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la Restauration
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La légende d'Eusébie

(St Quentin, chef lieu d'arrondissement de l'Aisne sur la Somme).

- Ses origines

Les fondations de la Basilique remontent aux origines même du Christianisme dans nôtre région. St Quentin est un Saint local du début du (IVème siècle). Il fut un des 1ers Evangélisateurs de la région. Prêchant à Amiens, alors Samorabriva, Rictiovare, Préfet du Prétoire l'arrête, le martyrise et le fait emprisonner. Délivré par 2 anges, il poursuivit sa mission d'évangélisation plus loin dans les terres, avant d'être à nouveau arrêté à Amiens, charger de chaînes, et n'ayant pu lui arracher une adjuration, le livre au bourreaux. On lui enfonce de grandes broches tarincae rougies au feu dans le crâne, les épaules et sous les ongles des pieds. Finalement il est décapité et son corps est jeté dans la Somme avec une meule au cou vers (280). Il faudra attendre 55 ans pour que Eusébie, Dame Romaine, retrouve le corps de St Quentin en suivant les instructions qui lui avaient été données lors d'un songe. C'est à l'endroit même où St Quentin subit son martyre que la Dame Romaine lui donna la sépulture après avoir retrouvé son corps immergé dans la Somme.

- l'Historique

Les fondations de la basilique remontent aux origines même du Christianisme dans la région. Ce ne fut d'abord qu'un modeste oratoire, qu'il fallut bientôt agrandir en raison de l'affluence des pèlerins. Vers l'an (365), les évêques de la cité du Vermandois l'élurent comme siège et comme cathédrale, du (Vème siècle) au (VIème siècle). La ville, ayant été ruinée par les Barbares en (531), St Médard, 14ème et dernier évêque de la ville, transféra le siège de son évêché à Noyon. L'église a conservé ses droits épiscopaux jusqu'au 18 Août (1703). Elle est maintenant rattachée au diocèse de Laon.

En (651), St Eloi transfère le corps du martyr d'une petite chapelle à une Abbatiale. Détruite par les invasions, l'église est entièrement reconstruite par Fulrad, chef du clergé de St Quentin, grâce aux libéralités de Charlemagne, et consacrée par le Pape Étienne IV, le 2 Août (816), les Normands l'incendièrent. L'église est reconstruite en (824) pour être totalement incendiée en (883). Vers (942), le monastère devient un collège de chanoines et l'église est reconstruite. Celle ci sera détruite à son tour par un incendie en (1103).

En (1114), alors que se bâtissaient les cathédrales de Laon et de Noyon, les chanoines de St Quentin résolurent de se donner une basilique plus vaste et plus belle encore, qui est la collégiale actuelle. L'édification du clocher porche, de (1195) à (1200), inaugure une période de grands travaux qui ne s'achèveront qu'au (XVIème siècle). Le chevet est complété en (1205) tandis que le choeur n'est terminé qu'en (1257) et que les reliques de St Quentin y sont transférées en présence de St Louis. Puis, les travaux ralentissent, car des défauts de stabilité entraînent des restaurations successives et retardent l'édification de la façade Occidentale, inachevée. Ainsi, le choeur doit être consolidé par un mur de clôture et des ajouts de maçonnerie et, en (1394), c'est au tour des voûtes d'être restaurées. Le grand transept est terminé vers (1400). La nef, terminée en (1456), est alors reliée à la tour St Michel, datant du (XIIème siècle), et qui sert de clocher. Le portail, quant à lui, est terminé en (1477) alors le bras Sud du petit transept est reconstruit à la fin du (XVème siècle). En (1509), la construction d'une façade à 2 tours commence, mais le projet n'est pas mené à terme et la tour porche de la fin du (XIIème siècle) est conservée.

Trois grands incendies devaient l'éprouver, en (1545), en (1557) pendant le fameux siège, et en (1669). Pendant la Révolution, les Jacobins la mutilèrent et la transformèrent en temple de la Raison, puis en magasin à fourrage et en écurie. En (1840), l'édifice est classé, Monument Historique. En (1871), lors de la bataille du 19 Janvier, elle reçut 18 obus, qui causèrent quelques dégâts. C'est en (1876) avec le Pape Pie IX qu'elle acquiert le titre de basilique mineure. La première guerre mondiale n'épargne pas la basilique. Des restaurations sont ensuite entamées et une nouvelle flèche est érigée en (1983).

- la Guerre de 1914 à 1918

C'est le 28 Août (1914) que les Allemands entrèrent dans St Quentin, ils devaient l'occuper jusqu'au 1er octobre (1918). L'archiprêtre de la collégial était le chanoine Démaret, alors âgé de 67 ans, dont l'héroïque conduite mérite toutes les admirations. Ni les vexations, ni les menaces, ni la déportation même ne purent venir à bout de son patriotisme et c'est grâce à lui seul que 3 des plus précieuses richesse du chapitre, l'Authentique ou Martyre de St Quentin, l'Évangéliaire de Charlemagne et le Martyrologe de la collégiale, manuscrits d'une valeur inestimable, échappèrent aux envahisseurs, qui mirent pourtant tout en oeuvre pour découvrir leur cachette. Jusqu'au 1er Juillet (1916), la basilique fut épargnée par la guerre. Mais à cette date, un avion, Français ou Anglais, survolant la gare, fit sauter un wagon d'explosifs, ce qui provoqua une catastrophe effrayante, des maisons furent éventrées et incendiées, des bateaux coulés ou détruits sur le canal, des Allemands tués ou blessés par centaines. La ville entière avait été ébranlée et 7 des grandes fenêtres de la nef ou du choeur de la cathédrale furent brisées.

Après le 15 Mars (1917), les 42.000 habitants furent déportés et les Allemands firent ce qu'ils voulurent. Le 15 Août (1917), un incendie détruisait les combles de l'église. Les Allemands l'attribuèrent aux artilleurs français, mais, comme ils y avaient eux mêmes installé des observateurs, des mitrailleuses contre avions et des observateurs et des téléphonistes, et peut être même un dépôt d'essence, rien n'est moins prouvé que cette assertion.

Enfin, le 1er Octobre (1918), les troupes françaises du 36ème corps d'armée, commandées par le général Nollet, délivraient la malheureuse cité. Les vaillants soldats du 401ème régiment d'infanterie, sous les ordres du colonel Bornèque, en tête de la 133ème division, bousculèrent l'ennemi et l'obligèrent à une retraite précipitée. En pénétrant dans la cathédrale, ils furent indignés d'y découvrir, à tous les piliers et dans tous les murs, d'énormes cavités destinées à recevoir des explosifs pour faire sauter l'édifice, comme ils firent au donjon de Coucy. Un capitaine Allemand du génie, de la 34ème division, avait été laissé en arrière afin d'accomplir l'infernale besogne, mais il fut arrêté à temps. Les constatations furent faites sur place par le général Nollet et, quelques jours plus tard par Clemenceau qui était venu visiter St Quentin. Fortement endommagée, la collégiale de St Quentin est reconstruite à partir de (1919), sous l'égide de la commission des Monuments historiques. Les vitraux du (XIIIème siècle) sont remis en place en (1948). Les vitraux manquants sont complétés par des oeuvres modernes, réalisées par un artiste de la 2ème école de Paris, Hector de Pétigny (1904-1992). En (1956), la basilique restaurée peut enfin être ouverte au culte. Certains travaux furent remis à plus tard ainsi, ce n'est qu'en (1983) que fut érigée la flèche au dessus de la croisée du transept.

- la Basilique

La collégiale ou basilique St Quentin, l'un des plus beaux vaisseaux de France, est une énorme masse en plein centre ville aux lignes austères et sobres. Impression renforcée par une longue flèche effilée posée en (1983), à la croisée du transept. Il est impossible de la manquer. Elle est d'une construction singulièrement hardie, son ensemble est régulier et imposant, ses détails flamboyants sont d'une belle architecture Gothique, elle possède un clocher carré que surmonte une flèche très élevée. Construite à l'emplacement d'un vaste édifice Mérovingien, celle-ci conserve le plus grand fragment au monde de mosaïque Mérovingienne. L'importante durée de construction lui vaut de posséder des éléments représentatifs de tous les styles du Gothique.

Le clocher porche est la partie la plus ancienne de la basilique. Il date du (IXème siècle), c'est un élément de l'église Carolingienne remanié au (XIIème siècle) et aux suivants. Au dessus de la vaste entrée en plein cintre, on trouve 3 niveaux. Le 1er est percé de 2 baies, le 2ème orné d'arcatures aveugles et le dernier comporte 3 baies cintrées. Des contreforts à ressauts marquent les angles du Massif Central, qui est débordé de part et d'autre par les arcs boutants et les collatéraux de la nef.

Les grandes baies des bas côtés sont surmontées de pignons triangulaires entre lesquels s'intercalent les culées des arcs boutants, surmontées de pinacles. Au niveau de la 1ère travée se situe l'entrée actuelle de la basilique. Les 2 transepts sont saillants. A la croisée du grand transept se situe la flèche. L'existence de 2 transepts est tout à fait exceptionnelle. Seule l'abbaye de Cluny présentait la même spécificité. Les chanoines ont pu également s'inspirer d'églises Anglaises où le double transept est plus courant.

La nef, de 2 travées, a une élévation à 3 niveaux. Le triforium comporte 4 arcades par travées, qui se situent dans le prolongement des 4 lancettes des fenêtres hautes. Les voûtes sont Quadripartites sur plan Barlong. Elles retombent sur des faisceaux de colonnettes qui descendent jusqu'au sol sans reposer sur des chapiteaux. Les bas côtés ouvrent sur des chapelles latérales.

Les croisillons du transept comportent 2 travées. Le mur de fond du croisillon Nord comporte 3 niveaux, d'abord une baie à 4 lancettes, puis une claire voie et enfin une large fenêtre à 8 lancettes surmontée d'une Rose dans laquelle s'inscrit une étoile à 5 branches. La croisée a une voûte complexe.

Le choeur comporte 4 travées droites voûtées d'ogives Quadripartites. La 5ème travée droite constitue en fait la croisée du petit transept. Elle est voûtée en réseaux. L'abside comporte 7 pans. Dans cette partie, le triforium comporte 3 arcatures et les fenêtres ont 2 lancettes. Le déambulatoire donne sur 5 chapelles rayonnantes profondes. L'accès aux chapelles est barré par de minces colonnettes qui soutiennent des arcs rehaussés. Chaque chapelle comporte 7 pans éclairés par une fenêtre. Le déambulatoire reçoit également un éclairage direct par des baies à 5 lancettes.

L'édifice a une longueur de 133 mètres, une largeur de 42 mètres dans la nef et une hauteur de 40 mètres. Il est éclairé par 110 fenêtres. Avec le nouveau campanile de (1976), l'ensemble culmine à 82 mètres.

- L'orgue

Il s'agit, sans doute, de l'un des plus beaux buffets de France. Construit par Robert Clicquot entre (1699) et (1703), l'orgue est enserré dans un étonnant buffet dessiné par Jean Bérain et exécuté par Pierre Vaideau. L'ensemble du grand orgue est une sorte d'immense dôme soutenu et rythmé par les tourelles formant colonnes. La coupole centrale supportait à l'origine une couronne fleurdelisée qui fut abattue et remplacée par un lanternon et une croix pendant la Révolution. L'instrument comportait 50 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier. Restauré au (XVIIIème siècle), entre autres par François Thierry en (1737), il fut reconstruit par Antoine Sauvage, élève de Cavaillé-Coll, vers (1850). Pendant la 1ère Guerre mondiale, St Quentin subit des bombardements répétés dont souffrit la collégiale, l'orgue fut alors ruiné, sauf la boiserie. Après la restauration de l'église, en (1967), un orgue neuf est construit par Haerpfer-Ermann et placé dans l'admirable buffet. Cet orgue comprend aujourd'hui 75 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier.

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