonne, en (1691), que le clergé donne l'argenterie non nécessaire au culte au bénéfice du pouvoir Royal, Dom Placide Beaufort supervise ce don en (1691) et envoie pour 4.052 francs d'argent pour être fondu à Metz. Louis XV effectue le même genre de demande pour financer la guerre de 7 Ans mais la plus grosse ponction au trésor date du Décret Révolutionnaire du 10 Septembre (1792) qui demande que tous les objets d'or et d'argent du clergé soient envoyés à l'Hôtel des Monnaies pour soutenir l'effort de guerre.

- la Reconstitution

Les 1ères reconstitutions datent du 3 Juin (1797), les commissaires de la République ont confié à des femmes pieuses de St Nicolas de Port plusieurs Reliques, notamment de St Nicolas, afin qu'elles ne soient pas saisies par la Révolutiont. Parmi les pièces sauvées, on peut citer Le buste reliquaire de St Nicolas, daté du (XVIIème siècle) dont la mitre n'est pas d'origine mais remonte au (XIXème siècle) et les pierres précieuses, cadeau de Marie Leszczynska, ont été remplacées par des pierres coloréest. La Nef du Cardinal de Lorraine, achetée le 10 Novembre (1851) à monsieur Butte, amateur Nancéien par le Curé de la Paroisse et dont on ne retrouve aucune trace précise dans les anciens inventaires et le Reliquaire de la Vraie Croix, offert par Conrad de Bâle et cité dans l'inventaire de (1584).

Une Monstrance (Ostensoir) du (XVIIIème siècle) enfermant des reliques de St Sigisbert, don de Reine Delz à l'abbaye de Bouxières aux Dames en (1741) et oeuvre de l'orfèvre Nancéien Jean Louis Artault entre (1737) et (1745) sous la maîtrise d'Antoine Aubertin vient enrichir le trésor au (XIXème siècle). Elle est rejointe en (1894) par une Croix Processionnelle offerte par le Marquis de Lambertye, exécutée par l'orfèvre Meissonier de Paris et reprenant le modèle de la Croix de St Jean de Latrant. Grâce à Emile Badel et un don de 10.000 francs, un nouveau Reliquaire en Vermeil, pesant plus de 6 kilos, est exécuté par l'orfèvre Berger Nesme de Lyon et intégre 2 Topazes présentant les bustes de Marie et de Jésus, ces Topazes ont été offertes par le Pape Pie IX au Marquis de Lambertye qui les offre à la basilique. Ces 4 pièces sont intégrées en (1893) dans des vitrines d'Eugène Vallin dans la salle du trésor.

- Loi de 1905

Le 14 Décembre (1905), le Maire de St Nicolas de Port demande au Curé de réaliser un inventaire du trésor, conformément à la Loi de séparation des Eglises et de l'Etat, celui ci appartient désormais à l'état français et est laissé à disposition de l'églisea. Le 23 Janvier (1906), l'inventaire a lieu sans le Curé ni le Président de la fabrique, mais est interrompu par une centaine de Femmes chantant des cantiques. L'inventaire se termine le 15 Mars (1906) et révèle la disparition des 12 pièces principales du trésor, notamment la "Nef de Nacre, le Bras Reliquaire et le Buste Reliquaire d'Argent", qui seront tous retrouvés le 5 Décembre dans la maison Rolin de St Nicolas de Port. Une Association, intitulée "Connaissance et renaissance de la basilique de St Nicolas de Port", a été créée le 7 Avril (1973) et reconnue d'utilité publique par un décret du 9 Mars (1981). Elle se donne pour missions de contribuer à la connaissance et à la restauration de la basilique. Elle fait paraître 3 fois par an la revue "La Gargouille".

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