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Glossaire - Biographies
Pélerinage
St Sulpice

- la Révolution.

La Révolution, longuement préparée par la décadence des institutions et des croyances, par les scandales de la régence et du règne de Louis XV, par les philosophes et les encyclopédistes, avant de déchaîner la Terreur, développa par toute la France la révolte de l'individu contre toute discipline, le mépris du passé et la haine de la religion. Le 12 Juillet (1790), l'Assemblée Constituante vota la Constitution civile du clergé. Sous prétexte de restaurer l'Eglise primitive, l'Assemblée organisait de toutes pièces une Eglise toute nouvelle. En effet, évêques et curés devaient se recruter désormais par voie d'élection. Les ministres du culte étaient éligibles, comme les fonctionnaires civils et par le même corps électoral. L'Assemblée enjoignit aux prêtres et évêques novembre (1790) de prêter serment à la nouvelle constitution sous peine de destitution.

Tous les évêques, sauf Talleyrand, Lomenie de Brienne, Jarente et Savine, évêques d'Autun, de Sens, d'Orléans et de Viviers. 1.770 sur 1.800 docteurs de Sorbonne, la "majorité des curés", refusèrent de prêter serment et témoignèrent leur volonté de rester en union avec le Pape Pie VI. Alors, l'Assemblée supprima toutes les confréries et corporations religieuses, prohiba tout costume ecclésiastique ou religieux, mit en vente les palais épiscopaux, les monastères, ordonna la dispersion des congrégations de religieux et religieuses, même de celles qui étaient uniquement vouées au service des hôpitaux et au soulagement des malades, même de celles qui enseignaient en primaire, et dont l'abolition allait ôter à 600.000 Enfants les moyens d'apprendre à lire et à écrire.

Le 21 Septembre (I792), la République était proclamée à la suite de massacres dans lesquels, à Paris seulement, périrent 400 Prêtres, l'élite et l'honneur du clergé français. Ces événements eurent leur répercussion jusque dans les campagnes.
* L'abbé Chauvot, qui n'avait pas prêté serment à la Constitution, jugea prudent de prendre la fuite.
* Il se trouva un prêtre sans scrupule pour briguer sa succession, ce fut François Huet, ancien curé de Chamarande et de Cerny.
* Nous voyons sa signature apparaître pour la 1ère fois sur un acte du 21 Avril (1793), comme officier public et curé dudit St Sulpice.
* Le malheureux constate la transmission aux autorités civiles des registres de baptêmes, mariages et sépultures.
* Une quinzaine de jours plus tard, le conseil décidait la vente ou la location du presbytère.

Cependant le culte était encore célébré dans l'église. Le 24 Juillet, Huet recevait 1 livre 7 sols 6 deniers comme honoraires d'une messe pour la femme de Simon Barrué. Cela ne devait pas durer longtemps. Le 2 Novembre (1793), le citoyen Couturier, représentant du peuple, se présenta à St Sulpice de Favières porteur d'ordres de la Convention. On lui remit le chef en argent de St Sulpice, pour qu'il l'emporte, "faire des miracles à la Monnoie", un encensoir, 2 chandeliers, une croix, une navette en argent, le trésor de la confrérie. Au 19 Septembre (1785), le trésor possédait 1.512 livres. Nous n'avons pas trouvé le montant de la somme enlevée par Couturier. Les registres et papiers de la fabrique, qui étaient conservés à la sacristie, furent mis en tas auprès de la chapelle des miracles et incendiés au milieu du délire enthousiaste ou factice de la population qui poussait les cris de, "A bas les tyrans ! Vive la Montagne ! La liberté ou la mort !". Alors se produisit une scène plutôt pénible et qui n'impressionna pas favorablement l'assistance. Huet demanda à Couturier de régulariser son mariage avec sa bonne. Diverses lois que la Convention venait de promulguer favorisaient le mariage et l'apostasie des prêtres. Couturier lui donna cette satisfaction, le dispensant même des publications requises.

Les cloches furent descendues pour être transformées en canons, et Couturier s'en alla, non sans avoir modifié le nom de la commune qui devint, Favières défanatisé, le culte des morts disparaît avec le retour de la sauvagerie. Certains trouvèrent que le cimetière, placé depuis des siècles autour de l'église, était gênant, sur la plus belle place de la commune, et demandèrent son transfert au bout du jardin de la cure. Le citoyen Couturier fit savoir, le "18 brumaire an II" 8 Novembre (1793), qu'il autorisait cette translation. A ce moment aussi eut lieu la mise en adjudication des travaux à faire pour ôter les fleurs de lis et les blasons tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'église, compris toutes armes qui sont attachées à la croix de pierre du cimetière, et pour, réparer les dégradations qui pourraient être faites en faisant les dits ouvrages. L'adjudicataire fut Jacques Meyer, de Torfou, moyennant la somme de 23 livres.

On voit encore par toute l'église les traces de cet acte de stupide vandalisme. L'école fondée par l'abbé Bouvier fut fermée et adjugée à Thomas Barrué pour 75 livres. Le 29 Novembre "9 frimaire an II", Huet, soit qu'il éprouve des remords, soit qu'il craigne de passer pour tiède, rend les clefs de l'église et brûle ses titres de possession.

Le lendemain, Clipet est nommé instituteur national. La Révolution se passa sans qu'aucun événement important n'ait été signalé au registre des délibérations communales. Le nom de, St Sulpice de Favières, y remplace, Favières défanatisé le 7 Septembre (1795), à propos de la nomination d'un garde champêtre. Robespierre était mort.

Le Directoire remplaça bientôt la Convention 1er Octobre (1795).Le gouvernement était encore animé d' esprit d'hostilité contre le christianisme, mais la Constitution de l'an III (1795) autorisait le culte avec certaines restrictions. Cette faculté fut mise à profit par beaucoup d'insermentés. La population devait regretter ses habitudes religieuses, car, à sa demande, le 30 Août (1796), l'abbé Jacques Marie Duraut, né à Vitry sur Seine, était nommé desservant de Breuillet et de St Sulpice. Le nouveau curé fit la déclaration suivante, "Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République". M. Emery, le supérieur général de St Sulpice, avait prêté ce serment, le considérant comme purement politique et beaucoup de prêtres fidèles suivirent son exemple. Bonaparte, à son retour d'Egypte, renversa le Directoire, fut élu 1er consul et, après avoir imposé la paix à l'Europe par les traités de Lunéville et d'Amiens, il songea à assurer la pacification religieuse de la France en négociant le Concordat avec Pie VII.

- le Renouveau

De toutes parts, les prêtres revinrent d'exil, les églises furent réouvertes, les fabriques se reconstituèrent. A St Sulpice, l'administration de la fabrique fut confiée par le préfet aux citoyens Boucher, Clipet et Louis le Grand. Le 22 Janvier (1804), le maire Montullé procède avec eux à l'adjudication des bancs, que chacun voudra construire à ses frais et avoir à l'église en payant la rente annuelle par moitié tous les 6 mois. Le 1er banc placé devant l'autel de la Vierge, du côté du pilier de la grande nef, fut adjugé au citoyen Louis Pierre Thomas et à Marie Victoire, Céleste Petit, sa femme, pour 3 livres 5 sols.

Les stalles du choeur sont mises en location le même jour, au prix de 1fr,10. l'une. Elles sont occupées aussitôt, celles du côté droit, par Emery Anaïs, Louis Houdoisier fils, meunier du moulin de l'Ecurie, Brice Marineau, des Emondants, Louis Michel Mayet, Claude Nacivet, Couzin Barrué, François Jouannès, des Emondants, Jean Jacques Mayet, Michel Haudouin. Celles du côté gauche, par J. Héret le vicaire, Héret Imbault, Léger, Jean Honoré Bordereau, Pierre Rousseau, Sébastien Thuillier, Jean Louis du château de cette commune, Martin Bonviller.

Nous donnons ces détails qui prouvent bien l'empressement avec lequel les fidèles reprenaient le chemin de l'église. Il en est un autre plus significatif encore à ce point de vue, c'est le rôle des cotisations volontaires souscrites pour assurer, le traitement du ministre du culte catholique de la commune de St Sulpice de Favières. La souscription fut ouverte le 24 Mai (1804). Le 16 Juin, elle était close. 105 personnes s'étaient engagées à payer une somme totale de de 453 livres 19 sols que M. Jacques Haudebine, conseiller municipal, fut chargé de percevoir. Dans cette longue liste figurent des personnes de toutes conditions, des grosses et des petites sommes.

Le maire Montullé s'inscrit pour 36 livres; Anquetin, l'adjoint, pour 6 livres; Jean Charpentier, le meunier, pour 18 livres; Louis Augustin Clipet, l'instituteur, pour 6 livres; Jacques Haudebine, 12 livres; la veuve Bonin, 1 livre 2 sols; Berquin du Vallon, 24 livres; la veuve Mireau, 10 sous; la veuve Longemiot, 10 sous; Jean Baptiste Feuilleret, dit St Jean, 3 livres; Jean François Feuilleret, dit Petit, 2 livres; Jean Baptiste Feuilleret, l'aîné, 2 livres, Pierre Maurice Feuilleret, dit le Moine, 30 sous, etc., etc. La paroisse est officiellement réorganisée, et l'évêque de Versailles, Mgr Charrier de la Roche, y envoie comme curé l'abbé Guerre.

Le culte de St Sulpice renaît insensiblement, et de toute la région, au jour de sa fête, la foule recommence à affluer vers la chapelle des Miracles. Le 21 Février (1805), M. Guyot, desservant de Breuillet, fait don à l'église d'un calice de la part d'une âme bienfaisante. La même année, le 1er Septembre, 1er dimanche de la fête de St Sulpice, les administrateurs de la fabrique se réunissent pour prendre connaissance d'une lettre de l'évêque de Versailles.

Mgr Charrier de la Roche avait dû, à la demande des anciens administrateurs de la fabrique, décider la suppression de la confrérie, car l'assemblée adopta une délibération le suppliant, de ne prendre aucun parti de réforme sans qu'au préalable il ait vu, soit par ses propres yeux, si jamais il a la bonté de visiter notre église, ou par son vicaire général dans le cours de ses visites:
* 1 l'influence de cette dévotion sur la religion des fidèles, et
* 2 l'importance de cette confrérie pour le soutien de notre église si recommandable tant par sa grandeur que par la beauté respectable de l'édifice.

La réponse épiscopale dut donner satisfaction à la fabrique, car les quêtes des 3 dimanches de la fête recommencent à figurer sur le registre. Il y a 117 livres 12 sols en (1806); 97 livres 9 sols en (1807); 130 livres 16 sols en (1808); 145 livres 17 sols en (1809); 180 livres 6 sols en (1810); 304 livres en (1817); 306 livres en (1820). C'est à partir de (1827) que les registres ne portent plus mention des comptes de la fête de St Sulpice.

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