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St Sulpice
- le Pélerinage.
L'origine de ce pèlerinage remonte à des temps si reculés, qu'on n'a pas pu encore en fixer l'époque d'une façon indiscutable.
La tradition veut que St Sulpice ait été honoré à Favières dès le (VIIème siècle). St Sulpice, aurait ressuscité un enfant qui s'était noyé, sur la route de Paris à Bourges. La confiance en St Sulpice devint si générale qu'aussitôt après sa mort une église fut élevée en son honneur.
Elle devint bientôt le foyer d'un pèlerinage dont l'importance fut considérable, outre les documents dont le témoignage est irréfutable, l'admirable église, la
plus belle église de village de France, élevée dans une commune dont la population n'a jamais atteint 300 âmes, pour contenir 4.000 fidèles,
affirme qu'au (XIIIème siècle) les foules y venaient prier.
C'est ainsi que le village anciennement appelé Favières, lieu où l'on cultivait les fèves "A copia fabarum ibi provenientum", dit de Valois, cité par Leboeuf, perdit cette
dénomination et devint St Sulpice de Favières, Au (XIIème siècle), le village se nommait encore Favières. Les archives du prieuré de Longpont contiennent une pièce où il
est dit qu'Arnould, fils d'Adrad d'Etampes donna à ce monastère un labourage de 2 boeufs, "apud Faverias".
- Favières
St Sulpice de Favières est situé à 50 kilomètres de Paris, sur la ligne de chemin de fer de Grande-Banlieue qui va d'Arpajon à Etampes.
Entourée de coteaux boisés et d'un massif de rochers, cette petite commune mériterait d'être un centre d'excursions, même si elle n'avait pas son admirable église.
Mais c'est cette église, et c'est le culte de St Sulpice qui y ont toujours attiré et y attireront toujours l'affluence des visiteurs.
Déjà, au (XIIIème siècle), dans le Livre des Miracles de St Louis, Guillaume le Cordelier, confesseur de la Reine, veuve de ce St Roi, constatait la célébrité du
pèlerinage, et il notait que des malades y trouvaient la guérison.
Ailleurs, cet auteur fait mention de ceux qui allaient prier à St Sulpice de Favières ou à St Léonard à Croissy, et qui, n'ayant pas été exaucés, l'étaient au
tombeau de St Louis, en l'église de St Denis.
Le concours du peuple alla toujours en augmentant et l'Ordinaire autorisa le clergé à recevoir les prières et les voeux des fidèles pendant 3 semaines. Commencée
le 27 Août, la fête du Saint se prolongeait jusqu'au milieu du mois de Septembre.
- Citation de Leboeuf au XVIIIème siècle
Quoi qu'on n'ait conservé de registre de la Confrérie que depuis 200 ans, on est en état de prouver qu'il n'y a eu guère de Confrérie dans le royaume plus
nombreuse que celle de St Sulpice. Il y a plus de 500 paroisses qui s'y sont fait agréger, ce qui forme plus de 28.000 personnes. La célèbre
paroisse de St Sulpice de Paris députe chaque année les anciens marguilliers qui y viennent avec un prêtre. On remarque, après St Sulpice de Paris, les habitants
de Clamart, en plus grand nombre que ceux des autres villages dans cette Confrérie, sans doute, parce que depuis 30 ans, il y a eu 4 malades de cette paroisse qui ont obtenu leur guérison en ce lieu.
Le Pouillé du (XIIIème siècle) la cite en ce rang, comme faisant partie du doyenné de Linas. Le Pouillé du (XVème siècle)
fait la même mention et ajoute que le revenu de
l'église atteignait alors 200 livres, revenu 3 fois plus fort que celui des autres paroisses.
L'église et le pèlerinage connurent bien des vicissitudes. Pendant la guerre de 100 ans, les Anglais désolèrent toute la région. Ils pillèrent Chartres et Arpajon.
St Sulpice ne dut pas être épargné d'autant plus qu'en (1351), on y avait installé une sorte de camp. Les guerres de religion, la Ligue, la Fronde se succédèrent et
causèrent dans la région autant de ruines que l'invasion étrangère. C'est pendant la Fronde des Princes, tandis que l'armée de Turenne occupait le pays, vers (1652) ,
que l'incendie du presbytère mit le feu à l'église et causa l'effondrement de la voûte.
-François Bouvier
St Sulpice, qui protégeait son église, lui envoya alors comme curé un prêtre actif qui entreprit de réparer ces ravages, de rendre au pèlerinage son éclat, et
termina sa vie en dotant généreusement sa paroisse "Messire François Bouvier". Un portrait, conservé à la sacristie, nous a transmis les traits si doux et le regard
pénétrant de ce prêtre apostolique. François Bouvier était originaire du diocèse de Paris. Il appartenait à une famille bourgeoise dont les membres furent tour à tour
notaires ou avocats au Parlement. Il jouissait d'une petite fortune qui eût été sans doute insuffisante pour réaliser toutes ses initiatives, si son zèle n'avait pas suscité d'autres ressources.
Nous le voyons restaurer l'église, installer des (1672), des retables et des boiseries, refaire une voûte en bardeaux, ouvrir 2 écoles, accroître les,
revenus de la fabrique, doter la paroisse d'un presbytère. Dans toutes ses entreprises, il n'a qu'un but, rendre au culte de St Sulpice son antique éclat.
Aussi, nous le trouvons, le 20 Août (I685), prosterné devant Mgr de Harlay, archevêque de Paris, sollicitant de lui la reconnaissance des nouveaux statuts qu'il vient de donner aux Confrères de St Sulpice.
On était alors au lendemain de la condamnation des propositions de Jansénius par Alexandre VII, et à la veille de la disparition de Port Royal.
C'était l'époque où sous le vain prétexte de l'indignité humaine, les Jansénistes éloignaient les fidèles de la Ste Table.
François Bouvier, attaché aux vraies traditions catholiques, prescrivait aux Confrères de St Sulpice l'obligation de communier au moins 6 fois dans l'année, et 1
fois au décès de chacun des confrères, la confrèrie comprenait 28.000 membres au (XVIIème siècle).
Nous avons sous les yeux le parchemin aux armes de François de Harlay, archevêque de Paris, duc et pair de France, qui contient la charte de la confrérie.
"Chaque confrère, y est il dit, sera obligé de se confesser et communier le jour de son entrée en la dite confrérie et de faire la même chose
le jour du Patron et des 4 principales fêtes de la confrérie".
* 1 . La confrérie comprenait 28.000 membres au (XVIIe siècle).
"Et en cas que quelqu'un se trouve avoir manqué à ce devoir sans cause ou empêchement légitime, et récidive après en avoir esté adverti par
ledit curé, il pourra estre rayé du nombre des confrères si le dit curé le juge à propos".
"Après le décès d'un des confrères, le dit curé donnera jour pour célébrer un service qui sera fait aux dépens de la confrérie pour le repos de l'âme du deffunt, et
on sera tenu d'y assister comme aussy de communier une fois à son loisir à même intention".
Le culte de St Sulpice est à ce moment très florissant. Les dévots du Saint viennent prier devant ses reliques et aiment à s'assurer des prières dans
son église après leur mort. C'est ainsi que Marie Dramand, veuve de Savinien. Sergent, laboureur de son vivant, donne à M. Bouvier et à Louis Pillas, marchand et marguillier,
la somme de 200 livres, à charge de dire 4 messes à l'intention du défunt, 2 à celle de sa femme et un salut le jour de la Purification, à l'issue des Vêpres.
Messire Adrien Bouchard, prêtre, chanoine de Coutances, ci devant curé de St Maurice, fait à l'abbé Bouvier et à ses successeurs une rente de 12
livres dans les mêmes intentions pieuses. M. de Mailloc donne 11 livres de rentes à l'église, "En mémoire de Marie de St Pol,jadis son épouse". Nous pourrions en citer beaucoup d'autres.
Quelques jours avant de mourir, François Bouvier écrivit son testament. Après avoir suscité tant de générosité en faveur de sa chère église, il tint à rester son principal bienfaiteur. En retour, il demanda à être enterré sous la lampe du sanctuaire. C'est là qu'il repose encore sous une pierre tombale portant cette inscription :
"DOM Icy Repose Le corps de Mre François Bouvier Prestre-Curé de cette Eglise".
Son testament nous apprend qu'il légua à la fabrique de St Sulpice:
"Tous les biens qu'il a plu à Dieu de lui donner et qu'il a pu amasser par des épargnes et économies, et toutes ses rentes".
* La fabrique a charge de faire une rente de 150 livres à l'école, et 200 livres par an à l'institutrice.
* Elle doit donner 500 livres par an à un prêtre en qualité de chapelain, et une maison.
* Elle doit donner à un autre prêtre, en qualité de 2ème chapelain, 450 livres et une maison avec jardin.
* Le testateur demandait plusieurs messes et services. Citons cette disposition qui montre la délicatesse de son âme et son amour des petits :
"Je veux et désire que le 4ème jour de Décembre soit dit une haute messe et vigile à 3 leçons pour le repos de l'âme de
Andrée Gambrelle ancienne maîtresse d'école, en reconnaissance de l'instruction qu'elle a rendue aux petits enfants pendant sa vie".
"Ce testament fut fait le 1er Février 1716".
Moins de 2 mois plus tard, François Bouvier comparaissait devant Dieu, comme nous l'apprend son acte de sépulture :
"L'an (1716), le 26 d'Août, est décédé Messire François Bouvier, curé de St Sulpicede Favières, cette paroisse,
qui, ayant été appelé au gouvernement de cette église en l'année (1672), a consacré ses soins, ses veilles et ses biens pour sa décoration et l'a tirée
de l'oubli où apparemment les malheurs des temps l'avaient fait tomber. L'état où il l'a laissée, les legs pieux qu'il a faits, pour l'y conserver, seront
à la postérité témoignage authentique de son zèle et de sa charité vraiment pastorale. Il a été inhumé dans l'église, sous la lampe au milieu du choeur,
par M. Julien Eddeline, curé de Mauchamp. A ladite inhumation ont assisté MM. les curés et vicaires sous le 27 du mois."
- de 1716 à 1788
L'Abbé Louis Agis, docteur de Sorbonne, succéda à l'abbé Bouvier et veilla à l'exécution de ses volontés. Pendant le
(XVIIIème siècle) tout entier, la prospérité du pèlerinage ne cessa de s'accroître. Je n'en veux comme preuve que le registre des recettes et des
dépenses de la fabrique. Au 16 Septembre (1743), il fallait débourser 52 livres 4 sols, pour les peines et salaires des personnes qui ont été
employées pour la fête du patron. L'année suivante, cette dépense atteignait 51 livres 12 sols. De grandes dépenses sont faites de 1.760 à 1.770 pour
achever la couverture à neuf de l'église. Des maçons, des charpentiers et serruriers sont employés à différents travaux, particulièrement au clocher
de l'église dont on refait le beffroi. Vers la fin de l'année (1772), l'abbé Chenou est remplacé par l'abbé Chauvot, son auxiliaire depuis (1768). Il
continue cependant à habiter la paroisse. Les travaux faits au clocher ont dû avoir pour but des aménagements intérieurs pour la pose d'une nouvelle
cloche, car le 25 Novembre (1774), on verse un acompte de 145 livres, au fondeur de la cloche dont il lui est retenu 10 livres pour le surplus du métal
qui lui est resté. 190 livres sont payées le 17 Mars (1779) à Le Sieur, pour avoir repeint toutes les grilles de l'église et la Chapelle des Miracles. Cette somme représente
la moitié de la dépense, I'abbé Chauvot prenant le reste à sa charge.
Une grosse cloche est installée en (1782). Elle est fondue par Simonneau, et payée 85 livres à un de ses créanciers, le sieur
Bourgeois d'Etampes, en vertu d'une sentence rendue à son profit. Un soleil, un dais pour le St Sacrement sont achetés le 10 Juin (1787).
La dépense atteint livres. La dernière dépense figurant au registre est de 75 livres, pour payer du linge pour surplis et rochers.
Une église du village n'aurait pu subvenir à de si lourdes et d'aussi fréquentes dépenses, si la piété des fidèles ne s'était point
traduite en générosités. Les revenus de la fabrique lui permettent d'assurer les lourdes charges d'entretien de cet admirable monument qu'est l'église
de St Sulpice. Les quêtes, durant les solennités de la fête du Saint, rapportaient des sommes relativement considérables, si l'on tient compte de
la valeur de l'argent à cette époque. Il n'était pas rare qu'elles rapportassent 350 livres, cette somme était parfois dépassée. En (1749), M. Renard,
tuilier, fournit 3.400 tuiles, moyennant la somme de 68 livres, et Michel Léonard, pour 96 livres, refait à neuf la couverture de l'église du côté nord.
Les lattes et les clous sont payés à part. La botte de lattes revient à 18 sols, la livre de clous à 6 sous. Cette dépense
atteint 49 livres 16 sols.
Le 17 Août (1753), la Fabrique fait l'acquisition d'un nouvel ornement et le paye 800 livres, elle dépense au même moment
84 livres 8 sols, pour le rétablissement des ornements vieux de l'église. Le 4 Octobre (1764),
la Fabrique payait 14 livres 5 sols pour refaire des
vitraux. L'année suivante, une somme de 58 livres est affectée au grand vitrail du maître autel. Le travail est fait par M. Thomassin.
C'est le 4 Décembre (1757) qu'est faite l'acquisition de la bannière de la Confrérie qui a été remplacée en (1913) seulement.
L'effigie de St Sulpice qui figure sur les médailles a été gravée d'après l'image du Saint qui, pendant 156 ans a été représentée sur
cette bannière. La fabrique donna pour cet achat 207 livres 10 sols, le surplus avait été donné par M. Denis
En (1741), la quête atteint 453 livres 18 sols; en (1742), 486
livres 11 sols; en (1743), 376 livres 18 sols; en (1744),
398 livres 7 sols; en (1755), 439 livres 2 sols; en (1777),
409 livres 14 sols. Les années qui précèdent la Révolution ne marquent pas un fléchissement
très considérable dans l'affluence des pèlerins, bien que l'influence des idées nouvelles se fasse sentir. Les quêtes s'élèvent à 210 livres 12 sols
en (1783); à 302 livres 11 sols en (1784); à 267 livres 15 sols en (1785); 227 livres 14 sols en (1786); 237 livres en (1787);
167 livres en (1788). A ce moment-là, les marguilliers en charge étaient Claude Barois et Jean Charpentier. Tous 2 , avec Macaire, l'instituteur,
ont contresigné le dépôt de la dernière somme.
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